11 septembre 2009

Simone Halberstadt Harari : LA TELE DECHAINEE – Livre programme?

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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La télé déchainéeMaguy ? mais si, « Maaaguy nanananana, Maaaguy … voilà Maguy! » Bon laissez tomber ! J’essaye autre chose. Si je vous dis Tout le monde veut prendre sa place sur France 2, vous me dîtes… Nagui, oui mais aussi Simone H. Harari, sa productrice…  Vous lisez ce blog, (bonne idée, merci). vous devriez donc être passionné par son livre, livre programme en vue d’une nouvelle candidature à la présidence de France Télévisions, l’année prochaine? Si ce n’est pas le cas, ça y ressemble beaucoup.
Mais voilà, il faut que je vous dise que j’ai travaillé pour Simone Harari, en 1998-1999 comme assistant de production sur Cap des Pins, le premier « Plus Belle la vie » alors diffusé l’après-midi sur France 2. Sous la direction de Lise Adda, j’ai du travailler sur une centaine d’épisodes tournés en grande partie sur 2 immenses studios à Bry Sur Marne. Par contre petit bureau partagé avec Lise et, à l’époque, ses 2 paquets de clopes. Résultat, si elle m’a appris beaucoup en production elle a aussi appris au non fumeur que je suis qu’après deux paquets dans un bureau fermé, même le slip, enfin je parle du mien bien sûr, pue la clope le soir.

Mon recrutement est par contre du à une rencontre imprévue avec Simone H. Harari et à mon culot je dois dire !
Je donnais en effet un coup de main à l’organisation de la conférence d’un important scénariste américain. En échange de mon travail, je pouvais assister à la conférence. Je me suis donc assis à l’arrière de la salle. Simon H. Harari, arrivée à la bourre ce matin là, si si, s’est donc assise à coté de moi. Je l’ai reconnu mais comment entrer en contact avec elle. Bonjour Simone… Non ça ne se fait pas !, Un ptit coup de coude… il est fou !
Et puis la lumière fut ! Le scénariste nous répétait et répétait le secret d’un bon scénario… que j’ai quand même oublié d’ailleurs.. Mais il devait être question de passé, de présent et de futur. J’ai pris un bout de papier et écrit quelque mot sur le scénario idéal de ma vie professionnel et indiqué qu’elle pourrait faire partie de mon avenir. Enfin un truc bien mieux que cela car elle a sourit et pendant la pause, quand je suis retourné la voir, elle m’a dit d’appeler de sa part Rémi Lebouc à Téléimages, sa société.
L’assistant de production devait justement partir et j’ai donc eu sa place. En plus quand j’ai appris que c’était payé 900 francs bruts par jour j’ai dit oui tout de suite. C’était beaucoup pour moi à l’époque…  Ben oui maintenant j’ai Canaille à nourrir !
The right man, at the right place, at the right moment! (Traduction approximative : Coup de bol et bien joué)

Revenons donc à ce livre ! Mais si je l’ai lu… Pourquoi ?fallait pas ? Ah bon y a des animateurs qui ne les lisent pas… Chuut … mais oui, il parait. Et le plus amusant c’est quand un animateur qui n’a pas lu un livre parle à son auteur qui lui ne l’a pas écrit ! Mais bon si à la fin de l’interview, ils ont finalement envie de lire le livre c’est déjà bien ! Bon par contre cet animateur n’aurait pas fait une intro aussi longue!

Je disais donc, Simone Harari vient de publier aux Editions Flammarion La Télé déchainée – une aventure personnelle et professionnelle au cœur du système. Lien Media un autre regard – Fnac.com – La télé déchainée

Simone H. Harari
Simone H. Harari

Simone Harari, énarque, est, en plus d’être productrice de fictions (… L’affaire Dominici sur TF1…), de jeux, de documentaires, aussi la présidente de l’USPA – Union Syndicale de la Production Audiovisuelle, un syndicat de producteurs. Elle a aussi participé à la Commission Copé pour une Nouvelle Télévision publique. Si elle a été candidate une première fois à la présidence de France Télévisions en 2005 (se présentant comme « une technocrate et une saltimbanque » et une « femme de programmes) je dirais que ce livre ressemble de beaucoup à un livre programme pour une candidature en 2010.

