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29 juillet 2010

Les liaisons HF, le savoir faire d’Euromedia France pour FranceTélévisions sur le Tour de France.

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Les images des caméras HF dans le car de réception

5 caméras moto, 2 hélicoptères équipés de 3 caméras au total, 2 autres hélicoptères relais, 2 avions, des camions le liaisons HF terrestres, un camion HF final « finish line » à coté du car de Lyon de France Télévisions d’où part le signal international.

80 personnes pour gérer l’ensemble de ce matériel pendant ces les trois semaines du tour de France.

L’une des spécificités de la réalisation du Tour de France réside dans l’utilisation de liaisons HF.

Le tour se déroule sur des étapes de parfois plus de 200 Km. Certaines étapes de 6 heures sont diffusées dans leur intégralité sur France 2 et France 3.

La mission d’Euromédia France est donc de garantir à ses clients FranceTélévisions et ASO la continuité de la transmission tout au long de l’étape.

Le dispositif est donc composé de moyens de tournages (caméras sur motos, dans des voitures de course, sur des hélicoptères) et de relais permettant de transmettre en continue toutes ces images jusqu’à la Finish Line, le camion de réception final et la régie de transmission de FranceTélévisions.

Le Dispositif HF Euromedia Tour de France 2010

Tous les fans de télévision et de Tour de France se souviennent du logo SFP sur les motos et sont conscients de l’exploit que constitue le travail du duo Cadreur/pilote parfois à 100 km/h. Ce sera d’ailleurs le sujet d’un article spécial.

Depuis cette année, le logo SFP a disparu au profit d’un logo encore assez peu identifié, celui d’Euromedia France symbolisé par 3 carrés de couleur Bleu, rouge, jaune.

Changement de nom (lien) et de logo mais les hommes et leur savoir faire sont toujours là et les innovations rendez-vous.

Les motos images sont au nombre de 5.

Eric Abomey, le cadreur et Fabrice Roche, le pilote moto

6 équipages, duos inséparables Pilote – Moto/cadreur, alternent.

A Paris, la moto 5 était dédiée uniquement à l’aller/retour sur les Champs Elysées.

Les cadreurs sont de vrais acrobates qui créent leurs plans avec leur pilote. Ils sont peu nombreux à maitriser ce métier.

Coté technologie, le prix de la moto représente très peu par rapport à tout le reste de l’équipement. On y trouve notamment une tête de caméra Thomson HD équipée d’une optique Canon stabilisée hors de prix (100 000 euros) développée et utilisée depuis plusieurs années par Euromedia France  mais uniquement commercialisée depuis cette année.

Les motos doivent se ravitailler à des points précis.

D’autres motos complètent le dispositif.

On y trouve les 2 motos commentateurs France 2 : Laurent Jalabert et Laurent Bellet et 2 motos pour les commentateurs Radio.

Des voitures sont aussi équipées en caméras et liaisons HF.

Les équipes de France Télévisions choisissent chaque soir la voiture d’une directeur sportif qui sera équipée. De plus la société ASO organisatrice de l’événement fait aussi installer certains jours des caméras et liaisons HF dans d’autres voitures (partenaires etc.) qui sont probablement monnayées.

Les voitures sont équipés de micros caméras CCD HD. Le système dans la voiture peut aussi récupérer en direct des images des caméras ENG des journalistes de FranceTélévisions ou des images réalisées plus tôt par ces caméras et ainsi être renvoyées par faisceau au nodal final.

2 hélicoptères au maximum couvrent chaque étape.

Vue aérienne en provenance d'un Hélicoptère équipé en boule Wescam

Les hélicoptères sont loués à Hélicoptères de France (lien) avec des systèmes de caméras gyrostabilisées Wescam de la société parisienne Papasierra (lien)

De manière générale, le premier hélicoptère est en tête de course alors que le second se situe plutôt vers l’arrière.

D’une autonomie maximum de 2h30, les hélicoptères doivent parfois se relayer.

D’une manière générale il faut savoir que tout est organisé chez Euromedia, chez FranceTélévisions et avec Jean Maurice Ooghe, le réalisateur pour tous les moyens de tournage (motos, hélico etc) soient bien présents pendant les 50 derniers kms de l’étape.

Le premier hélicoptère est équipé de 2 caméras.

La première caméra est équipée d’un grand angle. Elle permet de réaliser les fameux plans de châteaux, de paysages etc.

La seconde caméra a une optique plus serrée qui nous permet parfois de suivre la course comme si l’on se situait à quelques mètres au-dessus des coureurs.

2 autres hélicoptères peuvent encore compléter le dispositif mais pour assurer uniquement le relais des images entre les motos et la station finale via différents points intermédiaires.

2 avions (au maximum) servent aussi de relais pour transmettre les images jusqu’à la régie.

L’avion 2 est avant tout un avion de secours utilisé principalement en cas de problème météo car il vole à une altitude plus élevée.

En cas d’intempérie, les conditions météo ne sont pas toujours les mêmes au sol et dans les airs. Ainsi, lors du Tourmalet le plafond était trop bas pour faire voler les hélicoptères mais assez bas pour faire voler les 2 avions. L’avion 1 a permis d’assurer la retransmission au départ. L’avion 2 a permis de la terminer.

Le dispositif est enfin complété par des stations liaisons terrestres.

A l’intérieur du car Finish line HF du Tour de France

Ces 2 cars (3 par exemple lors d’étapes de montagne) sont positionnés parfois dans des endroits improbables mais qui permettent de récupérer les signaux de motos, d’hélicoptères etc et de renvoyer le tout via satellite vers le finish line, le car liaison HF installé à quelques mètres du car de réalisation.

