Point de vue

10 juillet 2011

Quand le quartier Montorgueil / Paris fait du bruit… Et ça ressemble à quoi du bruit en ville au quotidien ?

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Enquête sur le bruit - 20h / TF1 / 060711

Enquête sur le bruit – 20h / TF1 / 060711

Depuis la création du blog, je fais de temps à autre une parenthèse sur ce quartier Montorgueil (Le dossier), ces quelques rues au centre de Paris, un exemple pour moi assez symbolique d’une forme d’évolution de notre société.

Le passage d’une société de partage de l’espace, de vie en commun à une société où des lobbys guidés par leurs seuls intérêts financiers personnels prennent le pouvoir. Et le rôle des politiques, de la police, de la justice dans tout cela?

Une occasion de vous expliquer concrètement ce que sont ces nuisances sonores vécues au quotidien, histoire de faire réfléchir ceux qui simplifient le problème en traitant les riverains concernés de « vieux **** » et qui les invitent à déménager. Le bruit comme fatalité?

Un article conséquence aussi de plusieurs actualités : les premiers jugements du Tribunal de Police à l’encontre de restaurateurs du quartier et une lettre agacée de Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement en réponse à mon précédent article.

L’occasion aussi de compléter ce que je disais dans un sujet de Dominique Lagrou Sempère diffusé au 20h de TF1 le 6 juillet  (lien), de vous raconter l’interview improvisée de Maxime des Gayets, adjoint au Maire du 2ème Ardt et directeur de cabinet au Conseil Régional d’île de France et de Pierre Schapira, adjoint au Maire de Paris, un soir dernier de grand bruit dans le quartier Montorgueil. Deux interviews et deux réactions très différentes.

Allez faites du bruit, mais du bruit médiatique bien sûr!

Commençons par les bonnes nouvelles : Lors du précédent article je vous parlais d’une séance au Tribunal de Police pendant lequel 5 restaurateurs étaient jugés pour occupation illégale d’une partie des trottoirs du quartier. Leurs trois avocats n’ont semble-t-il pas convaincu la Présidente du tribunal puisqu’il m’a été indiqué officiellement que « Tous les prévenus ont été condamnés à la fois à titre personnel et au titre de leur société. »

Je n’en sais pas plus en particulier sur les montants des condamnations mais je peux vous dire que le procureur avait requis contre un premier restaurant 900, 1200 et 1500€ pour des infractions constatées en 2008, 2009 et 2010. C’est déjà mieux que les trentaines d’euros d’amendes qu’ils avaient à payer deux à trois fois par an jusque là.

Conséquences? : Et bien, d’un coté, malgré quelques efforts de certains, pas de vrais changements. 1200 euros par an ne semble toujours pas dissuasif. D’un autre coté, les hommes politiques et les forces de police m’avaient indiquées que ce jugement leur permettrait désormais de lancer des actions plus efficaces… Go!

Maintenant, avant de revenir sur la partie politique de cette histoire je voudrais essayer de vous expliquer ce que représentent au quotidien, ces bruits en terrasse qu’il nous arrive peut-être tous de faire, ces cris ponctuels, ces rires, ces chants improvisés que certains pensent sans conséquence mais qui ruinent la vie de plus en plus de personnes et pas que des ronchons!

Le bruit, nuisance sonore au quotidien c’est comment?

La journée, dans les transports en commun, vous êtes serrés comme des sardines, pas drôle, vous êtes tombé sur une personne à l’hygiène douteuse (Ça c’est plutôt au retour normalement!), ce n’est pas très sympa. Ou alors vous étiez en voiture et avez eu droit aux bouchons. Pas top !

La journée c’est boulot et vous avez du faire ce que votre hiérarchie vous a demandé. Fin de journée, je passe sur les transports en commun retour.

Et, enfin, vous arrivez chez vous, souvent dans votre petit chez vous si vous êtes parisien. Ouf, enfin la possibilité de souffler … ou de s’occuper de ses enfants, de son mari, de sa femme, de la belle mère …  bref, à un moment, dans toute vie normale, on est enfin « chez soi » au calme, à pouvoir disposer d’un peu de temps pour soi, à pouvoir décider de ce que l’on a envie de faire pendant quelques heures avant un sommeil indispensable et répararteur.