J’avais décidé de vous surligner les passages intéressants mais j’ai fini par surligner chaque page alors autant vous dire que le livre est très complet, il parle TNT, publicité, rôle de l’état, rôle de la télévision pour notre information mais aussi pour nous rassembler. Elle pose la question d’une télé très, trop élitiste où l’on ne trouverait finalement que ce que la télévision privée ne voudrait pas diffuser. Qui d’ailleurs pour décider de la qualité des programmes ? Et les téléspectateurs dans tout ça ? Et la diversité ?

Elle nous présente d’autres systèmes qui fonctionnent bien au Royaume Uni, en Allemagne, aux Etats-Unis. Elle évoque les erreurs de l’Etat dans le passé.

Elle remet en cause de nombreuses idées reçues et critiques certaines décisions.
Un exemple : je vous parle régulièrement de la presse et des nouveaux médias. Elle nous explique à ce sujet que à vouloir interdire à certains secteurs (la grande distribution par exemple jusqu’il y a peu) de faire de la publicité à la télévision pour préserver la presse écrite, on a envoyé cette manne vers le « hors media » ( Ex. brochures publicitaires dans notre poubelle… dans notre boite aux lettres je veux dire) « Singularité française, plus de 63% des investissements publicitaires ne financent pas de medias (ni la radio, la télévision, la presse, l’internet ou le cinéma) » mais dans le hors-media.

Elle rappelle aussi par exemple que si l’on parlait de redevance mensuelle, nous pourrions tous mieux comparer les 10 euros mensuels, une sorte d’abonnement obligatoire à la télévision publique à nos abonnements au satellite ou au câble et à internet ou aux95 euros mensuels dépensés en moyenne par foyer pour la téléphonie mobile. Le passage à 13 euros mensuels probablement nécessaire serait beaucoup mieux accepté par tous. 

Elle tente aussi de façon très compréhensible d’apporter des réponses à des questions complexes  comme : Peut-on se contenter des seules télés privées ? Un service public pur et dur destiné uniquement à une élite ou une télévision publique pour vraiment tous les publics? Quel rôle de l’état ? La télévision a-t-elle un modèle économique identique aux autres secteurs d’activité ?
Derrière ses questions à priori assez complexes, des idées, des explications très concrètes d’une femme dont on sent qu’elle est passionnée par la télévision publique et persuadée de son utilité, et de son avenir.

Elle nous parle enfin bien sûr de la révolution actuelle dues aux nouvelles technologies sans oublier de nous rappeler dès les premières lignes que « Depuis toujours la technologie structure l’expression artistique : la durée des bougies déterminait la longueur des actes chez Molière ». Elle nous fait d’ailleurs remarquer qu’internet permet d’accéder à une diversité infinie de films, de créations etc … à condition que les pages d’accueil des sites proposent une offre diversifiée… et non uniquement l’agrégation de ce qui est déjà le plus vu.

Un livre précis et accessibles à tous, même aux non initiés, qui nous permet enfin de découvrir sa vision d’un secteur public fort, un média global : une chaine généraliste, France 2 qui réunirait des publics variés et nombreux, reflet de la France d’aujourd’hui, accompagnée de chaines spécialisées, de marques fortes sur la base des chaines existantes :  France 3 pour « la proximité, la nostalgie, nos racines », France 5 pour la connaissance, la découverte de notre monde et relais vers la vie professionnelle, complétée enfin par France 4 pour « souligner l’innovation, célébrer les minorités et s’intéresser aux œuvres d’artistes plus pointus ou découvrir de nouveaux talents». Le tout complété par de nouvelles marques sur le net,  créant ainsi un nouvel ensemble de programmes.

Bon courage et bonne chance à elle et au service public et bonne lecture à vous. Et puis revenez mettre vos commentaires lors de votre lecture du livre !

Lien Media un autre regard blog Simone Harari

Et pour les plus jeunes…et les fans : le générique début de Maaaaguy !






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