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23 juin 2010

Le générique à la télévision

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Le générique de fin ? Oh, moi ça m’est égal, je n’ai pas d’égo, ce n’est pas très important.

Combien de fois ai-je entendu un membre de l’équipe me dire que sa place au générique n’était pas très importante… Avant de râler car il ne comprenait pas pourquoi son nom avait été placé après telle personne.

Allez hop on attrape la télécommande, l’émission est finie on change.

Voici de l’autre coté de l’écran, l’attitude nombreux téléspectateurs au moment où le déroulant des synthés du générique de fin apparait à l’image!

Ben oui, ils ne sont pas nombreux ceux qui, comme moi, comme d’autres intermittents curieux et surtout comme  les personnes concernées, qui restent sagement devant le défilement des noms de tous ceux qui ont participé à la fabrication du programme.

Il y a aussi d’autres qui restent devant le générique de fin. Mais eux se sont déjà endormis depuis quelques minutes et seront réveillés dans quelques secondes par le volume plus élevé de la pub !

D’ailleurs, vous avez remarqué. Au cinéma, il y a toujours quelques personnes qui restent assis jusqu’à la dernière mention du générique de fin du film. Par principe ? Pour laisser passer le gros du public ? Par respect pour tous ceux qui se sont donnés du mal pour le produire ?

Revenons dans notre canapé face à notre télé ou notre ordinateur.

A la fin de chaque émission, apparaissent les différentes mentions du générique de fin :  le nom des invités, le nom des techniciens qui ont participé mais pas dans n’importe quel ordre ni pas tous parfois, le nom des prestataires, les crédits, les remerciements mais aussi les mentions obligatoires.

Disons tout de suite qu’il y a deux écoles : les génériques où les noms les plus importants débutent le générique : animateur, réalisateur, producteurs, et les autres qui se concluent par le nom du réalisateur. Je préfère en général la première version.

Le générique de fin se termine cependant toujours (ou très souvent) par les noms des responsables chez le diffuseur (chef de projet, attaché de presse, responsable de l’unité de programmes… ) ainsi que de plus en plus souvent le site internet de la chaine.

L’ensemble est ensuite conclu par le copyright, le fameux © qui indique la société productrice du programme ou les coproducteurs dont parfois la chaine diffuseur. Le tout est complété par le mois de première diffusion ou parfois par le mois de livraison quand la date de diffusion est encore incertaine.

Ah, oui,  j’oubliais ce copyright est souvent précédé d’une mention censée avoir des pouvoirs « magiques » : tous droits réservés. Mais j’y reviendrai.

Le générique contient donc aussi le nom des invités.

Politesse oblige, il est normal d’indiquer le nom de toutes les personnes qui sont passés à l’image. Mais là encore, il faut éviter toutes les susceptibilités. On peut alors les indiquer par ordre d’apparition ou plus souvent par ordre alphabétique.  Les invités peuvent aussi être regroupés par « statut » ou fonction.

Carton générique Vivement Dimanche prochain

Viennent ensuite les noms de techniciens. Equipe artistique, éditoriale ou équipes mélangées et classées par ordre d’importance hiérarchique

Et c’est là que parfois, vous oubliez un nom, une personne (c’est une tradition …bien involontaire… chez moi). Avant de lancer la sortie de la bande vous sentez bien qu’il manque quelque chose, oups quelqu’un devrais-je dire mais impossible de le trouver.
Ce n’est qu’au moment où la personne concernée vous recroise ou plus directement vous faire remarquer que, même si elle aussi se fout de sa place et d’être au générique… je vous le rappelle! … a bien remarqué que vous l’aviez oubliée !

De même, parfois, tous les techniciens sont indiqués sur le générique qui devient alors long, très long, trop long. Parfois alors le nom des techniciens des prestataires techniques ne sont pas indiqués. N’y voyiez pas de dénigrement à leur égard mais souvent tout simplement le fait que nous n’avons pas tous les noms des techniciens des prestataires à l’œuvre sur nos émissions.

A ces techniciens se rajoutent alors aussi le nom des stagiaires qui ont participé au programme.
Voir son nom pour la première fois à un générique d’une émission assis devant sa télé reste un moment fort.  On est fier.

