Coulisses des émissions

6 février 2012

Claire-Elisabeth Beaufort en Edition Permanente sur i>TELE : Interview

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Une pertie du monitoring de la régie du Plateau 2 à i>TELE

Avec Nelly Daynac et Florent Peiffer, Claire-Elisabeth Beaufort assure en relais la présentation de l’Edition Permanente sur i>TELE.

Elle apparait tous les jours à 13h30 pour un premier journal avant d’occuper l’antenne en continu de 15h à 17h.

Claire-Elisabeth Beaufort nous raconte son quotidien, la préparation des journaux, la gestion de l’information en temps réel.

Interview.

Claire Elisabeth Beaufort est arrivée à i>TELE en 1999, au moment de la création de la chaine. Elle a depuis, m’a-t-elle expliqué, présenté quasiment toutes les éditions de la chaine, à tous les horaires. Elle semble désormais plutôt contente de présenter chaque jour la tranche 15h – 17h.

Un jour de janvier, 17h10, Plateau 2 à i>TELE. Le temps de l’interview, Claire-Elisabeth Beaufort se réinstalle à la place qu’elle a occupée pendant plus de deux heures cet après-midi là. Elle fait face à plusieurs caméras dont une avec prompteur.

Devant elle, au centre de la table deux écrans retour, l’un pour les sujets, le second pour le retour antenne.

Sur la table du décor conçu par Philippe Désert et modernisé en ce début 2012, une petite molette pour gérer le prompteur. Enfin sous le plexi de la table, un écran informatique lui permet de suivre les dépêches mais aussi de lire et retoucher en continu le conducteur et ses textes avec un clavier et une souris.

Pouvez- nous raconter votre journée?
Claire-Élisabeth Beaufort : Il me faut à peu près 3h pour être exécutive et prendre l’antenne à 13h30. Je suis donc là à 10h30.  Je lis la presse, je regarde les sites car souvent l’information de la presse est caduque dès 10h du matin. Et, sur une chaine info nous devons être très réactifs. Les dernières infos on les a surtout via les dépêches de l’AFP et les sites.

Vous lisez quels sites ?
C.-E. B. : Le Parisien, RTL, le Figaro pour l’international. Ils sont assez réactifs. Je lis aussi Europe 1. On essaye de tout lire et de s’informer un peu partout.

Je réalise alors une première préparation avec le chef d’édition qui me raconte le stock d’images ou de sujets en préparation. Concrètement, je crée en fait des cases dans le système informatique, des cases pour des lancements de sujets.

(Je vous rappelle que toute la chaine de fabrication est informatisée à i>TELE. Ainsi Claire-Elisabeth Beaufort et l’équipe de rédaction créent des conducteurs pour chaque édition de l’après midi. On y trouve les sujets, les plateaux, les invités en plateaux, les duplex etc. Ces conducteurs peuvent ensuite être modifiés à volonté, des séquences supprimées, inversées etc. La journaliste peut agir dessus comme sa chef d’édition notamment pendant le direct)

Seconde étape vers 11h30 on fait un point avec la rédactrice en chef de la tranche qui nous donne précisément les angles des sujets, qui les a fait, les duplex qu’on aura pendant l’édition. Cela nous donne un conducteur précis du premier journal de 13h30 qui dure 30 minutes.

Comment est découpé ce premier journal ?
C.-E. B. : Dans le journal de 13h30, on commence par une partie très news avant un rappel des titres à 13h45 et une seconde partie de journal plus mag (magazine) avec des angles de traitement différents.

Ensuite c’est la pause?
C.-E. B. : De 14h à 15h, je déjeune et réécris mes textes que je réactualise déjà.

Dès 15h et jusqu’à 17h, je suis sur ce plateau 2 pendant deux heures. C’est un marathon mais à des horaires plutôt sympas. Mais quand on est en plateau c’est dense.

Mais vous avez quand même des pauses? (Pendant les pubs, sujets…)
C.-E. B. : A part la pause de 14à 15h, non.

Devant mon regard inquiet elle précise …

J’ai une petite pause pipi juste après le journal des sports à 16h24. Donc je vais très vite, je ne dis bonjour à personne. En fait, je dois faire un choix, soit je dis bonjour soit j’ai le temps de faire pipi !

