Point de vue

22 mai 2011

Moi aussi j’y étais, au Tribunal! Affaire DSK? Non QMP (Quartier Montorgueil / Paris)

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Quand profits rime avec risques inconsidérés...

La rue Montorgueil/petits carreaux occupée! Piétonnière?

Pas un tribunal à New York mais à Paris, 19ème. Un peu moins exotique…

Pas d’histoire de chambre au Sofitel mais tout en public, en pleine rue…

Beaucoup moins de caméras même si les 3 avocats engagés ce jour là pour défendre certains restaurateurs du quartier n’auraient peut-être pas rechigné à montrer leurs talents d’orateurs devant une caméra.

Pas de femme de ménage ou autre personnes agressée ou victime? Quoi que, la vieille dame tombée et blessée devant Planet Sushi il y a déjà plus d’un an à cause d’une terrasse encombrée est une première victime qu’il ne faudrait pas oublier…

Vendredi, ce n’était donc pas mon affaire. Je n’étais là ni en tant que prévenu, ni en tant que plaignant ou de témoin. Je n’étais présent qu’en tant que visiteur silencieux à une audience publique.

Enfin quand je dis que cela n’était pas mon affaire, en fait si, c’est la mienne mais c’est aussi celle des nombreux riverains et piétons traversant ce quartier au centre de Paris et même de tous ceux qui aspirent au calme, même en ville. Le jugement prononcé dans un mois pourrait faire jurisprudence et avoir donc des conséquences pour la sécurité et la tranquillité nocturne de tous les quartiers piétonniers ou assimilés de Paris et de France.

Le jugement peut aller d’une autorisation à occuper toute la surface des trottoirs des quartier piétons partout en France à, au contraire, en cas de condamnation, à des amendes bien plus dissuasives que quelques dizaines d’euros d’amende par an pour toute une terrasse comme c’était le cas jusqu’à présent. Il a en effet été question de réquisition de plusieurs milliers d’euros et ce pour chaque infraction constatée. Et dans le quartier on pourrait constater ces infractions quasiment chaque jour et pour la quasi-totalité des restaurateurs et cafetiers du quartier.

Et au-delà de cette affaire, le risque paradoxal de voir un quartier dit piétonnier devenir officiellement plus invivable à cause du bruit provoqué par la démultiplication illégale de la surface des terrasses et plus risqué qu’une route à forte circulation automobile. Un comble !

Un nouvel article « hors sujet » du déjà très riche dossier Quartier Montorgueil

J’en fais un peu trop ? Peut-être ai-je été inspiré par les 3 avocats qui défendaient ce vendredi plusieurs restaurateurs du quartier Montorgueil convoqués devant le Tribunal de Police de Paris par la Mairie de Paris.

En jeu, la prise en compte d’une qualification administrative d’un quartier dit piétonnier par rapport à une autre réalité celle d’un quartier très fréquenté par les voitures et 2 roues dont celles des propres restaurateurs et de leurs clients qui y circulent et stationnent toute la soirée.

Et par conséquent la transformation définitive d’un quartier « mondialement connu » comme l’a indiqué fort présomptueusement un avocat devant le Tribunal, la transformation d’un quartier qui était encore il y a 3 ans à la fois agréable pour les clients des terrasses, les piétons ET les riverains en un centre commercial bruyant à ciel ouvert et uniquement destiné aux bénéfices grandissants des commerçants, aux plaisirs individuels d’une clientèle choisie et au détriment des riverains alors uniquement tolérés pour payer le magnifique décor qui donne toute sa valeur à ce « centre commercial ».

Je reviendrais dans un prochain article sur la notion de bruit et mon expérience personnelle car il vous est peut-être difficile de comprendre comment un quartier sans forte circulation automobile peut empêcher à ce point des personnes comme moi de dormir plus de 5 h par nuit semaine et week-end.
Mais si vous passez dans le quartier, levez les yeux. Vous serez surpris de voir que quasiment plus aucune fenêtre n’est ouverte sur la rue à cause du bruit causé par la démultiplication illégale de tous les cotés des terrasses y compris sur les emplacements des boutiques fermées le soir. Et souvenez vous dans un précédent article de la photo de ce patron de restaurant qui, ayant déjà occupé tout l’espace disponible sur son trottoir, avait alors commencé à installer des tables sur le trottoir d’en face. Depuis quelques semaines d’ailleurs il occupe en plus une partie de la route avec 1 puis désormais 2 mots de livraison.

