Coulisses des émissions

16 mai 2011

France 5, RTL, France 2 : Interview exclusive d’Yves Calvi

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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A quelques instants du direct

Toutes les deux semaines, il anime, il modère Mots Croisés sur France 2.

Chaque jour à 8h15 sur RTL, il interroge un invité pendant près de 7 minutes, c’est le choix d’Yves Calvi.

Mais c’est dans les locaux d’Europe 1, où il anime au quotidien en direct C dans l’air que je l’ai retrouvé.

L’occasion de vous proposer prochainement les coulisses du tournage de C dans l’air et C à dire et dès maintenant une interview d’Yves Calvi.

Comment organise-t-il ses journées? Comment conçoit-t-il son travail de journaliste? Comment a-t-il accouché Carla Bruni Sarkozy sur RTL? …

Le direct du jour de C dans l’air est terminé.

Yves Calvi s’est changé. Il a retiré l’une de ses fameuses chemises de couleur vive, celles qu’il revêt pendant les émissions au profit d’une chemise de ville plus discrète.

Il revient sur le plateau pour réponde à mes questions. « Tiens je vais me mettre à la place d’un invité cette fois-ci » me dit-il. Et, non, je n’ai pas pris la place de l’animateur, nous sommes restés côte à côte.

Il a quitté les ondes de Europe 1 depuis 2005, il est passé par France Inter entre 2007 et 2010 avant de rejoindre RTL en 2010. Et pourtant il doit bien être le seul journaliste de RTL et France Inter à avoir chaque jour depuis 10 ans aussi passé toutes ses fin d’après-midis dans les locaux d’Europe 1 où se trouve le studio de Maximal production (Lagardère Entertainment) dans lequel est tourné chaque jour de la semaine C à Dire et C dans l’air.

Qu’est cela vous fait d’être tous les jours à RTL et à Europe 1?
Yves Calvi : Vous voulez dire : qu’est ce que cela fait d’être le matin à la radio sur RTL et le soir dans les locaux d’Europe 1 ? Et bien, je suis habitué à cette situation depuis toujours donc cela me parait normal.

Je dirai que l’aspect paradoxal de la situation me fait rire.

Le plateau de C dans l'air – France 5 – Maximal Productions

Pouvez-vous nous donner une idée de votre emploi du temps dans une journée ?
Y. C. : Normalement je suis aux alentours de 6h, 6h30 à RTL. Ensuite, en fonction de la charge de travail que j’ai là-bas, de ce que l’on prépare, d’éventuels enregistrements, de réunions de préparation pour mes invités quotidiens, je peux y rester plus ou moins tardivement. Il arrive aussi que je lève le camp à 9h00 pour aller directement à France 2 pour préparer Mots Croisés.

Mots croisés est une émission qui a une périodicité moins importante (Bimensuelle) que Le choix de Yves Calvi sur RTL et C dans l’air sur France 5, mes deux rendez-vous quotidiens. Cependant elle est assez dévoreuse de temps. On passe notre temps à préparer des sujets qu’on annule au dernier moment, ou à contacter des invités qui disent qu’ils vont venir et qui finalement ne viennent pas. Il y a donc un petit peu une dépense de « réunionite » à France 2 qui est normale.

Et puis je me retrouve ici (dans les locaux d’Europe 1/Maximal Productions) en début d’après midi pour préparer mon C dans l’air jusqu’à la sortie vers 19h15.

Il peut aussi par exemple arriver que je reparte ensuite enregistrer une interview à RTL quand un invité ne sera pas en direct parce qu’on ne peut pas l’avoir autrement. Comme j’ai souvent des non professionnels, il peut arriver que pour un témoignage très fort, je l’enregistre le jour précédent ou même parfois le matin même, un quart d’heure avant la diffusion juste pour des conditions de sécurité.

J’ai vu que vous travaillez sans prompteur mais au cahier.
Y.C. : Cela dépend. Chaque émission a sa spécificité.

