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7 janvier 2010

Les sons divergés – Ca peut toujours servir au montage !

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Console Son AMP/visual TV

Console Son AMP/visual TV

Et zut, la c…. (oui on jure parfois pendant un tournage) elle vient de dire « Bonjour » … Ben oui, on a rien entendu, son micro était fermé, elle chante en playback et elle avait dit en répet qu’elle ne parlerait pas avant le lancement du playback. Fait ch…  Mais bon, vous le corrigerez au montage… avec les sons divergés !

Je vous avais déjà parlé de la partie image du montage (lien), en vous expliquant que pendant le tournage, on enregistrait des images complémentaires, les divergées, pour faciliter le montage.
Et bien, sachez qu’on en profite aussi pour enregistrer des pistes sons supplémentaires sur les bandes : on les appelle des sons divergés.
Des sons divergés pourquoi faire ?

Le principe du montage est très simple : on coupe certaines séquences, certains passages et on assemble les bouts restants tout en faisant attention à ce que cela ne se remarque pas, cela ne choque ni la vue, ni l’ouïe. A l’image, on cache les coupes par des plans de coupes tout en respectant le rythme et le style de commut’ du réalisateur… et le tour est joué (c’est un peu plus compliqué dans la réalité)

Mais et pour le son ? On coupe un mot, une phrase, cela ne va pas s’entendre ?
Détrompez-vous.

Le son est un mélange des paroles de plusieurs personnes, de musiques et d’ambiance : public qui applaudit, qui rit, bruit d’ambiance de la salle.
A chaque fois que vous coupez un bout même très court, le son, l’ambiance n’est plus la même. La coupe s’entend alors autant qu’elle pourrait se voir sans le plan de coupe.
Il faut donc corriger cela en mixant le son. Et donc comme on fournit au monteur des images de remplacement : les images divergées, on fournit aussi des sons supplémentaires à l’ingénieur du son mixage.

Qu’enregistre-t-on ?
Selon le format d’enregistrement sur bandes, on a 4 pistes son disponibles par K7. (uniquement 2 sur les DV cam).
Comme on enregistre souvent le programme simultanément sur plusieurs bandes  (programme PGM, Dub, divergées switchées, divergées grue etc ), on dispose d’autant de supports pour enregistrer des pistes sons différentes.

Dans le cas de captation de concerts, il arrive alors que le son soit totalement remixé par la maison de disque pour l’artiste. Un car dédié à la prise de son du genre Voyageur complète alors le dispositif et les pistes son sont alors toutes enregistrées sur d’autres supports audio indépendants.

Que choisit-on d’enregistrer ?
Dans l’idéal, il faudrait enregistrer chaque piste car, même si, à un moment donné, il n’y a un problème qu’avec un micro, il est nécessaire de récupérer toutes les autres sources pour  remixer le passage gênant et réaliser ainsi une « rustine » parfaite.

1 source = 1 piste

Parfois cependant un groupe de sources cohérentes entre elles (ex : plusieurs micros d’ambiance public) = 1 piste en particulier si le nombre de pistes disponible sur les bandes est inferieur au nombre de sources.

On enregistre donc :
– les Droite et Gauche du programme final  (sur PGM… Et Sécu/secours),
– le ou les micro(s) animateur
– les ambiances du public (des micros sont placés pour enregistrer les sons du public)
– les PBO/PBC des artistes (lien)
– le micro chant des artistes live
– le micro des invités/Chroniqueurs
– le son des magnétos /sujets
– les sons des dupleix
Etc. selon la complexité du programme et le nombre de pistes disponibles.

Mais si le micro de l’artiste n’était pas ouvert pendant le direct, comment peut-on récupérer le son ensuite ?

Et bien, car il faut déjà que je vous précise que les sons (déjà traités) de chaque source arrivent à ce que l’on appelle des Patchs. L’ingénieur du son du programme s’y connecte et reçoit les sources, les ouvre, les ferme, les mixe à sa façon pour le programme. L’ingénieur du son qui s’occupe des retours en salle  fait de même et fabrique son propre son final etc.

