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15 janvier 2011

Champs-Elysées : les derniers secrets de son double écran de fond de scène

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Entrée de Michel Drucker Champs-Elysées / France 2

Un double écran en fond de scène? Grand luxe!

Grand luxe à la hauteur de l’image de l’émission mais aussi indispensable pour :

– permettre de faire entrer Michel Drucker et ses invités tout en conservant à l’image l’univers de Paris revisité par Caroline Benech.

– donner deux aspects différents au fond de scène conçu par Stéfanie Jarre.

Voici donc quelques explications complémentaires en image.

Dans mon précédent article (lien), je vous parlai des 180 carrés led pour les écrans géants latéraux.

Je vous expliquai aussi que comme dans la configuration de Vivement Dimanche, on retrouve le grand écran central de fond de scène d’Utram à demeure qui peut s’ouvrir en deux latéralement.

Exceptionnellement sur Champs-Elysées, l’émission de prime time sur France 2, un second écran SMD 15 est installé par IVS derrière ce premier écran. Cet écran de qualité, de définition moindre comme je vous l’expliquais dans le précédent article est léger, de très faible épaisseur. Il est quasiment collé au fond de la scène.

Assez parlé regardez ces deux images.

La première est une capture d’écran de la chorégraphie de Stéphane Jarny lors du générique début de la première

Configuration écran fermé

La seconde correspond à la configuration principale du fond de décor.

Les éléments de Caroline Benech dans le décor de Stéfanie Jarre.

Vous voyez la différence?

Mais si …

Un indice, regardez les 2 fenêtres situées juste à coté de l’écran central…

Dans la première, il n’y a pas d’image. L’effet est uniquement réalisé grâce aux très belles lumières de Jean Michel Racaud (lien) qui tapent sur des diffusants opaques (des sortes de calques)

Dans le second cas, par contre, à travers les fenêtres on peut observer des images issues de l’habillage de Caroline Benech qui ne peuvent être diffusées que via un écran.

Mais comment ont-il fait?

Et bien dans le premier cas le premier écran est fermé. Dans le second cas, l’écran d’UTRAM est ouvert. Dans le centre vous ne regardez plus l’image de l’écran habituel mais l’image dans l’écran du fond de scène d’IVS. L’écran avant d’Utram est ouvert latéralement sur sa gauche et sa droite et en fait ce sont les images des deux moitiés de l’écran qui diffusent l’habillage.

On va faire un tour en coulisses?

Commençons par la position en milieu d’ouverture de l’écran :

Ecran utram Studio Gabriel en ouverture

J’attire votre attention sur le diffusant, ce calque qui obstruait la fenêtre cour à coté de l’écran. Il accompagne l’écran dans son déplacement vers la droite. De plus vous pouvez remarquer la face transversale intérieure blanche des deux parties de l’écran. En position ouverture, vous ne verrez plus que le blanc.

Voici maintenant le même écran en position ouverte au moment de l’entrée d’Anne Roumanoff

Ouverture complète fond d'écran scène Champs-Elysées. Entrée Anne Roumanoff

L’écran central dont les deux moitiés sont parties à cour et à jardin occupe maintenant pleinement les fenêtres. Les diffusants sont complètement sortis de scène. Et pendant ce temps derrière Anne Roumanoff le téléspectateur continue à apercevoir le même habillage… grâce au second écran d’IVS.

Enfin les images que vous avez pu apercevoir sur les cotés extérieurs de la scène sont dues à des écrans leds IVS de même conception que l’écran supplémentaire au fond et à un cadre en bois peint en blanc, bien placé comme vous pouvez le voir sur cette illustration à droite. A noter que vous pouvez aussi apercevoir l’écran au fond de la scène.

Bref, cela parait au final si évident et si simple! Enfin presque!

