Coulisses des émissions

14 mars 2011

Renaud St Cricq, chroniqueur et rédacteur en chef de C à vous sur France 5 depuis 6 mois. Interview « Chouette » exclusive

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Renaud Saint Cricq - C à vous France 5
Renaud Saint Cricq – C à vous France 5

« Chouette », un mot qu’il prononce souvent même, quelques fois lors de cette interview.

L’occasion de parler de sa jeune carrière de Rédacteur en chef de C à vous, poste qu’il occupe depuis 6 mois aux cotés de Fabrice Pierrot, producteur éditorial.

Une nouvelle aventure après 10 ans de presse écrite comme journaliste Télé au Parisien et des premières apparitions comme chroniqueur régulier depuis le lancement de C à vous sur France 5.

L’occasion de parler de son apprentissage de son nouveau métier, d’ambiance de travail et de concurrence.

Une rencontre avec un mec chouette!

La liste des journalistes de magazines télé qui rêvent de passer à la télé est très longue.

Certains y sont arrivés, souvent pour critiquer à la télé, mais tout en y étant cette fois!

Critiquer est facile, faire est plus difficile, voici peut-être l’une des raisons qui a motivé Renaud Saint-Cricq à quitter le Parisien pour vivre une nouvelle aventure et apprendre un nouveau métier à la télé!

Comment s’est passé ton passage de la presse écrite à ton rôle de rédacteur en chef télé?
Renaud Saint-cricq : Cela a été un grand saut. C’est comme passer du foot à la natation. On sait qu’il faut faire fonctionner des muscles mais ce n’est pas tout à fait les mêmes.

C’était une envie ?
R. S-C. : Oui, c’était une envie. J’ai travaillé pendant 10 ans au Parisien, j’écrivais sur la télévision, c’était bien de s’y frotter. A force d’écrire sur les autres : « moi j’aurai fait ça, pas fait ça » alors oui l’étape suivante était « va le faire » L’opportunité est venue. Alors oui : je vais le faire.

Comment se sont passés tes débuts ?
R. S-C. : L’apprentissage n’a pas été simple au début. Faut pas fanfaronner quand t’arrives. Il y a des termes techniques, des régies, des bancs de montage, des effets de montage, du vocabulaire que tu ne comprends pas du tout. J’avais l’impression qu’on me parlait chinois au tout début.

Fallait aussi être opérationnel tout de suite pour trouver des idées mais là il y avait des similitudes avec la presse écrite. La télé c’est de l’image animée. Mais quand on va faire un reportage, c’est le même principe qu’en presse écrite. Il faut avoir un angle, une idée et revenir avec de la matière qui puisse intéresser le téléspectateur.

Un angle, une idée, une information : là dessus j’étais opérationnel tout de suite. Le reste j’ai du l’ingérer. Au bout de 6 mois c’est mieux, ce sera mieux en fin de saison et probablement encore mieux dans un an …

Ta volonté première était de faire de l’antenne ?
R. S-C. : Je n’y avais pensé avant qu’on ne me le propose. Mais l’an dernier, j’ai pris du plaisir à faire cette chronique télé du vendredi. Ca m’a aussi appris à voir ce qui se passait devant la caméra, avec Alessandra et les autres chroniqueurs.

Renaud Saint Cricq version poilue!

Après… Animer une émission comme le fait Alessandra, c’est un vrai métier et un vrai talent. Je serais incapable de faire ce qu’elle fait sur le plateau aujourd’hui et probablement que personne dans l’équipe ne peut la remplacer. Faut avoir un truc que les autres n’ont pas.

Joseph Macé Scaron venu pour remplacer Nicolas Poincaré a confirmé son départ la semaine dernière ?
R. S-C. : Joseph est parti à cause de son emploi du temps. Faire un édito quotidien et co animer une interview tous les jours, c’est un job quasi à plein temps. Il s’en est rendu compte assez rapidement. En plus de C a vous, Joseph avait de nombreuses responsabilités dans différents médias. Il ne pouvait tout mener de front. Tant pis. Mais nous avons tous eu plaisir à travailler avec lui. Pour l’avenir, nous étudions plusieurs pistes. Pierre Antoine Capton, le patron de 3eme Œil, et la chaîne trancheront.

Qu’elle est la particularité d’une quotidienne en direct ?
R. S-C. : Ce qui est impressionnant c’est qu’une quotidienne est une lessiveuse.

