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14 juillet 2010

Les secrets de l’interview exclusive de Nicolas Sarkozy par Gérard Grizbec à la fin du défilé sur France 2

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Interview Nicolas Sarkozy 14 juillet France 2

Interview Nicolas Sarkozy 14 juillet France 2

France 2 a été la seule chaine a obtenir une brève interview du Président de la République à l’issue du défilé officiel. Pas d’interview sur TF1.

Ceux qui ont vu en direct les quelques questions posées par Gérard Grizbec ont probablement juste vu une interview à la volée-réactions à chaud comme il en est déjà arrivé parfois lors de ce genre d’événements.

Ceux qui ont ensuite vu le même journaliste interviewer Carla Bruni Sarkozy ont peut-être pu constater qu’il n’était pas très simple de réaliser cette interview.

Quelques confidences sur ces interviews obtenues « à l’arrache »

Comme vous pouvez l’imaginer, les deux principaux diffuseurs d’un événement comme le 14 juillet ont rendez-vous quelques jours plus tôt à l’Elysée pour caler les interviews du Président de la république et d’autres intervenants. Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy à l’Elysée joue alors un rôle très important.

Jean Claude Narcy pour TF1 et Marie Drucker pour France 2 avaient alors semble-t-il eu l’autorisation d’approcher le Président à l’issue du défilé. Il leur suffisait alors de quitter leur poste commentateur en haut de la tribune pour le rejoindre au pied de la tribune présidentielle.

Cependant, les équipes du direct ont appris quelques minutes avant le début défilé par Franck Louvrier que l’interview à chaud par Marie Drucker ne serait plus possible.
Déception générale.

Mais, fallait-il alors faire tout de même descendre Marie Drucker pour tenter d’arracher une interview et profiter du direct?

TF1 avait elle réussi à obtenir la garantie d’une interview exclusive du Président alors que celui-ci avait déjà accordé une interview d’une heure à David Pujadas sur France 2 lundi dernier ?

Le métier de journaliste comme celui de rédacteur en chef d’une chaine nationale publique consiste à essayer d’avoir l’information même et surtout quand elle ne vous est pas proposée sur un plateau.

Et parfois il faut aussi avoir de la chance.

Voici comment les événements se sont réellement produits.

En fin de défilé, le Président de la République décide d’aller à la rencontre de la foule et en particulier des blessés de guerre. Jérôme Revon, le réalisateur du signal privatif de France 2 tente donc de le suivre à l’image avec ses caméras. Pendant ce temps Patrick Richard, le rédacteur en chef motive ses équipes. Il nous faut quelques mots du Président.

Arlette Chabot, directrice de l’information en contact avec lui par téléphone y tient beaucoup.

Au même moment les équipes voient sur le retour TF1 dans la régie que Jean-Claude Narcy se rend avec Carla Bruni Sarkozy auprès de militaires pour une séquence spéciale.Il faut faire mieux encore!

Gérard Grizbec (en haut à gauche) sur la trajectoire du Président

Tous les journalistes de France 2 accompagnés d’une caméra HF sont alors envoyés au plus près du Président. Et c’est finalement Gérard Grizbec qui se retrouve le plus proche.

En régie, tout le monde est sur le coup. La tension monte à la réalisation comme à l’éditorial.

Le rédacteur en chef tente alors de parler à Gérard Grizbec : Tu m’entends ? tu m’entends ? Gérard, faut que tu lui poses une questions, réponds moi, Tu m’entends ? Fais moi un signe de la tête si tu m’entends. … pas de signe de la tête… Grosse inquiétude alors… et s’il y avait un problème technique empêchant de communiquer avec lui ?
Et finalement Gérard Grizbec pose la première de 3 questions.

C’est gagné : le Président de la République a été en interview sur France 2.

Le rédacteur en chef est très heureux et ravi du travail de ses journalistes. Et Jérôme Revon de faire remarquer que la caméra était en plus parfaitement placée, face au Président.
Mission accomplie.

Petit plaisir supplémentaire : TF1 n’a pas eu d’interview du Président.

Interview de Carla Bruni Sarkozy

Mais Gérard Grizbec ne s’arrête pas là. Après avoir interviewé un blessé de guerre de l’armée française revenu d’Afghanistan, il réussit à obtenir une interview de Carla Bruni Sarkozy et ce malgré des réticences voire des résistances de la part de membres de l’Elysée.

Si vous avez l’occasion de revoir les images, vous verrez très clairement un membre de l’Elysée jouant des épaules avec le journaliste pour l’empêcher d’atteindre la femme du Président et le rappeler à l’ordre.
Mais, ce 14 juillet Gérard Grizbec était le plus fort.

Mais au fait, comment le journaliste a vécu ces quelques minutes?

Je le retrouve lors de son arrivée dans le car. Il est très calme, serein. En fait il n’a pas du tout vécu toute cette pression. Pour une raison très simple : il avait oublié de remettre son oreillette au moment de l’interview du Président. Il n’a pas entendu les pressions de la régie.