Ici j’écris tout à la main sur des cahiers que j’ai toujours employés. J’ai une page où j’ai mon lancement de début d’émission. Ensuite je prends des notes qui sont des idées ou des éventuelles questions et puis j’ai de petits éléments de lancement pour les 3 reportages que j’ai préparés par téléphone avec mon rédacteur en chef.

A Mots croisés, c’est un peu plus formel car c’est une émission plus lourde. J’ai un texte sur prompteur en tout début d’émission mais que je lâche au bout de deux minutes. Et après, même chose, j’ai une quinzaine de feuillets où l’on a structuré l’émission. Et puis en cours d’émission il peut arriver que je passe de la feuille 1 à la 14 avant de revenir à la 5.
C’est un peu plus structuré tout simplement par ce que je m’attends à avoir un peu plus d’agitation sur le plateau et que c’est fait pour cela. Ce n’est pas pour rien que cela s’appelle Mots Croisés. Il ne faut donc pas que j’empêche totalement les mots de se croiser même si je suis quand même là pour veiller au grain.

Et puis à RTL j’écris tout et puis j’improvise.  Je suis quelqu’un qui prépare pas mal et qui fait ensuite beaucoup avec la matière qu’on me donne.

Une des spécificités sur C dans l’air est que vous ne voyez pas les sujets avant le direct. (En effet, pour des raisons de logistique, comme je vous l’expliquerai dans un prochain article, les sujets sont montés dans des bureaux à Boulogne Billancourt et arrivent souvent en régie en cours d’émission)
Y.C. : C’est vrai. Sur le coup de quatre ou cinq heures on se contacte avec Manuel Saint Paul, le rédacteur en chef. On se parle, il me décrit les sujets qui sont à ce moment là au montage.

A quelques instants du direct

Sur le premier sujet de l’émission du jour (Sarkozy et le cinéma politique) sur le film La Conquête, il m’a par exemple dit : il va y avoir des éléments de la bande annonce, vont s’exprimer le metteur en scène, le producteur, un député de droite qui va donner son avis. On va voir l’affiche, tu sais l’affiche c’est amusant car elle a été faite à partir d’une vraie scène qu’a vécue Nicolas Sarkozy.

Je lui pose des questions. Quand il ne peut pas y répondre il va revérifier auprès des reporters. En gros je sais à un près tout sur les sujets et en même temps je les découvre en direct sur le plateau comme les SMS d’ailleurs.

On m’a raconté un sujet. Je le découvre en plateau ce qui est un autre plaisir de cette émission.

C’est inhabituel comme méthode…
Y. C. : C’est une contrainte que je n’accepterai dans aucune autre situation. Mais je travaille avec des amis, avec un grand producteur, Jérôme Bellay et un ami rédacteur en chef, Manuel Saint Paul, avec qui je travaille, pour l’un depuis quasiment 20 ans et pour l’autre depuis 15 ans.

Et confier son sort tous les soirs en direct sur une émission d’actualité où vous arrivez sans avoir vu les sujets est quelque chose que je n’estime en ce qui me concerne pas normal. Mais je sais que dans ces circonstances là je n’ai pas le choix.

Cela fait partie du charme de l’émission et les ¾ des téléspectateurs que je croise et qui me parlent de C dans l’air m’en parlent pour me dire … Ah ben vous voyez à 14h j’étais dans ma voiture, j’écoutais la radio, j’ai entendu qu’il s’était passé ça… et ce soir ce sera dans C dans l’air… Et c’est vrai dans huit cas sur dix.

Vous avez de nombreux documents sur la table devant vous sur C dans l’air.
Y.C. : Il y a un dossier qui m’a été préparé, une note de synthèse, une fiche par invité et des journaux que j’ai parcourus.