Et puis oui, finalement même si on dit le contraire, on est tous contents d’apparaitre au générique de fin. Cela nous flatte mais cela peut aussi avoir beaucoup d’importance pour trouver du travail.

Voilà l’une des raisons qui fait que je regarde parfois attentivement un générique. Ah oui tiens, c’est lui qui a fait la lumière, tiens tel ou tel a changé de métier… Ah oui ,tiens lui, je n’ai plus de ses nouvelles, faudrait que je le rappelle, en plus il pourrait ptet travailler avec nous sur la prochaine émission…

Et puis, comme les prestataires sont aussi souvent indiqués, cela nous permet de voir qui est à l’origine de telle ou telle innovation, telle grue, tel truquage, tel plateau etc.

Apparaissent souvent ensuite tous les crédits et ayant droits : auteurs/compositeurs des titres et illustrations sonores utilisés, agence photo, sources des images d’illustrations, des archives, les réalisateurs des images utilisées etc.

Et parfois l’ensemble est complété ou remplacé par la mention « tous droits réservés » , mention juridique dont je ne peux certifier la valeur réelle mais utilisée à tout va pour se « protéger » contre d’éventuelles attaques d’ayants droits oubliés ou non mentionnés.

Passons tout de suite sur les illustrations utilisées sans autorisation. Il arrive aussi parfois qu’un moment de la finalisation du programme, certaines mentions ne nous ont pas encore été communiquées. Parfois, il a été impossible de trouver les sources et ayants droits de certaines images. On utilise alors cette mention pour nous prémunir contre d’éventuelles attaques.

Arrivent alors les remerciements. On indique pêle-mêle tous ceux qui ont donné un coup de main, rendu un service, prêté une voiture, un lieu de tournage pour une interview, prêtés des tenues à l’animateur etc où à qui on a promis un passage au générique en échange d’une aide… Avec la vitesse de défilement de certains générique, l’impact n’est pas toujours garantir mais cela fait toujours plaisir.

Avant de poursuivre, sachez que les génériques sont toujours validés par les producteurs mais aussi au final par les diffuseurs. Les personnes chargées de la conformité y mettent aussi leur grain de sel !
C’est ainsi que sur certaines chaines, vous ne pouvez pas mettre plus de 3 marques en remerciement. On m’a d’ailleurs aussi parfois refusé une marque comme Channel mais accepté John Galliano car cette marque pouvait être considérée comme un nom et non une marque ! Ouaif ! Enfin non, je veux dire : oui bien sûr le diffuseur a toujours raison ! Ouf !

Parfois vous pouvez aussi voir des logos de marques mais dans ces cas là, il est fort possible que l’on soit dans le cadre d’un partenariat plus officiel dans lequel le diffuseur est lié.

Les producteurs sont aussi attentifs aux mentions dans le générique car la présence ou non au générique pour les auteurs, réalisateurs, interprètes etc peuvent avoir des incidences pour ces derniers. Sans leur mention au générique, il peut leur être plus difficile de faire valoir leurs droits auprès des organismes type SACEM, SCAM etc.

Mais tout cela mis bout à bout peut vite être long et le générique même présenté en déroulant horizontal (le générique défile de droite à gauche) ou vertical (les noms défilent de bas en haut) ou parfois sous formes de cartons (ex. Vivement dimanche) peut alors prendre du temps et faire fuir le public.

Et si le public fuit, cela fait baisser l’audience parfois très fortement pendant une voire deux minutes et cela peut avoir parfois des conséquences importantes sur l’audience moyenne du programme entier.

Pas question de faire baisser son audience.
Certains programmes se terminent alors avec un split screen, un écran partagé en bon français avec sur une moitié de la largeur le générique qui se déroule verticalement. La seconde moitié de l’écran étant partagée en 2 fenêtres, l’une avec du live plateau ou des bêtisiers du tournage et l’autre avec les meilleurs moments au ralenti…  Le temps du générique fait alors encore partie de l’émission et le public reste plus nombreux jusqu’à la fin.

Certaines chaines imposent une charte graphique et une durée très courte pour le générique de fin (exemple Canal +).  M6 a fait le choix d’aplatir le programme pendant le générique de fin pour indiquer en bas d’image le titre du programme à suivre après la pub.

