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27 septembre 2010

Les Canon Reflex 1D, 5D, 7D sont-ils appropriés aux tournages télé? Toutes les réponses dans le livre de référence de Sébastien Devaud

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Canon 5D, 7D 1D / illustrations de l'ouvrage

Tourner en vidéo HD avec les reflex Canon EOS 5D Mark II, EOS, 7D et EOS 1D Mark IV, l’ouvrage très complet de Sébastien Devaud , éditions Eyrolles est déjà un succès de librairie.

Rien de vraiment surprenant puisqu’il accompagne un véritable effet de mode autour de ces appareils photos accessibles à la fois au grand public mais aussi aux professionnels,et ce pour un investissement limité.

Ces appareils photos permettraient de réaliser des images en Full HD dignes des plus belles séquences du cinéma grâce à ce que Sébastien appelle la Trinité digitale : un Capteur 24 x 36, un multi processeur et une très large gamme d’optiques photos.

Mais tout est une question de maitrise, d’expérience. L’ouvrage de référence de Sébastien Devaud documenté, accessible et très bien illustré revient avec précision sur toutes les étapes de production avec ces appareils photos tout en ayant un regard critique sur ses imperfections.

Ces appareils photo révolutionnaires sont-ils vraiment destiné aux tournages pour la télévision ?

Canon 5D, 7D 1D / illustrations de l'ouvrage

Tu as déjà tourné en 5D, en 7D? Mais si, ces appareils photos de Canon qui révolutionnent les tournages et permettent des vidéos top comme au cinéma mais aussi des pubs, des courts métrages. Certains réalisateurs commencent même à l’utiliser en plateau…

Dans les sociétés de production on ne parle plus que de cela : la révolution du tournage avec ces appareils photos reflex de Canon.

Sont-ils cependant si faciles à utiliser ? Comment les utiliser au mieux. L’ouvrage de Sébastien Devaud était donc très attendu.

D’ailleurs, il y a quelques jours je l’ai montré à un jeune cadreur qui avait fait l’acquisition d’un 5D pendant l’été. Juste venu me rapporter une batterie, il n’est finalement reparti que deux heures plus tard,  absorbé par la lecture de ce livre.

Sébastien Devaud est ambassadeur Canon en France. Ah oui mais alors est-il légitime pour écrire un livre argumenté sur un produit Canon ?
Il y répond lui-même en avant propos : « je peux sincèrement certifier que seules ma passion pour les belles images et mon addiction aux nouveaux HDSLR Canon ont guidé et servi mes propos ».

Sébastien Devaud est avant tout un réalisateur de publicités, d’émissions de télévision, passionné de technique qui a su et pu grâce au soutien de Canon tester, éprouver ce matériel et les nombreux accessoires qui s’y rajoutent. Il a pu vérifier le processus de fabrication de la préparation du tournage à la diffusion, en passant par le tournage et la post-production et nous faire profiter de son expérience dans ce livre.

C’est d’ailleurs toute cette expérience acquise à la réalisation et pendant la rédaction de cet ouvrage qui l’a amené à m’expliquer assez rapidement lors de notre rencontre sur le tournage de Direct chez vous (lien) que cet appareil photo était une véritable révolution pour l’image vidéo mais qu’il ne lui semblait pas encore adapté au tournage pour la télévision.

Il préconise en fait vraiment ces appareils pour la publicité, les films institutionnels haut de gamme, pour des fictions (et pour de la 3D). « Dans ces types de production on a du personnel qualifié et des méthodologies de travail éprouvées ». (et du temps, voire de l’argent!)

Quelques explications tout d’abord sur cette révolution technologique.
Cette série d’appareils a été conçue dès le départ par Canon pour la photo mais aussi pour la vidéo en Full HD. « Canon a en effet conçu le 5D Mkll à la demande pressante de Reuters et Associated Press, afin que leurs photographes puissent rapporter à la fois des images fixes et de petites séquences vidéo »

La sensibilité, 25 600 Iso, est telle que les appareils permettent de réaliser des images dans la quasi obscurité avec pour conséquence un travail très différent de la lumière.

Il dispose aussi d’un capteur 24 x 36 (comme celui des appareils photos argentiques), 10 à 20 supérieur aux camescopes numériques HD grands public et toujours plus grand que certaines caméras cinéma de référence comme la Red de Panavision.

Ces appareils photos permettent donc de réduire la profondeur de champ (lien Pro 35) mais aussi grâce au très large éventail d’optiques photo de multiplier les configurations et tout cela pour un prix d’achat incomparable.

Enfin, encore faut-il prévoir d’acquérir un très grand nombre d’accessoires (machinerie pour compenser son ergonomie peut adaptée à la vidéo, optiques, batteries, cartes etc.) et l’investissement pinit par être finalement bien plus élevé.