Pendant toute l’émission vous êtes en liaison avec Jérôme Bellay ou le rédacteur en chef qui vous parle depuis Boulogne. (Pour des raisons d’organisation le producteur n’est pas en régie à Paris, à coté du plateau mais il regarde l’émission depuis Boulogne sur un canal spécial. Il peut cependant utiliser un réseau d’ordre pour parler en direct avec la régie, avec le local questions SMS/Internet et parler à Yves Calvi via une oreillette)
Y. C. : Mon producteur et qui est finalement aussi d’une certaine façon rédacteur en chef de l’émission est à Boulogne. Quand il n’est pas là cela peut être mon rédacteur en chef Manuel Saint Paul. Les personnes présentes en régie, à quelques mètres du studio, peuvent aussi me parler. Ce soir, par exemple, ma collaboratrice m’a donné des éléments qui m’ont permis de relancer des questions. Je suis sous perfusion d’oreillette !

Monitoring régie son C dans l'air France 5

Une question plus anecdotique : est ce que votre loge est remplie de chemises de couleur ?
Y. C. : Oui, ma loge est remplie de chemises de couleur !

Fournies par la production ?
Y.C. : Oui, en fait on en a acheté un premier lot qui a fait 5 ans que je renouvelle de temps à autre.

Vous êtes aussi réputé pour votre capacité à reformuler les réponses, à expliquer clairement les choses. Y êtes-vous très attentif ou est ce naturel ?
Y. C. : C’est les deux.
C’est naturel chez moi car en réemployant les mêmes mots, cela m’aide à fixer les choses qu’on m’a dites. Cela me permet de les garder en mémoire.

De plus, je reste convaincu que le premier devoir d’un journaliste c’est d’être compris. Rien ne va de soi.

On est sur France 5 dans une émission où l’on décode l’actualité. On a une vocation pédagogique mais sans le coté ennuyeux du terme si je puis dire.

Cela me parait particulièrement important dans C dans l’air qu’il n’y ait pas de doute pour les téléspectateurs sur l’intention de la personne qui vient de s’exprimer quitte à la faire reformuler plusieurs fois si nécessaire.

J’ai toujours tendance à me dire que celui qui sait est content qu’on le lui rappelle et celui qui ne le sait pas est content d’avoir appris quelque chose.

Vous commencez toujours l’émission par la même phrase : « Bonsoir à tous, nous consacrerons la dernière partie de cette émission à vos questions SMS et Internet » Les SMS sont si très importants pour vous ?
Y. C. : Les SMS sont consubstantiels de l’émission et je le dis d’autant plus aisément qu’au départ j’étais contre. Je pensais que cela allait être une pesanteur et que l’on n’en avait pas besoin.
Et, en fait, je pense que c’est arrivé au bon moment, qu’on est tombé sur une société (French TV) qui fait preuve d’un vrai savoir faire et c’est donc techniquement tout sauf une pesanteur.

Deuxièmement je me rends compte que c’est un rappel à l’ordre formidable.
Les SMS aujourd’hui dans une émission comme C dans l’air c’est : un élément de décor, ça choque mais je le dis quand même. C’est un élément de contenu puisque ce sont des questions supplémentaires qui viennent. C’est aussi un élément de rappel à l’ordre du présentateur et des invités.
Quand on nous repose une question sur un sujet qu’on a abordé dans l’émission, c’est probablement qu’il fallait qu’on aille plus loin, qu’on soit plus clair ou qu’on en remette une louche !

Les SMS et questions internet : cela doit être contenu.
Les premières années de C dans l’air, nous avions du public. Et les spectateurs présents posaient des questions. On s’est alors rendu compte que c’était lourd à gérer, qu’à la limite il fallait les caster. Bref que cela n’allait pas. On perdait ce qui fait l’intérêt des SMS aujourd’hui, c’est-à-dire une capacité à interpeller rapidement les invités dans un langage simple.

