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10 mai 2011

Médias, le magazine sur France 5 : l’heure du visionnage !

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Nicolas Hélias et Marie Laurence Rincé en pleine discussions

Cela avait commencé par une conférence de rédaction, lundi à laquelle vous avez pu assister.

Et nous voilà jeudi soir, quelques jours seulement de travail plus tard pour le grand moment du visionnage des différents sujets.

Entre temps il a fallu tourner des images dites fraiches, réaliser des interviews, récupérer des archives et des images diffusées pendant la semaine sur les chaines de télévision et, en une journée, ce jeudi, monter les différents sujets qui doivent désormais être validés.

Il est 20h30, on attend Nicolas Hélias. Et on va l’attendre encore un peu !

Désolé Marie Laurence…

Et il est un peu à la bourre Nicolas Hélias, consultant de Jara Prod sur Médias, le Magazine sur France 5.

Une heure plus tard, enfin un peu plus tard encore, il arrive.

Les sujets sont bien avancés. L’équipe se détend autour d’une livraison de sushis dans une cafet’ d’Atlantis.

Quentin Canette amuse la galerie de ses remarques inracontables ici mais drôles!

Nicolas fait enfin son entrée. « C’est pas tout mais faudrait penser à finir! ».

Mais l’équipe a faim !
Il faut dire que la journée a commencé tôt. En une journée il a fallu que chacun des trois journalistes monte son sujet. Le tournage des plateaux a lieu le lendemain matin.

Et la journée n’est pas finie, il faudra encore faire des corrections, compléter le montage après le visionnage. Les sujets non mixés doivent partir en plateau demain matin après un dernier visionnage. Ils seront ensuite encore mixés définitivement vendredi. Les journalistes poseront alors leur voix qui remplacera une prise de son témoin provisoire réalisée en montage.

Les monteurs pré-mixent cependant leurs sujets car ils doivent être audibles des invités en plateau pour qu’ils puissent réagir.

Chaque jeudi, un premier visionnage se déroule vers 16h. Il a pour but de regarder un premier ours, un premier assemblage des images choisies et de valider l’angle de traitement du sujet. Sont alors présents Thomas Hugues, Nicolas Hélias, Christophe Koszarek, le producteur et de Marie Laurence Rincé, la rédactrice en chef, la plus maternelle avec ses équipes.

Nicolas Hélias est plus direct. Précis, pertinent par ses remarques mais direct. Je l’avais connu directeur des magazines de TF1 lors du tournage et des nombreux, très nombreux visionnages de« Cauet retourne la télé », un divertissement. Je l’ai découvert cette fois-ci sous un aspect différent ayant un regard très précis et avisé sur le rythme des sujets et la clarté de l’histoire que l’on raconte. Il est aussi attentif à la pertinence des images d’illustration.

Marie Laurence Rincé a semble-t-il une relation quelque peu différente avec ses équipes. Contrairement à Nicolas Hélias, elle est au quotidien avec les journalistes. Elle sait quelles difficultés ils ont pu rencontrer lors des tournages, de quelles images ils ont manqué etc.

Alors, entre Marie Laurence Rincé, les journalistes et les monteurs il y a un peu de connivence.

Quentin Canette veut faire passer une musique dont il sait qu’elle ne plaira probablement pas à Nicolas Hélias, Marie Laurence est au courant et observe si cela va marcher! Le monteur tentera même de baisser légèrement le niveau du son à ce moment là pendant le visionnage mais on ne la fait pas à Nicolas Hélias. « Tu montes le son s’il te plait et tu me fais réécouter » demande-t-il au monteur…. « Vous n’allez pas garder cette musique là » Bien sûr que non, répond Quentin amusé.

Une petite bataille de perdue mais Quentin a surtout en tête une autre idée pour les prochaines semaines : retourner en Tunisie revoir tous les intervenants qu’il avait rencontrés pendant la révolution de Jasmin.

Regardons les prochaines émissions pour voir s’il aura eu gain de cause. Son idée est intéressante, non? !

(Petite précision, Marie Laurence n’est pas effondrée par le travail de Quentin. Il n’y a juste jamais assez de chaises dans une salle de montage alors on prend l’habitude en fin de journée de se poser où l’on peut et la moquette c’est pas mal à cette heure là!)

Revenons au partage des rôles comme cela est le cas dans de nombreux autres visionnages :
– Quentin et son monteur tentent des nouveautés, de sortir un peu de la charte habituelle de montage des sujets
– A Marie Laurence Rincé de soutenir ses journalistes, de les aider à construire le sujet au quotidien
– Et à Nicolas Hélias d’avoir le final cut en ne se préoccupant plus que d’une seule chose : que le téléspectateur comprenne le sujet et soit bien informé. Il doit alors faire abstraction des difficultés rencontrées pour réaliser le sujet.

Et au final avec un sujet réussi, qui plait, ils ont tous contents. Ils ont tous fait leur job!

Revenons plus précisément au sujet de Quentin Canette.

