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22 juin 2011

Michel Drucker, l’homme du weekend à la télévision et du Studio Gabriel. Interview

Michel Drucker, Françoise Coquet avec les équipes du Studio Gabriel, quelques minutes avant le retour de Champs-Elysées

Le studio Gabriel, je l’ai connu ado. Lors de mon premier passage à Paris, collégien, je n’ai pas pu assister à Champs Elysées. Notre professeur ne s’y était pris QUE 6 mois avant!

Plus tard, quand je passais, quand je « montais » à Paris de temps à autre, je passais au Studio. Les assistantes de Michel Drucker m’avait autorisé à assister aux répétitions et parfois pendant quelques secondes j’y jouais les doublures lumière. Oui, j’ai doublé Michel Drucker! (une fois et que 2 minutes mais bon ça compte!)

Depuis que je travaille dans ce milieu j’ai toujours eu envie de produire un jour une émission au Studio Gabriel. Une sorte de consécration?  A défaut je m’y promène souvent et j’ai eu le plaisir de vous raconter depuis deux ans une partie de mes visites.

Je vous ai aussi raconté l’histoire de ce Studio.

Pour boucler la boucle, j’avais très envie de rencontrer Michel Drucker pour revenir avec lui sur la vie de ce studio, un studio qui porte le nom de l’une de ses émissions et qui est devenu indissociable de sa personne.

Ça y est, j’entrais dans son bureau situé au Studio Gabriel. Je l’avais déjà aperçu à quelques reprises mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’y entrer.

Des photos de sa famille dont une grande photo de son frère Jean, des citations : « Celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre  » Karl Marx et « Le hasard, c’est Dieu qui passe incognito », Albert Einstein. Un vélo, si si un vrai posé au mur derrière son bureau. Un tableau de bord d’un petit avion, et un appareil médical, (un tensiomètre?). Qui disait qu’un bureau vous ressemble?

Et c’est à mon tour de m’assoir à ses cotés sur le canapé. Pas le canapé rouge de Vivement Dimanche mais celui installé dans ce bureau.

J’ai demandé à Michel Drucker de me raconter l’histoire de ce studio et son histoire à lui dans ce studio. L’occasion de revenir sur de nombreuses émissions et sur de nombreux artistes et hommes politiques.

Vous avez souvent faire preuve d’une certaine humilité face à Jacques votre frère médecin et Jean qui était patron de chaines de télévision (Il a dirigé la SFP puis Antenne 2 et M6). Mais, en tant qu’animateur, producteur et patron d’un plateau télé, vous êtes aussi un patron ?
Michel Drucker : Je ne sais pas. En tout cas j’ai une façon de gérer cela qui est très particulière.

Je ne suis ni un homme de hiérarchie ni d’autorité. Je suis un homme d’équipe.
Je ne suis pas un homme d’autorité mais je sais exactement où je veux aller et les gens qui travaillent avec moi savent exactement comment je fonctionne. Les gens font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent. Tout ce que l’on veut c’est que l’émission soit bonne et soit prête. A partir de là, qu’ils le fassent à 10h du matin, à minuit ou à 3 h du matin ce n’est pas notre problème à Françoise Coquet à et à moi qui formons un duo.

Par contre j’ai besoin d’avoir un rapport affectif assez fort avec les gens. Cela fait tellement longtemps que je suis là. J’en suis à ma troisième génération d’artistes mais on oublie trop souvent que j’en suis aussi à la deuxième ou troisième génération de techniciens dans ce studio.

Je suis très attaché à mes copains du Studio. J’en connais certains depuis 40 45 ans. Nelly Pierdet, ma maquilleuse est à mes cotés depuis 45 ans, Alain Epstein, l’ingénieur du son depuis plus de 40 ans. Il y a des cadreurs que j’ai vu débuter gamins.

