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10 mars 2011

Interview de Pascal Duchêne, réalisateur des Restos du Coeur – 2011 dans l’oeil des Enfoirés – sur TF1. En bonus, le plan de cam

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Pascal Duchêne (au centre) dans la régie de C à vous / France 5 / Troisième Oeil Productions

A quelques heures de la soirée des Restos du cœur diffusée en prime time sur TF1, parole à Pascale Duchêne, le réalisateur de cette soirée.

L’occasion de revenir avec lui sur le tournage de ce programme les 30 et 31 janvier 2011 à  l’Arena de Montpellier mais aussi sur sa réalisation des Victoires de la Musique diffusées dernièrement en direct sur France 2.

Lors de cette rencontre il nous explique aussi les différences de contenu entre la soirée des Restos du coeur  diffusée sur  TF1 et le DVD. Encore une autre bonne raison d’acheter le  DVD après avoir regardé l’émission sur TF1.

Et en bonus et exclusivité, vous découvrirez en fin d’article le plan de caméras du tournage de ce spectacle. Retrouverez-vous les caméras lors de la diffusion du programme sur TF1? 17 caméras c’est exceptionnel !

Réalisateur aussi régulièrement du Grand Journal sur Canal +, je l’ai rencontré lors du direct de C à vous sur France 5, une émission « vraiment sympa à faire » m’a-t-il dit qu’il réalise 3 ou 4 fois par mois.

Pascal Duchêne (au centre) dans la régie de C à vous / France 5 / Troisième Oeil Productions

Commençons donc par parler de la soirée des Victoires de la Musique sur France 2.

Cette année, la soirée des Victoires de la musique semblait avoir été conçue comme un spectacle ?
Pascal Duchêne : Oui c’est cela. Avec les équipes d’Anne Marcassus, de DMLS TV avec qui je réalise aussi les Enfoirés on a beaucoup travaillé sur la mise en scène des chansons… un boulot qui devrait être normal en télé.

C’est bien que les émissions de variétés aillent vers le spectacle. La scénographie c’est tout de même plus intéressant que de n’avoir qu’un chanteur qui interprète son titre avec son groupe. Les téléspectateurs sont un peu lassés de cela et c’est bien d’amener des mises en scène et des mises en image différentes.

La lumière a aussi été un élément original et réussi de cette soirée
Pascal Duchêne : Je travaillais pour la première fois avec Dimitri Vassiliu qui, lui, vient de la scène et avec qui il a été très agréable de travailler. Il a permis d’apporter d’autres choses.

(Il n’est pas très simple d’expliquer la différence entre la lumière de plateau et la lumière scène.

De manière générale, la salle et plus sombre au spectacle. Il est aussi souvent de même pour la scène. En télé, il faut aussi que les fonds de tous les axes soient éclairés. Ensuite, la différence d’éclairage dépend souvent de la personnalité et du talent du directeur photo. Certains ont leur style et c’est souvent d’ailleurs pour cela qu’on les appelle. Peut-être appelle-t-on aussi trop souvent les mêmes ou que certains ont pris des habitudes et devraient aussi se renouveler. )

Un lecteur me faisait cependant remarquer, que lors des Victoires de la Musique, on pouvait constater quelques quelques bizarreries au moment de certaines bascules lumière.
Pascal Duchêne : Dimitri Vassiliu est forcément moins habitué à la télévision et il a donc évidement moins cette habitude de la technique de bascule lumière entre la musique et le plateau. Et à sa décharge il a eu vraiment  très peu de temps pour travailler.

Il était très ambitieux de vouloir faire toute cette scénographique en si peu de temps. Pour quelqu’un comment lui qui vient du spectacle, il s’agit de travailler avec 10 fois moins de temps. On lui a demandé beaucoup et en très peu de temps. Il a réussi un tour de force.

De la même manière un autre lecteur a constaté une variation de la lumière dans la salle. La salle ,sombre au début, semble avoir ensuite été plus éclairée.
Pascal Duchêne : C’est effectivement une demande qui est arrivée en cours de route car on ne sentait pas assez la salle en plan large. Au spectacle cela passe. Moins en télé où l’on a besoin de plus de lumière.  Au cours du direct on a donc demandé à Dimitri de renforcer un peu cela. C’est une chose qu’on ne demande pas en spectacle.  Enfin nous avions besoin de filmer des personnes dans la salle dont les artistes présents.

Passons aux moyens techniques. On n’a pas constaté de souci particulier.
Pascal Duchêne : Cela s’est très bien passé avec AMP/Visual TV. J’ai eu les caméras que je voulais en tenant compte des contraintes habituelles d’un budget télé.