Décider d’écouter un disque, de regarder la télé, de bouquiner au calme, de dormir et je passe sur d’autres activités parfois quelques peu bruyantes il est vrai!

Et bien, quand vous habitez un quartier piétonnier donc à priori plus calme, vous n’avez plus toujours ce droit. Dans le quartier Montorgueil, nous, les riverains sur rue n’avons plus cette liberté de choisir, ce droit. Il nous a été volé.

Plus le droit bien sûr d’ouvrir la fenêtre en particulier le soir quand notre métabolisme ralentit, quand la fatigue se fait sentir et que notre corps, cerveau inclus, nous informe qu’il voudrait bien un peu de repos.

Et qui vous l’interdit ?
Et bien dans mon cas, tout d’abord 3 patrons de cafés et restaurants face à mon immeuble, ensuite leurs clients qui semblent considérer que, puisqu’ils payent, ils ont le droit de s’amuser comme bon leur semble à leur table oubliant qu’ils ne seraient bien sûr jamais venus s’installer à cette terrasse s’il n’y avait pas d’autres étages, ces jolis immeubles payés et entretenus par les riverains, ce joli décor dont les restaurateurs ont fait leur fortune, ces clients oubliant aussi qu’à une certaine heure ils décideront de rentrer chez eux et, pas question alors de les empêcher de dormir! Non mais!

Et un peu plus tard dans la nuit, il y a ensuite les nombreux badauds, touristes parfois mais surtout parisiens vivant à quelques minutes du quartier venus se dégriser tout en renversant l’un ou l’autre l’une des poubelles laissées il est vrai chaque nuit par d’autres riverains ne souhaitant plus s’occuper des poubelles, tache probablement avilissante !

Et c’est ainsi que même rentré chez soit, nous n’avons toujours pas le droit de décider de ce que avons envie de faire.

Le bruit, concrètement, cela signifie que chaque soir, vous ne pouvez inviter personne sans fermer toutes les fenêtres sur la rue. Au bout d’une heure en général, mes amis me font remarquer que c’est bruyant, enfin la première fois car la seconde, ils m’invitent!

Et quand il fait chaud, le choix se résume à du bruit où à une très forte chaleur dans l’appartement. Voyez comme je brillais le soir de l’interview sur TF1! Raccord maquillage demandé!

Voici sur deux photos mises cote à cote des restaurants et cafés en bas de chez moi une illustration de l’augmentation du volume sonore.

Zones occupés illégalement par les restaurants et cafés – Quartier Montorgueil

Les zones bleutées correspondent aux zones où il arrive qu’il y ait des terrasses ou des consommateurs sur des emplacements illégaux.

A gauche, le restaurateur ne respecte pas le passage pour les piétons sur le trottoir, et en plus il utilise le trottoir laissé libre par le Pressing fermé le soir, le patron de celui-ci lui ayant donné son accord.

Coté photo de droite, toujours des zones de passages occupées mais aussi pour le café de droite une occupation régulière de l’espace à coté de son café quand ce n’est pas la route elle même avec des consommateurs d’alcool debout et, en plus comme il y a quelques jours l’occupation du trottoir en face. Imaginez l’augmentation du volume sonore due simplement à ces occupations illégales d’espace public.

Alors souvent, il faut supporter le bruit, le bruit ambiant. Alors non, ce n’est pas le bruit d’un avion, ce n’est qu’un brouhaha permanent avec des crêtes de bruit (un rire, un chant, une personne qui hurle en appelant un copain aperçu) et cela jusqu’à 2h du matin.

Et parfois dans toute la rue, il n’y plus que 3 clients mais ils font du bruit qui résonne, et ce dans l’indifférence du patron du café et, en s’approchant des 2h du matin, heure de fermeture, l’alcool (à forte marge) aidant, les quelques rires toutes les 30 secondes marquent votre cerveau. Il est tout simplement impossible de s’endormir. Il faut attendre.