Il y en a un en particulier : Gilles Sallé, aujourd’hui patron d’AMP/Visual TV avec qui vous êtes associé dans ce studio depuis 2008 ?
M. D. : C’est vrai. La rencontre la plus extraordinaire est celle avec Gilles. Il faisait un stage à la caméra il y a 25 ans. Nous nous sommes revus il y a trois ans alors qu’il avait déjà eu une réussite exceptionnelle. Je lui ai alors proposé que l’on fasse un bout de chemin ensemble en s’associant dans ce studio. (Gilles Sallé a été surpris par cette proposition qu’il n’aurait jamais osé imaginer.)

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre manière de travailler avec vos équipes ?
M. D. : Je suis encore parfois surpris quand, le vendredi, je suis en province et qu’il y a encore des collaborateurs qui m’appellent en me disant : « Ecoutez Michel, il est 15h c’est calme, est-ce que vous pensez que l’on peut quitter le studio ? » Vous en êtes encore à me demander ça ?

J’ai une telle confiance en eux. C’est une équipe tellement extraordinaire.

Michel Drucker, Françoise Coquet avec les équipes du Studio Gabriel, quelques minutes avant le retour de Champs-Elysées

J’ai vraiment l’impression d’être dans une équipe de Formule 1. Je monte dans la voiture, j’ai les meilleurs ingénieurs moteur, j’ai les meilleurs carrossiers et les meilleurs ingénieurs à la télémétrie.

Si on parle de vélo, j’ai autour de moi tous les types de profils, des gens pour la montagne, pour le plat, pour les longues étapes, étapes avec vent, des gars bons en équipe, en contre la montre.

La télévision ressemble à une épreuve de cyclisme ?
M. D. : Je compare nos métiers au Tour de France. Comme je suis principalement à l’antenne le weekend, j’ai donc 47 étapes à effectuer chaque année, des étapes longues : trois heures d’antenne.
Mon équipe sait qu’ils ont un patron qui n’a qu’une seule obsession c’est la durée. Je n’aime que les carrières qui durent.

Je n’aime que les voyages au long cours, je ne suis pas un sprinter, mais un marathonien, pas un homme du 100 mètres. Il me faut du temps pour trouver mon style, mon format et après je reste longtemps.

Vous avez souvent été à l’antenne le samedi et le dimanche et pourtant vous avez assuré une quotidienne qui a donné son nom au studio : Studio Gabriel.
M. D. : J’ai effectivement effectué une incursion en quotidienne pendant 5 ans avec Studio Gabriel.

Même pendant les 4 ans sur TF1 j’ai toujours été diffusé un samedi soir. Je suis l’homme du weekend. Les Rendez-vous du dimanche, Champs-Elysées, Star 90 ont eu lieu le samedi. Et c’est la 12ème année de Vivement Dimanche.

Vous n’êtes pas directif, dites-vous et en même temps vous avez l’œil sur tout …
M.D. : Comme je suis hypocondriaque dans la vie, je suis comme avec ma santé, j’ai besoin de sentir que le pouls bat bien, que le poumon respire bien, que je suis en forme.

Je connais assez bien tous les postes et quand je regarde les émissions je repère tout de suite ce qui ne va ou va pas et d’où cela peut provenir. Mais je n’ai pas la science infuse, cela a pris du temps, du temps, du temps. Je sais quel type de lumière convient pour telle émission, qui sont les bons cadreurs, les bons directeurs de la photo, les bonnes maquilleuses, les bons chargés de prod.

Au fil des années, on apprend, comme on apprend aussi quelles sont émissions dans lesquelles on sera dans le dur comme on dit en vélo, je sais qu’il va falloir que j’aille un peu au charbon car c’est un client (un invité) un peu compliqué, un peu timide qui ne s’extériorise pas.

Et une grande partie de ces étapes se déroulent depuis des années dans ce studio ?
M. D. : On a effectivement le meilleur instrument pour travailler, techniquement mais aussi parce qu’il est situé dans le plus beau quartier de la planète : La Concorde, les Champs-Elysées etc. C’est unique au monde. On a une chance incroyable et on en a fait un studio classieux, à l’image du quartier et dans lequel on tourne des émissions à son image.