Il fallait cependant d’abord avoir l’ingéniosité de la décoratrice Stéfanie Jarre, probablement aussi due à ses habitudes des décors de théâtre, la technicité des loueurs d’écrans et enfin le travail du truquiste en régie, Julian Guttierez dans le cas présent pour positionner toutes les images de façon précise dans toutes les positions de l’écran et en particulier découper l’habillage pour qu’il soit parfaitement placé dans les fenêtres et que l’image déployée de l’extérieur scène jardin à l’écran extérieur cour du décor en passant par les 2 fenêtres et l’écran central soit parfaitement « éclatée » et répartie sur chaque écran.

Revoyons l’image d’introduction de l’article. On y aperçoit de face l’ouverture de l’écran lors de l’entrée de Michel Drucker. Vous pouvez bien voir alors que la même image est diffusée dans les deux écrans, celui à l’avant et celui à l’arrière. On voit sur l’avant le Trocadéro se séparer en deux pendant qu’il est resté entier sur l’écran du fond.

Entrée de Michel Drucker Champs-Elysées / France 2

Allez en images qui bougent c’est encore plus clair. Place une nouvelle fois au nouveau générique qui se conclue par l’ouverture de l’écran et l’entrée de Michel Drucker. (et un petit bonus en fin d’article)

Soyez attentifs… on peut encore y observer quelque chose au moment du passage au direct!

Un dernier petit bonus?

Il reste une question à laquelle répondre…

Mais comment Michel Drucker, les artistes entrent ils depuis l’arrière du décor?

Et bien par une petite entrée cachée à l’arrière du Studio Gabriel comme vous pouvez le voir sur cette photo prise lors d’un enregistrement de Vivement Dimanche. Ils sont alors souvent accompagnés par Ted Tariconne (lien)






6 commentaires


  1. François

    Bonjour Emmanuel,
    Toujours aussi fascinant tes articles !! Tout d’abord, permets moi de te souhaiter une Bonne et Heureuse Année 2011 puisque je n’avais pas eu l’occasion de le faire !
    J’ai regardé hier l’émission. Je trouve maintenant que de plus en plus, les émissions abusent des écrans Led et autres… je trouve que cela gâche un peu les émissions. De plus, si le cadrage est un peu trop prêt de l’invité ou du présentateur, on voit tout les défauts !!
    Hier dans l’émission de Michel Drucker, j’ai trouvé que cela faisait trop.
    Ce n’est peut être pas le point de vu de tout le monde, mais je trouve qu’un décor avec moins d’écrans serait un peu mieux, non ?
    Autre chose qui me « chagrinne » un peu… Tu dis que l’émission est en direct. On ne voit jamais le logo « direct » mentionné sur l’écran. De plus, sur le générique de fin, on voit bien le nom de la personne qui fait le montage de l’émission. Donc pour moi et comme auparavant, l’émission n’est pas en direct. De même, et toujours dans le générique de fin, tout les invités repartent en même temps dans les voitures… Il n’y a donc pas d’erreur possible. Sauf si je me trompe ! lol ! En tout cas, continu à faire toujours d’excellents articles que nous prenons plaisir à lire à chaque fois !!
    A bientôt,
    François.


    • François,

      Merci pour tes compliments.

      Commençons pas la fin… Je n’ai pas encore eu d’informations sur ce qui était ou non en direct. Et effectivement je n’ai pas vu le logo direct et en fait je me suis demandé si le Dupleix de Michel Drucker et Dany Boon lors du JT de 20h n’était pas le seul et dernier moment de direct (voire était lui aussi enregistré puisque c’est maintenant une habitude dans le JT de 20H de France 2 d’enregistrer les séquences avec écran tactile)

      Une petite remarque plus générale. S’il est interdit de placer le logo Direct quand un programme ne l’est pas, il n’est cependant pas obligatoire de le mettre quand une émission est en direct. Canal + joue beaucoup sur cela avec ses quotidiennes. Plutôt que de devoir préciser que les émissions du vendredi sont enregistrées, on laisse le flou sur les émissions réellement en direct le reste de la semaine.