Les Sms et questions internet, je considère cela comme un vrai outil, cela fait partie de l’émission.
Et, d’ailleurs, en fin d’émission je trouve normal qu’on me rappelle parfois à l’ordre à l’oreillette : « Il ne reste plus que 8 minutes pour les SMS ça ne va pas ! »
Ils ont raison, c’est comme un contrat avec les téléspectateurs qu’on ne respecterait pas.  Je dois toujours trancher entre mon désir de poser une question de plus et de donner la parole au public qui nous regarde et je suis aussi là pour lui donner la parole. C’est en plus un très bon moment.

Une question a parfois déjà pu modifier le cours de l’émission ?
Y.C. : Je n’irai pas jusque là. Ce que je dirais c’est que sur une thématique précise, il nous arrive parfois des questions que nous n’aurions pas prévues mais qui sont donc dans la tête de ceux qui nous regardent. On se doit alors d’en tenir compte et de les exprimer.

Les questions SMS et internet ont une double vertu à la fin de l’émission. Celles que je pose amènent des réponses complémentaires et celles qui déroulent en bas de l’écran disent des réactions à l’émission. Elles ne prétendent pas à plus que cela. Je me dis par ailleurs que, si j’étais téléspectateur, je serai content que ma question passe.

J’ai en posté deux, elles ne sont pas passées.
Y.C. : C’est drôle… très drôle cela !

Comment choisissez-vous vos invités ? Certains sont réguliers, ils sont experts, observateurs et parfois « acteurs » ?
Y. C. : Par définition, et dans la structure initiale de la conception de C dans l’air, Jérôme Bellay avait dit : il y aura 3 sujets dans l’émission. Les acteurs de l’actualité seront dans les reportages et les commentateurs au sens le plus large seront en plateau. Cela évitera la langue de bois, cela permettra d’être plus spontané. Cela fera des émissions plus fluides.

L’histoire lui a donné raison si l’on regarde le succès continu de l’émission.

Si on prend le thème de la politique, on n’a jamais cherché à faire venir les grands politiques. Ce n’était pas notre propos et Jérôme Bellay produit par ailleurs une autre émission C politique le dimanche sur France 5 qui est faite pour ça.

Sur d’autres thèmes comme la situation en banlieue, la délinquance, si vous n’avez pas un maire d’une commune concernée cela n’a pas de sens. Les maires de Montfermeil, Xavier Lemoine, de Sarcelles, François Pupponi ou Claude Dilain, maire de Clichy ont ainsi déjà pu être invités. C’est normal.
Sur un autre thème, ponctuellement il peut y avoir un représentant religieux etc mais c’est toujours à la marge : 1 parmi 4, 2 parmi 5 invités.

Justement, pour rester sur le thème de la politique qui n’est pas la thématique unique de C dans l’air, n’est ce pas compliqué de présenter vos invités ? Que doit-on préciser à leur sujet, au sujet de sondeurs comme Roland Cayrol par exemple ?
Y.C. : Oui, les sondeurs sont des commentateurs mais aussi des acteurs, je ne vais pas vous dire le contraire. Il y a cependant une différence entre le sondeur et le conseiller qui fournit les sondages.

Vous me parlez de Roland Cayrol, que je considère par ailleurs comme un ami et qui a été dans cette situation et c’est le seul.

Quand il était patron de CSA (institut de sondages), il livrait des sondages à Nicolas Sarkozy, Marie-Georges Buffet, Dominique Strauss-Kahn comme tous les autres directeurs d’instituts de sondages nouvelle ou ancienne génération le font également.
Roland Cayrol a cependant une particularité, c’est qu’il livre des sondages à tout le monde sauf au Front National car il a fait profession de ne jamais travailler pour ce parti, ce qui choque certains de nos téléspectateurs.

Les patrons d’institut de sondage se retrouvent à un moment dans le bureau de quelqu’un, c’est leur activité de sondeur. Les font-ils travailler dans un sens précis cela devient une autre question à laquelle je n’ai pas la réponse.