Le bruit, même vitres fermées, cela se traduit en fin de soirée par la crainte, la crainte d’éteindre la télé. Quand je vais l’éteindre, va-t-il y encore avoir du bruit qui va m’empêcher de pouvoir me coucher alors que je le voudrais?

Pareil, quand je travaille sur l’ordinateur. Au moment d’arrêter, j’hésite. Si je coupe la musique au casque je vais alors découvrir ce que j’essaye de me cacher depuis une heure ou deux : il y a encore une fois du bruit. Je n’ai pas le droit de me coucher. Et c’est ainsi que l’on regarde la télé de plus en plus tard, qu’on se couche tous les soirs plus tard. Aujourd’hui c’est 1h voire 2h, heure de fermeture des cafés et restaurant. Et quand le réveil est à 7h, vous pouvez imaginer les conséquences sur la santé à moyen terme.

Ces restaurateurs et leurs clients décident de ma vie le soir, la nuit.

Je vous invite à lire une documentation assez complète Lyonnaise sur le bruit et le gêne sonore et ses conséquences pour la santé que je voudrais illustrer par un autre aspect de ce type de nuisances sonores.

Comme je vous le disais plus tôt, il y a le bruit, le niveau sonore, mais à cela s’ajoute aussi le changement de perception que l’on en a.

Ma perception du bruit ne serait pas la même si l’attitude des restaurateurs et des clients était différente. En effet, dans le gêne, il y a aussi la perception que ce bruit ne devrait pas exister, pas à ce niveau. Je prends conscience que depuis trois an, il est principalement la conséquence d’un étalement illégal des terrasses (aujourd’hui certains doublent ou triplent illégalement la surface de celle-ci). N’oubliez pas en plus que le son monte et que l’acoustique est très bénéfique à la circulation du bruit dans le quartier.

Deuxièmement, pour avoir rencontré chaque restaurant et café concerné et m’être fait insulter, je sais bien qu’ils sont conscients du bruit et du problème mais qu’ils refusent d’agir uniquement pour des raisons de gros bénéfices liés à ces tables supplémentaires. Et il n’est pas plus question de demander à leur clientèle de faire un peu moins de bruit à partir d’une certaine heure. (Personne ne demande la suppression complète des terrasses, c’est un mensonge)

Et les clients? Pour être descendu quelques fois tenter de les sensibiliser au problème j’ai été bien reçu. La clientèle a il est vrai changé, plus « nouveaux riches » venus pour exhiber leur nouvelle fortune, pensant surement acheter avec leur carte bleue ou noire un forfait repas avec occupation de l’espace public et droit d’en user et d’en abuser inclus. Discussion impossible. Comment oser gâcher leur soirée. Et la nôtre?

Tout cela pour vous expliquer qu’en plus du niveau sonore c’est la perception du bruit qui a changé. Il ne s’agit plus seulement de bruit mais aussi d’un prise de conscience d’une forme de mépris et c’est ainsi que chaque jour, nous devenons plus sensibles à ces nuisances qui pourraient pourtant disparaitre si facilement si chacun y mettait du sien, si comme dans le sujet de TF1, ils faisaient par exemple appel à un « chuteur », cette personne payée par une restauratrice pour rappeler à ses clients de faire moins du bruit. Pas question dans le quartier.

La Mairie de Paris avait bien parlé en novembre 2010 de la présence de mimes dans les quartiers bruyants de Paris. Depuis, plus de nouvelles. Il est d’ailleurs étrange qu’on nous propose d’utiliser des fonds publics pour corriger les infractions d’entreprises privées. Aussi étrange que d’entendre parler de la distribution par la Région Ile de France de subventions aux établissements privés de la nuit trop bruyants pour qu’ils s’insonorisent. Fraudez lobbys, les citoyens vous aideront à réparer votre infraction. Étrange conception non?

Et notre cerveau est toujours plus sensible à ce bruit. Quand on se couche on attend presque le prochain cri, le prochain bruit. On ne s’y habitue pas, on développe même une hyper sensibilité à ces bruits. Le mal à s’endormir est suivi de micros réveils pendant la nuit malgré l’usage indispensable et désagréable de bouchons antibruit.