Quand il s’agit de séries américaines enchainées sans pub (les experts, etc.), les génériques ne sont plus diffusés en entier.  Il ne reste que quelques mentions insérées pendant la diffusion du teaser du prochain épisode et hop, carton du partenaire pub et second épisode.

Parfois certains génériques de films sont tout simplement accélérés.

J’aurai aussi pu parler du générique début mais là les places sont vraiment réservées aux happys fews : l’animateur, le réalisateur et parfois les producteurs qui rusent pour mettre leur nom, parfois précédé de la mention « sur une idée de »…

J’aurai aussi pu vous parler des génériques de fin des sitcoms américaines qui sont diffusées à part entre deux coupures de pub et accompagnés d’une dernière séquence drôle très courte. Une séquence en soit.

Générique de fin Taratata

J’aurai aussi pu vous parler des génériques très personnalisés comme celui de Taratata « une émission de musique goupillée par Nagui dégoupillée par Pullicino … »

J’aurai aussi pu vous parler des petits gags ou codes ajoutés discrètement aux génériques fin. Faut pas le dire mais un jour j’ai ajouté Canaille (celle de la page)  à un générique de fin.. Ben oui, elle avait fait une apparition de quelques secondes ! Elle méritait d’être aux remerciements !

J’aurai pu aussi vous parler du packshot devant le programme avec le nom de la société de production personnalisé par une animation.

J’aurai aussi pu vous parler de mon grand père qui voulait que je fasse clignoter mon nom pour qu’il apparaisse mieux au milieu des autres noms et qu’il puisse le lire.

Le générique trop long et trop rapide est finalement souvent illisible mais on veut tous, égo ou pas y figurer quand on travaille sur un programme. Et bien d’autres aimeraient y figurer un jour parce qu’ils auraient alors réussi à travailler ou passer à la télé !






4 commentaires


  1. François VERLEY

    Excellent article, comme d’habitude !!

    Moi je sais que je suis un fan des génériques en tout genre !!
    Que cela soit au ciné ou à la TV ! Mon petit faible, va bien sur au générique TV…
    Voir le nombre de personnes qu’il faut pour réaliser une émission (comme tu le dis, du simple stagiaire au réalisateur) tout le monde à sa place !!

    Pourquoi une fascination sur les génériques TV ?
    Tout simplement pour voir le nom du prestataire technique…
    Je voulais à tout prix savoir si telle émission avait été réalisée grâce au moyens technique de la SFP… J’ai toujours eu un petit faible pour cette société… Allez savoir pourquoi ! Autant quand je voyais les concurrents, je détestais, mais lorsque c’était la SFP, c’était autre chose…

    De toute façon, je ne bouge pas de mon canapé sans avoir vu entièrement un générique !!
    Par contre, un petit reproche, certains passent à une vitesse folle qu’il devient quasiment impossible de les lire correctement !!
    De même, maintenant, il n’est plus fait mention du prestataire technique sur les génériques. Pourquoi ? (exemple, « La roue de la Fortune », « Le plus grand Cabaret »… Petite question : je vois la copie du générique de « Vivement Dimanche ». Les studios n’appartiennent plus à l’ex SFP ?

    Désolé si j’ai été trop long dans mon commentaire…


    • François,

      Merci pour tes compliments.

      Et oui depuis déjà plus d’un an, le Studio Gabriel n’a plus de lien avec la SFP (Euromedia France). Elle appartient toujours à Michel Drucker et au groupe AMP


      • François VERLEY

        Bonjour Emmanuel !

        Merci pour tes précisions !! C’est vrai que je n’étais pas au courant de cette cession de la SFP au groupe AMP. Mais j’avais quelques doutes car sur le site de la SFP, le lien qui allait au « Studio Gabriel » ne fonctionnait plus.

        A bientôt.


        • Bien vu… Et oui google propose encore le lien Studio Gabriel vers le site de la SFP.

          Cela devrait changer avec le rachat et puis peut-être que les liens seront prochainement faits vers ce blog car je vous raconterai l’histoire de ce lieu magique et ai en stock quelques images à vous montrer.



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