Confidences!

8 février 2012

Le décor de Dracula, le spectacle musical, il déménage…

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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La troupe de Dracula sous les applaudissements de la salle

Alors qu’Adam & Eve l’a remplacé au Palais des Sports à Paris, le spectacle musical Dracula, l’amour plus fort que la mort entame dans les prochains jours sa tournée en France, en Belgique et en Suisse.

L’occasion de revenir sur son décor conçu par le scénographe et le concepteur de décors Bernard Arnould qui avait déjà conçu le décor de Cléopâtre et de parler des secrets du montage et du démontage en temps record.

En effet, un décor aussi volumineux doit tout de même pouvoir être monté et démonté très rapidement et tous les éléments pouvoir tenir dans des containers.


Tout le décor va partir sur les routes enfin presque tout puisque seul le rail qui permettait deux survols de la salle reste à Paris. Le décor a donc été dès l’origine conçu et construit pour prendre la route.

Et pourtant, composé de 5 éléments principaux recto verso auxquels il faut rajouter la scène et les nombreux accessoires, il est imposant.

Il faut aussi transporter les ponts et le matériel lumière, le matériel son, les costumes et j’en passe.

Et souvent, dans chaque ville, tout ce matériel devra se monter en J-1.

Mais avant de vous en dire plus sur les conditions de montage et démontage, prenons le temps de détailler un peu ce décor en quelques questions auxquelles Bernard Arnould, son concepteur a bien voulu répondre.

Sa première collaboration avec Kamel Ouali :
Il s’agit de Cléopâtre.

Trois mois avant la première du spectacle, Kamel a fait appel à lui alors qu’il travaillait déjà sur un autre décor depuis presque un an. Il s’est donc agit d’un « dépannage express ».

Kamel Ouali avait eu son nom par le Théâtre du Châtelet et avait entendu parler de ses talents et de son importante réactivité.

Kamel voulait que Bernard Arnould lui envoie alors des premières propositions. Mais pas question pour Bernard Arnould de les envoyer sans le rencontrer au préalable au moins 30 minutes. Bernard quitte donc sa Basse Normandie pour le voir dans le gymnase où les premières répétitions ont déjà commencé.  Sur le trajet, il réfléchit à une première proposition. Il dessine alors une tête imposante. « S’il accepte j’embarque, si cela ne lui plait pas, je dirais non » se dit alors Bernard Arnould.

La tête sera bien l’élément principal et central du décor de Cléopatre. Et c’est ainsi que leur collaboration a démarré.

Bernard Arnould a ensuite à nouveau collaboré à un projet panafricain en Algérie avant de que Kamel « ait eu la gentillesse de [lui] demander de faire ce spectacle »

La structure générale du décor :
Le décor est composé de 5 parties ainsi que de nombreux éléments présents en coulisses et qui entrent et sortent de la scène.

Sa particularité : deux faces dont une sombre et « austère »avec un énorme travail de sculpture, du volume. On est chez Dracula. C’est « un peu un cabinet des curiosités pas totalement achevé et morbide »

Le décor face Dracula – Dracula le Spectacle musical (pendant les répétitions au Palais des Sports)

L’autre face, « Londres » est totalement blanche avec des touches de couleur rouge via des accessoires, du mobilier et des costumes. C’est une idée de Kamel Ouali me fait remarquer Bernard Arnould.

Le décor de Dracula, le spectacle musical coté "Londres" – Répétitions au Palais des Sports à Paris.

Le grand mur du fond du décor est composé de 3 éléments côte à côte. De plus, de part et d’autre, à Cour et à Jardin, on trouve  un autre élément vertical.

Les 5 éléments de plusieurs tonnes et très hauts sont donc déplacés à 180° selon que l’on se trouve chez Dracula ou dans Londres.

Si les trois éléments centraux sont déplacés et retournés grâce à la force des machinistes «  le moteur humain », les deux éléments extérieurs sont montés sur suspensions pneumatiques. Ainsi, avec une commande, les machinistes injectent de l’air dessous. Grâce au coussin d’air ainsi formé, les galets de roulement sortent et permettent de faire bouger l’ensemble jusqu’aux différentes positions marquées au sol avec des marques de gaffer.

Un machiniste aux commande d'un élément du décor à Cour – Dracula le spectacle musical

(Dans la vignette, des marques au sol pour les différentes positions des éléments)

Bernard Arnould m’explique d’ailleurs qu’il « ne peut être qu’admiratif sur la patience, la gentillesse et le travail énorme des machinistes qui font bouger ces éléments du décor mais aussi les très nombreux accessoires ».

Ceux-ci sont nombreux et aussi imposants parfois. Ils entrent à cour ou à jardin mais aussi parfois par les cintres (le plafond) notamment via un rail équipé d’un ingénieux système de crochets à aimants qui permet de faire tomber un rideau et 3 matelas !  A découvrir !