Mais soyons précis, au Tribunal de police ce jour là il n’était pas question de bruit.

no limit!

Quand je l’ai d’ailleurs fait remarquer hors séance à l’un des avocats, il m’a répondu premièrement que je devrai prendre du Lexomil (humour d’avocat surement) et qu’il est vrai que ce que je disais à propos du bruit était du bon sens mais que le bon sens ne devait jamais primer sur la loi car cela se terminerait alors en populisme et transformerait une démocratie en dictature.

Populisme, le mot en vogue actuellement. Dès que l’on critique des décisions prises dans l’intérêt de lobbys puissants ou de groupes de personnes privilégiées et puissants, on est traité de populiste.
Et en fait, si nous n’avions pas été au tribunal j’aurai plutôt été intéressé de débattre avec lui de ce sujet. Est-ce que les lois ne devraient pas justement être conçues dès le départ non pas au dépit du bon sens mais bien au contraire dans le respect de l’intérêt général?

Revenons aux affaires jugées ce jour là au Tribunal de Police de Paris.

C’était donc la première fois que j’assistais à un procès et je pense que c’est une démarche que nous devrions tous faire. Cela en ferait réfléchir quelques uns, cela en encouragerait d’autres à faire appel à la justice pour les aider à régler leurs problèmes. A quand d’ailleurs une meilleure éducation au fonctionnement de la justice ? Et si les lycéens assistaient tous à des jugements pendant leur scolarité ?

Pendant cet après midi, j’ai donc aussi fait des découvertes : des mots nouveaux mais aussi remarqué un nouveau sens à ce que l’on appelle un « l’effet de manche ».

Comme vous, je connaissais les petites phrases sorties devant les tribunaux à destination des médias et donc des français ou dans les débats politiques à la télévision. Mais, j’ai aussi découvert ce qu’était un autre effet de manche, celui des avocats bougeant avec vigueur leurs bras façon moulin à vent pour montrer au Tribunal leur réprobation, leur indignation, face à telle ou telle parole de l’autre partie à un moment où ils n’ont pas le droit à la parole. Avec leurs manches de robe d’avocat en forme de patte d’eph’ cela est très visuel.

Est-ce pour autant efficace auprès d’un(e) Président(e) d’un tribunal expérimenté(e) ? Cela l’a cependant été pour un autre prévenu assis dans la salle non loin de moi qui a alors demandé à son avocat s’il pouvait aussi faire de grands gestes plus tard, pendant le jugement de son affaire.

Une autre découverte a été le rôle des avocats, du procureur et dans ce dossier de la Ville de Paris, le plaignant. N’était-ce pas leur rôle de donner au Tribunal une vision complète et juste de la situation dans le quartier? Mon sentiment très fort à la fin des témoignages et plaidoiries : la Présidente du Tribunal, ne pouvait pas avoir alors une vision fidèle à la réalité du quartier et de son évolution en quelques années. Et cela me parait particulièrement gênant.

J’étais moins surpris par les avocats qui avaient d’ailleurs annoncé depuis plusieurs mois vouloir faire un coup. Ils étaient au nombre de trois et, conscient de l’enjeu dépassant celui du quartier Montorgueil, ils étaient très préparés avec chacun leur rôle, leurs questions et leurs arguments.

J’ai été plus surpris par les différents témoignages à charge dont ceux du personnel de l’administration de la Ville de Paris. Si j’ai bien compris qu’ils étaient surtout là pour confirmer des faits constatés et non pour expliquer des règlements dont ils n’étaient pas décisionnaires, j’ai tout de même eu le sentiment qu’ils manquaient d’assurance. Dans leur métier au quotidien on ne leur demande pas de faire preuve d’éloquence et les avocats seront toujours meilleurs à ce jeu, mais tout de même.

Sans vouloir les accabler, il m’avait semblé que, comme lors d’une présentation en entreprise, comme lors d’un débat politique à la télévision, quand on témoigne devant un tribunal on se prépare à pouvoir répondre à toutes les questions et à déstabiliser son adversaire si nécessaire.

Leurs prestations m’ont plutôt interrogé sur l’absence d’autres intervenants appelés à témoigner par la Mairie de Paris et plus généralement sur la volonté réelle de la Mairie de Paris à gagner cette procédure importante. Doute d’autant plus important lorsque l’on sait que, en dehors de l’interdiction de chauffages des terrasses destinée semble-t-il uniquement à calmer l’agacement de leur partenaire Les Verts, le nouveau règlement applicable à partir du 1er juin à Paris devrait semble-t-il être beaucoup plus favorable aux restaurateurs. Un maire PS qui privatise toujours plus l’espace public, faut que je révise ma politique française!