Une particularité : il a été tourné sur une journée, la première journée des procès Colonna et Clearstream. Ces images seront la base de son sujet dans lequel il va montrer les relations entre médias et avocats pendant cette première journée importante.

En complément, il a fait commander 3 archives à l’INA et dispose de plusieurs heures de sujets sur les procès tirés des JTs de la semaine.

Grâce au droit de citation il va en utiliser des extraits tout au long du montage pour montrer comment les médias ont traité de cette journée au tribunal.

Quentin et Sandy ont un noir à remplir

Pendant le visionnage, il reste des noirs image, c’est-à-dire que l’on entend son commentaire mais les images pour les illustrer n’ont pas encore été sélectionnées, il n’y a rien à l’image.

Explications :

Son sujet est composé d’extraits de rushs ou de JTs utilisés au son et à l’image.

A d’autres moments, pour faire avancer son propos, il a posé un commentaire provisoire. Et c’est sur le son de ce commentaire que le journaliste et le monteur doivent rajouter des images d’illustration.

J’interroge Quentin Canette car je trouve assez risqué d’avoir posé tant de commentaires sans avoir la certitude de pouvoir les illustrer.

Il m’explique cependant qu’il avait eu du temps mardi et mercredi pour dérusher les images. En commençant le montage, il avait déjà une idée précise des images d’illustration à poser dessus. Il reste juste encore à trouver quelques plans après avoir entendu les remarques de Nicolas Hélias.

Quentin prend des notes tout au long du visionnage. Son sujet est un peu long et Nicolas Hélias lui demande de rajouter encore quelques plans, mais tout va bien.

Direction ensuite la salle de montage de Laetitia Krupa. Avec Damien Labbé, elle prépare un sujet sur les 30 ans de Mitterrand.

Laetitia Krupa & Damien Labbé, monteur en montage – Médias, le magazine

En machine, il y a 7 interviews réalisées pendant la semaine soit 1h 47 d’images. A cela se rajoutent des documentaires qui seront diffusés cette semaine. Par commodité, ils ont été digitalisés en entier même si Laetitia sait déjà quels extraits elle veut utiliser. Il y en a pour 2h50.

Elle a par ailleurs commandé des images à l’INA et notamment des jingles de l’époque. Il y en a pour 38 minutes.

L'écran des Rushs du sujet Mitterrand – Médias le magazine

Contrairement à ce qui se fait souvent, l’INA a livré des images clean c’est à dire prêtes à être utilisées. Il n’y a pas de TC sur l’image. Il ne sera pas nécessaire de les conformer. L’INA propose ce type de services aux magazines d’actualité car ils n’ont pas le temps de conformer les sujets. Le client paye alors l’ensemble des frais techniques mais ne paye que les droits sur les images utilisées au montage.

La Time line du sujet Mitterrand

Le sujet commence avec en fond sonore « Un autre monde », la chanson de Téléphone. Nicolas aime beaucoup l’idée. Laetitia Kupra est contente car la musique a été habillement posée il y a quelques minutes par le monteur. Elle rend cependant à César, enfin au stagiaire qui a eu cette idée ce qui lui appartient. Nicolas note avec attention cette information.

Et toujours le même principe : Nicolas Hélias y va franco et Laetitia Krupa journaliste expérimentée explique son point de vue, pourquoi tel ou tel choix. On raccourcit certaines longueurs, on va à l’essentiel.

Tout cela est bien sûr subjectif. Il y a de très nombreuses manières de monter un même sujet, de donner les mêmes informations de façon intéressante.

Marie Laurence Rincé apprécie d’entendre que le sujet est finalement un peu plus court que les 6’40 » initiales. « Les sujets sont trop longs, ce n’est même plus la peine de tourner de plateaux ! » disait-elle avant le visionnage.

Bon, ok, elle exagère un peu mais comme souvent les journalistes ont envie de proposer le plus d’informations possible dans un sujet et donc de tirer un peu sur la durée. Marie Laurence Rincé doit cependant aussi laisser du temps aux invités en plateau.

Il commence à se faire tard et il faut encore visionner le sujet de Mathilde Bellenger sur la mort de Ben Laden. Pas simple de monter un sujet aussi chaud et sur une actualité qui a tant évolué en quelques jours. Il y aurait tant à dire, il faut faire des choix et en particulier sur un angle de traitement.

Je les abandonne. La soirée n’est pas encore terminée.

Vous en savez désormais un peu plus sur la partie visionnage, un moment pas toujours simple pendant lequel il faut faire des choix.

Je vous invite d’ailleurs à profiter cette semaine de la mise en ligne gratuite de l’émission sur le site de France 5 pour revoir ces sujets, écouter les commentaires, voir comment ils ont été illustrés, voir le type d’images utilisées etc.

Nicolas Hélias et Marie Laurence Rincé en pleine discussions

Prochain article sur Médias, le magazine : les coulisses du tournage en plateau

Un grand merci encore aux équipe de Jara Prod.

(cliquez pour agrandir les photos)






2 commentaires


  1. EXCELNICO

    C’est cool de pouvoir rentrer dans les coulisses de cette émission !
    Merci



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