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2 février 2011

Maxime Maton : Conseiller de programmes à l’Unité Magazines de TF1 pendant 7 ans. Retour sur le début de son parcours

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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logo magazines TF1 Maxime Maton

Il parait qu’une destinée humaine évolue par cycles de sept ans.

Et c’est bien au bout de 7 ans, fin décembre 2010, que Maxime Maton, 32 ans, a décidé de quitter ses fonctions de Conseiller de Programmes à l’Unité Magazines de TF1.

Où sera-t-il dans les prochaines semaines ? A d’autres fonctions dans une autre chaine ou bien à d’autres responsabilités dans une société de production ?

Pour Média un autre regard, il revient sur son parcours, son métier de conseiller de programmes (de Y a que la vérité qui compte à Masterchef en passant par Sans aucun doute, La méthode Cauet, Pascal le Grand Frère, Combien ça coûte…) et les autres facettes de ses activités au sein de TF1.

Était-ce un signe, une prédestination ?

Si je vous dis que Maxime Maton a commencé dans la poudre alors que certains à la télé y finissent parfois ?

Dans son cas, il ne s’agissait que de talc et de son premier stage à l’étranger, à Singapour chez le leader mondial Luzenac (Talc for the world!)

Maxime Maton

Étudiant en commerce & gestion, spécialisation Finance à l’Ecole de Commerce Léonard de Vinci (dite Fac Pasqua), il décroche ensuite à 22 ans un second stage à New-York, sur Broadway à la régie publicitaire de Hachette Filipacchi. Il y découvre alors un véritable intérêt pour les médias.

Histoire de justifier ses études de finance, il réalise son dernier stage d’étudiant chez la Financière Guibert, société spécialisée dans les fusions/acquisitions.

Mais voilà, ce sont les médias qui le passionnent, alors tant pis pour la finance, il décide de répondre à une annonce pour un stage dans les médias. Lors du rendez-vous, il découvre qu’on lui propose de rejoindre Niouprod (Endemol) et qu’il va travailler sur la saison 2 du programme le plus exposé et complet du moment : Loft Story sur M6.

Pendant plusieurs mois, il travaille à la cellule dérush et visionne les rushs 22h/24. Il sélectionne alors des moments forts, des images qu’il propose de traiter avec un angle différent, parfois impertinent dans l’hebdo de seconde partie de soirée présentée par Max: Le Loft du Samedi soir.

Chez Endemol, il faut tout savoir faire : prod, visionnage, montage de quelques sujets avec un monteur pendant 4 mois. Une bonne école qui permet aussi à Maxime Maton de croiser pour la première fois Matthieu Vergne, rédacteur en chef et Alexia Laroche Joubert, productrice.
Il pend aussi conscience que le coté éditorial le passionne plus que la partie production.

Nouvelle rencontre, nouvelle étape. Il accompagne Nikos Aliagas lors de séquences de casting en province au début de la saison 2 de la Star Academy. L’animateur apprécie son travail et lui propose de devenir son assistant à temps plein.
Et c’est parti pour 4 mois de marathon en tant qu’homme à tout faire : taxi, homme du téléphone, homme du pressing, coordination de l’emploi du temps du présentateur…

Maxime Maton travaille ensuite chez Glem et tente une nouvelle expérience. Trois semaines à Toulouse pour caster des filles qui plairaient à Greg, le Millionnaire sur TF1. Deux d’entre elles seront bien sélectionnées dans le programme final.

Sur les recommandations des équipes d’Endemol, il rencontre alors Philippe Balland, directeur des magazines à TF1 qui cherche un assistant de production pour travailler à la fois sur les émissions à l’antenne et dans une petite cellule de production interne.
C’est le début de ses 7 années à TF1.

Maxime Maton – Préparation des bêtisiers – 2006

Du coté de la cellule de production, après une nouvelle année de dérush et de coordination artistique, il devient producteur délégué, chargé de produire les quelques bêtisiers de la chaine. Il s’occupe aussi de Ca vaut le détour présenté par Laurent Mariotte.  Travail sur les sujets, sur les conducteurs, les plateaux, achat d’images, il fabrique directement les émissions. Cela durera 4 ans.
Le reste du temps il commence comme conseiller de programmes junior en particulier sur les émissions de Julien Courbet (Sans aucun doute, Confessions intimes, Pascal le Grand Frère). Le début d’une longue série avec l’animateur-producteur.