Vous avez remarqué qu’il n’y a quasiment aucune émission du privé tournées dans ce studio. Pas de jeux non plus. L’essentiel des émissions tournées ici sont destinées au service public. Nous avons uniquement accueilli quelques émissions de Canal + à une époque (les Nuls et les Robins des bois)

C’est important d’être l’un des rares studios situé au cœur de Paris ?
M. D. : Il n’y a rien de comparable dans le monde situé à une adresse aussi prestigieuse (Aux Etats-unis il existe quelques rares théâtres transformés en studios pour des émissions comme le Late Show with David Letterman tourné à Broadway…). Dans la plupart des pays, les studios sont à la périphérie des villes.

Quand il y a eu la vogue des plateaux à la Plaine Saint Denis, un no man’s land pas fait pour cela, il ne restait plus à Paris que le Théatre Wagram jusqu’au départ de Jacques Martin et d’une certaine manière les studios de la maison de la radio. (Et depuis, les Studios Rive Gauche)

Et c’est vrai que les artistes quand ils viennent ici savent que les loges sont petites, mais qu’il n’y aura pas de déperdition d’énergie. Ils n’ont pas le temps d’avoir le trac. On est dans sa loge on descend l’escalier et on est sur scène.

Vous savez, Céline Dion, quand elle dormait au bristol venait à pied au Studio.

Il y a quelqu’un d’autre qui est encore plus près : Nicolas Sarkozy. Vient-il souvent?
M. D. : Oui, bien sûr. A chaque fois que Carla Bruni est venu, il était là. Il passe par une autre entrée, et vient s’assoir à mon bureau. Je le laisse avec elle. Il connait la petite entrée. Il connait la sécurité (et inversement !). Il connait bien le studio, il y est venu souvent.

C’est un homme fasciné par la télévision, un enfant de la télé. Il ne la connait mieux que personne. Des De gaulle, Giscard D’Estaing, Mitterrand et Chirac c’est lui qui la connait le mieux.

En fait il la connait autant que nous qui sommes du métier.

Et Jacques Chirac ?
M. D. : La dernière confession de Jacques Chirac a été faite ici, en novembre 2009, lors de la sortie du premier tome de ses mémoires C’était une émission extrêmement émouvante, une heure avec ceux qui le connaissent le mieux : sa femme, sa fille Claude, son petit fils, Martin, François Pinault, Michèle Cotta et Stéphane Martin, directeur du Musée du Quai Branly. Une heure pendant laquelle on a survolé sa carrière et qui restera dans les archives.

Maintenant, pour des raisons évidentes, il ne fera plus une heure d’émission.

J’ai par ailleurs aussi reçu à 2 reprises Bernadette Chirac avant 2002. Deux Vivement Dimanche qui ont pesé lourd.

Les hommes (et femmes) politiques sont quasiment tous passés dans Vivement Dimanche ?
M. D. : Oui, on a eu toute la classe politique et cela a eu de l’importance.

Et pourtant aux débuts, quand on a fait le tour de tous les hommes politiques, ils trouvaient tous l’idée intéressante mais personne ne voulait essuyer les plâtres. Et c’est finalement Daniel Cohn-Bendit que j’avais connu en 1968 qui a été le premier à accepter, suivi ensuite d’Arlette Laguiller.

Celle qui a véritablement lancé l’émission, c’est Martine Aubry que j’avais reçue au moment du débat sur les 35 heures à l’Assemblée Nationale. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, est venu deux fois comme François Hollande et Ségolène Royal.

Seul Lionel Jospin a refusé de venir ? (Avant d’être devancé par Jean Marie Lepen au premier tour en 2002)
M. D. : En fait il a beaucoup tergiversé et il l’a beaucoup regretté ensuite parait-il.

Il a été battu (par Jean Marie Lepen) de 195 000 voix, ce n’était pas beaucoup. Il aurait du venir.