      Concernant les écrans, je trouve plutôt que la réalisation de Richard Valverde, son habillage des écrans associé au travail de Julian DE Gutierrez, le truquiste et de Jean Michel Racaud à la lumière a donné un résultat très réussi et agréable. Plus que lors de la première émission, je trouve qu’il y a eu un vrai travail sur ces écrans, et réussi de mon point de vue

      Emmanuel


  2. Augustin

    Bonjour,

    Le prestige de l’émission (ou la bonne comm autour ?) et les articles de ce blog m’ont donné envie de la regarder, même si ce n’est pas vraiment le genre d’émission musicale que j’apprécie sur le fond (peu de musiciens jouent en live…) comme sur la forme avec son décor trop blanc et lumineux à mon goût et ses écrans LED omniprésents.

    On peut dire que le décor et la lumière de cette émission sont aux antipodes de ce qui a été créé pour le dernier numéro de Sacrée Soirée où le décor était principalement immatériel et laissait toutes leurs places aux faisceaux des projecteurs de Thierry Rollin (et aux écrans LED évidemment, des Martin LC si mes souvenirs sont bons).
    Mais dans le style « émissions 3ème age » 😉 , je dois reconnaitre que l’habillage et les animations des écrans que vous avez si bien décrits sont très agréables et soignés. De plus, la définition des écrans et la technologie utilisée les rendent acceptables à leurs emplacements respectifs… Ce qui est loin d’être toujours le cas je trouve. L’intégration des LED au décor et la lumière donnent une bonne cohérence à l’ensemble.
    On peut noter tout de même que 4 lyres Alpha Beam 1500, très en vogue actuellement, ont été ajoutées sur ce dernier numéro où leurs faisceaux très puissants ont permis de créer quelques effets volumétriques.

    Bref, j’avais prévu de ne regarder que le magnifique générique et éventuellement une partie de l’émission mais j’ai tenu jusqu’au bout finalement 😉


    • Augustin,

      Merci pour ce commentaire très argumenté.

      J’en profite effectivement pour compléter la fin de votre commentaire et de l’utilisation par Jean Michel Racaud de 4 projecteurs installés au sol sur scène (merci pour les références).
      Je les ai aussi immédiatement remarquées.
      Je n’ai pas encore joint Jean Michel avec qui j’ai eu le plaisir de travailler l’année dernière mais je pense qu’ils ont été ajoutés effectivement pour donner de la profondeur à l’image et au décor. Il s’agissait probablement aussi de donner de la « réalité » à ce décor très virtuel, très infographique.

      Avec le même objectif probablement, Richard Valverde a très souvent utilisé lors des variétés un mouvement de travelling inédit sur ce programme, réalisé avec une caméra installée depuis l’arrière du studio, avec en amorce les petits projecteur installés à demeure sous le plafond bas arrière du Studio.
      Idée très ingénieuse car cette caméra placée à quelques mètres seulement derrière les caméras lourdes pour les artistes donne tout d’un coup un sentiment d’une beaucoup plus grande profondeur alors que le studio n’a toujours pas grandi!

      Vous n’aviez pas prévu de regarder l’émission, 5,2 millions de français en moyenne en auraient fait d’après Médiamétrie de même!

      Au plaisir de lire vos commentaires Augustin.


  3. Alex Molnar

    Bonjour !
    Pour avoir assisté à l’émission hier, je vous confirme qu’elle est bel et bien en direct live hormis les séquences d’arrivée et sortie des artistes qui sont tournées en début de soirée avec une petite partie du public mais aussi des figurants !
    En tout cas, c’est très sympa à faire !


  4. Jean Lopez

    très intéressant regard sur les coulisses de Champs-Elysées : j’ai assisté à l’enregistrement (ou plutôt une partie) de l’émission () qui a été diffusée samedi 16 février et c’est exactement comme vous le décrivez et c’est encore plus bluffant quand on le voit pour de vrai!

    sinon, l’émission en elle-même n’est absolument pas en direct : l’enregistrement se fait en 4 segments de 5 heures chacun et sans aucun sens chronologique comme un film de cinéma! par exemple l’entrée de Michel Drucker décrite plus haut est méticuleusement répétée : dans ce cas précis 3 fois!



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