Coulisses des émissions

27 septembre 2011

Rohan, un jeune du Monde… Un Monde six jeunes, le 4 octobre sur France 2. Interview

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Ecrit par : Emmanuel Matt

Dans mon précédent article je vous présentais Un Monde six jeunes, une émission exceptionnelle qui sera diffusée mardi 4 octobre à 20h35 sur France 2.

6 jeunes français, des « enfants de la crise » vont à la rencontre d’autres jeunes à travers le monde et confrontent leurs expériences en présence de Bruce Toussaint.

Ces six jeunes choisis via des réseaux sociaux ont une parole qui a de la valeur, comme celle de chacun d’entre nous. Nous y retrouverons nos pensées parfois celles des jeunes qui nous entourent. Naïfs pour certains, idéalistes ou réalistes pour d’autres, laissons leur la parole pendant deux heures et écoutons les.

Lors de la conférence de presse j’ai choisi de m’intéresser à Rohan, un jeune homme de 21 ans, très sympathique et dont la curiosité et sa rencontre avec des libyens m’a donné envie de vous le présenter.

Donnons lui parole… Et voyons le en action dans un extrait de l’émission.

Renaud le Van Kim, Rohan et Bruce Toussaint / Un Monde six jeunes – France 2

Il a 21 ans, il est étudiant en médecine, il va passer en quatrième année (externe). Il est amateur de Hip hop. Il fait d’ailleurs la promotion d’artistes. De plus il aime les voyages. Il en profite alors pour faire des photos et rédiger des carnets de voyages lus par beaucoup sur Facebook. Ses voyages lui inspirent aussi les vêtements qu’il vend sous la marque Deysham Street Wear.

Il est optimiste, aime la rencontre avec les autres d’autant plus quand ils sont libyens et lui rappellent qu’une partie de sa famille est encore présent en Syrie, un pays dans une situation bien inquiétante.

Je lui laisse la parole et vous invite aussi à découvrir en fin d’article son sens de l’écriture, de la poésie. (Un mot un peu vieillot surement pour sa génération)

Rohan, comment as-tu été contacté pour participer à ce programme ?
Rohan : On m’a dit qu’un directeur de casting était tombé sur mon profil Facebook où je suis assez actif en terme de publications notamment en terme artistique, vidéo, making of. En effet, à coté de mes études de Médecine à Marseille, je fais pas mal de choses.

Du genre ?
R. : J’aime beaucoup le milieu du Hip Hop. Je m’occupe notamment d’artistes Hip Hop Urbain à Marseille et dans le sud de la France. Et puis j’aime beaucoup voyager. A chaque voyage, je publie des photos, des petits reportages home made que je partage avec mes amis et la communauté des gens qui me suivent.

Sur quelle page Facebook ?
R. : J’ai créé une page Deysham Streetwear, une marque de vêtements que j’ai créée.

Comment s’est passé ta sélection dans cette émission?
R. : La production m’a demandé s’il y avait un moyen que je passe le casting à Paris. Comme je viens souvent sur Paris, je les ai rencontrés et ils m’ont prévenu un peu plus tard que j’étais retenu, en particulier pour réaliser un reportage en Libye puisque cela correspondait à mon profil.

En effet, je suis d’origine Syrienne, j’ai encore de la famille là-bas et je suis particulièrement sensible à ce qui peut se passer dans la région. D’habitude j’y vais chaque année pendant les vacances mais du fait de la situation actuelle je n’ai pas pu y aller cette année. La participation à cette émission était aussi une forme d’hommage à ce qui se passe actuellement pour le peuple syrien.

On te voit parler en Arabe. Le dialecte Syrien est le même que celui en Libye ?
R. : C’est vrai qu’il y a un petit accent différent en Libyen. Je parle plutôt l’arabe syrien, syro-libanais. Quand les libyens comprenaient que j’étais Syrien, cela facilitait vraiment le contact. Il y avait une espèce d’esprit fraternel très rapidement dans les conversations.

Dans le reportage, tu parles aussi parfois anglais…
R. : Parce que le jeune qui est alors venu m’aborder a commencé la discussion en anglais. On a donc continué ainsi. Mais dans les rushs on peut voir que l’on mélange anglais et arabe.

Vous êtes arrivé à Tripoli au moment de sa libération. Vous avez calé la date du voyage au dernier moment ?
R. : Il y avait un planning calé à l’avance pour le tournage de l’émission. Je savais que j’allais partir fin août mais j’étais sur le qui vive car je ne connaissais pas la date exacte. La date du voyage dépendait aussi de la manière d’atteindre le point d’arrivée en Libye.

Le trajet de Rohan – Un Monde six jeunes France 2

Quel a été le trajet pour arriver à Tripoli ?
R. : On est passé par la Tunisie via Djerba. Ensuite on est allé à Tataouine avant de traverser la frontière avec un chauffeur tunisien qui nous a accompagnés tout au long de notre périple.