Enfin imaginez ce que l’on ressent le soir, à minuit quand on ne va encore une fois pas dormir. Descendre râler auprès des restaurateurs, appelez la police qui passera il est vrai mais uniquement s’il n’y a pas de cas plus grave, et effectivement il y en a souvent? Et c’est ainsi que s’ajoute la fatigue nerveuse, cet agacement face à une situation totalement injuste et contre laquelle on a aucun pouvoir d’action. Difficile de s’endormir quand on est énervé…

Quelques mots sur l’aspect politique, le rôle des acteurs politiques face à ce problème.

Je commencerai donc par la lettre reçue de Jacques Boutault, maire de l’arrondissement suite à mon précédent article. Comme je l’ai indiqué en le citant lors d’une mise à jour de cet article, il m’a notamment demandé de rectifier une affirmation concernant une autorisation de contre terrasse qu’il nie avoir signé. J’espère qu’il a depuis mis autant d’énergie à demander au restaurateur en question de présenter cette autorisation dont il disait disposer. Le mystère demeure.

Par ailleurs il me rappelle qu’il « essaye de maintenir une cohérence entre [ses] discours publics et les actions concrètes qui sont menées dans le 2ème Arrondissement.  » Il me rappelle alors ses actions comme le marquage au sol de chaque terrasse, le passage régulier de différents services habilités à verbaliser.

Il poursuit : « Dans le cadre de l’élaboration du nouveau règlement des terrasses et des étalages, j’ai donc proposé un certain nombre d’amendements permettant d’une part, de mieux partager l’espace public et d’autres part, de limiter les nuisances pour le voisinages.

Ce nouveau règlement va nous permettre d’élaborer des chartes locales en meilleure adéquation avec les spécificités des arrondissements et je souhaite qu’elles permettent de contrecarrer les dérives que nous déplorons depuis ces dernières années.

Toutefois, il me semble que pour une véritable rigueur s’impose, il serait indispensable de revoir le montant des amendes encourues par les contrevenants mais cette décision relève des prérogatives de l’Assemblée Nationale, donc des députés »

Et avec cette dernière phrase nous touchons au poids des lobbys et au comportement des élus de tout bord face à leurs influences croissantes.

D’ailleurs, s’il semble assez clair qu’il y ait des différences entre les partis de gauche, de droite etc. une question importante ce pose alors que des échéances électorales importantes arrivent. Qu’ils soient de droite ou de gauche, quel poids a encore un maire, un député, un ministre, un Président de la République face au poids de lobbys toujours plus nombreux et si puissants?

On l’a vu régulièrement avec le pouvoir actuel (Baisse de la TVA, poids des banques, abandon de l’interdiction du kit main libre en voiture, refus des class actions, poids du nucléaire etc.). Est ce que l’opposition actuelle revenue au pouvoir pourrait mieux face à ces pressions? Le voudra-t-elle?

Et pour terminer, petit cas concret de bruit, de réactions d’élus et d’actions de la police la semaine dernière.

L’un des restaurants en face de chez moi innovait encore puisque depuis 19h il avait invité un groupe de musiciens à jouer à l’avant de son restaurant. Une première. Comme le son monte, j’avais droit à un concert de haut niveau (je parle du son) dans l’appartement. Pas question de laisser faire et de créer un précédent dans lequel s’engouffreraient tous les autres commerçants.

Par chance, enfin je le croyais, je découvre à 22h par la fenêtre la présence d’élus PS de l’arrondissement juste sortis d’une réunion de section. Ni une ni deux je descends avec mon micro pour mettre deux élus du quartier – Pierre Schapira et Maxime des Gayets – face à un cas concret de triplement de terrasse augmenté d’un concert live.

Je vais commencer par la seconde discussion car elle été bien plus constructive :
Maxime des Gayets : « On a eu une bonne nouvelle cette semaine.
L’ensemble des commerçants du deuxième arrondissement nous posaient une question récurrente sur le statut même de la rue (Montorgueil) et, la justice nous a donné raison. »

(Les commerçants utilisaient l’argument du quartier piétonnier pour utiliser la totalité des trottoirs face à la ville qui affirmait que, du fait d’une circulation moto et voitures impossible à interdire totalement, il fallait respecter un passage sur les trottoirs)

Maxime des Gayets : « Premièrement ils ont été sanctionnés, ils vont devoir payer et deuxièmement le statut de la rue a été clarifié.