Ces appareils utilisés en télé annoncent aussi le grand retour des ingénieurs du son et leur plus grande autonomie. En effet, si l’appareil photo possède un micro (à la différence des caméras cinéma), il n’est pas de qualité suffisante pour une diffusion broadcast.

Pas question donc pour le cadreur, comme avec une caméra numérique HD, d’utiliser le micro directionnel de la caméra et éventuellement un micro HF. La présence d’un ingénieur du son  est alors indispensable pour enregistrer le son sur un autre support de façon autonome.

Au montage, le son sera synchronisé grâce aux courbes, les formes de vagues (waveform) qu’il décrit grâce à des plugins très simples sur Final Cut par exemple. Une étape assez simple d’après Sébastien Devaud.

Tout n’est cependant pas aussi facile avec le 5D ou le 7D.
Comme me le fait remarquer Sébastien, cela peut vite se compliquer en particulier pour le grand public désormais habitué à des imports très simples d’images sur leurs ordinateurs et à l’utilisation d’outils puissants mais simples comme Imovie sur Mac.

Post Production – Exemple : une séquence avec Alexandra Sublet

En effet, quand il achète son appareil photo à la Fnac ou ailleurs, on lui répond que tout est dans la boite. Mais encore faut-il savoir qu’il est nécessaire de disposer d’un ordinateur très récent et puissant. Encore faut-il savoir qu’il faut obligatoirement convertir ses fichiers vidéo avant de pouvoir les monter. Les images sont en effet tournée en H 264, un format de tournage et non de montage.

Et cela peut en dérouter plus d’un. Combien d’acheteurs n’ont à ce jour toujours pas monté leurs belles vidéos et stockent toutes leurs images sur d’innombrables cartes.

D’ailleurs dans le milieu professionnel, cela ne se passe pas toujours mieux. Sébastien, devenu la hotline de nombreux collègues qui ont suivi l’effet de mode, a de nombreux exemples de tournages dont les images n’ont jamais été montées.

Comme pour toute technologie de pointe, il faut savoir en maitriser tous les aspects.
Le processus de post production, les délais entre tournage et diffusion n’étant pas du tout les mêmes à la télévision qu’en fiction ou dans la publicité, ce matériel reste encore peu conseillé pour la télévision.

Sébastien Devaud a cependant déjà réalisé discrètement de courts plateaux pour des émissions à la télévision mais il a toujours choisi des courts lancements et non des longues interviews et a fait le choix de les monter chez lui. Il ne trouvait en effet pas le processus et le matériel de post-production adapté chez son diffuseur.

Tourner en Full HD avec une telle qualité d’image n’est-elle finalement pas financièrement si légère par rapport à un tournage vidéo classique HD ?
Sébastien Devaud m’explique que le tournage est pour le moment plus cher car avec un boitier d’appareil seul, il n’est pas possible de réaliser grand-chose. Il est nécessaire d’ajouter des optiques très variées, des machineries comme des crosses d’épaules, des batteries aussi différentes selon les boitiers (ce qu’il critique beaucoup chez Canon). Sans parler du fait que selon les types de plans, il peut être nécessaire d’utiliser un EOS 5D Mark II pour son capteur 24 x 36 puis un EOS 1D Mark IV l’appareil le plus adapté à la vidéo mais aussi un EOS 7D plus grand public mais aussi le meilleur pour les longues focales.

Il est de plus nécessaire d’avoir du monde autour de lui comme un ingénieur du son mais aussi parfois un pointeur car les appareils ne pardonnent pas le moindre écart de flou et il est très vivement conseillé de réaliser le point manuellement pendant des mouvements.

Caméra HD ou Reflex Canon (illustration de l'ouvrage)

Et cela explique pourquoi il ne préconise toujours ces appareils uniquement pour des tournages vidéo avec du personnel qui a pas pris le temps d’appréhender ce mode de tournage et de montage très différent.

Ces appareils permettent aussi de faire appel à des photographes dont on connait le sens incomparable du cadre et qui peuvent ainsi devenir d’excellents opérateurs vidéo.

Si l’ergonomie de l’appareil photo peut être déstabilisante pour un cadreur, elle permet cependant de réaliser des images dans des conditions difficiles et dans des axes compliqués. (reportages de guerre etc.)

Ces appareils photo sont donc des outils innovants très intéressants pour la réalisation de vidéo et comme toute nouvelle technologie imposent un temps d’apprentissage.

Comme le conseille Sébastien Devaud : « faites des tournages perso avant, faites des tests pour vous rendre compte de tout ce que cela implique avant de vous lancer dans des productions professionnelles. » Il faut maitriser le « workflow » Oui Sébastien se vandamnise parfois pendant la discussion. Il faut dire que toutes les sources d’informations sont souvent en anglais.