Mais le plus intéressant c’est que, comme il n’est pas venu, il a été remplacé par Jean Pierre Chevènement, le dernier invité politique reçu en novembre avant que la campagne ne commence. Avec le recul, quand on sait que ce dernier a pris 5 points ( 1,5 millions de voix)

On a aussi dit que vous ne vouliez pas recevoir Marine Lepen ?
M. D. : Non, en fait on n’a jamais reçu les Lepen car ils n’ont jamais demandé à venir. C’est un faux débat. Et le problème ne se pose plus puisque nous avons arrêté les politiques jusqu’à la présidentielle de 2012.

Vous avez rejoint ce studio en 1982 après avoir débuté Champs Elysées à l’Espace Cardin en décembre 1981 et vous y êtes resté depuis?
M. D. Effectivement, après avoir tenu nos engagements avec l’Espace Cardin nous avons tourné Champs Elysées pendant 7 ans dans ce studio. En 1987, nous avons commencé à louer ce lieu à Pôtel et Chabot, une très belle société, avec la possibilité d’accueillir d’autres tournages.

On a voulu en faire un studio extraordinaire. Cela a mis presque trente ans et ce n’était pas simple.

Ce studio avait déjà une histoire inouïe. Il avait déjà été une boite de nuit qui utilisait déjà la vidéo : Captain Vidéo (David niels). Et, dès le départ, dans les années soixante, Monsieur Bataille (patron de Potel et Chabot) a dépensé des sommes folles pour faire de ce lieu une sorte de lido ou de Moulin rouge. Cela n’a pu se faire mais la machinerie est restée. (L’histoire du studio – Lien)

La trappe est d’ailleurs toujours là … (Présentation de la trappe)
M. D. : Quand on a vu toute cette machinerie on a décidé de tout remettre en état. La piscine avec le phoque, les plateaux des visuels.. ils allaient nous servir de monte charge et de gigantesque ascenseur pour changer rapidement de décors. On termine nos émissions et, en moins d’une nuit, un autre décor est en place grâce à nos équipes.

La trappe du Studio Gabriel

Pendant les premières années de champs Elysées on a beaucoup utilisé la trappe à l’antenne.
Mais parfois elle tombait en rade. C’est arrivé avec Gilbert Bécaud, avec un groupe anglais. On ne voyait alors que leurs têtes sortir du dessous du plateau.

Sinon c’était magique. En direct, à cour ou jardin, le temps d’une interview on pouvait enchainer un autre plateau avec la trappe.

Il y aurait encore des tas d’effets à faire avec. (Avis aux producteurs, j’ai, moi aussi, quelques idées…)
Par ailleurs, la configuration scénique de ce lieu est aussi très originale avec sa scène, son escalier.

Cela a été compliqué de transformer un cabaret/boite de nuit en studio de télévision ?
M. D. : Cela a été un boulot de chien. Problèmes de climatisation, de sécurité. Et il a fallu creuser. On descend comme dans un sous-marin, jusqu’au niveau de la Seine. Seuls quelques bureaux ont des fenêtres qui donnent sur le jardin.

La régie était auparavant un endroit où les maitres d’hôtel de Potel et Chabot situé au dessus du studio réalisaient des bouquets de fleurs pour les réceptions. Aujourd’hui, après de nombreux travaux nous avons mis en place une régie fixe HD reliée à des bancs de montage. De la technologie de haute qualité.

On en a rencontré des problèmes mais aujourd’hui, c’est ma grande fierté. Je terminerai ma vie, ma carrière ici.

Dans la régie du Studio Gabriel

Pouvez-vous nous parler de vos souvenirs dans ce studio ?
M. D. : Tous les souvenirs sont liés à ce que j’appelle des ombres : le nombre d’artistes qui ont contribué au succès de nos émissions et dont certaines apparitions sont restées dans toutes nos mémoires et qui ne sont plus là. C’est un cimetière entier. Quand je rentre sur scène je ne peux pas m’empêcher de penser à eux.