Ensuite, des travaux parlementaires sont actuellement mis en place pour faire en sorte que les amendent soient plus fortes car les montants actuels ne les empêchent pas de continuer à mettre des tables. Ce n’est pas dissuasif.

L’autre bonne nouvelle même si le temps est long et peu supportable pour les habitants qui vivent avec ces nuisances, c’est que nous avons en plus obtenu du Maire de Paris que des règlements locaux notamment via des chartes puissent être plus restrictifs et signés pas le maire de Paris. Ils pourront donc avoir un caractère réglementaire ce qui nous permettra d’être localement encore plus dur sur la législation.

C’est long et pénible mais je crois qu’en deux semaines nous avons beaucoup avancé. »

L’espoir fait vivre alors espérons.

La discussion avec Pierre Schapira, adjoint du Maire de Paris a été dès le début plus houleuse. Alors que je lui tendais mon micro et qu’il venait de me confirmer qu’il me connaissait, il m’a demandé si j’avais une carte de presse.

Je lui ai répondu que bien sûr que non mais que ma seule qualité de riverain et d’auteur de ce blog devait tout de même me permettre de lui poser quelques questions sur les nuisances sonores permanentes dans ce quartier.

Quand je lui demande ce qu’il peut faire pour la situation à ce moment là en particulier du concert : «Demandez au commissariat d’agir».

J’insiste en lui demandant s’il veut bien aller voir le restaurateurs pour lui demander de faire cesser ce bruit : « Non, non demandez à l’adjoint chargé de la sécurité, il vous le dira mais là vous ne pouvez rien car le commissariat ne répond pas.  Moi je ne suis pas flic »

Quand je lui fait remarquer qu’en attendant je ne peux dormir que 5 h par nuit : « Qu’est ce que vous voulez que je vous dise, je suis très ennuyé pour vous  mais [le concert dans le restaurant] va s’arrêter à 22h »

Quand je lui fais remarquer que je suis descendu justement car il est 22h passé, les choses s’enveniment.

Monsieur Schapira s’emporte en me disant qu’il sait que j’ai écrit des choses sur lui qui étaient scandaleuses et me menace de m’attaquer en diffamation. J’ai beau lui répéter qu’il se trompe mais la discussion si l’on peut appeler ceci une discussion tourne alors court.

Alors, Monsieur Schapira, je ne sais pas si vous avez eu le temps de lire le blog, je ne le pense pas.

Je vous invite donc à le lire où à demander à ceux qui vous en parlent d’être plus fiables.

La seule phrase dans tout le blog ou je parle de vous est la suivante … « C’était la première fois que j’assistais à un compte rendu de mandat du maire de Paris. Bertrand Delanoë, en présence du maire de l’arrondissement ainsi que de certains élus de la Mairie de Paris dont Anne Hidalgo, Lyne Cohen Solal, Pierre Schapira … a introduit la séance devant une salle assez remplie avant que ne commence un petit jeu dont j’ai découvert l’existence. » dans cet article (lien)

Je ne pensais pas qu’il pouvait y avoir quelque chose de diffamatoire en parlant de votre présence aux cotés de Bertrand Delanoë.

Par contre oui, j’avais commis une faute d’orthographe sur votre nom. Je l’ai donc corrigée au moment de rédiger cet article. Cela ne mérite toujours pas une attaque en diffamation je crois.

Mais Monsieur Schapira, évitons les faux semblants. Même si je n’en suis pas l’auteur je sais de quelles accusations vous parlez car lors de notre dernière rencontre, justement lors de ce compte-rendu du maire vous étiez venu à ma rencontre pour me dire que certaines accusations fausses étaient alors portées à votre encontre et m’aviez déjà menacé d’attaque si je les colportais alors.

En dehors du fait de trouver ces menaces régulières et infondées très désagréables, je voudrais vous faire remarquer que les journalistes, blogueurs ou simples citoyens sont toujours en droit de poser des questions concernant les actes des élus y compris concernant les différents entre riverains et commerçants du quartier.