En revanche,  quelqu’un comme Pierre Giacometti qui était un ancien invité quasi permanent de par ses fonctions de patron d’Ipsos, et qui est désormais l’un des conseillers du Président de la République, l’un des sondeurs les plus influents à avoir conseillé Nicolas Sarkozy n’est plus invité dans l’émission, en tout cas beaucoup moins. Pierre Giacometti a lui même tiré les conséquences de son changement de rôle en quittant Ipsos et en créant une autre structure.

Et donc, quand Pierre vient dans C dans l’air, encore une fois par an, je pense, je précise ses activités.

Autre exemple : quand on parle de Carla Sarkozy et que Christophe Barbier est là je m’arrange pour dire à un moment ou à un autre qu’il est un ami de Carla Sarkozy car je pense que c’est normal.

C’est une question de veille et de correction.

Attention cependant à ne pas trop en rajouter non plus.

Pouvez-vous justement nous expliquer comment s’est déroulée l’interview de Carla Bruni Sarkozy diffusée il y a quelques jours sur RTL?
Y. C. : Et bien, cela ne se prépare pas différemment des autres interviews.

On me dit qu’elle accepte de venir ou n’accepte pas comme n’importe quelle autre invitée sauf que ce n’est pas n’importe quelle autre invitée bien évidemment.
Et puis ensuite on fait notre interview. Ca se passe assez simplement.

La venue de la femme du Président de la République comme cela avait été aussi le cas avec Madame Chirac ou avec Madame Mitterrand n’est pas un événement neutre dans une maison comme RTL qui est la première radio de France mais cela ne se prépare pas pour autant très différemment qu’une autre interview.

De la même manière, si Carla Sarkozy se déplace c’est qu’elle a une raison. Elle venait car il y avait la présentation de son film (Midnight in Paris) dont RTL est partenaire assumé comme je le dis dans l’interview. Et nous, partenaires du film, nous recevions ce matin là le metteur en scène Woody Allen et moi Carla Sarkozy, un choix qui nous amusait avec son coté people et femme du Président qui avait joué dans un film.

Quand vous posez la question sur le fait qu’elle soit ou non enceinte, elle vous fait remarquer que vous venez de baisser les yeux vers votre feuille pour lui poser la question ce qui suppose un embarras de votre part.
Y. C. :   Je pense que c’était une déstabilisation qui répondait à une autre déstabilisation. C’est normal.

Et en fait, la situation n’était pas tout à fait celle là. Ma question et sa réponse venait juste après que Carla Sarkozy venait de me dire des choses importantes. Je suis d’ailleurs stupéfait que les gens soient passés totalement à coté des choses importantes qu’elle a dites dans cette interview, à part BFM et quelques reprises. Elle a notamment dit des choses extrêmement  intéressantes sur son évolution politique.

Pour résumer l’interviewer : En gros on a parlé du film avant que je lui pose une question sur son engagement contre l’illettrisme et avant de lui parler politique. C’est d’ailleurs à ce moment là que je lui dis : je ne vous appelle donc plus Carla Bruni mais Carla Bruni Sarkozy. Elle alors abondé et comprenait ma logique.

Je lui ai donc posé 3 ou 4 questions politiques : Pourquoi elle avait changé d’avis sur le fait que son mari fasse un second mandat… vous avez dit être devenue hypersarkozyste qu’est ce qui vous a motivé dans ce changement etc ? Et je lui ai enfin demandé : enfin hypersarkosyste de droite ou de gauche et, en riant, elle me répond hypersarkozyste de France.

J’ai donc enchainé sur une question qui, moi m’intriguait , car elle avait été une femme engagée à gauche quoi qu’elle dise aujourd’hui.
Et elle finit par me dire : j’ai évolué, j’ai changé, je vivais dans ma bulle comme beaucoup d’artistes.
Je pense que c’est un aveu fort qu’elle dise cela.

Elle reconnait tout d’abord qu’elle a changé, ensuite elle assume et elle dit qu’elle a découvert des choses à cause de l’activité de son mari. J’ai trouvé cela assez fort. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi franche la dessus et effectivement à la suite de cette réponse il y a eu un moment où j’ai hésité : Est-ce que tu lui poses la question sur le bébé maintenant  ou pas ?