Qu’en est-il par ailleurs de l’attitude de Jacques Boutault, Maire Vert du second Arrondissement où se situe ce quartier? Il m’a pourtant expliqué à de nombreuses reprises à quel point il comprenait les problèmes des riverains et qu’il ne pouvait rien faire… Bouhhh ! Une aussi faible capacité d’action de la part d’un élu Vert face à une pollution sonore, c’est inquiétant.

Aucun représentant du maire du 2ème arrondissement au tribunal ce jour là  m’a-t-il semblé. De plus on peut douter de sa sincérité quand un restaurateur nous a expliqué hors séance disposer d’une autorisation de contre terrasse signée par Monsieur Jacques Boutault lui même. De l’avis général du commissaire, d’un avocat et d’autres restaurateurs présents, cette autorisation n’avait aucune valeur car elle ne pouvait être que donnée par le Maire de Paris. Encore une fois je ne suis pas spécialiste et me fie à l’avis de ces personnes présentes. Cependant, n’est il pas étrange de voir que le maire dise se préoccuper de nos soucis et par ailleurs accorde des autorisations (non valables par ailleurs?) visant à augmenter la surface des terrasses … et le bruit. (Mise à jour du 4/07/11 : Jacques Boutault, par courrier me fait savoir ce jour qu’il n’a pas autorisé de contre-terrasse à l’établissement Les petits carreaux.. Suite enfin d’article)

Revenons à la stratégie des avocats devant le Tribunal.

Ils ont choisi de ne pas chercher ni à justifier ni bien sûr à excuser leurs clients d’étendre leur terrasses en dehors des limites autorisées par le règlement de la Ville de Paris, extension vers la route mais aussi et encore plus sur les cotés, souvent sur les trottoirs laissés vides par les commerces ouverts uniquement en journée.

Pas de souci à ne pas respecter les règles comme on l’impose à n’importe qui d’entre nous pour un stationnement illégal, et parfois plusieurs fois par jour, pour une simple absence de ticket dans le métro et j’en passe? Non, les avocats ont choisi une autre défense : Puisque le règlement ne nous permet pas d’étendre nos terrasses et d’augmenter notre chiffres d’affaires comme nous le souhaitons, contestons le règlement. Faisons le invalider au tribunal … et si cela ne fonctionne pas ils feront jouer leurs relations auprès des Politiques pour le faire changer?

Comment faire invalider un règlement?

Et bien en faisant expliquer aux témoins que les règles définissant les limites des terrasses n’étaient justifiées que par des raisons de sécurité. Et c’est là que les avocats n’ont pas manqué d’audace.

Il faudra laisser de la place pour circuler sur les trottoirs car il y aurait des problèmes de sécurité pour les piétons qui emprunteraient la route? Alors reportons l’accusation sur les forces de police et leur « incapacité » à empêcher la circulation des vélos, des motos et des voitures alors que le quartier est censé être piétonnier. Un avocat tentera même de faire dire au commissaire que si un accident devait avoir lieu dans le quartier parce qu’un piéton serait renversé sur la route ce ne serait que de la responsabilité de la police et non du restaurateur qui n’avait pas laissé de passage pour gagner plus d’argent.

En résumé, les trottoirs ne sont pas nécessaire à la circulation en sécurité des piétons si la police faisait son travail et interdisait à tout véhicule – voiture, moto, vélo de circuler dans le quartier.

Vous avez bien compris les restaurateurs pour améliorer leur situation financière exigent l’interdiction de tout véhicule dans le quartier y compris les vélos.

Joli retournement d’argument, on peut le reconnaitre.

Cependant c’est là qu’il faut interrompre le story telling à la sauce (réchauffée au bain marie ?) des restaurateurs  du quartier.

Alors voilà une autre « histoire » !

Tout d’abord quels sont les véhicules qui circulent dans le quartier?