Enfin concernant le commissariat, sachez que devant l’absence d’actes des élus ce soir là, je l’ai appelé.

Et effectivement ce soir là une voiture de police est passée avec des agents motivés et agacés de voir que le restaurateur n’avait encore une fois pas respecté la limitation de sa terrasse malgré plusieurs avertissements. Ils ont alors fait démonter la partie excessive de la terrasse.

Le concert n’a pas été verbalisé car les musiciens ont cessé de jouer dès l’arrivée de la voiture de police. Cependant les agents de police m’ont invité à rappeler le commissariat si le concert reprenait ce qui est arrivé 10 minutes plus tard. J’ai suivi leurs conseils et et effectivement, un coup de téléphone du commissariat au restaurateur plus tard, le concert cessait définitivement. Il était déjà minuit passé et pour une fois des riverains avaient gagné une victoire. On a bien dormi !

J’imagine bien que certains lecteurs réagiront à l’idée d’appeler la police. Croyez que c’est une activité donc je me passerai bien. N’est-ce cependant pas préférable à l’idée de faire justice soit même?

Voilà, merci d’avoir lu, en silence!, ce témoignage sur les conséquences des nuisances sonores dans un quartier piétonnier, paradoxalement devenu l’un des plus bruyants de Paris.

J’espère que cela a permis à certains de prendre conscience des conséquences de ces bruits dits festifs, et surtout que prochainement, suite à une prise de conscience, à des actions la situation pourra évoluer favorablement.

Le bruit est devenu insupportable tout autant que l’idée de voir des lobbys prendre le pouvoir à tous les niveaux de notre société.






6 commentaires


  1. Baillon

    Lire, du regretté Philippe Muray, ON FERME, ou FESTIVUS FESTIVUS. Il y célèbre, avec son humour corrosif, l’avénement de l’homo festivus, : on est en plein dedans, et la fin de tout ce qui nous a fait ; cela évoque la décadence de l’empire romain : on y est presque.
    Encore un petit effort, et place aux jeunes nations.
    Michel Baillon


  2. Hans Glattfelder

    J’ai lu ce blog avec une forte empathie: je ne suis donc pas seul avec mon indignation. Il y a cinquante ans ceux qui parlaient de pollution de l’eau et de l’air étaient ridiculisés. La pollution sonore (et visuelle, d’ailleurs) se configurent tout à fait similaires.
    Vous avez ma solidarité. Hans Glattfelder


  3. POL

    Chaque soir, nos gentils restaurateurs du bas de la rue Montorgueil coté 75001, remplissent leur poubelle verte de toutes les bouteilles de vin vendues en soirée, résultat si vous avez tenu endormi après:
    Les cris de la nuit et les différents tapages nocturnes,
    Le balai des camions frigorifiques de livraison qui restent avec leur ralenti branché, les monte-charge palettes etc.. etc…

    Vous avez….
    …. le camion poubelle, qui lui à coup sur mettra définitivement fin à votre nuit!

    Une centaine, parfois plus de bouteilles sont vidées dans la benne chaque matin, du lundi au dimanche sans exception.
    Sommeil de bébé, triple vitrage ou autre boules quies… rien n’empêche ce tintamarre infernal et cette hérésie écologique.

    Je ne parle même pas du vacarme dû au remballage des terrasses chaque soir vers 1h30-2h00 (surtout lorsque on a la bonne idée d’équiper sa terrasse de tables et chaises en fer forgé).

    Les restaurateurs ont ils tous les droits?

    Amitiés

    POL


    • Les restaurateurs n’ont pas tous les droit mais ils semblent le penser.

      Et cela a commencé en haut de l’état avec la concrétisation de la baisse de la TVA sans contraintes pour les restaurateurs alors qu’il était bien plus utiles de n’aider que les vrais cuisiniers, ceux qui se battent au jour le jour pour leur métier et notre histoire culinaire.

      Les restaurateurs sont très organisés et très influents politiquement et pas seulement à droite notamment du fait des quelques fonds de pensions qui tiennent la plupart d’entre eux.