Quand Nicolas Canteloup et Laurent Gerra passent dans Champs Elysées, je ne peux pas ne pas penser à Desproges, Gainsbourg, Le luron. Au mur de mon bureau, il y a une lettre envoyée par Thierry le Luron à 16 ans et demi qui voulait être invité à une émission. (il le sera) C’était un surdoué.

Et il y a tous ceux qui ne sont plus là : Coluche, Lino Ventura, Romy Schneider, Jean Yanne, Carlos, Jacques Martin, Jean Poiret. La liste est très longue. Il y a aussi ceux qui ont animé ici comme Bruno Carette des Nuls,

C’est ça qui est le plus troublant quand on regarde les archives pour la nouvelle version de Champs Elysées. Tous ou presque ont disparu.

Aux murs de votre bureau il y a aussi de nombreuses photos de votre famille dont votre frère Jean et vos nièces ?
M. D. : Oui, et quand je vois dans mon bureau les photos de mes nièces Léa et Marie qui venaient ici dans le bureau demander des autographes à Julien Clerc à Patrick Bruel quand elles étaient gamines et quand je vois comment elles ont évolué…

Quand on a repris Champs Elysées 25 ans après et avec succès, la première du retour était bouleversante.

Et pourtant vous en avez proposé une émission assez différente, notamment dans la modernité du décor et de l’habillage visuel de Caroline Benech.
M. D. : Oui, c’est Stéfanie (Jarre) qui nous l’a présenté. On voulait garder l’esprit, la musique, l’entrée mais, sur le plateau, faire une émission avec la technologie d’aujourd’hui.

Stéfanie a conçu tous les décors de Studio Gabriel et de Champs Elysées nouvelle version.

Vous parlez d’ombres qui donnent l’âme au studio mais aujourd’hui c’est vous qui représentez ce plateau. On vient au studio de Michel Drucker…
M. D. : Je ne me rends pas bien compte de cela parce que je ne me vois pas par le regard des autres.

Ted Tarricone me racontait que les artistes demandent à visiter le plateau, les jeunes artistes à être pris en photo sur le célèbre canapé rouge.
M. D. : Je suis troublé notamment quand je vois des gens arriver, très intimidés en me disant : vous ne savez pas ce que cela me fait de venir ici. Quand ma mère va me voir samedi ou dimanche avec vous ici…

Ted Tarricone jamais loin de Michel Drucker

Évidemment on s’aperçoit que dans ce studio, il y a eu beaucoup de choses.
En 30 ans il y a eu 3 ou 4 émissions cultes : Champs Elysées 1er et 2ème version. Il y a eu les Nuls, le samedi soir, et Studio Gabriel qui permis de découvrir des gens comme Benjamin Castaldi, Laurence Ferrari qui était là au début et bien sûr Laurent Gerra.

Et puis je ne peux pas occulter un autre souvenir : Le petit théâtre de Bouvard tourné dans ce studio en alternance avec Champs-Elysées.

Pendant 4 ans sur les 8 ans de Champs Elysées, je partageais ce bureau avec Philippe Bouvard et nous avions une douche commune. On s’échangeait le studio.

J’ai vu ici, sur un autre canapé, Muriel Robin souffrir le martyr car Philippe Bouvard ne trouvait pas son sketch assez drôle. J’ai vu Les Inconnus, Mimi mathy, Michèle Bernier, Smaïn, Laspales et chevalier. Tous sont des vedettes. C’est un studio a qui a fait décoler la carrière de tant de gens.

Ce studio a aussi accueilli La marche du siècle présentée par Jean-Marie Cavada

Et puis, Vivement dimanche, avec l’arrivée des politiques qui est devenue à notre grande surprise une institution.

Pourtant, je peux vous dire qu’il y a douze ans, ils n’étaient pas nombreux à vouloir succéder à Jacques Martin et à l’école des Fans, ce que tout le monde a oublié. Prendre la suite de Martin nous a donné des sueurs froides la première année.