Au départ je devais rencontrer des jeunes, des blogueurs à Misrata. Et par pur hasard, on est parti au moment où la Libye s’est à nouveau manifestée dans l’actualité. Cela a donc changé les plans. On avait plutôt envie de s’orienter vers Al Zawiya et Tripoli là où les choses se passaient mais toujours en prenant le maximum de précautions.

Vous étiez combien ?
R. : On était quatre avec le chauffeur. Deux journalistes – Grégoire Deniau et Guillaume Martin – étaient à mes cotés. Guillaume Martin s’occupait principalement de filmer.

Rohan et Grégoire Deniaud – Un monde six jeunes – France 2 / KM Presse

Quel était le rôle de Grégoire Deniau, un journaliste confirmé (reporter de guerre, prix Albert-Londres, prix Bayeux des correspondants de guerre, ancien directeur de la rédaction de France 24 )?
R. : Grégoire Deniau servait à me coacher, à orienter le reportage. Il a aussi été là à des moments un peu difficiles comme on le voit dans le reportage.

Tu parles notamment du moment où tu t’es retrouvé couché sous le parechoc d’une voiture pendant des tirs dans la rue…
R. : Effectivement il était là pour m’aider à canaliser mes émotions et bien me gérer. Il a été d’une très grande aide !

Rohan, sous le feu des balles à Tripoli – Un monde six jeunes – KM / France 2

Comment as-tu vécu cette situation ?
R. : J’ai ressenti pour la première fois la sensation profonde de volonté de vivre. C’est un stade émotionnel particulier, qui sur le coup est dur à gérer. J’ai su garder mon calme et me contrôler tant bien que mal. Je remercie d’ailleurs Grégoire et Guillaume pour m’avoir appris à me maîtriser. Après coup, on réalise à quel point la vie ne tient qu’à un fil et aujourd’hui je savoure d’avantage le quotidien.

Dans le reportage sur ton aventure en Libye on te voit aller à la rencontre de nombreuses personnes. Était-ce Grégoire Deniaud qui t’invitait à aller parler à telle ou telle personne pour enrichir le sujet ?
R. : Non, c’est plus moi qui prenais l’initiative de parler. De nature, je suis quelqu’un de très curieux, je prenais l’initiative d’aller leur parler. Et puis, encore une fois, le fait d’être en Libye me donnait l’impression d’être dans un lieu que je connaissais bien. J’ai pu m’adapter et aller vers les gens naturellement. Et puis je n’allais pas me forcer à faire quelque chose que je ne voulais pas faire !

Même si tu réalises des vidéos pour ta marque Deysham Street Wear, tu avais plutôt une expérience de téléspectateur. Qu’est ce qui t’a le plus surpris alors que tu étais de l’autre coté dans ce tournage ?
R. : Je n’ai pas été trop surpris du tournage. Guillaume Martin avait une caméra, Grégoire Deniaud aussi. On m’avait aussi donné une petite caméra pour que je tienne une sorte de journal de bord. De plus, j’ai toujours mon appareil photo, un Nex avait lequel je réalise des photos et des petites vidéos.

Au final, sans compter mes images on a eu plus de 6 heures de rushs. Le résultat est donc forcément très condensé. Il manque d’autres images qui m’ont marqué.

Il y a donc forcément une petite frustration du fait que cela soit condensé et que l’expérience qu’on a vécue, les émotions que l’on a ressenties ne soient pas tout à fait les mêmes. Je pense tout de même que le montage est de très bonne qualité et je comprends que pour une telle émission en prime time on ne puisse pas en montrer plus.

Rohan en pleine séance photo filmé par Guillaume Martin

Tu as participé au montage ?
R. : Non, je n’ai vu que des bouts de montage au moment où j’ai du ajouter ma voix au mixage.

On m’a alors par exemple expliqué qu’on ne pouvait pas mettre toutes les images de l’échauffourée qui a duré bien plus longtemps que dans le reportage. Il ne fallait pas faire trop long ni trop choquer les gens. Dans un temps limité, il fallait aussi essayer de mettre un maximum de choses. Le résultat est assez fidèle, je suis assez content.

A l’image, on te voit régulièrement prendre des notes …
R. : Chaque fois que je voyage, je rédige un carnet de voyage dans lequel je raconte tout ce qui s’est passé jour à jour et dans lequel je me livre. Le journal sera publié sur mon profil Facebook  » Rohan Houssein »
Je sais qu’il y a de bonnes réactions quand je les publie et c’est aussi une manière d’éveiller les consciences, de raconter quelque chose, de témoigner.

Dans le reportage, comme les 5 autres jeunes de l’émission tu as vécue une aventure individuelle. Dernièrement, vous avez tous les six vécu une autre aventure dans un bus en compagnie de Bruce Toussaint. Comment cela s’est-il passé ?
R. : Le road trip dans le bus s’est bien passé, forcément beaucoup plus calme que le voyage en Libye. C’était un plaisir de voyager dans toute la France avec des jeunes de ma génération et l’équipe technique, et l’expérience des plateaux télé avec Bruce Toussaint était exaltante.