Des motos de livraison en plus des terrasses occupées

– Les motos de livraison dont celles de Planet Sushi, Il tre qui vient d’en acquérir 2 qu’il gare désormais en plus en permanence sur la chaussée puisqu’il occupe déjà les trottoirs avec sa terrasse …
– Les voitures de livraison des commerces et pas seulement le matin. Il y a en effet aussi d’autres sociétés que des restaurants et cafés dans le quartier qui ont besoin de se faire livrer toute la journée…
– Les voitures des riverains qui ont encore envie de pouvoir livrer, se faire livrer, rentrer dans leur parking à l’heure de leur lors choix, enfin si cela n’incommode pas trop les restaurateurs et leurs chers clients…
– les voitures et ambulances qui accèdent à un hôpital et à des établissement de scanner radios etc situés dans le quartier…
– les nombreux taxis, les véhicules d’urgence, les éboueurs indispensables… et, il est vrai de nombreuses autres motos (et quelques voitures) qui traversent effectivement de plus en plus souvent le quartier pour gagner quelques minutes. (Des verbalisations ont désormais lieu plusieurs fois par semaine a annoncé le commissaire)
– Et bien sûr les nombreuses voitures qui circulent et stationnent dans le quartier pendant toute la soirée.

Un restaurateur me jurait qu’il ne s’agissait pas des véhicules de ses clients. Mon sentiment est bien différent. D’après mes constats, la grande majorité des voitures de luxe sont celles de clients qui annoncent aux contrôles aux entrées du quartier qu’ils veulent se garer dans le parking payant pour en fait finalement installer illégalement leur « signe extérieur de richesse » sur un trottoir d’une des autres rues du quartier. Par ailleurs, si ce n’était pas des clients des restaurateurs qui circulaient et se garaient illégalement dans le quartier, pourquoi certains restaurateurs ont fait pression sur le précédent commissaire pour faire muter un ASP qui verbalisait trop souvent les voitures garés dans le quartier comme me l’avait expliqué sous couvert d’anonymat un autre ASP fatigué de subir des pressions au quotidien des commerçants du quartier? Le plus choquant serait d’apprendre qu’il existe des passe-droits! Non cela ne doit pas exister…

Pourquoi les restaurateurs se sont permis de ne plus respecter les règlements du quartier?

Mon « sentiment » est que la situation a empiré après que le Maire de l’arrondissement et ses services aient jouer les gros bras en cloutant (marquant au sol) les espaces autorisées pour chaque terrasse. Et ensuite? Et bien justement rien. Une proposition de charte, des mises en garde, des petites verbalisations et c’est tout. Rien de quoi inquiéter les restaurateurs.

Jacques Boutault a cependant toujours disposé de la seule vraie « arme dissuasive » : l’annulation temporaire (voire même définitive) des autorisations de terrasse.
Une ou deux annulations immédiate même de quelques semaines (car mon propos n’est en aucun cas de supprimer les terrasses dans leur totalité) auraient probablement calmé toutes les ardeurs et immédiatement inversé ou au moins équilibré le rapport de force.

Au contraire, et les restaurateurs ont pesé le pour et le contre : l’affaire étant si rentable financièrement. D’autres restaurateurs ont suivi et ainsi de suite depuis 3 ans. De nouveaux propriétaires (plus financiers que cuisiniers) sentant le pactole ont débarqué et à chaque fois les terrasses ont explosé.

Et on en arrive à des situations effrayantes comme celle ci-dessous où l’on peut apercevoir malgré le floutage un enfant de 5 – 6 ans assis à une table SUR la route. Qui est le plus fou des deux? Le père ou le patron du restaurant prêt à tout pour quelques euros de plus dans sa besace?

Quand profits rime avec risques inconsidérés…

(Les personnes sont volontairement floutées. J’ai en fait découvert cette situation à pied en rentrant chez moi et je peux vous assurer que le gamin était bien SUR La route coté rue Léopold Bellan et rue des Petits Carreaux Montorgueil. Par chance il ne lui est rien arrivé. Vous aurez aussi noté l’occupation du trottoir devant le local du pressing par temps sec et même par temps de pluie puisque le restaurateur semble disposer des moyens de déployer aussi le store du pressing)

Et depuis plusieurs années donc des terrasses sans limites, bâchées en plus quand il commence à faire froid, des terrasses fermées fumeur l’hiver (non verbalisées non plus) et toujours aucune prise en compte de la tranquillité des riverains, en tout cas en bas de mon immeuble. (Certains restaurateurs, prévenus devant Tribunal de Paris m’ont expliqué qu’ils étaient très respectueux du calme vis à vis de leurs riverains. Ne vivant pas près de leurs établissements je ne peux ni le contester ni le confirmer.)

Le jugement du tribunal sur ces premières affaires sera donc très attendu et important.