Et puis, tranquillement on a trouvé notre truc. On est passé de l’école des Fans à un homme politique par mois.

L’émission Studio Gabriel a finalement donné son nom au studio ?
M. D. : Quand on a cherché un nom à la quotidienne on a pensé à l’avenue Gabriel et on l’a appelée Studio Gabriel. Et cela est resté. On va au studio Gabriel.

Et c’est un studio magique car tout le monde vient ici et pas que pour nous. Les politiques viennent pour C politique, les comédiens viennent (venaient) pour Cinéma(s) et Serge Moati. Les chroniqueurs de Ca balance à Paris reçoivent d’autres invités. (Le studio devrait accueillir l’année prochaine la nouvelle émission de Cyril Viguier sur France 3)

Le studio Gabriel est un endroit magique que les artistes du monde entier connaissent. Quand j’ai revenu Sting il y a pas longtemps ou grace jones, Joe Coocker, ils se souviennent tous du Studio Gabriel.

Quand on reçoit un invité dans Vivement Dimanche, 80% des archives que l’on retrouve ont été tournées ici.

Et dans ma carrière personnelle il y aura eu un avant et un après studio Gabriel. Ma 47ème année de carrière commencera en 2012 et sur celles là il y en près de 30 ici.

Vous accueillez des tournages mais aussi quelques conventions ?
M. D. : Oui, et les organisateurs comme les producteurs connaissent le studio et les équipes de production de Pascal Roger, ses chargés de production et les équipes d’AMP.

Les évenementiels au Studio Gabriel

C’est vrai que pour toutes les soirées institutionnelles, les conventions, les soirées privées, venir au studio Gabriel là où a eu lieu Vivement Dimanche et Champs Elysées, ce n’est pas la même chose.

Vous avez aussi travaillé récemment avec des producteurs plus jeunes comme Sylvain Plantard chez Morgane Groupe (Gainsbourg 20 ans déjà et le documentaire sur votre enfance) .
M. D. : Je l’ai connu quand ils ont produit Itinéraire d’un enfant de la télé, l’adaptation de mon livre. C’est Jean-François Kerveyan qui a écrit le livre avec moi et qui travaillait avec eux qui a fait le lien. Et puis, ils avaient déjà un début d’image dans le documentaire qui était assez bonne.

Quand ils ont fait le documentaire on s’est beaucoup vu, on a beaucoup voyagé. J’ai gardé le contact avec eux et quand ils m’ont appelé pour Gainsbourg je ne pouvais dire que oui.

J’ai aussi découvert Pierre-Antoine Capton que je ne connaissais pas. J’ai travaillé avec lui à Cannes cette année.

J’ai aussi connu des réalisateurs comme David Montagne qui complète le duo Richard Valverde et Dominique Colonna sur Vivement Dimanche.

Vous n’avez jamais produit d’émissions que vous n’animiez pas ?
M. D. : J’ai été engagé par les autres, DMSTV, Tim Newmnn, comme présentateur mais produire et coproduire c’est compliqué.

Je n’ai coproduit qu’une fois tout en étant aussi animateur. C’était Tenue de Soirée avec Revon et Gateau, R & G.

Je pense que je me sentirai mal à l’aise de produire les autres tout en étant moi aussi à l’antenne dans une autre émission. Quand on est à l’antenne, il serait difficile de dire à un animateur : fais ci fais ça… Il pourrait être en droit de me dire aussi ce que je dois faire en tant qu’animateur sur mes propres émissions.

Devenir producteur quand on est plus à l’antenne je veux bien.

Et pourtant ils doivent être nombreux ceux qui aimeraient bénéficier de votre expérience et de vos conseils?
M. D : J’en donne beaucoup.
Je passe saluer ceux qui tournent au Studio Gabriel par correction. Je suis allé voir Serge Moati, Laurent Ruquier quand il tournait une émission pour France 4 et comme je viens souvent travailler le dimanche car je n’habite pas très loin, j’ai vu Nicolas Demorand, je vois Jérôme Bellay…

Et il est vrai que, quand Jean-Luc Lemoine a eu quelques difficultés avec Le Bureau des Plaintes, je suis allé le voir et l’encourager.

