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9 juin 2010

Quand la radio passe à la télé ! RTL passe au 16/9

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Studio RTL face à face Apathie Duhamel

Journaux de presse écrite qui proposent leurs images sur leur site internet  (exemple: Le monde.fr et la fameuse séquence Hortefeux et les Auvergnats)

Les radios et leurs sites internet ne pouvaient pas en faire moins. Les podcasts radio ne suffisent plus il faut proposer de l’image qui bouge !

Mais  proposer de la vidéo de qualité reste plus compliqué.

Prenons l’exemple du face à face Apathie Duhamel hebdomadaire le jeudi matin sur RTL qui vient de subir un lifting et passer au 16/9

Grosse inquiétude le 27 mai dernier.

Alors que je profite des trajets aller/retour  quotidiens vers le bureau pour écouter et regarder des podcasts français et américains, je regarde comme souvent sur mon Iphone le débat entre Jean Michel Apathie et Alain Duhamel.

Et quelle ne fut pas ma surprise en découvrant la mise en image très déroutante.
En effet on passait du gros plan de l’un à l’autre toutes les 3 ou 4 secondes sans aucun rapport avec le propos et la personne qui parlait. Cette alternance irregardable devait être réalisée automatiquement, enfin je l’espère car je ne peux pas imaginer que quelqu’un ait pu passer volontairement d’un plan à l’autre toutes les 3 secondes.

Face à Face Apathie Duhamel ancienne réalisationLes semaines précédentes, la réalisation n’était pas beaucoup plus élaborée : écran coupé en deux avec Jean Michel Apathie et Alain Duhamel constamment à l’image. Pas de regard caméra, le crane plus ou moins dégarni ou l’épaule de l’un cachant partiellement l’autre. L’un regardant en l’air les écrans plats sur lesquels défilent les images des chaines d’info en continu. Etc. pas très esthétique , simple et regardable . J’avais tout de même fini par ne plus regarder les images mais uniquement l’écouter comme une émission de radio.

Et voilà que j’ai découvert la semaine dernière une évolution très importante de la mise en image de ce duel

Passage de 2 à 5 caméras et passage au 16/9.

Sur cette capture d’écran vous pouvez découvrir 4 axes de caméras complétés par le plan présenté en introduction.

Coté plans, il y a toujours les plans serrés sur les 2 duettistes. A cela se rajoute une caméra sur Vincent Parisot. 2 autres caméras présentes le studio en plan large sur 2 axes.

Le réalisateur ou plutôt le switcher a alors à sa disposition une plus grande variété de plans ce qui lui a permis d’enrichir la mise en image et de proposer enfin un programme regardable et adapté au contenu, aux paroles.

Mais pourquoi les radios nous proposent-elles ces images ?
Parce que l’image a totalement pris le dessus sur la photo, le texte et le son, oui probablement. Vous connaissez beaucoup de séquences à base uniquement de son en tête des visionnages sur Youtube ou Dailymotion ?

Parce que les smartphones se démocratisent et qu’après les SMS d’alerte info, on est passé très vite des fils RSS, des podcasts radio aux podcast vidéo, même parfois  déjà en HD . L’arrivée de l’Iphone 4 devrait encore accéléré le développement de la HD … si les réseaux ne saturent pas.

Mais peut-être aussi et surtout car les médias ont besoin de publicité, d’exister aussi dans les autres médias. Et que rien ne vaut une citation par ses confrères de la télévision.

La presse est ravie quand, grâce à une interview exclusive, elle peut bénéficier d’une citation dans un JT. Et quand ce n’est pas une interview, il s’agit d’un sondage payé pour être repris dans les autres médias (baromètre du JDD etc.)

Les radios étaient quand à elles de moins en moins citées. Pas très sexy d’illustrer par des images un sonore d’une interview.

Les radios ont donc décidé de capter l’image de leur contenu.

Et cela fonctionne. Les interviews politique du matin sont très souvent reprises par les chaines d’information en  continue et parfois par les journaux d’autres chaines.

La qualité des images est encore très inégale. Et je ne parle pas seulement de la réalisation.

Les hommes politiques ou autres invités n’ont pas toujours été bien briefés par leur conseillers en communication.  Tenue approximative, barbe d’un jour pour les hommes, tête de déterré pour beaucoup d’entre eux. Bâillements, doigt dans le nez. L’image n’est pas toujours flatteuse.

Si certains ne semblent pas au courant de la présence de la caméra d’autres, en la découvrant pètent les plombs comme Loana montrant ses seins sur France info.

La mise en place de caméras, d’un peu de lumière à base de Kinoflo n’est pas un investissement trop coûteux et a donc tendance à se généraliser.

Mais est-ce pour autant une bonne idée pour la radio ?
A la radio on pouvait venir décontracté. Cela était valable pour les invités mais aussi et surtout pour les journalistes et les animateurs.

On n’avait pas à se préoccuper de son image, de sa posture, de sourire ou pas, d’un regard caméra ou pas.

Tout le savoir tenait en un talent de narration, d’interview et dans la chaleur et la tonalité de la voix.

L’image peut cependant changer la relation avec l’auditeur et avec les invités du tout au tout.

Je l’avais d’ailleurs expérimenté lors du premier tournage de En campagne une série documentaire produite par Morgane production encore actuellement diffusée sur France 5.

L’émission télé est une adaptation libre de « Village People » une ballade à la rencontre de villageois sur France Inter.

Quand Aurélie Sfez et Julien Cernobori ont tourné pour la première fois avec une ou 2 caméras non loin d’eux, ils ont été très surpris de la différence de réaction des villageois. Cela s’est avéré encore plus flagrant au moment de la diffusion.

Parler à un simple micro en sachant qu’on n’entendra que sa voix, son prénom à l’antenne ne semble pas très intrusif ni gênant même quand on dit une vacherie sur un voisin.

Par contre, se voir filmer par une caméra, se voir ensuite dire cette vacherie est beaucoup plus violent. C’est à l’image, c’est passé et repassera à la télé. Cela existe donc vraiment et laisse des traces. Le propos est pourtant le même.

La technologie permet de filmer la radio mais comme toujours, est ce parce que la technologie le permet qu’il faut absolument le faire?

Est-ce que toutes les émissions radios peuvent supporter une mise à l’image?

Je ne le pense pas ni ne le souhaite.

Au média radio de savoir conserver ce qui en fait sa force et son originalité.

Aux journalistes, conteurs de continuer à nous décrire des situations, des ambiances avec leurs mots et leur voix si particulière.






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