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13 octobre 2010

Elle est top, la topeuse d’Aïda. Un métier étonnant

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Chantal Graf, Topeuse

Chantal Graf, Topeuse

Fin de la représentation. Elle s’appelle Chantal (et non René …*) , Chantal Graf, régisseur (régisseuse ?) général au Grand théâtre de Genève et topeuse ce soir là au Stade de France de la gigantesque représentation d’Aïda retransmise aussi en direct sur France Ô (et prochainement sur France 2)

Le spectacle vient de se terminer. Nous sommes vite interrompus par Jacques Rouveyrollis, le maitre de la lumière de ce type de spectacle. Il vient en effet l’embrasser, la féliciter et la remercier pour son excellent travail.

Mais qu’est ce qu’une topeuse ?

Place au spectacle.

En effet, si je vous avais déjà expliqué le rôle à la télévision de la scripte et ses fameux tops (lien), voici son équivalent dans le domaine du spectacle.

Equivalent ou presque car la topeuse ou le topeur sont aussi régisseurs. Leur travail commence dès le début de la préparation du spectacle.

Comme son nom l’indique, la topeuse donne des Tops.
C’est elle qui indique à toutes les équipes, à tous les corps de métier le top de différentes actions.

Elle donne à la lumière un top pour le changement d’ambiance lumineuse, au Stade de France, le top pour les écrans mais aussi un autre top pour l’entrée de figurants, un autre top encore à la déco pour un changement de décor, un autre top à l’équipe des effets spéciaux pour lancer  l’allumage des torches…

La grille intercom de la topeuse

Equipée d’un casque, elle est contact permanent avec toutes les équipes grâce à sa grille intercom.

Elle peut ainsi parler à tous ensemble touche ALL ou au Figurants (tous équipés d’une oreillette), à la régie, à la lumière, aux machinistes, aux TW (Talki walki) mais aussi au Stade de France, à FX, la société chargée des effets spéciaux, ainsi qu’au car régie.

Elle peut aussi s’adresser à différentes personnes dont Alain, responsable du son dans l’enceinte du Stade mais aussi du son de l’orchestre, du chœur et des solistes. Brigitte était quand à elle la pianiste  qui accompagnait les artistes et figurants avant que l’orchestre ne soit présent lors des répétitions. Stéphane s’occupe de toute la technique.

Elle peut aussi parler aux régisseurs qui sont dans les portes d’entrée du Stade, eux-mêmes au contact avec d’autres personnes : les guides topeurs qui gèrent les groupes de figurants et  vont chercher ceux qui se sont perdus ou manquent.

C’était la première fois que Chantal Graf était topeuse au Stade de France et dans un stade en général. Elle a cependant beaucoup apprécié cette expérience.

Régisseur général au Grand théâtre de Genève, elle m’a expliqué demander chaque année une permission pour travailler ailleurs et vivre de nouvelles expériences.

Elle a commencé ce métier en 1986, après avoir été danseuse. Ce premier métier lui a appris la rigueur et la discipline indispensables quand on donne des tops aussi nombreux, variés et à des moments très précis.

C’est à Lille, à une époque où il existait encore un ballet qu’elle a dansé. « En entrant au ballet, je savais déjà que ce n’était pas cela que je voulais faire » m’a-t-elle expliqué. Mais c’est à Lille, en faisant la connaissance de la seule régisseuse femme à l’époque (me dit-elle), ancienne danseuse elle aussi qu’elle a compris que c’était ce métier de topeuse qu’elle voudrait faire après sa carrière de danseuse.

Grâce aux ballets et à l’opéra, elle connait bien l’opéra et sait lire les partitions, qualité indispensable pour toper Aïda.

En effet, le chronomètre n’est pas d’une grande utilité dans un spectacle avec orchestre.

La partition façon topeuse

Elle doit alors se fier à un gros classeur (pas si gros que cela me dit-elle. Elle en a déjà rédigé des bien plus gros).

A gauche, la partition avec de très nombreuses annotations et à droite  le plan du Stade de France avec des très nombreuses indications. On y trouve la position du décor, des figurants, des interprètes solistes, les entrées etc.

Des couleurs, des indications au crayon, des gommettes de couleurs… Chantal a créé son propre langage pour indiquer tous les tops à donner pendant le spectacle. Les index de son classeur correspondent d’ailleurs à tous ses tops.

Elle a travaillé depuis février sur ce spectacle avec les différentes équipes et bien sûr avec Charles Roubaud, metteur en scène du spectacle et ses assistants.

Première étape : de nombreux dessins de tous les mouvements

Dernière étape avant le spectacle : les répétitions dans des conditions les plus proches du réel.

En effet, il est très difficile de répéter dans un lieu aussi grand que le stade de France. Le ballet a donc commencé par travailler dans un gymnase et les solistes dans un autre studio.

Chantal a aussi suivi les figurants qui ont commencé par travailler dans le Vélédrome à Saint Denis puis 2 jours dans le stade annexe au Stade de France (le Stade Nelson Mandela, il me semble) avant de répéter enfin dans le Stade de France le mercredi précédent le spectacle du samedi.

Vous voulez en savoir plus sur Chantal Graf. Voici son parcours au Grand Théatre de Genève

Enfin, pour illustrer le travail d’une topeuse, voici un autre exemple, celui de Julie Rohard, topeuse de la troupe du Roi Lion, une topeuse qui donne des « Go »!

* René, la taupe, bien sûr (ok j’ai un peu honte!)






One commentaire


  1. Il faut donc un double cerveau ^^
    Très intéressant comme envers du décors encore une fois !



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