J’ai aussi une question d’une « lectrice » : Nathalie André, par ailleurs directrice des divertissements et jeux de France 2
M. D. : Ah, Nathalie André. Vous savez qu’elle a démarré à la télévision ici. (Oups, non je ne le savais pas !). Elle avait travaillé à NRJ et, c’est moi qui l’ai engagée pour la programmation pendant 5 ans de Studio Gabriel.

Nathalie André voudrait savoir pourquoi vous restez un des seuls animateurs aujourd’hui à continuer à prendre le risque de lancer de nouveaux talents et inconnus du grand public quand tous les autres pensent que cela fait baisser l’audience ?
M. D. : Parce que c’est faux. Cela ne fait pas baisser l’audience.

De plus, il faut toujours regarder devant. Et quand on a fait ses preuves, la moindre des choses est de donner leur chance à des jeunes talents d’autres l’ont fait pour moi. Donner la chance à des jeunes est une façon se s’oxygéner. C’est ma troisième génération d’artistes.

Et j’aime mettre des jeunes dans la lumière. Quand j’ai mis Laurent Gerra dans la lumière j’étais sûr que cela ne serait pas un handicap mais plutôt un avantage. C’est la même chose pour Nicolas Canteloup et pour Anne Roumanoff que l’on a relancée.

J’ai besoin d’être entouré de jeunes. A Europe 1, fin août, de 10h30 à 12h00, je commence une nouvelle émission quotidienne : Faites entrer l’invité. Je serai entouré d’humoristes qui feront des portraits décalés des invités. Ils ont tous 30 ans. Il y aura Jérôme Commandeur, Mathieu Madénian, Matthieu Noel, un jeune belge Walter (Zaza Cohen du grand orient !),Willy Rovelli

Engager des jeunes dans des émissions ne fait jamais baisser l’audience dans nos émissions pour une raison simple c’est qu’on n’a jamais pris le risque de ne prendre que des inconnus. On les entoure toujours de stars.

Dans la nouvelle version de Champs-Elysées on associe jeune génération et stars.

Quand sera diffusé le prochain Champs-Elysées ?
M. D. : Il sera diffusé le XX (chuut faut pas le dire…)  XXXembre 2011 et tourné les XX et XX XXXembre. (m.à. j. XXX)

A propos de jeune talent, vous avez côtoyé Caroline Gavignet en tant que productrice aux cotés de Dominique Cantien et Tim Newmann. Elle est aujourd’hui chroniqueuse chez Stéphane Bern dans Comment ça va bien ! sur France 2. Qu’en pensez-vous ?
M. D. : Je l’aperçois effectivement de temps à autre dans l’émission de Stéphane Bern sur France 2.

Jamais je n’aurai imaginé qu’elle ait envie d’être devant la caméra. Elle fait cela bien. Et l’émission cadre parfaitement avec l’audience de la chaine à cette heure.

Vous savez qu’elle aimerait faire de la radio ?
M. D. : Vous allez me donner ses coordonnées.

Ce fût fait. A suivre…

Un grand merci à Michel Drucker et à ceux qui m’ont permis d’obtenir cette entrevue.

Vous aurez remarqué que les mots : Vélo, santé, chien ont bien été tous présents. J’ai bien rencontré le vrai Michel Drucker!

Et voici quelques autres articles sur le studio Gabriel :

– L’histoire du Studio Gabriel

– Les Secrets de la trappe

Au sujet de Champs-Elysées, l’émission :
– Les coulisses de Champs-Elysées, le retour / Les écrans du nouveau décor / Le double écran de fond de scène / Caroline Benech et ses habillages

D’autres émissions au Studio Gabriel :
Une journée d’enregistrement avec Ted Tarricone
Gainsbourg 20 ans déjà
On va s’gêner présenté par Laurent Ruquier
Les coulisses de la 200ème de Ça balance à Paris

(Cliquez pour agrandir les photos et sur les nombreux liens en rouge)






5 commentaires


  1. TRAMICHECK Laurent

    Bonjour Emmanuel, merci pour tous ces articles, tous ces reportages qui nous font découvrir ou mieux comprendre la face cachée de la télévision.