Permettez moi enfin de regretter que ces restaurateurs ou au moins certains d’entre eux soient devenus uniquement des businessmen omnibulés par leur profit personnel et celui des fonds d’investissement qui les contrôlent de plus en plus souvent si j’en crois le livre noir de la gastronomie.

Si les restaurateurs avaient joué le jeu de la TVA plutôt que de s’en mettre plein les poches. Un restaurateur avec une énorme toquante bien brillante au bras m’a d’ailleurs dit que c’était qu’une impression erronée et non pas une réalité.

Alors je fais une proposition à mes amis journalistes. Plutôt que de ne relayer régulièrement que les propos du lobbys de la restauration, de l’UMP et du gouvernement jurant que les établissements ont engagé du personnel, baissé leur prix, et si vous preniez le temps de vous intéresser à l’évolution de la marge de ces restaurants, du salaire et des dividendes des patrons et actionnaires des restaurants etc. Que constaterait-t-on? J’attends avec impatience de lire ces chiffres.

Si on avait effectivement aidé les restaurateurs qui étaient réellement en difficulté plutôt de que de verser un cadeau fiscal annuel de 3 milliards à l’ensembles des restaurateurs quelque que soit leur situation, leur respect du droit du travail et des différentes réglementations etc.

Si les restaurateurs, ceux qui cuisinent vraiment se battaient enfin pour que eux seuls puissent encore porter le nom de RESTAURANT, et non pas tous ces simples réchauffeurs de plats surgelés qui ne savent plus que rajouter une tomate cerise et trois feuilles de salade avant de multiplier le prix d’achat par 4 ou 5.

Si certains grands chefs plus souvent présents sur les plateaux télé que dans leur restaurant ne nous vantaient pas en pleine période des crise mondiale les mérites d’opérations comme ce diner dans le ciel aux tuileries à  1 000€ le bout pour gens fortunés qui n’ont déjà plus assez d’émotion en payant leur diner plusieurs centaines d’euros mais ont besoin en plus de se retrouver au bout d’une grue.

Si les restaurateurs, ceux qui croient vraiment en ce qui était une richesse culturelle française se battaient pour ce retour à un respect de la clientèle et de leur propre métier sans se cacher derrière une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco de la Gastronomie française (l’art de recevoir) et non de la Cuisine comme il est souvent fait l’amalgame…

Si Si si

… Et bien je crois que nous serions bien plus nombreux à respecter à nouveau et à soutenir cette tradition française quitte à même supporter quelques soirs par ans quelque débordements sonores dus aux plaisirs de la bonne chair!

En attendant, je ne peux toujours pas dormir plus de 5 heures par nuit à cause du déploiement sans limite des terrasses des trois établissements en face de chez moi. Et pourtant pendant presque 10 années j’ai réussi à dormir à l’heure de mon choix dans ce quartier, dans ce même appartement.

Quelqu’un à la Mairie de Paris, à la Mairie de l’arrondissement, au gouvernement, dans l’opposition, trouve cela normal et vivable?  A l’intention de s’en occuper hors période d’élections?

Alors non Paris ne dort pas comme le proclamait un autre lobby celui de la nuit, lui aussi soutenu par d’autres élus à la Mairie de Paris et par la Région, des parisiens ne dorment plus. Ils sont sacrifiés. Circulez (mais faites gaffes aux voitures, motos et vélos et terrasses) y a rien à voir (mais votez pour nous)

(Complément lié à la mise à Jour et au courrier du Maire du 2ème Arrondissement : Jacques Boutault me faire parvenir une lettre ce 4 juillet 2011 : Il me précise  » Concernant l’absence de représentants de la Mairie du 2ème arrondissement lors de l’Audience au Tribunal de plusieurs commerçants du quartier Montorgueil, je tenais à vous informer que nous n’avons été ni avertis, ni conviés à cette dernière. Croyiez bien que si nous en avions connaissance, nous aurions bien évidement été présents

Concernant la contre-terrasse : « Vous m’écrivez que j’aurais autorisé une contre-terrasse à l’établissement  » Les petits Carreaux ». je vous invite à vérifier la fiabilité de vos sources avant de publier des articles faux voire calomnieux. Il me semble qu’il aurait été plus judicieux que vous vous attachiez à vérifier cette information auprès de la Mairie du 2ème arrondissement. Je vous remercie donc de bien vouloir la rectifer »

Voilà qui est donc fait et qui mérite plusieurs commentaires :

– Le premier : Encore faudrait-il que le mairie et ces adjoints répondent à mes demandes en particulier à mes mails.