Avec son expérience il devient chef de projet sur les émissions de Cauet (La méthode Cauet, la Cauetidienne, Cauet Retourne la Télé et dernièrement Ca va S’cauet). C’est d’ailleurs sur Cauet retourne la Télé et Ca va s’Cauet que Maxime et moi nous sommes croisés, l’un coté diffuseur, l’autre coté producteur. Etions-nous toujours du même coté ?

Les années passent, il gagne en autonomie.

Comme Laurent Storch, directeur des Programmes de TF1 l’explique parait-il régulièrement à ses équipes : pour bien comprendre TF1, son public, et être capable d’expliquer aux producteurs les attentes de la chaine, il faut bien compter 3 ans d’expérience.

Dès 2004, Maxime Maton avait cependant reçu une mission supplémentaire, celle de détecter les nouveaux talents.

L’antenne de TF1 est occupée par des « poids lourds » … (Oups … en com’ on dirait plutôt que les émissions phare de la chaine sont animées par une dream team exceptionnelle d’animateurs !) Je parlais donc des Christophe Dechavanne, Nikos Aliagas, Jean Pierre Foucault, Jean Pierre Pernaut et autres souvent en contrat d’exclusivité avec TF1 .
Par vraiment question de les remplacer mais plutôt de trouver des talents pour co-animer, remplir un tour de table, réaliser des chroniques, des sujets avec un nouveau ton etc.

Laissons Maxime Maton nous en dire plus :
Maxime Maton : J’avais pour mission de rencontrer et entretenir des relations avec les  animateurs de la TNT, du câble et du satellite. J’étais chargé d’organiser chaque année un casting pour TF1.
Les unités de programmes me transmettaient les CVs de certaines personnes, j’en repérai d’autres. Sur les centaines de CVs et démos reçues, je recevais chaque année une trentaine d’animateurs que je mettais en situation par rapport à une émission qu’ils rêvaient de présenter ou co-animer sur TF1.

Peux tu nous parler de personnes que tu as repérées ?
M. M. : Je pense à Justine Fraioli qui a co-animé Combien ça coûte l’hebdo avec Jean Pierre Pernaut pendant un an et demi. Elle a passé le casting que l’on organisait chaque année. Au même moment nous cherchions une animatrice pour co animer Combien ça Coute. Je l’ai proposé à ma direction, qui était d’accord avec moi pour la proposer alors à Coyote (la société de Christophe Dechavanne) pour faire un bout d’essais.  Elle avait une vraie personnalité et un style. Elel a su trouver sa place et exister à côté d’un animateur phare comme Jean Pierre Pernaut.

En casting j’ai d’ailleurs adoré diriger des animateurs, leur expliquer comment ils devaient se comporter avec un prompteur, travailler leur gestuelle, leur manière de présenter…

Il y a peu de place pour de nouveaux animateurs à TF1 ?
M.M. : C’est vrai que j’ai rencontré de nombreux animateurs et je les prévenais toujours qu’on n’avait pas forcément quelque chose à leur proposer. A TF1, on ne change pas les émissions tous les ans. Aux magazines, quand tu mets un ou deux nouvelles émissions à l’antenne par an c’est déjà beaucoup et il faut encore qu’elles restent à l’antenne.

Cependant, nous recommandions certaines personnes à des producteurs, pour une pastille, pour une chronique…  Tel ou tel pourrait être bien avec…  Il est journaliste mais présente bien alors pourquoi ne pas penser à de l’antenne pour lui ?

C’est par exemple ce qui est arrivé pour Vincent Cerutti, animateur remarqué de Sosie or not Sosie et de Danse avec les Stars prochain événement de TF1 ?
M.M. : J’ai effectivement été le premier à le rencontrer à TF1. Vincent a longtemps animé avec beaucoup de talents un talk show  sur Le Mans Télévision. En 2008, je lui ai demandé de venir faire un bout d’essai lors d’un casting. Je l’ai trouvé très bon, prenant bien la lumière, avec un ton et un style bien à lui. Il a une belle allure, ce qui est un avantage. Je me suis dit : Il fait TF1… J’étais sur qu’il avait un vrai talent. C’était un Julien Courbet ou un Nikos Junior.