Vous avez confronté vos expériences ? Etiez-vous toujours d’accord ?
R. : Nous avons échangé sur nos voyages, nos points de vue, et le fait de venir d’horizons différents était un moyen de s’ouvrir sur l’autre. Parfois nous avions des visions différentes sur certains sujets mais d’avantage de choses nous rassemblaient comme la musique, la curiosité de l’autre et la volonté de nous voir évoluer dans une société plus juste.

Des rebels Libyens – Ph. Rohan (Deysham) – Un Monde six jeunes – France 2

Qu’est ce que tu vas retenir de ce voyage ?
R. : Ce que je vais retenir, c’est la certitude de pouvoir se construire en allant au bout des choses, en se donnant les moyens, et parfois repousser ses limites. Je ne regrette absolument pas ce voyage en Libye car j’ai pu acquérir d’avantage de maturité et comprendre un peu plus le langage du monde. Concernant le Road trip en bus, j’ai pu découvrir aussi tout l’aspect technique de la réalisation de l’émission, en rencontrant des personnes géniales ayant un rôle, un travail précis pour qu’ensemble le projet soit mené à bien.
Je suis également très fier d’avoir participé à une émission directement inspirée du livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous, un grand homme servant de nobles causes.

Qu’est ce que tu vas retenir de cette expérience télé ? Cela ne t’a toujours pas donné envie de « faire de la télé », de réaliser des reportages ?
R. : Cette expérience Télé me confirme ce goût pour la réalisation, l’audiovisuel, les voyages et le divertissement. Même si mes études sont prenantes et difficiles je sais que je ferai tout pour garder un pied dans ce domaine.

Et voici donc un extrait de Un Monde six Jeunes mardi 4 octobre sur France 2 : Rohan découvre un bâtiment en ruine et les impacts de balles des derniers combats. Un extrait où se mélangent images vidéos et photos de Rohan :


seq_Libye par myFrancetv

Et à propos de vidéo, je vous invite à regarder aussi cette courte vidéo qu’il a je crois réalisée. Une manière de découvrir sa marque de vêtements (pub!) mais aussi de vous faire entendre un très joli texte retranscrit avec son autorisation après la vidéo.

Respirer, vivre et profiter de chaque instant.
Se complaire dans un art, puiser l’inspiration dans ce qui nous entoure.
Nos amis, nos proches, nos influences.
Tomber amoureux d’une identité qui nous apporte des réponses.
Ne plus jamais se détacher d’une culture riche et universelle.
En devenir acteur pour la faire évoluer dans le bon sens.
Faire d’une passion de gosse une activité porteuse de valeurs.
Vivre au cœur de nos classiques, se croire dans un film dont nous sommes les scénaristes.
Oser le grand pas, parvenir au bout de ses rêves pour s’accomplir.
Parcourir le monde, comme éternelle quête d’inspiration et d’enrichissement de son art.
La vie est une carte aux sentiers infinis, et dire oui aux opportunités nous fait avancer, rencontrer des personnes incroyables qui nous font vivre des moments incroyables.
Entretenir nos amitiés, vivre pour les mêmes centres d’intérêts.
S’unir, Rassembler, peu importe la couleur ou la religion, pour s’évader le temps d’un soir
Un sourire le temps d’un clic, une humanité portée sur le tissu de nos sens
Rencontrer des artistes, partager.
Le mouvement du pinceau, qui retranscrit les mouvements de l’âme
Pour créer l’émotion.
Stimuler la créativité par le choc des cultures. Rêver de devenir nos modèles
Le quotidien est un combat, s’affirmer est une arme.
Ne jamais oublier d’où l’on vient, car c’est la seule chose qui nous reste lorsque l’on a plus rien.
Poursuivre, persévérer sans jamais regarder en arrière mais dont les erreurs sont des expériences qui nous font progresser.
Encaisser les critiques, continuer de croire en soi en relevant la tête, se persuader de la qualité de son travail lorsque le temps et la concentration sont à l’optimum.
Être fier, rester authentique quoiqu’il arrive
Cultiver l’amour dans chaque chose que l’on entreprend, devenir un inventeur d’âme.
Faire de nos passions une poésie rythmée et équilibrée, croire en nos rêves.
Prôner l’harmonie entre les peuples, briser les frontières et les clichés.
L’art, au service d’un monde coloré sur une palette de créativité
DEYSHAM Street Wear

Merci à Rohan d’avoir répondu à nos questions et pour ces photos. Une rencontre très sympathique.

(Cliquez pour agrandir les illustrations et ouvrir les liens en rouge. Et n’oubliez pas, vous pouvez voter tous les jours pour le blog au concours
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One commentaire


  1. Rohan

    Merci encore pour cet interview Emmanuel. A bientôt, le 4 octobre sur France 2 !



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