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7 juillet 2010

La conformation image en montage

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Ah la confo…

Parlez en à un monteur, à une documentaliste, à une chargée de post-production, à un assistant monteur et vous risquez de le voir faire la moue.

Monter des émissions, apporter un sens artistique cela plait à un monteur, chercher des images nouvelles, étonnantes, cela plait à une documentaliste, organiser les plannings de montage cela fait partie du métier de la chargée de production, faire les digits, les sorties, les exports et même les auto-confo, cela peut plaire à un assistant monteur.

Mais rares seront ceux qui auront envie de se coller à la fameuse Confo !

Mais qu’est ce qu’elle a de si désagréable cette conformation ?

Reprenons rapidement la chronologie du montage.
Certaines séquences ont été tournées pour le programme , c’est du frais. De plus des images d’archives ont été trouvées et récupérées sur le net, sur DVD ou sur tout autre support vidéo. On numérise alors le tout sur le banc de montage. On réalise ce que l’on appelle la Digit (lien).

On digitalise alors les images en qualité optimale c’est dire sans les compresser ou en les compressant.

De plus en plus souvent cependant, en dehors de programmes très importants nécessitant des centaines d’heures de rushs on ne prend plus la peine de compresser les images. Les prix des disques durs de stockage ont fortement chuté ces dernières années. Il n’est donc plus toujours nécessaire de compresser, de comprimer les images pour économiser de l’espace disque.
En compressant les images on perd aussi de la qualité à l’image mais cela n’est que provisoire.
On retrouvera la qualité parfaite des images au moment de la Conformation.

Quand on numérise des archives il n’est pas nécessaire de se préoccuper de la compression des images car elles sont envoyées au début du montage par les fournisseurs dans une qualité qui ne les rend de toute façon pas exploitable. (pas question de laisser les client voler les images) Elles ont en plus toutes un TC à l’image. Ce TC (ex : 00 :10 :20 :23 : lire 0h10min20sec et 23 images) permet de rendre inexploitable l’image mais aussi permet ensuite aux monteurs et documentalistes de repérer les images utilisées dans le plan de montage.

Le monteur a toutes ces images de tournage et d’archives dans son Avid ou sur son Final Cut. Il peut ainsi monter son programme à partir de cette base.

Le montage effectué, validé, il faut cependant passer à l’étape suivante qui consiste à sortir le programme en qualité broadcast.
Pour cela, il faut remplacer les images compressées par des images non compressées, parfaites et remplacer les images d’archives marquées par un TC par des images propres, cleans, et de qualité broadcast.
Et c’est là qu’intervient la conformation.

Il faut remplacer chaque plan par un plan clean (oui je sais c’est très français).  Et quand vous imaginez qu’il peut y avoir des dizaines de plans dans une même minute, vous imaginez la quantité de travail.

La méthode pour remplacer les images est différente selon qu’il s’agit d’images que vous avez tournées ou d’images d’archives (j’appelle ici images d’archives toutes images provenant d’un fournisseur extérieur : BBC, AP, INA, Pathé etc.)

Pour les rushs :
Ces images ont été numérisées en donnant à chaque K7 un numéro précis.  Vous avez alors la possibilité de demander à l’AVID de vous éditer la liste de toutes les séquences du programme et de les classer par K7. Pratique non ?

Mais en plus, la machine peut vous proposer en AUTO CONFORMATION de numériser uniquement les plans nécessaires indiqués sur cette liste. Et c’est là qu’intervient l’opérateur Confo(rmation).

A partir de cette liste de TC par K7 il alimente l’AVID via un lecteur Beta num ou d’un autre support.

L’AVID demande la K7 10, vous mettez la 10 dans le lecteur. L’avid va ensuite allez automatiquement chercher chaque plan du montage se trouvant sur la K7 : de 10 :10 :20 :20 à 10 :10 :21 :12  et ainsi de suite Et oui c’est précis, à l’image près.
Attention cependant à ne pas se tromper de K7 car l’ordinateur ne se rendra pas compte que vous remplacez ainsi les images de plages par des images de ski ! La conformation dépend donc beaucoup du travail soigné lors de la digitalisation.