Dans la régie du plateau 2 de i>TELE pendant l’Edition permanente

Comment se passe l’écriture de tous vos textes? (lancements, interview etc.)
C.-E. B. : J’ai écrit tous mes textes. Ensuite, il y a des réactualisations dont certaines que je ne peux pas faire car je suis à l’antenne.

Nous avons des assistants qui sont là pour ça. Si un verdict tombe, si le bilan d’une catastrophe change et si nous n’avons pas le temps de réécrire les prochains lancements, ce sont ces assistantes qui s’en occupent. Elles créent des cases supplémentaires dans le conducteur si nécessaire.

Par exemple, le bilan des victimes du Costa Concordia a évolué pendant l’après midi et nous sommes passés de 6 à 11. J’ai eu connaissance de l’information via les dépêches sur mon ordinateur mais c’est mon assistante qui a mis à jour le chiffre dans les lancements suivants pour que je n’oublie pas de faire le changement.

Pour certaines actualités à chaud, je lis parfois à l’antenne une dépêche de 3 lignes mais cela va être brut de décoffrage. Mon assistante va donc parfois la réécrire de façon plus simple ou synthétique pour un prochain lancement.

Vous avez toujours le temps de relire les mises à jours ou textes de dépêches réécrits ?
C.-E. B. : Non pas toujours, parfois, je découvre les textes à l’antenne et je dois vraiment compter sur ma formidable assistante.

Qui prend les décisions concernant le contenu du journal, des nouvelles informations, un changement important du conducteur suite à une actualité chaude ?
C.-E. B. : C’est le Red Chef, le rédacteur en chef, qui le fait. Il peut entrer en contact avec la régie notamment le chef d’éd (Chef d’édition) via le dreck (les intercommunications). « Attention, là on va avoir une personne en direct. » Le chef d’édition est prévenu et il va me prévenir à son tour. Mais il y a tout de même beaucoup d’improvisation surtout lorsqu’il y a des breaking news.

Aujourd’hui par exemple on a décidé de couper dans un sujet pour prendre en direct les questions à l’Assemblée nationale. Il faut être à la fois réactif et vigilant . Généralement l’actualité s’impose d’elle-même.  Ce qui est le plus frais pend le devant.

Le rédacteur en chef vous parle parfois directement ?
C.-E. B. : Pour vous faire une confidence, comme je suis pendant deux heures assise ici à mon poste, je demande à ce qu’on laisse toujours la porte du studio ouverte. Ainsi j’ai l’impression d’avoir vue sur le monde et au moins sur la rédaction.

Ma rédactrice en chef peut alors venir me parler pendant un sujet. Parfois, lors d’un événement, pendant un gros coup de news, elle rejoint aussi la régie. En général elle ne se déplace pas sauf parfois pour m’alerter sur quelque chose ou me prévenir : Attention, tu vas avoir un téléphone avec … Faudrait lui poser telle ou telle question. (La pré interview a été faite par la rédaction) on est bien d’accord ?

Mais c’est surtout le chef d’édition mon principal interlocuteur.

Et c’est vous qui faites aussi avancer votre prompteur ?
C.-E. B. : Oui, avec ma petite molette.

Cela doit compliqué au début de lire le prompteur, de le faire avancer… ?
C.-E. B. : Oui. Mais parfois, à l’inverse, quand je remplace Florence Dauchez à la présentation du journal de canal + et  que j’ai une opératrice prompteur pour m’aider, je n’ai plus l’habitude. Je ne peux pas ralentir le débit moi-même comme avec la molette sur cette table, m’arrêter… Parfois, quand je sais que c’est un off, je peux faire un signe à l’opératrice de dérouler le prompteur plus ou moins vite.

Sur la molette il y a aussi un bouton qui me permet de passer à un texte suivant si on manque de temps.

Une pertie du monitoring de la régie du Plateau 2 à i>TELE

Sur cette partie droite du monitoring vous apercevez deux textes de prompteur, celui de Claire Elisabeth Beaufort mais aussi celui prévu lors de l’intervention en plateau d’un autre journaliste.

J’attire aussi votre attention sur les images de Costa Concordia, le bateau échoué prêt d’une île Italienne. Reuters et une autre agence (Ext 3 & 4) proposaient ce jour des images en direct pendant toute la journée et le début de la nuit. Ainsi des cadreurs étaient engagés par elles pour réaliser pendant toute la journée en direct des images du bateau, des panoramiques de gauche à droite, des zooms et zooms arrière sur tel ou tel bateau de secours naviguant  autour de l’épave etc. C’est aussi cela parfois le métier de cadreur!

