Coulisses des émissions

13 janvier 2012

Filmer les documentaires animaliers : les coulisses des captations sous-marines…

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Plongeur avec caméra sous-marine Les Grandes migrations France 5

La série les Grandes Migrations produite par le National Geographic était diffusée en fin d’année sur France 5, une série très ambitieuse que l’on regarde avec beaucoup d’intérêt voire de fascination.

Le dernier épisode de la série a été consacré au making of de ces tournages. J’essaye de partager avec vous certaines des informations données dans cet épisode et de les compléter.

Lors d’un précédent article je vous avais parlé des affûts aériens ou utilisés sur un lac présentés.

Je vous propose cette fois-ci de prendre la direction de la mer, des dauphins et requins blancs.

Comment filmer des requins dans la mer ? Comment suivre la migration de dauphins?

Qu’est ce que la Crittercam, moyen de tournage et d’étude scientifique développé par le National Geographic ?

Pour filmer sous l’eau enfin dans l’eau (Ben oui, sous l’eau y a quoi? La croute terreste!), il y a des solutions assez simples : la GoPro HD (lien) ou des caissons étanches pour des petites caméras et cela fonctionne non loin de la surface de la mer.

Dans les cas extrêmes il est possible d’utiliser des sous-marins robotisés ou non équipés de caméras.

Un sous mari équipé de moyens de tournage – Les Grandes Migrations

Mais cela implique un budget important.

Une solution intermédiaire et qui permet d’approcher plus facilement des animaux aquatiques est l’utilisation de caméras sous-marines très élaborées et utilisées par des cadreurs/plongeurs expérimentés.

Voici un cadreur équipé et prêt à plonger dans la mer :

Un plongeur avec sa caméra sous-marine – Les Grandes Migrations – France 5

Il n’utilise ni gant ni protection pour la tête, vous pouvez donc en déduire qu’il se trouve dans une mer chaude. Gagné puisqu’il se trouve non loin de l’île de Guadalupe à coté de la Californie.

Le cadreur – plongeur dispose ainsi d’un système avec une caméra et deux projecteurs. Il existe aussi le même type d’équipement complété par un moteur à hélices pour faciliter le déplacement rapide du cadreur aux cotés de la faune aquatique.

En vignette sur la photo, le cadreur filme un requin. Mais comme il nous l’explique dans le documentaire : 1 requin cela va mais « 4 requins, cela fait 3 de trop ! »

Alors pour se protéger les cadreurs disposent d’une cage en métal prête à les accueillir en cas de danger.

Un cadreur tentant de sortir de la cage de protection pour s'approcher de requins – Les grandes migrations – France 5

Mais comment reconnaitre un danger ? Quand sortir de la cage pour filmer un requin et le suivre pour de plus belles et intéressantes images ?

Et bien il n’y a pas de règles valables à 100%.

L’équipe des Grandes Migrations nous donne tout de même quelques conseils issus de leur expérience d’observation du comportement des requins.

L’un des conseils est de jauger les animaux. Si le requin est couvert de cicatrices, de marques de dents, c’est un teigneux, mieux vaut l’éviter. D’autres semblent plus coopératifs. (Bien sûr cette observation n’est valable que depuis l’intérieur d’une cage. Si vous croisez un requin teigneux dans la mer, vous n’aurez pas le temps de lui demander quelques instants pour vérifier s’il a bien des coupures sur les nageoires et si vous devez donc commencer à nager votre plus belle brasse… ou à prier!)

On nous explique aussi que le défi pour le cadreur est de lutter contre son envie de fuir l’animal. Il doit aussi guetter la présence d’autres requins. Le danger vient surtout du requin que l’on ne voit pas nous explique un cadreur.

La prise de risque reste cependant payante à l’image… enfin je dis ça en temps que téléspectateur dans mon canapé qui a rarement la visite surprise d’un requin …

Pour limiter les risques il est aussi possible de filmer les requins depuis un petit bateau grâce à une caméra installée au bout d’une perche enfoncée dans l’eau. Mais il faut souvent savoir être patient pour obtenir la belle image.

Perche et sa caméra plongée dans l'eau – Les Grandes migrations – France 5

Dans cet épisode final / Making of des Grandes migrations, j’ai aussi découvert la Crittercam, une caméra créée en 1986 par le biologiste marin et réalisateur Greg Marshall.

En fait la Crittercam est bien plus qu’une caméra puis que ce système attaché sur le dos d’un animal comme un pinguin permet de filmer des images depuis le point de vue de l’animal (caméra subjective) mais aussi d’enregistrer du son et de nombreuses autres données scientifiques comme sa localisation GPS, sa vitesse, la profondeur, la température.

Cette machinerie a d’abord été utilisée sur terre avant d’être adaptée pour les tournages aquatiques.

Voici sa version destinée à être fixée à la dorsale d’un requin :

La Crittercam sur la dorsale d'un requin – The Great Migrations – France 5

Ainsi, pendant 4 heures, le dispostif enregistre des images « embarquées » sur le dos du requin. La durée des images est assez courte à la différence de l’enregistrement des autres données scientifiques.

Très belle innovation mais encore faut-il réussir installer ce matériel sur la dorsale d’un requin blanc, même d’un requin « coopératif »!

On découvre dans le documentaire comment un homme tente de poser le dispositif installé au bout d’une perche sur le dos d’un requin passant à coté de son petite bateau. On assiste d’ailleurs à un accident puisque l’homme, debout sur le petit bateau est déséquilibré et tombe à l’eau au milieu du banc de requins. Plus de peurs que de mal.

Et pour installer ce dispositif il faut tout d’abord s’entrainer :

Simulation de pose d'une Critercam sur la dorsale d'un requin

Pendant l’entrainement, la dorsale du requin est simulée par une palme tenue par le technicien à droite!

En bonus, le lien d’un extrait vidéo du National Geographic dans laquelle vous apercevrez des images tournée avec une Crittercam installée sur la dorsale d’un requin :

Et un lien d’une vidéo de présentation de la Crittercam

Enfin, grâce un lecteur de Media un autre regard, la version intégrale en VO sur Youtube de ce Making of de Les grandes migrations.

(Cliquez pour agrandir les photos et ouvrir les liens en rouge)






2 commentaires


  1. Florent

    Très bons articles, très instructifs. Merci beaucoup



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