30 octobre 2009

« Halloween ta mère ! »

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Halloween party 4

Halloween party 4Ben alors, c’est qu’il deviendrait vulgaire !

Mais non, soyez patients, je vais vous expliquer mais, puisque hier, c’était l’anniversaire de Miguel, c’est donc qu’Halloween n’est pas loin ! Mais, si, la fête tout en Orange que Coca Cola et Disney ont essayé de nous faire adopter…  Cela n’a pas trop marché mais en 2001 et 2002 j’étais chargé d’organiser la partie télé de Halloween Techno Party, un spectacle le 31 octobre au Zenith de Paris diffusé sur Fun TV en direct puis rediffusé sur M6.

Une histoire de tournage et quelques anecdotes…

2001, Philippe Stoltz, actuel patron de la téléréalité chez Endemol (Star Académie, Secret Story & autres) , était le responsable des opérations exceptionnelles à M6. Il m’avait donné ma chance quelques mois plus tôt sur les M6 Awards (grace à Miguel) m’avait donc proposé d’être cette fois-ci chef de projet sur cette soirée Techno. Le concert était organisé par Richard Walter production (le tourneur de Patricia Kaas, entre autres). M6 et M6 événements étaient ses partenaires.

Nous étions en particulier chargé de la programmation, n’est ce pas Delphine Raisin ( sous la direction d’Yves Malbrancke), de la mise en scène et de la captation.
On parle de captation quand on enregistre, on capte un spectacle, une conférence, un événement.

Mais voilà, en 2001 il y a une date que tout le monde a en tête : le 11 septembre. (Non non, Bigard, calme, calme !)
Dès fin septembre je préparai donc avec une petit équipe l’organisation de la soirée : conducteur, relation avec les artistes (planning des répétitions, convocations, logistique), organisation des moyens de tournage. Mais plus les jours avançaient plus cela ne sentait pas bon. Tout ce qui était américain dans le monde se sentait menacé. Paranoia générale aux Etats-unis qui s’étendait dans le monde entier. Mc Do, Coca, tout le monde se sentait visé… Et comme vous l’avez deviné, à quelques jours du direct, Coca a annulé sa participation. Concert annulé. On range, on rentre chez soi !
Beaucoup de déception dans les équipes… et c’est ainsi grâce à Mumu, je crois, que la soirée a été rebaptisée en interne Halloween, ta mère !

2002, même équipe ou presque car chacun avait une année d’expérience en plus et ce n’était pas plus mal.
Nouvelle donne et nouvelles difficultés : Halloween version « ta mère » était de retour !

Nous serions toujours en direct sur Fun TV mais M6 rediffuserait aussi l’émission quelques jours plus tard en troisième partie de  soirée. M6 diffusant le programme, souhaitait donc que la programmation change. Et pour changer, cela a changé. Exit les boom boom boom … remplacés par  Callogero, Eve Angelli, Natasha St Pier, David Charvet, Marc Lavoine etc. …

On ne parlait plus de Techno… C’était parti pour Halloween Party 4. Mais trop de changement n’est pas toujours bon. Désaffection du public et à quelques jours du direct, comme il n’était pas possible d’annuler uen fois de plus le spectacle, il a été décidé de rembourser les billets : la soirée serait gratuite. Malgré cela la salle n’a été qu’à moitié pleine.

Mais Olivier Béghin, le réalisateur qu’on appelait alors sur tous ces tournages un peu compliqués et low cost et que j’assiste encore aujourd’hui sur Zone interdite a su cacher à l’antenne cette salle à moitié vide. C’est un métier, je vous le dis ! D’ailleurs il ne sera pas au bout de ses peines avec notamment sa scripte du moment qui nous fera une crise de panique en plein début de direct !

Quitte à faire dans la variété avec artistes M6 interactions autant aller jusqu’au bout de l’exploitation des filons. Ce seront donc les  L5 qui présenteront la soirée.
Elles ont été très sérieuses, très à l’écoute de nos consignes pendant les répétitions. Elles nous faisaient confiance. Seule boulette, nous les avons laissé 30 minutes avec leur maison de disque avant le début du direct.
Boulette ? Et oui, car nous leur avions bien expliqué qu’elles ne devaient pas crier, comme tout le monde a tendance à le faire dans une salle bruyante. Elles devaient travailler pour les caméras et le public télé : parler calmement sans crier et sans trop haranguer la foule (vous êtes lààààà ? ça va là bas, ouaihhh etc. ). Après 30 minutes avec leur maison de disque et alors qu’elles avaient été top en répétitions, elles ont repris leurs habitudes de tournée et nous ont hurlé toute l’émission. Mais bon, elles ont tenu leur direct sans autre fausse note. Pour une première, c’était déjà une belle réussite.