      Ils profitent aussi du manque de disponibilité de la police pour les verbaliser et du soutien tacite du ministère de l’intérieur et de l’économie quand on parle des terrasses fermées fumeur non verbalisées.

      Mais il ne faut pas lâcher.

      Bon courage


  4. POL

    Bonjour,

    La police est pourtant ultra présente et bien disponible lorsqu’il s’agit de verbaliser les 2 roues, pas un jour sans que les agents ne verbalisent les alentours des parkings 2 roues qui font au mieux « pour certains » pour se garer à proximité des parkings, certains véhicules sont verbalisés 2 fois dans la nuit, sauf les véhicules 2 roues des entreprises de livraison de nourriture (j’ai mené ma petite enquête à ce sujet) mais chuttt.

    A quand le même zèle pour nos terrasses, qui apportent selon moi nettement plus de nuisances qu’un 2 roue stationné et ce bien au delà des 22h00.

    Pour moi, on verbalise les véhicules pour laisser la rue aux passants et les trottoirs aux…….RESTAURATEURS pardi.

    Si vous remarquez bien les 3/4 du chiffre d’affaires d’un café restaurant de la rue Montorgueil se fait en terrasse et pas en intérieur, l’intérieur ne servant depuis la loi sur le tabac qu’a stocker le divers matériel de terrasse.
    Business…Business…

    Cdlt,

    Merci pour vos excellents articles…
    Continuez !!
    POL


    • POL,
      Je ne peux que vous inciter à prendre des photos, des enregistrements si nécessaire et à déposer régulièrement des mains courantes au commissariat. Cela fait bizarre la première fois de se rendre au commissariat mais cela permet de laisser des traces écrites et incite les policiers à agir. Cela a été quelque peu efficace pour moi. Il faut aussi les appeler le soir si nécessaire.

      De plus sachez plusieurs choses : avant un jugement au Tribunal de Police il y a quelques semaines dont j’ai parlé ici, les sanctions étaient très faibles et cela n’incitait pas la police à agir. Désormais avec un risque de plus de 1000 euros par infraction constaté, la police a des chances d’être écoutée.

      Concernant les 2 roues et voitures, je ne suis pas du même avis que vous tout d’abord car les avocats des restaurateurs avaient voulu faire croire que les motos et voitures qui se garaient illégalement dans le quartier montorgueil n’étaient ni celles de leurs clients ni les leurs. C’est totalement faux et ces mêmes restaurateurs ont déjà fait pression sur un ASP qui verbalisait trop leurs clients.

      Dimanche encore j’ai pris en photo la Ferrari noire du patron d’un restaurateur en haut de la rue des petits carreaux garée sur le trottoir en face de son restaurant. Passons sur le fait qu’il avait encore expliqué en public il y a quelques mois avant que la vie de restaurateur n’était vraiment facile! Rien qu’en me voyant photographier sa voiture étendard garée sans autorisation et sur un trottoir il est accouru vers moi en me menaçant de faire surveiller ma vie jour et nuit et je vous passe les insultes qui ont suivi.

      Les 2 roues et motos garées dans notre quartier reflètent aussi la mentalité de cette nouvelle clientèle dont l’argent et leur à priori réussite devrait donner tous les droits : faire du bruit en terrasses, fumer en terrasse fermée, garer leur voiture de luxe sans avoir à payer de places de parking, comme le peuple ! Beurk, ils sont riches eux (ou souvent veulent le faire croire!)

      Oui, déposer des mains courantes et vouloir faire changer les choses demande un peu de courage et de cran! Hier encore en faisant remarquer au serveur du café LB régulièrement en infraction pour la largueur, longueur de sa terrasse, du bruit de sa musique jour et nuit, de sa terrasse fermée fumeur avec en bonus aucune séparation entre intérieur et extérieur pendant l’hiver, j’ai eu droit à des menaces de l’un des serveurs.

      Faut il encore déposer des mains courantes à ce sujet, peut-être je vais y réfléchir.

      Mais à un moment il ne faut pas se laisser faire. Les lobbys sont très influents, et celui de la restauration en tête mais devons-nous, citoyens, considérer que notre vie est désormais dirigée uniquement par les lobbys et les politiques qui leur donnent régulièrement des gages?



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