Je lui demande comment s’est passée cette interview du Président de la République
Gérard Grizbec : C’est le hasard. J’attendais de faire une interview qui avait été prévue depuis la veille avec un des blessés. J’étais à ses cotés. Et il se trouve que le Président arrive, le salue et lui pose des questions. J’ai donc eu une chance terrible. J’ai donc tendu mon micro au Président. Le Président est alors venu vers moi pour que je lui pose une question.

Je lui fais donc remarquer qu’en régie tout le monde comptait sur lui et craignait de ne pas avoir quelques mots du Président
Gérard Grizbec : Cela s’est passé naturellement. J’y suis pour rien (dit-il avec le sourire et modestie) Je ne lui aurai pas posé de question qu’il m’aurait surement demandé si je n’avais rien à lui demander.

A-t-il cependant remarqué quelques pressions amicales pendant son interview de Carla Bruni Sarkozy?
Gérard Grizbec : Lors de l’interview de Carla Bruni, j’ai effectivement remarqué que quelqu’un m’a poussé. Cela devait être quelqu’un de l’Elysée qui m’a dit que ce n’était pas prévu. Je lui ai répondu : je viens de faire le Président, c’est un peu normal que j’interviewe la femme du Président. Et puis encore une fois j’étais à coté d’elle depuis 5 minutes le temps qu’on me donner l’antenne. (Je dois rajouter que j’ai ressenti une certaine émotion de la part du journaliste à avoir rencontré d’aussi près et pour la première fois la Première dame mais aussi Carla Bruni!)

Ces réactions à chaud de Gérard Grizbec me paraissaient intéressantes car elles contrastent avec le ressenti dans le car régie. Le journaliste était au cœur de l’action Avec son expérience ,un peu de chance  et une part de courage, il a vécu les événements différemment.

Des images des deux interviews ont été utilisées dans deux sujets du 20h.

Voilà donc l’une des séquences fortes de cette matinée aux cotés des équipes de France 2.

Je vous en dirai d’ailleurs très vite plus dans de prochains articles complémentaires à la première présentation du dispositif technique (lien)

Je sais, il manque une séquence à l’histoire de cette interview. Probablement l’échange téléphonique entre les équipes de l’Elysée et la direction de l’information de France 2 qui a suivi cette interview non autorisée ou plutôt non planifiée devrais-je dire. Que se sont-ils dit?






7 commentaires


  1. Nicolas

    Bonsoir !

    Merci encore pour cette plongée au coeur du dispositif ! C’est très intéressant de voir à quel point le travail d’équipe est payant. J’aurai dû regarder France 2, car l’interview de Carla Bruni et des familles de soldats, sur TF1, ne paraissait pas très naturelle. Surtout le duplex avec l’Afghanistan.

    Merci encore,
    Nicolas.


  2. kouik

    Pas sûr que la divulgation de tels petits secrets de fabrication plaise à la chaîne…


    • Kouik!,

      Comme tu pourras encore le lire sur les prochains articles sur la réalisation de ce défilé, mon propos est toujours d’expliquer comment se fabrique un programme télé.

      Je ne peux pas répondre à la place de la chaine mais il me semble justement que cet article montre la liberté et la motivation dont on fait preuve les journalistes et équipes sur place pour faire leur métier. Cela me parait plutôt être une qualité.


  3. sylvain

    Bonjour,
    Je ne laisse pas souvent de message, mais ce site est, reste et restera dans mes favoris.
    Chaque jour je guette un nouvel article et là : en voici encore un très passionnant (vu comme j’aime notre grand Nico, j’avais peur mais le l’ai pourtant lu avec un grand intérêt).
    Très grand et sincère merci pour tous ces articles, ces coulisses, ta motivation d’écriture et ce sens du partage de ton métier avec les lecteurs de ce blog.
    Bonne continuation, encore plein d’articles (même cet été, merci).
    A+
    Sydney


  4. Thibs

    je ne comprends pas pourquoi les chaines se battent pour ces interview chaud, au contenu qui n’a finalement rien d’exclusif (il ne font parler que du défilé finalement)
    pourquoi l’élysée ne fait pas ça en pool? pourquoi l’itv n’est pas sur l’inter?
    quelle est la plus value pour le téléspectateurs? quel impact sur l’audience, surtout aussi près du rendu d’antenne?


  5. je ne sais pas où attérira mon message, mais chacun parlant pour sa paroisse, quant en est-il du montant des retraites qui n’augmentent pas.

    Par contre, loyer + 5.69 € donc plus de 400 €, augmentation de la mensualité edf, mutuelle, assurance maison etc ………… et une retraite de 857.43 € par mois ??????????????????????


    • Cher ami Roux,

      Merci d’avoir pris le temps de lire mon article.

      Votre commentaire ne restera donc pas Confidentiel!

      De nombreuses personnes se reconnaitront sans doute dans votre situation. Bon courage à vous

      Emmanuel



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