Répétitions avec des artistes très sympas pour certains, ne parlant qu’anglais pour d’autres comme la belle Sophie Ellis Bextor, certains en retard, d’autres plus ch… ! Assez classique et moi au milieu d’eux à organiser tout ça sur scène, à gérer mon plateau comme le disait Philippe.

L’avantage avec Philippe à l’époque, c’est qu’il n’hésitait pas à vous confier des responsabilités importantes par rapport à votre expérience. Vous aviez envie de bosser, de progresser c’était possible. Bon vous aviez aussi les chocottes! Est ce que cela va marcher? Vais-je y arriver?
Et moi cela me motivait beaucoup. J’ai même fini par écrire pendant un week-end tous les textes des plateaux de lancement et de désannonce. (début d’une vocation?) J’ai inventé des petites séquences pour ne pas proposer que des plateaux de lancements classiques… « Et maintenant bidule qui va vous interpréter truc.. il sera en tournée les … je vous demande d’accueillir… Biduuule! »  Non, j’avais imaginé des petites scénettes, des entrées et sorties originales histoire de créer un vrai spectacle, une mise en scène même avec peu de moyens.

Finalement Philippe a lu mes textes et les a validés. Enfin, sauf les désannonces. Les désannonces ?  «  C’était Bidule qui nous chantait machin… » Non, ces désannonces devaient être supprimées. Pour Philippe :  on annonce un artiste, il chante et ensuite on passe à la suite.

Toute la partie production était organisée précisément les jours précédents. Toute l’équipe de Philippe était embauchée pour s’occuper des artistes et donner un coup de main le jour du tournage. Tout le monde redevenait assistant mais comme ils avaient été formés à la même école, ils savaient être autonomes et gérer eux-mêmes tous les petits problèmes inhérents à ce genre de tournage. Top pour moi!

En plus suivant la « Méthode Stoltz » je leur avais préparé de multiples tableaux croisés de planning, de loge, de maquillage, d’entrée et sortie de scène etc. En écoutant ce qui se passait dans le car régie, via leur casque, et avec ces tableaux, chacun pouvait s’organiser au mieux.

J’ai adoré cette période où je pouvais m’occuper un peu tout. Prod, contrats, textes les semaines précédentes, et pendant les répétitions et le tournage j’étais assistant de réalisation et chef de plateau. C’était moi le cheeeeef ! Non non je n’ai pas viré mégalo mais c’était un plaisir de prendre toute cette mécanique en main avec Olivier le réalisateur et Philippe. Si je n’aimais pas cela j’aurai fait autre chose en sortant de mon école supp’ de commerce!

Faut dire que lors de ce tournage j’étais aussi accompagné de l’une des Rolls des assistants de réalisation : Ted Tarricone, l’assistant de Michel Drucker depuis des années. Mais si, le costaud avec son catogan. Il fait un peu peur ?  Mais non c’est un amour qui est d’ailleurs aussi actuellement parfois réalisateur.
Son boulot ce soir là? S’occuper de faire entrer les artistes principaux par l’entrée arrière pendant que moi je gérai les entrées et sorties latérales en me concentrant particulièrement sur les L5.

Quelques histoires du direct ?
Et bien j’ai commencé par me prendre une bonne engueulade par Philippe (rien de grave. On gueule beaucoup pendant le direct, et on est toujours … euh souvent… bon ami dès la fin du stress du direct). En effet, nous avions tout organisé pour qu’aucun technicien ne passe derrières les L5 pendant leurs présentations.
Mais bam, après le premier titre (uniquement) 3 ingés son qui n’avaient pas été bien attentifs pendant les répétitions sont passés à l’image derrière les filles. Ouh Là qu’est ce que j’ai pris dans le casque! « Tiens ton plateau, c’est quoi ce bordel. Emmanuel, je ne veux pas le savoir, tu te débrouilles » Mais oui Philippe, tu crois que je suis en train d’enfiler des perles ! Non à ce moment là vous ne répondez pas car un, vous avez trop de monde, d’artistes autour de vous et puis deux the show must go on.