Vous avez préféré un steadicam à un système de travelling sur rail type junior.
Pascal Duchêne : Je crois avoir été le premier à m’être servi d’un junior et donc je m’en sers effectivement beaucoup. En revanche il est moins pratique dans certaines salles.

Par exemple cette année, aux Restos du cœur je n’ai pas pu l’utiliser car je n’avais pas la place pour l’installer. On doit souvent faire des compromis. Il faut avoir la place nécessaire pour nos caméras tout en limitant le nombre de places supprimées dans la salle. Et puis, en plus, j’avais envie de travailler avec un steadicam.

Était-ce la première fois que vous travailliez avec Karim Boukerche ?
Pascal Duchêne : Cela doit être la troisième fois. Avant, je travaillais beaucoup avec Valentin Monge qui maintenant est passé au cinéma et n’est plus très disponible. C’est lui qui a formé Karim et me l’a présenté. Karim est un mec formidable.

Vous aviez aussi placé deux grues litecam à jardin?
Pascal Duchêne : Oui deux petites grues qui prennent elles aussi peu de place. En effet, plutôt que de prendre une grande grue qui coûte un peu cher et prend beaucoup de place j’utilise maintenant 2 petites grues, une tout en hauteur et l’autre en bas ce qui me permet d’avoir 2 plans larges assez beaux.

Les caméras en salle Victoires de la musique France 2

Une seule personne est nécessaire pour utiliser la grue, elle prend moins de place, elle est plus légère et souple à utiliser et on a moins de problèmes de sécurité.

Qu’est ce qui était le plus compliqué en répétitions ?
Pascal Duchêne : Il y avait beaucoup de scénographie donc beaucoup d’installation d’accessoires. On devait gérer deux scènes. De plus tout était en live et avec des mises en place de backlines très importants. C’est très différent d’un simple PBO. La prouesse des équipes techniques de Pascal Enreille était importante.

Le premier jour des répétitions certaines installations paraissaient parfois injouables.
Pascal Duchêne : En répétitions on avait l’impression que c’était long mais on a mis une telle pression aux équipes qu’ils ont travaillé comme des chefs et il n’y a donc pas eu d’attente du tout. Cela a permis d’enchainer tous les titres assez rapidement.

Qu’elle était l’idée du décor conçu par Philippe Désert ?
Pascal Duchêne : L’idée de départ était d’avoir deux scènes car les titres s’enchainaient avec quelques minutes d’intervalle et on ne voulait pas faire de changement à vue du backline. On a donc choisi un système d’écrans pour cacher l’installation.  Un écran descendait sur la scène du haut quand on l’installait et que je travaillais alors sur la scène du bas et on avait les écrans du bas pour cacher l’installation pendant que tournais en haut.

On a donc peut-être vu parfois des écrans s’ouvrir ou se fermer à vue. Mais je trouve qu’une émission en direct ça doit aussi vivre justement parce qu’elle est en direct. On essaye de faire les choses avec minutie mais en direct, il y a une part d’installation comme dans un spectacle, ce n’est pas très grave.

Venons-en donc maintenant aux Restos du cœur diffusé ce soir sur TF1 en prime Time.
Que pourra-t-on y voir ?
Pascal Duchêne : Il s’agira d’un spectacle avec 40 artistes bénévoles qui donnent beaucoup de leur temps et sont très généreux sur scène. Ils réalisent un vrai spectacle avec des costumes, des accessoires sur une grande scène.

Les enfoirés à l’Arena de Montpellier

Le décor est de Xavier Grobois qui s’en occupe depuis plusieurs années.

De nombreux accessoires se rajoutent à cela pour créer des ambiances différentes pour chaque tableau. Bravo à Cyrille Autissier  l’accessoiriste et à ses équipes ainsi qu’à Charlotte Bétaillole. Un autre habitué de la soirée à ne pas oublier : Jean Philippe Bourdon à la lumière.  (et Guy Lacroix et son orchestre pour la musique)

Comment est organisé le planning de tournage et répétitions ?
– le Lundi : Répétitions et mise en en place de la mise en scène

– Mardi -> Mercredi Après midi : Arrivée des artistes. On refait toute la mise en scène avec eux, comme une filée histoire de mettre les costumes etc.

– Mercredi soir a eu lieu le premier concert vendu au public comme une générale. Le public dans la salle ce soir là sait que ce n’est pas le spectacle définitif, qu’il s’agit de la toute grosse dernière répétition générale que l’on fait devant eux dans les conditions les plus proches d’un spectacle normal.
Quand il y a un peu d’attente, des changements, ce que les gens ne voient pas à la télé c’est que les artistes viennent chanter leur titre pour faire patienter le public.

– Jeudi, vendredi et samedi soir un spectacle : les choses d’affinent encore.