Et comme le conseille Media un autre regard, achetez son ouvrage écrit lui en français très clair, très pratique et concrèt.

Un ouvrage à lire pour apprendre à maitriser ces appareils étonnants. Un ouvrage à découvrir aussi peut-être avant d’acquérir un 5D ou un 7D.

Des informations pratiques pour les amateurs mais aussi les professionnels sur toutes les étapes de fabrication tirées de ses expériences et nombreux tests réalisés en tant qu’ambassadeur Canon.

Des conseils mais aussi des remarques sur les imperfections de ces Reflex (autofocus inadapté à la vidéo, Aliasing, durée de séquence Full HD limitée à 14 minutes, warnings car l’appareil chauffe au bout de 30 minutes etc.)

Enfin,  pour beaucoup comme moi, c’est un livre très instructif et complet sur toutes les étapes de production de vidéos, sur les optiques, les formats vidéos, les machineries etc.

Et parions que grâce à ce type d’ouvrages, à des formations pointues, des séquences réalisées à partir de 5D 1D ou 7D devraient nous surprendre prochainement dans de nombreuses émissions télé.

Lien Media un autre regard – Editions Eyrolles

Lien Media un autre regard – Fnac

Lien Media un autre regard – Amazon

Email Aide et conseils : sebdevaud@tourneren-hd.com
Email Requêtes pro uniquement : sebdevaud-hdslr@orange.fr

Sébastien Devaud en action (Illustration tirée de l'ouvrage)

(A noter que mon scanner faiblit ou est jaloux de la qualité des photos Canon et n’a pas été très fidèle à la qualité des illustrations de l’ouvrage!)






11 commentaires


  1. stephane

    C’est marrant, je me posais la question récemment. Ca reste encore trop cher pour un non professionel. Merci pour cet article très intéressant.


  2. Matthieu Vogel

    J’ai tourné un clip à NY récemment avec l’EOS 7D et le 550D et j’ai apprécié le fait de ne pas avoir à faire de dérushage. Sinon c’est vrai qu’il faut pas mal d’accessoires et des réglages très fins surtout la nuit.
    Après c’est appréciable en terme de couts de production car 2 à 4 cartes 32GB hautes capacités suffisent.


    • Merci pour ton expérience.

      Pour le dérushage, il est vrai que c’est déjà possible avec toutes les caméras HD sur cartes (Les Panasonic P2, Sony EX1R EX3 etc.) Un vrai gain de temps qui permet aux rédac chefs ou journalistes de désusher chez eux sans besoin d’un accès à un banc de montage.


  3. PEUX TON ESPERER FAIRE UN PETIT TOURNAGE AVEC UN550D QUELLE CARTE NECESSAIRE POUR 5 MINUTES EN AMATEUR DEBUTANT
    MERCI


    • Redor,

      Je vais avoir du mal à te répondre.
      Tout d’abord car c’est Sébastien, le spécialiste et non moi et tu peux le joindre sur les emails en bas de l’article.
      Enfin, car cela doit être indiqué dans son ouvrage mais mes collègues passionnés comme toi par cet appareil se le partagent actuellement.


  4. J’ai vu une équipe des programmes jeunesses de France 3 utiliser le DSLR – avec talent d’ailleurs – dans une conference de presse à Hossegor ( Pro France de Surf 2010 ) et moi j »etais avec ma Panasonic HPX 500 E … c’est effectivement bien plus gros.
    Le son etait capté à part sur un petit enregistreur numerique et non directement sur l’appareil photo
    J’ai regardé ensuite le sujet sur France 3 . Franchement c’etait bien.


    • Nicolas

      Merci pour ton commentaire.

      C’est effectivement de plus en plus utilisé et l’outil est de mieux en mieux appréhendé.

      je devrais aussi en fait une utilisation dans les prochains jours

      Emmanuel


  5. Fabien

    Oulahhh, le sujet date un peu.
    Tout d’abord merci pour cet article très intéressant.
    J’avais une question concernant le tournage en plateau avec un dslr (de chez nikon bouuhh), plus particulièrement sur son raccordement à une régie. Il semble que cela soit réellement complexe alors qu’il ne faudrait pas grand chose pour que cela fonctionne. La tuile c’est que je ne peut avoir qu’un retour ou une copie de ce que l’écran de l’apn affiche. Ce qui est génant pour une régie ou j’ai besoin d’une image brut. CAD, sans les infos de type usage batterie, réglages…
    Bon ben jcontinue à chercher.

    Merci et à plus.


  6. zo rajaobelina

    quel est la différence entre le EOS 1D Mark IV et EOS 7D



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