Vincent Cerutti

A l’époque nous n’avions cependant rien à lui proposer. Je l’ai alors aidé à rencontrer le Directeur des programmes et des flux et d’autres afin qu’il se présente en personne et explique son parcours. C’est toujours un plus de pouvoir discuter directement avec les décideurs. Par la suite, je l’ai recommandé auprès de producteurs pour qu’ils le rencontre. Il faisait alors partie de la short list TF1, de ceux qui sortent du lot à la suite de nos castings.

Et pourtant tu as été très surpris il y a 8 mois quand il t’a annoncé qu’il allait présenter directement un prime time sur TF1 (Sosie or not sosie)
M.M. : Effectivement. Il est rare d’avoir aussi vite et seul, l’animation d’un prime time sur TF1. Je savais cependant que Gérard Louvin, producteur et découvreur de  talents avait vu sa bande démo et décidé de le coacher pour qu’il devienne un grand animateur.

Présenter directement un prime time et surtout sur TF1, est-ce si risqué ?
M.M. : C’est rare et risqué. On joue un peu à quitte ou double.
Si le score est bon, c’est un véritable accélérateur. Il y a de fortes chances que l’on te propose d’autres émissions par la suite. S’il est mauvais et même si cela ne dépend pas forcement de la prestation de l’animateur, il faudra attendre avant de revenir seul à l’antenne.

Résultat ?
M.M. : Chapeau. Il a été bon. L’émission a fait une audience plutôt raisonnable (23.4%) dans la case assez difficile du samedi soir. Il est difficile de lancer de nouveaux divertissements alors quand on arrive en plus à révéler un nouvel animateur c’est une double satisfaction. Le plus dur reste cependant encore à venir. Il va falloir confirmer sa bonne prestation et les bons scores du 1er prime.

Vincent Cerutti sera donc à nouveau à l’antenne de TF1, le samedi 12 février 2011 en co-animation de Dancing with the Stars, enfin Danse avec les stars.

Maxime Maton a aussi casté à leurs débuts Sophie Brafman, chroniqueuse dans 10h00 le mag, David Jacquot, aujourd’hui joker de l’info à M6, Alex Goude parti sur M6, lui aussi.

Pas facile d’imposer un nouvel animateur sur TF1. Peu de prises de risques, peu de place ?
M.M. : On peut aussi expliquer cela car, à TF1, quand on ajoute un animateur, un chroniqueur, il faut qu’il soit légitime, qu’il apporte un vrai plus à l’antenne (une note de féminisme, de jeunisme, un ton, une écriture…). Le besoin ne s’en fait pas toujours sentir.

Vous les testez sur des pilotes ?
M.M. : A TF1 le nombre de pilotes est assez aléatoire d’une année sur l’autre. Aux magazines, j’ai connu des années où l’on ne réalisait qu’un ou 2 pilotes.  Ils sont ensuite testés avec des études. Si l’étude est bonne il va à l’antenne, si ce n’est pas le cas, le programme peut être remodifier au montage ou même totalement retourné. Et parfois, on ne le verra jamais à l’antenne.

Mais quand un nouvel animateur arrive à l’antenne cela fait plaisir, plaisir d’avoir participé à le mettre à l’antenne, à partager avec lui un peu de ton savoir, de ton expérience acquise sur les tournages auprès des animateurs les plus confirmés.

Le rôle de conseiller de programmes est en effet très complet. Il ne s’agit pas seulement de batailler avec les producteurs (et même parfois avec les directeurs de prod ! Expérience vécue) de demander telle ou telle coupe ,

Je rajouterai (expérience de directeur de production, toujours!) que le conseiller de programmes a aussi parfois la sympathique mission de transmettre des modifications demandées par la Conformité, un autre service du diffuseur… A vous présenter un jour !) Le Producteur peut aussi être directement informé par la Conformité.

Les relations avec les producteurs peuvent être compliquées ?
M.M. : A mes débuts, à 25 ans, il m’est arrivé par maladresse de commettre des impairs. Pour un producteur, son émission est son bébé, il y a des équipes qui travaillent jour et nuit avec lui pour produire la meilleure émission possible. On ne peut pas tout balayer d’une main façon j’aime bien, ou je n’aime pas.

Tous les matins arrivent les audiences et de cette audience, à la télévision, dépendent beaucoup de choses. Le rôle du conseiller de programmes est d’accompagner le producteur sur son émission, de lui donner certaines clés, suite à l’étude des chiffres et au ressenti que l’on a sur l’émission, dans un seul but l’améliorer le plus vite possible en cas de mauvaise audience. Pas question donc d’appeler un producteur qui a réalisé une mauvaise audience pour lui dire : c’est nul je n’aurai pas fait comme ça !

