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14 janvier 2010

La régie son/audio antenne : Exemple du Grand journal

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Console son antenne Studios Rive Gauche

Vous êtes moins attentif au son qu’à l’image à la télévision ? Comme beaucoup.

Mais peut-être l’êtes-vous d’autant moins que le travail de l’ingénieur du son est bien fait et que tout parait naturel, logique à vos oreilles.

Par contre, quand un micro ne s’ouvre pas à temps, si on entend du bruit sur le plateau… vous le remarquez immédiatement.

A quoi ressemble une console son antenne, comment l’utilise-t-on ?  Des explications simples?

Enfin je vais essayer…

Ludovic Riva, ingénieur du son chez AMP/Visual TV était présent dans la régie antenne du Grand journal lors de mon passage dans les Studios Rive Gauche.

Grâce à son aide, je vais donc pouvoir vous présenter une régie son antenne.

Si la plupart des informations peuvent être transposées à d’autres régies son, n’oublions pas que chaque régie, chaque studio a aussi ses caractéristiques propres.

De plus, la régie dont je vais vous parler est configurée à l’année pour une émission quotidienne. La technique de son n’est probablement pas tout à fait la même lors d’un one shot ! (Et bien cela pourra faire alors l’objet d’un autre article !)

Pour gérer le son sur le Grand Journal de Canal +, 4 consoles son sont nécessaires :
La console son antenne présente dans la régie son/audio antenne placée juste derrière la régie image et qui réalise le mix final à partir de toutes les sources.
La console musique dans la régie son/audio musique qui, à partir des pistes son de tous les instruments et voix du live, réalise un mix Gauche/droit. De cette régie part un mix gauche droite du live vers la régie son antenne.
La console retour son scène qui gère le son à destination des musiciens, chanteurs dans leurs haut parleurs ou ear monitors (oreillettes)
La console retour son plateau qui gère le mixage du son destiné aux animateurs, chroniqueurs et au public
Ces deux dernières consoles sont situées sur le plateau, à coté de la scène, bien cachées !

Retour à la régie son/Audio antenne

Régie son antenne Studios rive gauche

Son but : A partir des différentes sources de son (micros animateurs, chroniqueurs, invités, reportages, sons divers comme des musiques, des samples … ), fournir à l’antenne un mix stéréo Gauche / Droite diffusé avec le programme. Dans cette régie il est d’ailleurs aussi possible de réaliser du 5.1.

Pour être précis, la régie son antenne envoie le mix final mais aussi d’autres sons comme les sons divergés dont je vous ai déjà parlé (lien)

Cette régie son est gérée par un ingénieur du son et un opérateur. Le duo est parfois complété par un assistant selon la complexité de la prestation. (D’autres techniciens son complètent l’équipe en plateau)

Ils ont à leur disposition une console (Studer vista 7) mais aussi des vumètres de contrôle, des limiteurs, des compresseurs, des écrans pour suivre le programme. (Trop la classe comme dirait mon neveu). On y trouve aussi un sampler (…ou lanceur d’échantillon). Dans le cas présent : des fichiers audio – wave, aiff, mp3… -peuvent être déclenchés à l’aide d’un clavier midi.Dans le Grand Journal, ce sampler est utilisé pour la météo mais aussi le Petit journal.

Dans cette régie se trouvent aussi un patch pour les arrivées des sources son et le matériel pour gérer les interphonies (liaisons entre les techniciens mais aussi encore le studio et la régie finale de Canal + et  selon les cas avec des lieux extérieurs lors de duplexs)

Zoom sur la console numérique :
Vous avez surement déjà tous vu une console son ! (vous avez joué les Djs lors de mariages, en assoc’, ou en avez vu en discothèque, à la télé !)

Elle est composée de tranches, une par source sur lesquelles on trouve des boutons (ou potards) pour régler le son : un peu plus de basses, un peu plus d’aigus. Et en bas de la tranche : un fader, le bouton noir qui permet d’augmenter ou baisser le volume ou de passer d’un titre à un autre sur une console DJ !

Et bien sur cette console son c’est pareil, mais en plus, en beaucoup plus et en mieux.
En effet, physiquement, il y a 5 bacs (blocs, groupe lots) de 10 tranches sur cette console soit 50 tranches physiques au total.
C’est beaucoup et pourtant ce n’est souvent pas suffisant. Il peut être nécessaire d’en avoir plusieurs centaines mais imaginez alors la taille de la console et le travail de l’ingénieur du son qui devrait naviguer sur plusieurs mètres de largeur. Quand on pense en plus que l’ingénieur du son doit toujours rester au centre de ses hauts parleurs pour réaliser un bon stéréo ou 5.1 ce serait très compliqué. Et cela l’a été à une époque.

Mais est arrivé le numérique.
Grace au numérique, on peut affecter jusqu’à 6 couches pour une seule tranche. Ainsi sur cette console, l’ingénieur du son peut disposer de 50 x 6 = 300 tranches. 300 arrivées ou sorties de son sur quelques mètres de largeur.

C’est ensuite à l’ingénieur de définir l’affectation de chaque piste son (en entrée ou en sorties) selon ses besoins et choisir pendant le tournage de quelles tranches il a besoin et quelle couche il fera apparaitre sous ses doigts pour les utiliser avec le fader et réaliser ainsi le mixage.
Les 5 autres couches inférieures sont « cachées », elles sont mémorisées dans chaque tranche et peuvent remonter, apparaitre dès que l’ingénieur du son en a besoin.

La console son détaillée

Exemple concret : le Grand Journal :
Cette émission est composée de 2 parties. Les intervenants (chroniqueurs, invités…) ne sont pas totalement les mêmes lors des deux parties.
Et bien, la console a été programmée pour que lors de la première partie n’apparaissent sous les doigts de l’ingénieur du son que la couche contenant les sons des intervenants de cette partie.
Pendant la coupure, grâce à une manipulation très rapide, l’ingénieur du son fait remonter la couche des sources de son de la deuxième partie déjà programmée. Et il est prêt à mixer la seconde partie.

Les ingénieurs du son ont alors leurs habitudes pour décider de quelles pistes sons, quelles tranches, ils placent sous la main gauche et main droite.

Tout cela peut paraitre simple comme cela (Quoi? Pas dut tout? … Désolé ! Comme le faisaient dire les Guignols à Michel Denisot. Pour le coup c’est de circonstance)

Mais pour programmer chaque tranche, chaque couche, il est nécessaire d’être malin, bien organisé et de réaliser un bon routing.
Routing ? On pourrait peut-être parler d’aiguillage. C’est-à-dire que d’un coté se situent les sources de son et de l’autres les destinations : les couches des tranches.
L’ingénieur du son doit faire alors arriver telle source à sa destination grâce à une connection « crosspoint » (Pas la peine de vous dire que c’est Ludovic qui m’a donné ce terme !)

Je vous ai aussi parlé d’entrées de sons mais aussi des sorties diverses. Mais alors là cela se complique un peu trop pour moi… Ludovic m’a parlé de sorties  aux, groupes, master, matrix…) Matrix ? L’alcool est interdit au travail !

On obtient alors souvent un maillage incroyable en fonction de la complexité de l’émission. (C’est un métier !)

Il reste maintenant à voir comment on traite le son grâce à cette console.

Rendez-vous à un prochain article…

Nouvelle identité visuelle

Merci à Ludovic Riva, AMP/Visual Tv






2 commentaires


  1. Camille M.

    étudiant à la SAE j’ai trouvé cet article passionant car il est très difficile de trouver des exemples concrets dans des domaines aussi spécifique.

    merci



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