Et j’ai donc posé mes yeux sur mes fiches. Et j’ai vu exactement comment j’avais rédigé ma question c’est-à-dire de la plus simple façon possible : je lui disais : Etes vous enceinte ?

Je me suis donc en fait laissé un petit temps pour digérer la réponse précédente et décider où non de lui poser la question sur le bébé à ce moment là.

Et finalement je lui ai dit : j’ai une question délicate à vous poser : Etes vous enceinte ? Il y avait un décalage entre le début très courtois de la phrase et la fin très directe de la question.

Et je pense que, comme elle aussi avait besoin d’un temps, elle a eu cette réponse sur le fait que j’avais regardé mes feuilles pour poser la question.

Qu’est ce qu’elle sous-entend ? Ben vous voyez, vous hésitez à me poser la question, le sujet est délicat, vous êtes gêné. Et de fait j’étais gêné. Et oui, j’ai écrite cette question car il faut que je vous la pose.

Au final cela fait un moment de radio plutôt rigolo.

L’interview a été mise en ligne plus tôt que prévu par erreur sur le site internet de RTL ?
Y. C. : Honnêtement, je pense qu’on a eu une erreur de manipulation. Mais généralement quand on a une interview dont on pense qu’elles vont faire de la connexion internet, on la diffuse souvent plus tôt, soit par bribes, on met un ou deux morceaux avant, soit en entier, enfin, si elle a été enregistrée, bien sûr. C’est d’ailleurs aussi une façon de dire à notre public qu’elle a été enregistrée.
Cela a été le cas sur Bill Gates ou de temps à autre sur des invités non professionnels qui parfois insistent beaucoup pour ne pas être en direct.

Pour revenir à l’interview de Carla Sarkozy, on a enregistré 48h avant parce qu’elle ne pouvait pas à un autre moment.
C’est alors qu’un premier montage de 10 minutes réalisé par mon assistant en tenant compte de mes consignes (On prend ça et ça car cela me parait le plus intéressant) s’est retrouvé par erreur sur la page d’une case qui n’était pas la notre (les dessous de l’écran) et quand c’est parti sur internet et twitter, c’est parti.

Et finalement, on accéléré le processus prévu de diffusion sur internet et je crois que c’était une bonne décision de la part de la direction de RTL avec laquelle j’étais en accord total.

Et finalement l’interview se réécoutait tout de même mercredi matin sur RTL ?
Y. C. : Vous savez, cela n’a rien à voir. Il y a ceux qui écouteront sur internet et ceux qui iront écouter « le choix d’Yves Calvi » sur l’antenne de RTL. Ce sont deux publics différents
A la radio, ils ont pu entendre mercredi matin le remontage définitif de 7 minutes que j’ai fait moi-même de l’interview.

Est ce que cela vous intéresserait d’interroger à nouveau le Président de la République mais dans des conditions différentes de la première fois ?
Y. C. : Soupir de réflexion … Je n’en sais rien. Je ne garde pas un très bon souvenir de cela. Même si je ne suis pas du genre à baisser les bras, c’est un exercice particulièrement compliqué.

Je suis très heureux de l’avoir fait. Pour être sincère, cela me fait plaisir qu’on me l’ait demandé.

J’estime que dans mon champ de compétences, il y a la politique mais je ne suis pas un intervieweur politique. Je travaille tous les jours avec Jean Michel Apathie à RTL et, pour lui, la politique, c’est sa vie. Je le conçois très bien. Je fréquente aussi depuis des années Alain Duhamel , qui est entre autre un éditorialiste et commentateur politique, Arlette Chabot, une intervieweuse politique.
Je suis moins intervieweur politique qu’eux.

Par goût, par envie ?
Y. C. : Pour toutes sortes de raisons.
Je pense que mes curiosités sont plus larges.  Mes centres d’intérêts le sont aussi.  On a en tout cas tous un point commun on pose des questions et on a envie qu’on y réponde !