Et grâce à ces agences et à leurs cadreurs, les chaines d’informations en continu comme i>TELE pouvaient ainsi basculer à tout moment pendant de nombreux jours en direct sur le site italien. Dans les jours suivant i>TELE avait dépêché une équipe supplémentaire pour des duplex privatifs sur l’île. 

Diriez-vous que votre édition, de 15h à 17h, est plutôt une édition calme?
C.-E. B. : Et bien en fait, il se passe souvent beaucoup de choses l’après-midi. Actuellement (en janvier 2012) c’est le moment des meetings politiques. C’est aussi parfois l’heure d’annonce de certains verdicts.

Il y a quelques jours, c’est vers 16h00 que les premières informations concernant de la dégradation de la note de la France sont arrivées. On m’a alors prévenu que Jean Marc Sylvestre était là et qu’il allait pouvoir intervenir.

Vous avez alors combien de temps pour vous parler avant et préparer son intervention ?
C.-E. B. : Souvent on n’en a pas du tout. Et puis parfois à l’inverse comme ce jour là, on m’a dit, tiens l’antenne car on ne trouve pas Jean Marc Sylvestre.  Il m’a donc fallu broder quelques sur le triple A de la France.

Jusqu’à 18h ou 19h l’actualité évolue beaucoup, c’est chaud.

L’année passée a été lourde  (Fukushima, les révolutions arabes…). Comment vous alimente-t-on pendant ces événements?
C.-E. B. : Encore une fois avec les dépêches. Et il faut aussi essayer de décrypter les images, pas de les décrire.

Le support télé est difficile car il y a déjà le support image et son et il est difficile d’apporter autre chose que cela.

Je garde aussi un souvenir particulier, celui du 11 septembre 2001.

J’étais chargé de l’après midi et j’ai vu l’URGENT, l’alerte arriver sur les dépêches : Un avion est tombé dans une des tours à New-York. Au début, on meuble – voyez c’est incroyable, regardez ces images – quitte à les remontrer plusieurs fois quand elles sont aussi fortes. On précise alors que pour le moment nous n’avons pas encore assez d’informations pour expliquer la situation mais nous pouvons rappeler le scénario incroyable qui a eu lieu.

Comment avez-vous personnellement vécu ce moment de direct?
C.-E. B. : J’étais plutôt assez paniquée. En effet, je ne réalisais pas très bien ce qui se passait car je n’avais encore jamais connu de breaking news.  J’étais très jeune dans le métier. J’avais hâte que quelqu’un vienne m’aider à remplir l’antenne. J’étais plus à l’aise ensuite quand je suis revenue à plusieurs reprises à l’antenne pour de brefs rappels des faits. C’était plus rassurant.

Monitoring partiel de la régie du Plateau 2 pendant l’Edition Permanente

Sur cette partie du monitoring vous apercevez notamment à gauche, les images issues des différentes caméras présentes sur le plateau ainsi qu’en dessous, les différentes boucles image qui alimentent les différents écrans du décor.

Merci à Claire-Elisabeth Beaufort pour ses réponses claires et très concrètes à i>TELE pour leur accueil

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Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






4 commentaires


  1. Patricia.Lambert

    Tout ce stress pour Claire !!! c’est une course contre la montre et du timing !!! bravo pour ton article encore une fois !!


  2. Alison

    Wouah ça c’est un planning chargé !!!


  3. etre

    remarquable souriante , dynamique et bonne oratrice, tu fais preuve de beaucoup de finesse et très sympathique , j’aime quand tes yeux se fixent face à moi , bonne intonation j’aime la manière dont tu entreprends les affaires ,il faut se retrouver , écoute les chansons toi+ moi et toi et moi , j’aime la façon dont tu présentes le journal , claire tu es merveilleuse , j’ai une peau blanche , des yeux noisettes ,une barbichette , claire bisous je t’aime .


    • Des avances à Gael Legras il y a quelques jours sur un autre article… en voilà pour la, il est vrai, charmante Claire-Elisabeth Beaufort…

      J’ai dans mes projets une page petites annonces mais destinée aux offres et demandes d’emplois et de stage… On dirait que je vais devoir créer une rubrique supplémentaire!!!



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