Comme vous pouvez le voir sur le schéma Euromédia, le cheminement des faisceaux en provenance des caméras peut être alors très variable. L’image d’une caméra moto peut passer par un hélicoptère puis par un avion et une station terrestre avant d’arriver dans le finish line par satellite via Globecast (lien)

Le système doit être suffisamment souple et fiable pour permettre tous ces changements de liaisons entre une caméra et le car final.

Vous pouvez imaginer la complexité de ce travail.

Il faut au préalable repérer toutes les routes. D’abord sur cartes sur ordinateur (on utilisait avant les cartes en relief moulées de l’IGN), puis toujours par un repérage sur place. Avec un GPS, des jumelles on repère les points hauts où installer les car liaisons terrestres. Il faut ensuite trouver le moyen de faire arriver ces camions à ces endroits et en obtenir l’autorisation.

Aucun trou de transmission n’est admis.

Difficulté supplémentaire, les coureurs créent la course. Une échappée, un accident, du retard, de l’avance, un peloton éclaté, il faut que les moyens humains et techniques puissent continuer à couvrir tous ces événements.

Cela implique donc une mécanique très complexe et bien huilée pour faire suivre ces images.

Ainsi les motos, hélicoptères et avions sont repérés en permanence grâce à des balises GPS. Dans le car finish line, leur parcours est suivi en continu et les basculements de points de réception adaptées en conséquence.

Difficulté supplémentaire : les fréquences.

En effet, l’ARCEP (lien) attribue des fréquences selon les lieux en France. Mais comme le Tour de France se déplace en permanence, les fréquences changent souvent. L’Arcep doit même parfois demander à l’armée de mettre à disposition ponctuellement certaines fréquences. Et à cela s’ajoute les passages dans les pays étrangers où les fréquences sont encore différentes. Le système doit permettre de s’adapter à tout cela.

Le numérique a permis des progrès considérables mais est aussi un outil très rigide que les équipes d’Euromédia ont du apprendre à gérer.

Des tests de tournage en 3D ont par ailleurs été réalisés par Euromédia lors du Paris Tours en 2009. Le test concernait surtout les transmissions, plus que la réalisation.

A noter que dans le car Finish line sont aussi gérés les delays, les retards des images dues aux liaisons. Selon leur passage par satellite ou pas, elles peuvent avoir des décalages de 3 à 4 secondes. Cela n’est pas très visibles sauf parfois à l’arrivée, au moment où les images des motos sont mélangées aux images des caméras filaires.

La régie de secours dans la Finish Line

Sachez enfin que le car Finish line situé à quelques mètres du car de réalisation de Jean Maurice Ooghe est équipé d’une petite console de réalisation qui fait fonction de régie de secours. L’image d’une caméra d’un hélicoptère est toujours présélectionnée.

En cas de panne dans le car de réalisation comme cela s’est passé 2 fois les 4 dernières années (mais pas cette année), le réalisateur court rejoindre cette console et, après un bref noir antenne, il peut continuer à réaliser le direct jusqu’au retour à la normale du car de réalisation.

Tout ce savoir faire est aujourd’hui reconnu mondialement puis que Euromedia France est entre autre fournisseur Olympique : Athènes en 2004 et Pékin en 2008.

Comme me l’a expliqué Bruno Gallais, le directeur commercial Sport d’Euromedia, sa société était en charge a Pékin de toutes les « outside races » des courses hors des stades : Marathon, courses cycliste etc.

Les organisateurs exigeaient cependant qu’aucun trou de liaison n’ait lieu dans un tunnel de 5 km et interdisaient l’usage de moyens aériens pour éviter les risques d’intempéries météo… ou plutôt car l’armée chinoise est seule autorisée à faire voler des hélicoptères.

Pour assurer 250 Km de course sans moyens aériens, il a donc fallu installer 11 points de réception dans Pékin, tous reliés par fibre optique.

Cette opération a nécessité de nombreux mois de préparation, des voyages sur place. De plus, il fallu attendre le lendemain du Tour de France pour partir avec l’ensemble des équipements et du personnel et tout installer en 15 jours.

Lien Media un autre regard – Euromedia France HF

Lien Media un autre regard – Euromédia, les métiers du Tour de France






9 commentaires


  1. Matti

    Encore un article très intéressant.
    Merci beaucoup pour toutes ces explications.


  2. Vincenté

    Excellent Emmanuel !!! Dommage On ne voit pas trop de photos des car régies sfp, ftv et des autres en extérieur…..pas mal pour le schéma de transmission mis à disposition.

    Bonnes vacances…..pour moi c’ets vendredi!!! 🙂


  3. Anatole

    Félicitation ! Bel article et merci pour toutes ces explications !


  4. Cécile

    Passionnant !

    Le nombre de voitures, camions, personnels de France Télé que j’ai pu voir sur le tour cet été m’avait étonné. C’est très enrichissant de voir ce qu’il y a derrière et de pouvoir sentir la complexité technique énorme de la diffusion en direct d’un évènement tel que le Tour !


  5. Thibs

    100.000€ pour un objectif, même stabilisé, c’est un peu cher… je pense qu’Euromed gonfle un peu ses tarifs…
    le HJ15ex8.5B KRSE-V plutôt en vente autour de $35.000 neuf, ça se trouve sur internet: quelques sites qui le vendent ici
    et ici


  6. Thierry

    Emmanuel,
    J’ai apprécié vos articles concernant le tour de France 2010.Pour ceux qui veulent pousser la curiosité sur le site de « ramiaudio.com »,il y a dans leur rubrique matériels de reportages des modules à inclure sur des motos HF.bonne continuation


  7. ATTAQUI

    BON TRAVAIL, je vous remercie.



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