Concernant cette autorisation de contre-terrasse, il y a effectivement toujours un problème, puisque comme indiqué dans l’article ce document a été présenté en tant qu’une autorisation de contre terrasse signée par Jacques Boutault par la patron de ce restaurant et montré à différentes personnes présentes : un restaurateur, l’un de leurs avocat et le commissaire de Police. Ces derniers ont tous confirmés alors son illégalité.

J’aurai effectivement du demander à la voir moi-même histoire de la certifier à 100% mais, seul dans ce hall attenant à la salle du tribunal face à tous ces patrons de restaurants très remontés et à leurs avocats, le rapport de force n’était pas du tout en ma faveur).






5 commentaires


  1. shelley

    Même si je suis coupable d’occuper (en journée) un certain nombre des terrasses visées par cet article, je soutiens Manu dans sa lutte – et surtout sur l’occupation totale des trottoirs.

    Je me suis retrouvée il y a quelques semaines à longer un semi remorque (buste presque contre le véhicule pour pouvoir passer) dans la rue montorgueil car il n’y avait plus de place sur les trottoirs pour pouvoir passer autrement. On ne peut tout simplement plus marcher le long de cette rue sur les trottoirs, quelque soit le côté de la rue.

    Et il y a une nette baisse dans la qualité dans certains des restaurants (dernier expérience dégueulasse une salade césar au Marie Stuart – avec du iceburg floppy et du poulet moux – le tout vendu pour 15€ et avec un service de mxxxx!.)

    Les gens ont perdu les pédales dans cette rue, mis à part les restaurants et un certain nombre de leurs clients… Les voitures prennent la rue à contre sens, les scooters et vélos aussi, et se permettent de klaxonner pour faire dégager les piétons qui marchent sur la route – car ils ne peuvent plus marcher sur les trottoirs. L’attitude des gens est représentative de tout qui se dit de mauvais de Paris et de ses habitants.

    Les flics font régulièrement des descentes pour verbaliser les scooters mais pas les autres, et pas les restaurateurs, ni les voitures. D’ailleurs, ils y étaient le jour ou j’ai dû faire l’amour à un semi remorque pour passer, mais ils ne faisaient rien pour faciliter le passage.

    Tout ça pour dire Manu tu as raison de t’indigner et je lis toujours avec beaucoup d’intérêt tes articles sur notre quartier.


  2. Fabien

    Une fois de plus, tout est dit dans cet article et c’est assez désespérant.


  3. Bonsoir,
    d’après un article de Metro du 15 juillet
    http://www.metrofrance.com/paris/chasse-aux-terrasses-rue-saint-denis/mkgm!t68XCGBOfU5Lk/
    le jugement a été rendu : « Le 20 mai dernier, six cafetiers de la rue Montorgueil ont comparu devant la 2e chambre du tribunal de police de Paris pour avoir « occupé sans autorisation l’espace public ». L’un d’eux a dû fermer sa terrasse, les autres ont été condamnés à des pénalisations. »
    Avez-vous des détails ?
    Elisabeth


    • Elisabeth,

      J’ai effectivement assisté à ce procès puisqu’il est l’objet de cet article. Il y avait effectivement 6 restaurants/cafés et 1 primeur.

      J’ai eu confirmation de source officielle que les propriétaires ont été condamnés à titre personnel et pour leur entreprise. Je n’ai cependant pas eu connaissance des montants des amendes. De plus il ne m’a pas été fait mention d’une fermeture de terrasse. Je n’ai d’ailleurs constaté aucune fermeture de terrasses et j’ai surtout constaté aucun changement notable dans l’attitude de ces patrons qui depuis ont acquis pour certains d’autres établissements en particulier de restauration rapide dans la rue.

      J’en ai d’ailleurs dans mon dernier article sur le sujet : Le bruit au quotidien dans un quartier piétonnier au centre de Paris

      Pour en savoir plus je vous conseille de prendre contact avec le maire qui étonnamment m’a écrit pour me dire qu’il n’était pas au courant du procès pourtant intenté par la Mairie de Paris et qui m’a indiqué qu’il fallait s’adresser à la mairie pour avoir des informations fiables.

      Voyons donc à l’usage ce qu’il en est.

      Emmanuel


  4. COURBIS

    Faites comme moi …. n’allez plus rue Montorgueil ; il y a tellement d’autres rues agréables à Paris .



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