On arrive le matin, on met le pied au bureau et le tambour tourne, tourne jusqu’au soir 21h. On se repose une nuit et le lendemain il faut tout recommencer à zéro. Un mélange de stress au boulot et un immense bonheur à le faire.

Ce qui est chouette (two points !) avec une quotidienne c’est qu’un jour on peut faire une émission moyenne et dès le lendemain se régaler : l’invité fonctionne, les sujets fonctionnent, les magnétos fonctionnent.

On sent une bonne ambiance sur le plateau.
R. S-C. : La convivialité sur le plateau n’existe aussi que parce qu’elle existe en dehors. L’équipe de C a vous est compétente, mais aussi joyeuse. Passez une journée ici. Il n’y a pas de cris, ce n’est pas l’hystérie. Il peut y avoir des engueulades, bien sûr, mais de manière générale les gens aiment travailler ici.

Tu as été sur de nombreux autres plateaux en tant que journaliste du Parisien ?
R. S-C. : J’ai connu des endroits où il y avait de la pression, des directions très strictes où l’on exigeait de l’obéissance et sans discussion possible. Ici ce n’est pas toujours la douceur mais il est toujours question d’une approche collective de l’émission.

Renaud Saint Cricq attentif! C à vous France 5

Et, avec Fabrice Pierrot le producteur éditorial, cela fait partie de notre travail. Il s’agit d’animer une équipe, de donner une direction et une cohérence éditoriales à l’émission. Et là, tout le monde fait marcher ses méninges pour créer un truc chouette (ten points ! oui 10 points direct! C’est cadeau!) pour le soir.

Et travailler avec Alessandra Sublet ?
R. S-C. : On a une Rolls, (Alessandra) Sublet à l’antenne . Il faut lui fournir l’essence pour que le moteur tourne. Mais c’est un vrai bonheur : elle a une capacité d’émerveillement et de fraicheur à l’antenne hors du commun et une capacité de réaction impressionnante. A nous d’être au niveau pour lui offrir tout ce dont elle a besoin pour être à l’aise à l’antenne. Et plus personnellement, c’est une fille très sympa.

Comment se prépare la première partie plus proche de l’actualité?
R. S-C. : Avec Fabrice Pierrot, nous essayons d’être le plus réactif possible sur nos choix de première partie. Il faut à la fois être « chaud » et « concernant ». Nos invités doivent être ceux qu’on a envie d’entendre, leurs témoignages doivent être un apport pour les téléspectateurs. Il faut toujours qu’on apprenne quelque chose.

Le thème se décide quand ?
R. S-C. : Toujours le matin, rarement la veille sauf pour des invités politiques forts parfois calés à l’avance. Par exemple en sortant des Victoires de la musique on s’est appelé le lendemain à 8h pour se dire qu’il nous fallait Gaetan Roussel et Yael Naïm et on a lancé tout cela à 9h. Nous avons aussi lancé un autre plateau pour en avoir un de secours

Cette promesse de réactivité doit être tenue car les gens reçoivent énormément d’informations. On doit être sur l’actu du jour, parfois l’actu des dernières heures car elle change si vite avec les nouvelles technologies.

Max surveille l’arrivée du dessert … Et Jérôme Béglé avait très faim ce jour là!

Par exemple, récemment, on a appris la mort d’Annie Girardot à 16h et à 19h00 on avait un plateau. C’est souvent le feu. Tout le monde bosse. On passe tous des dizaines de coups de téléphone pour trouver trois personnes pertinentes pour parler du sujet et qui veuillent bien s’exprimer. En plus de cela, Fabrice et moi travaillons aussi les chroniques avec les chroniqueurs.

Pour la partie « invité », le dîner d’Aless(andra Sublet), il faut qu’on prépare quelques surprises pour nos convives, faire en sorte qu’ils soient contents d’être là, que cela les amuse.

Alessandra Sublet n’est pas présente au moment des répétitions des chroniqueurs.
R. S-C. : Non mais elle connait la thématique de chacune.

En fait, elle prépare très sérieusement les deux interviews, celle de la première partie et l’interview de l’invité de seconde partie. Elle choisit aussi les archives parmi celles qu’on lui a présélectionnées pour l’interview de l’invité.

Hélene Zinc notre documentaliste nous propose 8 à 10 vidéos pour l’invité. Avec Fabrice on en choisit 5 et Aless fait son choix en rapport avec son propos et l’interview. On travaille de même sur l’album photo. On présélectionne des photos parmi lesquelles elle choisit les finales.

Comment trouvez-vous les photos ?
R. S-C. : Nous en trouvons grâce à nos documentalistes mais aussi en interrogeant les amis et l’entourage de l’invité. Parfois celui-ci nous en donne aussi.