Vous me direz que c’est un travail facile. On lance l’autoconfo, on donne régulièrement une K7 à la machine et roule ma poule !
Oui c’est vrai que lorsque cela se passe bien, c’est plutôt sympa. On peut même lire un bouquin, visionner un DVD entretemps surtout quand cela se passe la nuit.

Mais ce serait trop simple, parfois le lecteur a du mal à se caler sur une image ( pas assez de bande avant le plan cherché, trou de TC etc.) et là c’est le bazar. Parfois cela plante sans véritable raison et il faut relancer la confo complètement ou partiellement.
Il s’agit ensuite de relancer tout le calcul des effets, des synthés etc pour obtenir à l’image le programme final qu’il faudra encore contrôler avant la sortie. Il y a toujours des petits bugs qui trainent.
Voilà pour l’auto confo.

Et comme je l’indiquais plus haut, on arrive souvent à éviter cette étape en numérisant directement les rushs de tournage en qualité définitive non compressée.

Pour les Archives :
Le travail est bien plus complexe.
Il s’agit tout d’abord pour les documentalistes de noter tous les plans utilisés un par un.
BBC K7 12 TC in (début) 10 :13 :15 :20 TC OUT (fin) 10 :14 :16 :12 et ainsi de suite pour parfois des milliers de plans. Il faut alors les trier et envoyer ces longues listes à chacun des fournisseurs. Un travail de Titan.
Il faut noter le TC de façon précise car un mauvais TC ou une mauvaise K7 indiquée impliquerait que vous recevriez en clean un plan qui ne correspond pas à celui qu’il vous faut. Gênant encore une fois.

Il faut aussi commander au plus juste car toute minute ou seconde utilisée a un coût qu’il faut comme toujours limiter.

Ce travail fastidieux étant réalisé, les K7 beta num vous sont livrées.
Aujourd’hui, d’ailleurs,  nous travaillons de plus en plus souvent, surtout avec les fournisseurs étrangers, via des FTP, des serveurs sur lesquels nous pouvons récupérer à distance nos images choisies et commandées et donc à payer. On peut alors gagner un temps fou de copie et d’expédition.
Certaines sources sont totalement numérisées et cela est donc une bonne idée. Pour d’autres, même pas la peine d’y penser. Elles ont même souvent du mal à nous envoyer les images que nous avons sélectionnées.

Et là pas question d’auto confo.
En effet, nous ne recevons plus que les images commandées et utilisées dans le montage. Il faut donc les numériser en clean et ensuite chercher plan par plan où se trouve le plan non conformé à remplacer par le nouveau clean, propre, exploitable.

Elle était où l’image de la plage avec le TC à l’image ? Ah oui, là… Ouf et hop on la remplace par la nouvelle image clean, sans TC et d’excellente qualité. Et ainsi de suite pour l’image du ski etc.

Et cela prend beaucoup beaucoup de temps.

Les monteurs n’aiment pas beaucoup cette étape du montage car elle n’est que technique. Ils n’ont rien à apporter d’artistique à cette partie du montage.
Ils préfèrent souvent qu’elle soit confiée à des assistants monteurs, à des opérateurs confo.

Du coté de la production, on préfère parfois tout de même que le monteur fasse la conformation car il connait toutes ses images par cœur et retrouvera plus facilement les images à la remplacer.

Un assistant monteur est moins cher mais il mettra souvent plus de temps. Il devra cherche toutes les images à conformer et les remplacer ensuite. un vrai puzzle.

La conformation est donc une étape importante pour finaliser un programme surtout quand il est réalisé en grande partie à base d’achat d’images. Il n’est cependant pas le moment préféré de la post-production.






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