Le dimanche, la vidéo arrive (CAR XXL3 (741) moyens EuroMedia France) et je réalise un premier tournage le dimanche après midi qui sert de répétition générale pour l’équipe image. On se cale sur cette répétition pour réaliser les deux véritables tournages : les dimanche et lundi soir.

Comment choisissez vous ensuite la prestation que vous allez utiliser entre celles de dimanche et lundi soir ?
Pascal Duchêne : Tout d’abord, certains artistes ne peuvent être là que le dimanche ou lundi soir selon leurs disponibilités.
De plus, la soirée de base, en particulier pour le titre collégial de début « j’ai demandé à la lune » et celui de la fin, est souvent le lundi soir car c’est souvent le soir où l’on a le plus de monde et qu’on est tous le plus rôdé.
Ensuite entre deux prestations le dimanche et le lundi soir, c’est avant tout le son qui décide. Si le son est  meilleur tel ou tel soir on privilégiera le son et à moi ensuite de me débrouiller à l’image.

Quelle est la différence entre le DVD et le programme télé ?
Pascal Duchêne : Le DVD est la continuité du spectacle le lundi soir en général. Je refais peu de montage dessus. Il s’agit vraiment d’une captation. On a en plus une contrainte de temps. On doit le fabriquer rapidement pour qu’il puisse être vendu le lendemain de la diffusion de la soirée sur TF1. Cette année, le master était livré une semaine après le tournage.

Le montage pour TF1 prend par contre plus de temps.
Pascal Duchêne : Actuellement je travaille encore dessus avec Jean-Pierre Baïesi, un très bon monteur. (interview réalisée le 3 mars 2011)

Il y a le temps technique de montage mais aussi le temps des modifications en fonction des remarques de TF1, le diffuseur ?
Pascal Duchêne : Non non TF1 reçoit la K7 la veille de la diffusion.

C’est rare !
Pascal Duchêne : C’est effectivement l’exception à la règle et d’ailleurs valable pour toutes les chaines qui ont diffusé ce programme. Ce sont les Restos du cœur qui ont la main sur le programme et qui décident.

Peut-on revenir plus en détail sur les étapes du montage télé ?
Pascal Duchêne : Il est assez long car je pars du premier montage pour le DVD mais il faut le raccourcir pour respecter la durée télé et donc faire de petites coupures à droite et à gauche en essayant de garder l’esprit et tous les numéros presque en entier.

Pendant le tournage des Restos du coeur

J’ai aussi une caméra qui tourne dans le public pendant 3 jours dont je rajoute ensuite des plans de réaction des gens. Et bien sûr j’ai une caméra dans les coulisses dont je réinsère des images dans le programme.

Et ensuite vient encore l’étalonnage qui est très soigné et réalisé sur Poggle et le reste de la partie technique.

Vous disposez de combien de caméras en tournage ?
Pascal Duchêne : J’avais à ma disposition 17 caméras dont 8 lourdes et 6 portables. Cela peut paraitre beaucoup mais ils sont aussi très nombreux sur scène. Chaque cadreur sait ce qu’il a à faire.

Et coté machinerie ?
Pascal Duchêne : On retrouvera 2 grues Litecam et une caméra remote au dessus de la scène mais pas de steadicam ni de junior.

Y a-t-il un truquiste dans le car ?
Pascal Duchêne : Non ce n’est pas nécessaire. S’il y a des effets, ils seront réalisés en post production. Mais en fait, cela se limite à un détramage.

Comment gérez-vous les divergées pour le montage ?
Pascal Duchêne : Le monteur vient avec en moi en tournage pour switcher des images derrière moi dans le car. Il réalise le programme inverse. Par ailleurs, on décide aussi parfois avant le tournage que tel jour, sur telle séquence il prendra telle ou telle image.
On travaille sur disques. Et en gros j’ai toujours 4 caméras en plus au montage, ou 3 quand l’une propose la même image que moi !

Et comme promis voici donc le plan de caméras avec l’implantation des 17 caméras. Et oui cela en fait beaucoup.

 

Plan de caméras du spectacle des Restos du Coeur sur TF1

(Comme toutes les illustrations, il suffit de cliquer pour agrandir!)

En complément des propos de Pascal Duchêne, je rajouterai que le samedi soir les 2 litecam raccordées au car qui n’est pas encore en configuration complète enregistrent déjà des images.

De plus, dès le mercredi, une régie flight (fly) avait été installée avec 4 caméras pour la réalisation des images dans les écrans salle pour le public

Merci à Pascal Duchêne pour ses explications et pour sa confiance.






2 commentaires


  1. Vincenté

    Super….merci pour le plan cam et l’itw de pascal duchêne, je me souviens de son physique dans les petites annonces d’élie semoun… 🙂

    Je regarderai tf1 d’une autre façon ce soir.



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