Les invités repartent avec l’album ?
R. S-C. : Certains nous ont parfois demandé des photos après l’émission, des photos qu’ils avaient découvertes pendant l’émission où qu’ils n’avaient pas vu depuis 15 ans.

Et que deviennent les cadeaux des invités ?
R. S-C. : Cela dépend. La vie du cadeau est tout à fait aléatoire. Parfois sa vie est très courte par exemple s’il est périssable ou pas très recherché. Un bac à glaçon finira dans le frigo.

Parfois quand Alessandra est très touchée ou que le cadeau est très personnel, elle le garde pour chez elle. Quand c’est un élément de déco ou un bouquin, il complète ensuite le décor. Au fur et à mesure on meuble le loft.

L’audience progresse et le programme semble avoir une bonne image, est ce plus simple pour faire venir les invités ?
R. S-C. : Cette année on est passé à une vitesse supérieure pour la venue des invités. L’ambiance plait aux invités, ils s’amusent, le bouche à oreille fonctionne. Un exemple ? Jean Dujardin (le copain de Canaille!) a parlé de l’émission à Sandrine Kiberlain, qui en a parlé à Fabrice Luchini. Qui a pris du plaisir et qui en parlera certainement à…. C’est aussi comme ça que ça marche. Mais nous avons de très bons programmateurs. Venir à C a vous est devenu une envie.

Pourriez-vous inviter Nicolas Sarkozy à C à vous? L’invitation est-elle lancée?
R. S-C. : Oui, bien sûr. Mais la question, ca serait plutôt de savoir si lui viendrait. A moins de lui faire miroiter son plat préféré…

Parmi les différentes chaines présentes sur le monitoring en régie on trouve Direct 8. Est-ce le vrai concurrent de l’émission ?
R. S-C. : Non, pas du tout. Ce n’est pas le même type de plateau. On n’est tellement pas dans la même ambiance, L’écrin de C à vous est quand même beaucoup plus luxueux. On n’est pas du tout dans le même style d’invités. Longue vie à eux mais on est pas du tout dans le même type d’émission.

Si on devait chercher une comparaison, une concurrence elle serait effectivement plutôt du coté du Grand Journal avec un animateur phare et un plateau. Ils sont très installés avec de l’actu et des invités people.

Vous avez fait évoluer l’émission par rapport à cette concurrence ?
R. S-C. : Non, même si eux doivent regarder ce que l’on fait et nous pareil. C’est la vie de la télé, non ?

Il doit y avoir une concurrence au niveau des invités?
R. S-C. : Je ne suis pas dans la tête des invités mais j’imagine que oui. Notre grande différence avec eux qui est aussi devenue notre force c’est qu’on ne débooke pas les invités. De plus ici, les invités ont 30 minutes à l’antenne et ne servent pas de faire valoir pour les chroniqueurs.

Ils sont bien traités et ont 30 minutes pour parler d’eux et être mis en valeur et je crois que cela commence à faire la différence. (sans parler du fait qu’ils sont nourris ! Quoique ce n’est pas toujours simple de répondre aux questions tout en mangeant!)

Et comment cela se ressent-il dans les audiences ?
R. S-C. : La case était à 70 000 téléspectateurs lors des rediffusions du Magazine de la santé. Aujourd’hui on arrive à des chiffres au dessus du million comme avec Fabrice Luchini. (Le Grand journal en best of ce jour là). Notre moyenne n’est pas encore à un million mais on a par exemple réalisé il y a deux semaines des jours à 900 et 850 milles téléspectateurs. On a multiplié les audiences par 10 et elles ont encore augmenté par rapport à la fin de l’année dernière. La progression nous donne à tous la pêche (Chouette non ! Un point pour moi!)

Quelles nouveautés peut on attendre dans les prochaines semaines et à la rentrée ? On parle notamment d’une seconde partie dès 20h00 plus longue ?
R.S-C. : Je n’en sais pas plus. Cette décision regarde la chaîne, qui en discute avec le producteur.

Un grand merci à Renaud Saint Cricq d’avoir répondu à mes questions ainsi encore une fois à toute l’équipe pour son accueil sympathique.

Pour en savoir plus sur les coulisses de C à vous, je vous invite à lire ou relire :

Un loft à Paris : Un après midi dans les coulisses de C à vous / France 5

Le secret des caméras remote

La vie de la régie, à la « cave »

Lien Media un autre regard France 5 / C à vous

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