D’où l’importance d’être présent en plateau, sur les tournages ?
M. M. : En tant que conseiller de programmes, nous sommes chargés du lien entre le producteur, producteur/animateur parfois et la chaine. Nous devons être présents tout au long de la chaine de fabrication.

L'équipe technique de Ca va s'Cauet

On travaille en amont, sur le développement du projet, sur la concrétisation lors de la phase de production du pilote ou du numéro 0 directement. Nous intervenons à tous les stades de la fabrication, jusqu’à la post production de l’émission ou l’on ajuste au mieux le rythme et le contenu de celle-ci.

En permanence en contact, par mail, par téléphone on se voit pour des réunions hebdomadaires ou parfois quotidiennes. « Cette séquence je la verrai plutôt là, je mettrai plus de rythme ici, je choisirai plutôt tel ou tel intervenant ».

C’est cependant en tournage que les choses se concrétisent. Un invité en retard, quelqu’un qui ne veut plus intervenir comme prévu, un changement conséquent, c’est alors au conseiller de programmes présent de conforter le producteur dans son choix.

Parfois nous sommes aussi amenés à émettre des réserves et c’est là qu’effectivement on entre dans des discussions jusqu’au moment de la livraison du programme.

C’est au conseiller de programmes de prendre le maximum de responsabilités seul avec le producteur. Il doit prendre des décisions vu l’urgence de la situation, lors d’enregistrement dans les conditions du direct ou lors de direct tout simplement. Il doit trancher sur les décisions à prendre…
Il s’agit parfois de convaincre le producteur que telle ou telle séquence n’est pas bonne pour son émission, pour son image, que le rythme n’est pas optimisé, que le contenu est faible, que telle séquence n’a pas l’air crédible etc.
A cela s’ajoute une éthique, une charte TF1 sur ce que l’on peut diffuser à telle heure ou pas.

Vis-à-vis des programmes, le conseiller de programmes représente ou est souvent accompagné par de nombreux autres intervenants? (conformité, marketing, service presse, régie pub…)
M. M. : Le conseiller de programmes est en effet le contact privilégié du producteur au sein de la chaine. Il a pour mission de retransmettre aux sociétés de production des informations essentielles sur le programme, comme l’analyse de l’audience et des courbes d’audiences – les études quanti (tatif !) et quali (tatif !) sur les émissions sont généralement directement décryptées par les équipes du marketing-, un découpage de l’émission à respecter suite à la programmation et à la durée. On doit alors résoudre des problématiques de diffuseur qui sont passionnantes. On touche à tout.

Comme par exemple sur Masterchef ?
M.M. : Sur la première saison de Masterchef, émission sur laquelle j’étais conseiller de programmes, j’ai eu un rôle de coordinateur entre l’antenne et les filiales TF1 : TF1 entreprises (diversifications…) et  e-tf1. Cette émission était complètement ancrée dans un dispositif 360.

Comme cela se déroule-t-il ?
M.M. : Aux programmes nous avons tout d’abord travaillé avec Shine qui détient le format Masterchef. La version française est une adaptation du format Australien diffusé sur la chaine 10. Le producteur en collaboration avec l’U.P. Mag. (comprendre : Unité de programmes Magazines ! ) de TF1 a créé cette adaptation. La version Australienne était diffusée quotidiennement en access alors que sur TF1 le programme était en hebdo et en prime.

J’ai plus particulièrement travaillé sur la seconde partie de soirée : Masterchef se met à table.
Avec les équipes du Web nous avons travaillé sur le contenu à mettre à disposition de TF1.fr, sur la plus value en terme de contenu que le Web pouvait apporter au programme.

Avant de quitter TF1 tu t’es enfin occupé de Abus de confiance présenté par Jean Jacques Bourdin. 10 épisodes commandés mais seulement 7 de diffusés ?
M.M. : Ce programme produit par Julien Courbet avait pour but de décrire les méthodes et stratagèmes de grands arnaqueurs. Les premières audiences n’étant pas bonnes, nous avons du modifier la formule au fur et à mesure de la production. Un cas d’école pour le rôle du Conseiller de programme. Finalement l’audience est restée insuffisante sur l’ensemble des 7 premiers numéros. Elle a du se situer entre 18 individus et 24 ménagères. (… ce que je traduirai pas 18% de Part d’audience (population 4 ans et +) (lien) et 24% sur la ménagère de – de 50 ans dite Femme RdA de – de 50 ans (lien))
Ces audiences se situaient en dessous de la moyenne chaine sur la journée. La case du dimanche 18H00 est une case difficile avec une forte concurrence.