Mais en fait si je n’ai pas répondu, Ted lui l’a fait! J’ai appris après le tournage qu’il avait quitté son poste pendant le titre suivant et avait foncé dans le car pour dire à Philippe : Arrêtes de gueuler par ce qu’on est pas assez nombreux sur ce tournage et qu’Emmanuel fait ce qu’il peut ! Sympa non ?

Et puis ensuite quasiment aucun problème : entrées, sorties, tout fonctionnait sur scène et à l’image. Bon oui, il y a quand même eu Eve Angelli qui chantait en playback et qui a donc oublié que son micro était fermé. (éteint)

Comme aux autres artistes, je lui avais pourtant bien demandé si elle souhaitait dire un mot avant le playback! Non non m’avait-elle répondu. Ben oui, mais le soir, face à ce public, elle nous a fait un « bonjour Paris »… Enfin ça s’est surtout lu en gros plan sur ses lèvres et entendu uniquement sur M6 lors de la rediffusion.

En effet, lorsque je vous parlais de caméras divergés je ne vous avais pas précisé que l’on enregistrait aussi souvent en secours les pistes son des artistes. Dans ce cas précis même si le micro d’Eve Angelli n’était pas passé dans le programme ni dans la salle, il était tour de même enregistré sur une piste son divergée sur l’une des cassettes d’enregistrement. Et comme on était sympa, Olivier, Philippe et moi, avec les artistes on a copié la piste son du bonjour Paris sur la version remontée, ressérée pour la rediffusion sur M6.
Ni vu ni connu que j’t’embrouille! (Lien Media un autre regard – Plans de cam divergés)

Si j’ai eu envie de vous parler de cette soirée, c’est que malgré les faibles moyens pour l’époque (aujourd’hui sur certaines chaines, on a encore parfois moins de moyens pour ce type de captation) tout le monde était super motivé et très bien organisé. Cette période m’a beaucoup appris sur ce métier. Et puis j’ai toujours adoré m’occuper de tout : production, textes, mise en scène…  Producteur exécutif et oui j’en ai énorme envie comme le dirait Groquick !

Enfin sachez que parmi tous ces assistants d’artistes (Dorothée, Muriel, Valérie, Hugo, PG etc.) la plupart sont devenus des pointures de la production, des chefs de projet à leur tour, d’autres responsables d’unité dans les chaines, responsables de développement dans de grands groupes télé etc.

On apprenait à tout organiser comme une horlogerie suisse et même si aujourd’hui nous nous sommes tous émancipés, si j’ai réduit le nombre de tableaux du book de prod, c’était une excellente école.

 

Début du conducteur de tournage
Début du conducteur de tournage

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3 commentaires


  1. Matthieu

    Ah l’école du direct et de Stoltz ! j’aurai aimé encore plus en être !


  2. Béghin Olivier

    Un vrai bon souvenir ce tournage avec comme tu le dit le professionnalisme des L5, sérieuses et disponibles, à l’écoute de nos remarques, pas de caprices… mais la galère d’un écran géant à faire descendre au dessus de la scène pour le duo virtuel d’Eve Angeli et le temps qui parait interminable pour le faire remonter.
    Une autre remarque est l’absence de grue qui finalement est un mal pour un bien car avec le public clairsemé les plans n’auraient pas été souvent exploitables.
    Dommage aussi que nous n’ayons pu garder tous les éléments de décor des éditions précédentes comme le manoir sur scène ou la citrouille géant au milieu de la salle qui était la cabine DJ.
    Voila voila je suis de toute façon prêt à recommencer pour le kiff du spectacle live !!!!!


    • Merci Olivier pour ce complément et m’avoir rappelé cette histoire d’écran qui mettait des plombes à remonter! low cost on vous a dit!

      Je l’avais totalement zappée de ma mémoire.

      Le duo Eve Angeli et les A1 Nos différences (caught in the middle) !

      Oui oui, les A1! J’ai revérifié 2 fois.. Eux aussi sont restés totalement virtuels en France.. Ah les boysband!

      Le clip : http://www.youtube.com/watch?v=ywVY1Oi9Ncs&feature=player_embedded

      Et pour la grue… et oui à l’époque t’étais toujours privé de grue! low cost encore! Mais on se débrouillait et puis si c’est pour qu’elle soit cassée par un téléspectateur qui se suspend dessus comme tu me l’as raconté sur une autre de tes captations : pas la peine!



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