Dans l’entretien avec le Président, il y avait eu des moments de blocage. Je souhaitais au minimum exercer ce que l’on appelle le droit de suite et que je n’avais jamais personnellement vu exercer face au Président de la République. Je l’ai peut-être fait moi de façon un peu excessive. Et donc à un moment, cela bloque.  Le Président Sarkozy est assez intelligent pour répondre ce qu’il a envie de vous raconter.

Je ne suis obsédé ni par le 20h ni par l’interview du Président de la République. Je ne dis pas ça par fausse modestie ni par manque de respect, respect que j’ai pour les journalistes qui le font.

Présenter le journal de 20h comme faire l’interview du Président doit être quelque chose d’absolument formidable mais je dois reconnaitre que dans mon échelle de valeurs et dans la perception de ce qu’est mon métier je continue de trouver pour le moment beaucoup plus intéressant de présenter C dans l’air tous les soirs.

Passer tout les soirs 70 minutes en direct dans C dans l’air est quand même pour moi un événement exceptionnel dont je ne me lasse pas, qui m’intéresse, où j’apprends des trucs et je rencontre des gens différents et cela me convient assez bien.

Et c’est peut-être par ce que vous ne vouliez pas lâcher C dans l’air que vous êtes le seul animateur à rester présent sur deux chaines du groupe FranceTélévisions : France 2 et France 5 ?
Y. C. : J’ai la chance d’avoir bénéficié de la clémence présidentielle…

Vous parlez bien sûr de  Rémy Pflimlin
Y. C. : Oui, oui … (Petit instant de réflexion, Yves Calvi sourit, il vient à son tour se rendre de la mauvaise interprétation qui pourrait être faite de sa réponse trop courte)

Oui, bien sûr ! Je crois qu’ils ont pensé que mon cas n’était pas le plus problématique, et que C dans l’air occupe une place absolument essentielle sur France 5.

On ne m’a jamais demandé de faire un choix, mais j’y ai quand même un peu réfléchi et je crois que si j’avais vraiment dû arrêter l’une des deux émissions, j’aurai arrêté Mots Croisés.

Je suis identifié à C dans l’air alors qu’on me voit depuis 10 ans, à une périodicité raisonnable je crois comme présentateur d’émissions sur France 2.

En fait je n’ai pas vraiment eu de conversation profonde à ce sujet avec mes directions. Cela s’est fait assez naturellement. Il m’avait semblé que le groupe voulait surtout éviter des doublons trop marqués entre France 2 et France 3

Un grand merci à Yves Calvi et à France 5.

Dans les prochaines jours vous en sauvez donc plus sur les coulisses de la réalisation de cette quotidienne, pourquoi le sujets sont montés à quelques kms de là, comme se passe le direct depuis les bureaux à Boulogne et le plateau à Paris, comment sont gérés vous questions SMS et internet…






12 commentaires


  1. Muriel Armand

    Merci pour cet interview d’ Yves Calvi, je l’aime beaucoup


  2. Ant92

    J’adore C dans l’air, le seul problème finalement, c’est que dans les intervenants, il n’y a que 1% d’invitées. Oui oui, tous comptes faits à partir du site de France5, Yves Calvi n’invite que 2% de femmes (cf Avril) dans son émission… Pourquoi ? La question mériterait d’être posée ! N’y a-t-il pas de femmes universitaires, de femmes politiques, de femmes journalistes, et encore plein d’autres femmes compétentes pour répondre dans la société civile ?
    Misogyne, Yves Calvi ? La seule femme invitée en Avril l’était sur un sujet sur le mariage… C’est peut-être légèrement caricatural, mais c’est la vérité.
    En Mai, pour l’instant, les statistiques ne s’annoncent pas meilleures, et j’ai eu la flemme de faire le compte exact sur les mois précédents, tout en sachant que c’était du même tonneau…
    Voilà une question un peu « polémique » à poser au présentateur… de la part d’un homme qui réclame la parité !