Pourquoi avoir finalement décidé de quitter tes fonctions à TF1 ?
M. M. : J’ai vraiment eu de la chance de travailler à TF1 et à ce poste, encore plus peut-être que ce que j’avais imaginé au début. J’ai travaillé dans la plus grande chaine d’Europe, là où l’on invente les émissions de demain, où l’on reçoit tous les producteurs, animateurs. On apprend vite et beaucoup et on se créé un imposant carnet d’adresses.
Mais à un moment on a envie de changement, de réfléchir à la suite, d’exercer d’autres responsabilités, d’apprendre de nouvelles choses. Cela pourrait par exemple être le cas en se rapprochant du contenu et de la production.

Qu’est ce qui a le plus changé en 7 ans à TF1 ?
M.M. : Je vois deux choses : le changement de direction et l’arrivée de la TNT.
Avec de nouveaux dirigeants le management change c’est normal, les problématiques ne sont pas forcement abordées de la même façon. Et donc ma manière de travailler a évolué avec le nouveau management. Depuis quelques années, les équipes dirigeantes nous poussent à travailler davantage sur le développement d’émissions que sur l’accompagnement des émissions à l’antenne.

Crise économique, baisse des audiences avec l’arrivée de la TNT, on a pris d’autres habitudes : mutualisation des moyens, réductions des coûts de grille de 20%. Il y a 3 ans on ne se serait pas posé ce type de questions .

Concernant la TNT, il me semble qu’on n’y croyait pas vraiment. Comment serait-il possible de concurrencer les grosses chaines avec des budgets très inférieurs, de l’ordre de 20 à 30 millions d’euros de coût de grille (au maximum) pour les chaines de la TNT par rapport à celui de TF1 qui était proche des 900 millions d’euros.

Les chaines de la TNT ont effectivement commencé avec des Derrick, Columbo, et puis sont arrivés avec des programmes de flux, des magazines, du sport, de la téléréalité. Les premières fictions inédites sont en train d’arriver.

(TF1 détient désormais NT1 & TMC pour participer et profiter aussi de la progression actuelle de la TNT)

Et coté magazines ?
M.M. : En fait, je crois que j’ai eu une vraie chance de travailler sur ce type de programme.

A l’unité de programme magazines on travaille sur de nombreux et différents univers :  de l’infotainment (La Méthode Cauet …) , de la conso (mation) avec des émissions comme Combien ça coute, du sociétal, de l’Emotainment (Y a que la vérité qui compte) et des émissions de services avec Sans Aucun Doute…. Et peut-être même de la Téléréalité.
En effet Masterchef emprunte certains codes de la Téléréalité. On suit en effet des candidats quasiment tous les jours sur une longue durée.

Conseiller de Programmes est donc un métier très complet ?
M.M. : Le métier de Conseiller de Programmes vous invite à côtoyer au quotidien tous les corps de métier d’une production : casteurs, journalistes, producteurs, Directeurs artistiques. Vous devez acquérir votre légitimité pour être crédible auprès de ces interlocuteurs et réussir à les persuader de vos convictions…vous devez parler le même langage qu’eux pour leur expliquer les attentes de la chaîne.

Conseiller des programmes c’est aussi cela et pas seulement demander des coupes.

On écoute les équipes de fabrication tout en leur apportant des informations comme les tendances du moment, les évolutions de la télévision en France et à l’étranger.

On doit être créatif, échanger, au service des téléspectateurs, du diffuseur et à l’écoute des producteurs.

Merci à Maxime Maton pour toutes ces explications et pour le temps qu’il m’a consacré.

Nous avons d’ailleurs prolongé notre entretien sur le thème du vaste rôle de Conseiller de Programmes et j’espère pouvoir vous proposer prochainement un article sur cette profession incontournable pour toute personne qui souhait produire un programme.

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One commentaire


  1. ange

    Parcours et entretien intéressant à lire!



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