Pour en finir avec la partie supérieure du décor, en y trouve aussi des rails, des patiences, pour faire circuler différents rideaux noirs ou blancs qui bougent à volonté.

Je pourrai aussi rajouter les éléments aériens suspendus des acrobates Roman Bonaton et Cécile Magdeleine.

Roman Bonaton et Cecile Magdeleine artistes acrobates aérien de Dracula

Enfin la scène est aussi une acquisition de la production. Elle permet de supporter le poids du lourd décor mais elle permet aussi le passage sous terrain vers 2 trappes. Elle est recouverte de Marley du nom d’une marque. Cette matière permet aux danseurs de danser sans trop se blesser.

Petite confidence exclusive pour les lecteurs de Media un autre regard, je me suis laissé dire que cette scène devrait être à nouveau utilisée, au moins en partie dans le prochain spectacle de Kamel Ouali avant 2014 dans un lieu plus intimiste de 2000 places comme les Folies Bergères…

Enfin ce décor prend aussi vie grâce aux lumières de Jacques Rouveyrollis et aux projections de Papain.

Comment Barnard Arnould a imaginé ce décor ?
Il commence par me répondre qu’il a bien sûr suivi le livret « il ne faut pas faire de péché d’orgueuil » Il a été motivé par l’histoire et a cherché des illustrations sans copier pour autant certains éléments.

Il se considère plus comme un ornemaniste que comme un décorateur. (Vous pouvez cliquer sur le mot ornemaniste, si comme moi vous ne le connaissiez pas jusqu’alors!)

Bernard Arnoud aime croquer des figures, l’intérieur du décor de Dracula. Il a plaisir à dessiner des sculptures mais à la mine HB. Il reconnait que tout le matériel informatique de création de projections de Papain est un mystère pour lui !

Son plaisir ensuite est de voir des ateliers réinterpréter ses dessins pour construire les différents éléments du décor. Il aime découvrir le décor monté pour la première fois en atelier. Mais après il « aurait presque envie de le détruire tout de suite pour construire un nouveau projet » !

Le décor est construit en métal, en résine, en mousse rigide, en métaux ferreux, en aluminium etc.

Qui a construit le décor et les sculptures ?
Bernard Arnould m’explique que pour un décor d’un tel volume, les ateliers Artefact à Courthezon dans sud de France sont incontournables. Il travaille aussi régulièrement avec des ateliers à Paris.

Pour les sculptures comme les Têtes de loup il fait appel à un français et à son équipe de sculpteurs : Gilbert Lebigre qui travaille en Italie et a « un talent fou. Ce que je dessine il le construit. Nous avons le même feeling, il est un complément indispensable. Il extrapole mes idées à partir d’un simple dessin et de quelques explications de ma part et est d’une disponibilité extraordinaire.

Comme je le souhaitais, certaines sculptures dégagent une certaine sensualité. La finesse du travail fait que ses sculptures mériteraient largement d’être exposées dans une galerie.

J’aime concevoir un décor qui ne donne pas l’impression d’être dans un théâtre. On doit créer des impressions, des sentiments. »

Le décor de Dracula entre deux spectacles

Montage et démontage du décor :
Je vous en ai déjà beaucoup raconté mais sachez encore que le décor est installé à chaque fois en J-1.

Quand tout est installé dans les cintres, c’est au tour des éléments du mur du décor d’être remontés. Chaque élément vertical est en fait l’empilement de 3 éléments.

Pour chaque élément on commence par hisser avec un moteur l’élément supérieur. On fait venir ensuite en dessous le second élément que l’on attache au premier et on remonte l’ensemble. On fait enfin venir en dessous la base et on « recharge » l’ensemble c’est-à-dire qu’on fait descendre les trois éléments sur le sol.

Pour en savoir plus sur Dracula  je vous invite à lire les autres articles sur le sujet sur ce blog donc certains sont indiqués en fin d’article. Fans de comédies musicales, vous pouvez aussi en savoir plus Adam et Eve sur ce blog.

Pour en savoir plus sur les coulisses de Dracula mais aussi de Adam et Eve rendez-vous sur la page Coulisses des émissions de Media un autre regard

(Cliquez pour agrandir les photos et ouvrir les liens en rouge)






2 commentaires


  1. Très bel article ! J’ai eu l’occasion d’aller voir cette comédie musicale et les décors sont magnifiques !
    On a du mal à croire que tous ça est monté et démonté en si peu de temps. Il doit y avoir beaucoup de monde qui travaille dessus.


  2. excelnico

    Wahooo !
    De plus en plus impressionnant !
    Pour ma part c’est au mois de mai à Toulouse !
    Merci pour l’article !



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