    Un très grand merci pour cette interview avec Michel DRUCKER. J’ai eu la chance, au mois de juin 1994 de rencontrer Michel DRUCKER qui à l’époque faisait un casting pour lancer sa nouvelle émission « Studio Gabriel ». Je faisais un remplacement au journal SUD OUEST (je suis Bordelais) et j’avais faxé chez DMD (Cathy PORET – une des assistantes) un CV avec une lettre de « sur-motivation » ;
    Rendez-vous décroché ! J’étais hyper tendu, j’avais 24 ans et je rentrais dans ce mythique studio. Il m’a reçu dans son bureau et mis à l’aise très rapidement. Je me souviens de la maquette du décor, qui servira alors en septembre 94, posée sur une table dans un coin de son bureau. Sa chienne « Zaza » était là aussi. Après un entretien d’une quinzaine de minutes, il me raccompagne et j’ose lui demander s’il est possible de visiter le studio. Très gentiment il me conduit vers un assistant, et j’ai eu droit à une visite privée guidée, j’ai tout vu et j’en ai pris pleins les yeux.
    Dernier souvenir, l’enregistrement de « Faut pas rêver » venait de se terminer, j’avais croisé Sylvain AUGIER ; j’avais d’ailleurs été frappé de la taille du décor qui paraissait beaucoup plus grand à la télé. Mais tout cela c’est la magie de la télé !

    Voilà un petit bout de souvenir que je tenais à vous faire partager. J’oubliais, je n’ai pas été retenu à ce casting, mais çà vous l’aviez compris, nous avions été près de 200 à nous présenter.
    Encore merci Emmanuel pour ce blog et le travail effectué pour notre plus grand plaisir.

    Laurent, un fidèle lecteur.


    • Merci Laurent pour cette sympathique anecdote et pour ta fidélité.

      Je suis sûr que tous ceux qui travaillent à la télévision et qui sont passé sur ce studio en ont.

      Alors à vos commentaires.

      Laurent, j’en profite pour préciser une information. J’ai eu confirmation que Nathalie André, actuelle directrice des divertissements de France 2 avait déjà tout de même « un peu » travaillé à la télévision avant son passage au Studio Gabriel : Avec Marie-France Brière sur la 5, Dominique Cantien puis Guillaume Durand sur TF1.

      Mais comme le dit Michel Drucker, il y a un avant et un après Studio Gabriel!


  2. Nicolas

    Formidable entrevue ! Très touchante !
    Merci beaucoup.

    Pas trop impressionné ?


    • Merci Nicolas.

      Pour te répondre : Un petit peu quand même même si je suis déjà passé à plusieurs reprises au studio et l’ai croisé. Et puis ce n’est pas facile de poser des questions à quelqu’un dont c’est le métier.

      Il vous met à l’aise mais bon, même après travaillé plus de 16 ans à la télévision, il y a toujours des personnes qui suscitent le respect et vous impressionne.

      D’ailleurs petit conseil à certains artistes jeunes ou moins jeunes. Pas la peine d’en faire des tonnes, pas la peine d’avoir des exigences extravagantes en arrivant sur un tournage. Ce n’est vraiment pas comme cela que vous impressionnerez l’équipe technique, que vous suscitez le respect! Bien au contraire!


  3. En descendant les marches de ce studio Gabriel en après-midi, il y a bien des années, je me suis regardé descendre.
    L’aura que j’ai ressenti une fois arrivé en-bas m’a fait bébé…bégayé dede..devant le jeune homme debout devant le bar, que j’en suis reparti encore plus vite que j’étais desdes..cendu .



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