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30 juin 2009

Alexandre, premier assistant de réalisation… mais pas seulement !

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Alexandre Bonnet

 

Elle est grande ta perche, Alex!

Elle est grande ta perche, Alex!

Revenons quelques années plus tôt, à une époque ou peut-être qu’Alexandre n’aurait pas oser cadrer ce clip! Quoi que! Il démarre sa carrière pendant ses études à l’ESRA Nice.  A 18 ans, il travaille directement (et gratuitement) en tant que Chef Opérateur son sur des tournages de courts métrages. Comme pour beaucoup, cela lui permet d’apprendre et de montrer sa motivation « quand quelqu’un voit comment tu t’investis quand t’es pas payé, il se dit : qu’est ce que cela doit être quand il sera payé ! ». Il enchaine ensuite les tournages, « Préjudice » pour France 2 et France 4.  Quand je m’étonne qu’il n’ait pas commencé comme assistant son il me répond : « il faut savoir prendre les raccourcis … je connais des potes perchmans qui le sont toujours car on ne les voit que comme cela et ils sont toujours engagés uniquement en tant que tel même s’ils ont beaucoup d’expérience. » Présenté par une chargée de production, il travaillera aussi en tant qu’ingénieur du son sur les Colocataires pour Visual TV et enchainera différentes productions pour eux. Il a toujours su se faire apprécier, je crois et c’est une qualité indispensable à la télévision. C’est peut-être aussi son métier d’ingénieur du son qui lui a appris à être aussi calme. Ils aiment le silence !
Et puis encore une fois, pour lui comme pour d’autres, «  le coup de chance ». Un court métrage s’annule  et il rencontre alors par hasard Jean-François Bonnot, le régisseur général de Tout le monde en parle. Le temps passe, et finalement quelques mois plus tard,  un jour il le rappelle pour lui proposer de venir remplacer à la dernière minute un second assistant. Sans cette rencontre il n’aurait jamais été second et ensuite le premier assistant de réalisation de Serge Khalfon.
Je vous ai déjà expliqué le rôle du premier assistant (Media, un autre regard – assistant de réalisation) mais je lui ai demandé de me préciser la différence entre le premier et le second, par exemple sur On n’est pas couché
La journée du second assistant de réalisation: « dès que les artistes arrivent, il faut vérifier qu’ils sont bien emmenés au maquillage, à la coiffure, qu’ils soient ensuite équipés (micro cravate), leur expliquer leurs places sur le plateau et pour ceux qui ne connaissent pas l’émission, leur expliquer le fonctionnement.
Pendant le tournage, le second assistant amène les artistes, les invités près du plateau. Le premier gère les invités sur les plateaux, et est attaché à l’animateur. Il compte sur le second pour courir hors du plateau chercher un invité, un truc qui manque. « Pendant ce temps le premier gère tout ce qui a un rapport avec l’image, le programme. Si un invité ne se sent pas bien, un problème avec le public, avec une caméra, avec un cadreur. Si quelqu’un veut rentrer par surprise, l’assistant prévient le réalisateur ».
Le premier assistant de réalisation quant à lui a souvent commencé son travail en participant à la préparation du tournage, par exemple en préparant avec la production la feuille de service (Media un autre regard – La feuille de service, explications) Selon les émissions, c’est lui ou plutôt la production qui réalise la feuille de service. Alexandre connait bien les habitudes des réalisateurs et donc les transmet à la production mais si les informations concernant les artistes changent souvent, il préfère laisser la production organiser les journées de tournage. Il aime travailler en équipe. De plus, comme il a déjà rencontré des nombreux artistes et invités sur les tournages, il peut aussi donner des indications à la production sur les temps de répétitions nécessaires. Certains artistes répètent très peu, d’autres  veulent tout vérifier.
Avec le temps, il connait et est connu des artistes, même si ce n’est pas du tout cela qui l’attire dans ce métier il « aime être dans [son] coin. » Enfin pas tant que ça car il a beaucoup à faire sur le plateau et c’est ça qui le motive : « ce que j’aime, c’est être dans le mouvement, il se passe toujours quelque chose, tu dois toujours être attentif, toujours devancer ce qui peut se passer, et les désirs du réalisateur pour que tout se passe bien.  Peut-être que tu peux avoir couru toute la soirée, t’être engueulé avec des gens à cause de problèmes de micro … mais du moment que pour le public tout a roulé, tout était génial, t’as gagné. Serge aime veut aussi que les émissions enregistrées soient tournées comme du direct. Ce n’est pas la même ambiance, même énergie, tout le monde est plus exigeant quand c’est en direct. Il faut donc garder cet esprit là. »
Je lui demande quelques informations supplémentaires sur la manière de tourner de Serge Khalfon :
A la différence d’autres réalisateurs, qui  veulent répéter les mouvements d’entrées, sorties, les déplacements, Serge passe beaucoup plus de temps sur le plateau à regarder, à réfléchir, à le visiter, à s’en imprégner. Son équipe de cadreurs est tellement habituée à toujours avoir la même caméra (gros plan animateur), caméra jar (jardin) et à connaître parfaitement la manière de réaliser de Serge et ce qu’il attend d’eux.  Chacun a un rôle défini depuis longtemps. Chacun saura ce qu’il a à faire. »
Les cadreurs ont le retour dans leur écran et peuvent donc anticiper les demandes du réalisateur. Je lui fais remarquer que les assistants de réalisation apparaissent de plus en plus souvent à l’image. Il sourit et m’explique alors que Serge Khalfon veut toujours que les choses qui se passent en plateau se passent naturellement. Après c’est lui qui décide de les montrer ou pas. Donc pas d’assistant qui entre à quatre pattes pour changer une pile de micro.
Pour revenir aux répétitions, il m’explique que certains sketchs humoristiques sont très répétés car l’humour c’est de la broderie. Il faut donc répéter précisément certains gags, voir exactement sur quels mots il faut placer telle ou telle illustration.
De plus, même si Alexandre semble vouloir en dire le moins possible, je suis sûr que Laurent Ruquier, professionnel de la télévision mais aussi auteur de pièces de théâtre doit aussi être très attentif au calage d’images ou d’extraits au milieu de ses interventions et donc les répéter sérieusement.
Beaucoup d’adrénaline, de moments forts. Laissons-le donc partir à vélo à la rencontre du calme et du Père Noel bien sûr. 11°C en Laponie actuellement, 8 dans l’eau me dit-il ! Il veut se baigner? Il est fou !
J’espère qu’il nous enverra des photos et des commentaires de temps en temps.
Bonne route à lui à vélo et surtout bonne rentrée télé en septembre.

 
 





2 commentaires


  1. Romain

    Article vraiment très intéressant! 🙂
    Cela me soulage de voir que l’ESRA à pas mal d’anciens élèves qui bossent aujourd’hui dans de grandes chaines TV ou au cinéma, vu que c’est dans cet école que je veux aller (même si l’audace et la chance y sont pour beaucoup n’est-ce pas.).
    Quand à Laurent Ruquier j’ai assisté à un « On est pas couché » en février dernier et effectivement il est très pro mais également super sympa!


    • merci pour tes compliments. Le parcours et la personnalité d’Alex sont en effet très intéressants. Ayant rédémarré à zéro à la télévision après des études en Ecole Supérieure de Commerce je ne connais pas bien ces écoles. Mais oui cela montre qu’il existe de nombreuses voies pour faire ce métier.



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