18 mai 2009

Cannes en 2005, Arte et ses deux langues, et les « joies » du direct! A la recherche de Carole Bouquet

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Le festival de Cannes se poursuit. Bouquet, Carole

 Montée des marches et Grand journal de Canal + sont toujours les deux grands événements du festival médiatique.

Comme je vous l’ai précédemment j’y suis allé en 2005 pour Paris Première et Arte. (Lien vers l\’article précédent)

Pour Arte, le programme était plus complexe. Il était diffusé en direct à 3 reprises depuis le Sundeck du bateau d’Arte dans le port de Cannes. Les deux premières émissions étaient diffusées vers 22h, la troisième édition vers 20h, en fait juste après l’annonce du palmarès. La troisième édition avait aussi pour particularité que si Gérard Lefort restait bien sur le toit du bateau, notre animatrice multilingue Loretta Stern était en direct sur la terrasse pour interviewer tous les gagnants. La complexité supplémentaire avec Arte réside dans sa diffusion en 2 langues : le français et l’allemand. En effet l’un des animateurs parle français, l’autre allemand et les invités peuvent être amenés à parler d’autres langues surtout à Cannes ou le festival est très international. Vous pouvez donc imaginer la complexité des liaisons son pour que tout le monde se comprenne sur le plateau mais aussi que les téléspectateurs de France & d’Allemagne puissent regarder l’ensemble du programme dans leur langue et tout cela en direct bien sûr.

A part un traducteur et moi-même, toute l’équipe de production & de réalisation était la même depuis quelques années. Bon avec le traducteur, Brice (dont ce n’était pas du tout le métier mais qui remplaçait en dernière minute un autre traducteur) il y a eu une discussion franche dès le premier jour. En effet il n’avait pas l’habitude de travailler à la télévision et surtout avec moi et avait donc du mal à comprendre que, lorsqu’il n’avait pas de traduction à faire, il allait aussi donner un coup de main à la production (courses, rangement etc.). Finalement il a compris qu’on se rendait tous service et cela s’est alors très bien passé et je crois qu’on garde tous les deux un bon souvenir de cette période.

Avec le régisseur général, l’ambiance était un peu tendue aussi. Breton contre Lorrain? En fait il avait déjà organisé ce tournage à plusieurs reprises. Il avait ses habitudes et ne pensait probablement pas qu’un nouveau directeur de production pouvais lui apporter quelque chose. La suite des événements allait nous rapprocher définitivement.

En plus, comme moi, s’il avait choisi ce métier c’était pour vivre les moments de tournage et qui plus est la tension des directs. Ne voulant pas changer les habitudes de travail, je me suis donc retrouvé lors du premier direct non pas sur le bateau avec le reste de l’équipe mais à l’entrée du port pour m’assurer que les voitures des invités pouvaient bien rentrer. Je passais donc le premier direct avec un talkie walkie au poste de garde. En fait après l’émission j’étais assez furieux. Je ne comprenais pas que le régisseur soit en plateau et moi à faire le vigile ! Je m’en suis donc ouvert à Sylvain, le producteur et mon patron direct qui m’a alors rappelé que cette équipe avait déjà une habitude de travail et que cela fonctionnait bien donc autant laisser faire cette année encore et que l’année précédente un invité était resté bloqué à l’entrée du port et qu’il n’avait pu être présent dans l’émission. Et que donc ma présence à l’entrée pouvait en cas de problème être très importante. Il n’avait vraiment pas tord.

En effet seconde émission, je me retrouve à nouveau à l’entrée du port prêt à passer une soirée sans grand intérêt à part à constater l’entrée de petites navette remplies de jolies filles de l’est « invitées » sur d’autres bateaux ! Cependant ce soir là nous attendions Carole Bouquet. Le planning était déjà serré car elle devait nous rejoindre en urgence après la projection d’un film. Pour corser le tout on me prévient par téléphone que sa voiture, une Mercedes grise était bloquée dans les embouteillages, juste avant le carrefour qui précède l’entrée du port. Donc début de l’opération « il faut récupérer Carole Bouquet ». Je me retrouve ainsi au talkie avec le producteur, lui-même au téléphone avec elle. Elle essaye de nous expliquer où elle se trouve, elle fait ouvrir les fenêtres et allumer la lumière à l’intérieur de sa voiture pour que je la repère plus facilement. Je cours donc jusqu’à sa rue ou débute un moment hystérique pour moi. Je repère sa voiture et alors je me mets à faire la circulation, à gueuler contre tous les automobilistes « C’est Carole Bouquet, elle doit rejoindre en urgence notre plateau, poussez vous… » Je finis d’ailleurs par prendre la place du policier cannois stationné au carrefour et fait passer, toujours en hurlant, la voiture de Carole Bouquet. Bon pour tout vous dire. Je n’ai plus remis les pieds dans le carrefour pendant toute la soirée pour éviter de croiser à nouveau ces policiers ! Finalement elle est bien arrivée à temps et m’a d’ailleurs reconnu au moment de repartir et est venue me remercier. Cela fait toujours plaisir.

Et Sylvain avait encore une fois eu raison. Chacun sur un tournage, quelque soit sa fonction est important et ses erreurs et surtout parfois ses initiatives ont énormément d’importance.

 
 





2 commentaires


  1. Thib'

    Sympa l’article, et dommage que tu ne sois pas parmi nous cette année !
    Oui suis bien d’accord avec toi pour la chance du direct, elle est souvent et heureusement, indissociable de l’imprévu.
    En ce qui concerne tes « lacunes » en cinéma, cela soulève comme tu l’as dit l’importance du travail en équipe dans notre métier et de la bonne communication entre tous. Tout le monde, qu’elle que soit sa qualification peut apporter quelque chose aux autres, et tout ceci participe à l’ambiance ineffable que j’ai pu ressentir lors de tournages…


  2. Brice

    Oui très bon souvenir de Cannes même si dès le début les relations n’étaient pas au beau fixe…..
    Bon il faut également dire que je venais de fermer ma 2eme boite, j’étais en recherche de poste dans l’Intelligence Economique donc forcément, le « petit directeur » de prod, ne me faisait pas peur!!! 😉

    Et puis pour moi c’était un « job d’été », juste avant d’aller passer une semaine de vacances à St Tropez…donc bon….C’est pour dire, je suis descendu à Cannes avec mes clubs de golf…je me rappelle encore de la tête du régisseur en me voyant débarquer du train!!

    Mais pour moi cela restera une très bonne expérience…..qui a confirmé mon impression sur le festival de Cannes…..mais ça je le garde pour moi!!:



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