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2 avril 2012

Le Tracking de Julian Bugier dans Elysée moi! sur France 2

Elysée moi ! le format court présenté par Julian Bugier, est à l’antenne sur France 2 tous les soirs avant le 20h jusqu’au 6 avril et en Replay sur le site de France 2.

Après un premier article sur les coulisses du tournage sur fond vert, un autre sur la Rotoscopie qui permet d’insérer Julian Bugier dans une image, et des précisions sur le travail d’étalonnage, place à une technique dont nous n’avons pas encore parlé sur Media un autre regard, le tracking…

« Tracker » Julian Bugier? Mais pourquoi?

Dans l’épisode de Elysée moi! sur France 2 que j’ai choisi, comme dans beaucoup d’autres, les plans tournés dans les archives ne sont pas stables.

Les reporters d’image posent rarement leur caméra sur un pied.

L’image peut donc bouger, pas de beaucoup parfois mais assez pour devoir utiliser un système de tracking quand il s’agit d’insérer Julian Bugier tourné lui en plan fixe avec un Reflex Canon 1D posé sur un pied et donc bien stable.

Pendant le tournage de Elysée moi! avec Julian Bugier – France 2

Avant de vous en dire plus, voici l’épisode en question  :

Le tracking a été nécessaire pour les deux inserts de Julian Bugier dans les images.

Julian Bugier pendant le tournage de Elysée moi!

Nous allons nous intéresser à la seconde séquence.

Julian Bugier doit alors passer derrière la table d’un banquet à l’Elysée occupée par Valéry Giscard d’Estaing alors qu’il était encore Président de la République.

Le tournage réalisé par Matthieu Valluet était organisé pour que Julian Bugier effectue une entrée de champs et qu’il se positionne au bon endroit dans l’image mais aussi pour créer l’impression qu’il regarde vers le Président, via une balle jaune.

Sur le prémontage, on avait d’ailleurs indiqué sa position finale par son prénom comme vous le voyez sur la photo de droite sur l’ordinateur du réalisateur.

Pour atteindre au final toujours le même objectif, c’est à dire rendre la présence de Julian Bugier la plus naturelle possible au milieu des images d’archive, il est nécessaire de compenser les mouvements de la caméra ou plutôt de recréer artificiellement les mêmes mouvements sur l’image de Julian Bugier. Et c’est à cela que le tracking va être utile.

Sur After Effects, les équipes de Coup Monté (pour Capa Presse) utilisent Pf Track de The Pixel Farm. (Il est aussi possible d’utiliser un logiciel comme Mocha m’a-t-on dit).

Ce travail consisterà analyser les mouvements de l’image d’origine et ensuite à appliquer les mêmes mouvements sur l’image filmée de Julian Bugier.

Pour effectuer cette opération l’opérateur va suivre les mouvements d’un point dans l’image d’origine.

Le choix de ce point est important. Il doit être pris sur un objet fixe dans l’image, le plus proche possible de l’emplacement où va être intégré Julian Bugier et être à l’image le plus longtemps possible.

– un point sur un objet fixe. Si l’objet bouge, le logiciel va interpréter un mouvement de l’objet comme un mouvement de caméra. Il est donc préférable de ne pas choisir un point sur un personnage de la scène. S’il se baisse, le logiciel va penser que la caméra se baisse et c’est raté!

– un point le plus proche possible de l’emplacement futur du personnage à insérer. Lors d’un même mouvement de caméra vers la gauche, les objets situés au premier plan vont moins bouger que ceux dans le fond de l’image. Question d’optique. Il est donc important de choisir dans notre exemple le point proche du fond du décor.

– un point présent à l’image le plus longtemps possible. En effet, il est préférable de trouver un point sur un objet qui reste dans le cadre pendant toute la séquence. Mais parfois il faut choisir plusieurs points de tracking que l’on utilise l’un après l’autre.

Et voici ce que cela donne à l’image sur une capture d’écran en post production :

Le fil du tracking – ELysée moi ! France 2 – Capa Presse / Coup Monté

Le  « pâté » rouge, (terme très technique comme vous l’aurez deviné!) correspond au fil du tracking, aux différentes positions du point tracké pendant l’évolution de la séquence.

Fil du tracking – Elysée moi ! France 2

En gros, très gros plan cela donne ceci :

Chaque point correspond à la position dans l’image de l’objet choisi et indique donc les mouvements de la caméra. Ces positions ont été repérées par une analyse de l’image réalisé par le logiciel de tracking.

Etape suivante, le logiciel va permettre de lier la silhouette de Julian Bugier détourée à ce mouvement de tracking.

Ainsi l’image de Julian Bugier va bouger de la même manière que l’image et c’est ainsi que l’on a l’impression qu’il est bien stable dans l’image, dans l’archive… Comme s’il avait été réellement présent au moment du tournage de la séquence.

Voici à quoi tout ce travail ressemble sur After effects :

La time line du tracking – Elysée moi! – Capa presse / Coupe Monté – France 2

Voici pour cette méthode de tracking.

On parle bien sûr aussi de tracking quand on a créé des images virtuelles et que l’on a mémorisé les mouvements de la caméra virtuelle. On peut ensuite filmer des personnages à incruster dans l’image et demander la caméra bien réelle cette fois-ci de réaliser les mêmes mouvements que la caméra virtuelle. Cette technique est assez couteuse et il en existe encore d’autres.

Un tracking peut aussi être utile quand il y a un mouvement dans l’image non plus lié à un déplacement d’un cadreur mais à un zoom avant ou arrière avec l’optique de la caméra. Il y en a eu dans les épisodes de Elysée moi!

Un exemple dans le prochain article sur cette série.

En bonus, un tutoriel d’un « cousin d’Amérique, » francophone d’un tracking réalisé cette fois-ci sur Mocha (prononcez comme le café !)






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