De la même manière, le technicien chargé des recorders, des enregistrements, peut récupérer chaque source de son de façon indépendante.
S’il décide d’enregistrer le micro des chanteurs sur la piste d’une bande, il affecte le son du micro à la piste de la bande de façon directe. Dès que le micro est allumé, le son peut être enregistré même si l’ingénieur du son du programme a oublié de l’ouvrir dans son mix.

Dans quel ordre affecter les sources sur les pistes des bandes?

On sait que l’on va digitaliser (copier sur le disque dur du banc de montage) le programme (PGM) et toutes ou seulement certaines K7 divergées, dans un certain ordre. On ne digitalisera souvent pas, par exemple le DUB (copie image du programme). Les pites son divergées couchées sur cette bande doivent donc être celles dont on pense avoir le moins besoin.

On affecte donc les pistes son selon leur importance dans l’ordre de la digitalisation.

Concrètement :
Quelques sont les pistes son les plus importantes au montage : le son du programme (Gauche droite), le micro animateur, l’ambiance, les micros chants et invités et leur musique etc. L’ordre peut esnuite varier selon les habitudes de chacun.

Par exemple, sur le PGM (Programme) on registrera donc :
Piste 1 : Gauche Programme
Piste 2 : Droite programme
Piste 3 : animateur
Piste 4 : ambiances

Sur la divergée 1
Piste 1 : micro chant 1
Piste 2 : Micro chant 2
Piste 3 PBO/Playback
Piste 4 : Chroniqueur

Et ainsi de suite.

Tout dépend du type de programme. Le prestataire technique fournit d’ailleurs avec les bandes une liste des répartitions des sons à la fin de tournage pour simplifier le travail du monteur.

Ludovic Riva, ingénieur du son chez AMP/Visual TV m’a précisé qu’il est nécessaire de faire attention également au respect des paires stéréo d’une source sur la même cassette afin de respecter la phase entre la piste gauche et la piste droite d’un même signal stéréo. (ex : k7n°1 piste 1 et 2 mix stéréo du tournage, piste 3 et 4 jingle audio gauche et droit, K7n°2 piste 1 micro anim G, piste 2 micro anim D, piste 3 micro invité 1, piste 4 micro invité 2…)
Et non (K7N°1 piste 1 micro invité 1, piste 2 micro invité2, piste 3 micro invité 3, piste 4 mix Gauche, K7n°2 Piste 1 mix Droit, piste2 micro anim G, …)

Il y aurait alors de fortes chances qu’à la relecture des K7, lors du montage les k7 1 et 2 ne soient pas parfaitement synchrones l’une par rapport à l’autre. Le résultat à la diffusion serait une impression  de bascule permanente gauche droite, une sorte d’image stéréo désagréable à l’écoute.

Sachez aussi que même si nous ne sommes pas au cinéma, nous enregistrons aussi des sons seul !

Comme je vous l’ai dit plus haut, le silence n’existe pas, surtout sur un plateau. Quand on retouche un son au mixage, il n’est pas possible de se contenter de mettre le son d’un micro. Cela vous choquerait à l’écoute. On est donc obligé de rajouter des sons d’ambiance.

On enregistre alors souvent avant le tournage ses sons seul. On demande ainsi au public, invités, animateurs, aux équipements lumière (pas de mouvement de projecteurs automatiques) de faire silence avant le début d’un tournage  afin de n’enregistrer que tous les bruits parasites (souffle, buzz, circulation, …)

Et puis, oui, la prod en profite aussi pour faire enregistrer d’autres sons seul public ( applaus, rires, haaaa!, hooooo!, bouhouh!). Ca peut toujours servir!

Question suivante : comment les utilise-t-on au montage?

Et bien va falloir revenir me lire, c’est l’objet d’un prochain article.

Nouvelle identité visuelle

Merci à Ludovic Riva – AMP/Visual TV pour son expertise.






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