    • Kilinç Marianne

      Je suis tres intéressée par l’émission C dans l’air – je me leve souvent spécialement pour la suivre a 6h du matin, heure de diffusion sur TV5- mais je regrette moi aussi que les femmes y soient aussi peu présentes Pas de parité dans C dans l’air ?


    • Bobcat666

      Par ailleurs, on revoit souvent les mêmes intervenants.
      Je suis à peu certain que sur un sujet d’actualité comme un massacre dans un établissement scolaire, un certain criminologue résidant dans le Colorado, par ailleurs souvent consulté sur des questions de sécurité intérieure, sera selon toutes probabilités présent. Pourquoi ne pas inviter également [modéré – Prosélytisme] qui pourrait donner un éclairage nouveau sur ce dramatique fait divers. Si on ne cesse de répéter les mêmes non sens du genre « Le mal s’est emparé de notre communauté », à quoi faire des émissions si on ne veut pas faire usage de la raison avec des gens qui veulent et qui peuvent l’utiliser à bon escient.
      Hommes / femmes qu’importe du moment qu’ils nous aident à réfléchir plutôt qu’à prendre notre mal en patience et finalement accepter l’intolérable !


  3. Très bonne interview, merci 🙂


  4. Marie2505

    Merci pour cette brillante interview ! 😉
    Le plaisir de cette émission, c’est de constater que l’on apprend un peu plus chaque jour sur différents sujets ! Je me sens plus intelligente à la fin (sourire) ! Monsieur Calvi fait du très bon travail et ses intervenants sont toujours très reactifs et pertinents tous dans un style différent ! Très bonne émission que je conseille vivement ! ;D


  5. pl

    J’ai beaucoup aimé cette interview ! Yves Calvi est un quelqu’un de bien, et je médite ces réponses à tes questions (notamment « le premier devoir d’un journaliste c’est d’être compris »)…


    • Merci Pl.

      Effectivement, plus qu’une simple interview, j’ai eu plaisir à le rencontrer, à l’écouter. J’aurai d’ailleurs eu encore beaucoup de questions à lui poser mais j’avais déjà dépassé de loin la durée d’interview que je lui avais annoncé!

      Emmanuel


  6. chemana henry

    Bonjour,
    J’aime votre émission et la regarde assez régulièrement, toutefois, ce serait judicieux de ne pas inviter toujours les mêmes journalistes. On commence à connaitre leurs réponses avant qu’ils ne prennent la parole. Je pense particulièrement à Christophe Barbier qui verse avec l’Express dans une presse des caniveaux. Pour ma part,il s’est complètement discrédité avec ses articles sur DSK. Il ne mérite plus sa carte de presse, c’est mon avis


  7. Jean-pierre MORET

    Je trouve les émissions de Yves CALVI excellentes.
    Je regrette qu’il ne demande pas a nos députés pourquoi ils sont si nombreux et gagnent autant d’argent dans une période aussi difficile pour ceux qui les ont élus.
    C’est le même problème avec les sénateurs
    On veut faire des économies et bien supprimons une partie des députés , des sénateurs, des conseils généraux ou des conseils régionaux….
    Il y a de quoi débattre, mais pas uniquement entre hommes politiques ou,entre journaliste …le citoyen que je suis ne peut malheureusement pas dire ce qu’il pense puisque dans notre pays ce sont nos députés qui nous représentent ….
    Faites quelque chose Yves calvi faites connaître des citoyens
    Jean pierre chef d’entreprise


  8. gosetto

    le metier de journaliste doit etre neutre.hors monsieur calvi payé par la redevance ne cache pas ses penchants socalistes et se sert de son emission pour railler la droite et proner a travers ses invites toujours les memes des idees de gauche.Merci de continuer vu les resultats du gouvernement et son incapacite le decalage est de plus en plus flagrand.Je ne regade plus cette emission qui me desole mais ma redevance sert la gauche quoi de plus gratifiant



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