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11 avril 2012

La démultiplication des Romains dans Métronome sur France 5

démultiplication de personnages Bataille Métronome France 5

Dimanche dernier, à 16h45 débutait la diffusion sur France 5 de la série de 4 épisodes de Métronome,  l’adaptation du best seller de Lorant Deutsch. (A revoir sur Pluzz)

Dès le début de ce premier épisode on pouvait découvrir une bataille impressionnante avec plusieurs milliers de participants.

Combien de figurants pour cette super production ? Où es tu Cecil B. DeMille?

Réponse : quelques figurants et personnages principaux tournés sur fond vert et l’imagination, la compétence des graphistes d’IndigènesProductions et de Fabrice Hourlier, le réalisateur.

Pierrick Grillet, Chef Modeleur nous explique son travail sur 3Ds Max, la conception et réalisation en 8 jours d’une séquence de 1’49′ ‘ .

Dans un précédent article je vous proposais le making of vidéo de la série Métronôme. Il vous donnait une idée de toutes les technologies utilisées pour la réalisation de Métronome et faisait suite à un premier article avec des images de la série en avant première.

Je vous propose désormais avec ce nouvel article d’entrer dans les détails de la fabrication de cette série historique.

Commençons par revoir ce photo montage : A droite, une image impressionnante de la bataille entre les Gos, les Gogos… les Gaulois et les Romains au 1er siècle.

La reconstitution d'une bataille – Metronome – France 5

Cette reconstitution a été rendue possible grâce au tournage de quelques figurants seulement comme celui de gauche, filmé sur fond vert puis détouré et transformé en « Plaque »  mais aussi grâce à la création d’un décor virtuel en bas à gauche. Comment Précisément? Mais à quoi correspondent ces codes couleur vert et rouge ?  Cet article va essayer de vous apporter des réponses grâce aux explications de Pierrick Grillet.

Nous ne nous attarderons cependant pas sur d’autres valeurs de plans de cette bataille, comme par exemple ce plan plus serré :

La Bataille de Parisis – Metronome / France 5

Le premier plan est en effet réalisé avec des comédiens bien réels et vêtus de costumes.

Ces personnages ont été filmés en action, selon une mise en scène bien précise, sur fond vert avant d’être détourés et insérés en post production dans le décor de la scène. (Je vous renvoie aux articles sur Elysée moi ! diffusé sur France 2). Fastoche !

Intéressons-nous donc maintenant non pas à ces personnages de premier plan mais à la masse des personnages qui compose certaines scènes de bataille.

Retour en arrière, quelques mois plus tôt, au moment de l’écriture du scénario, du storyboard de la bataille. C’est alors qu’ont été décidés les valeurs de plan et surtout les axes des différentes scènes.

Le choix des axes est utile lors de la création d’un décor en 3D car il permet de décider s’il est nécessaire de construire un décor à 360° ou uniquement selon un angle de vision plus limité. Cependant, dès que le décor est conçu, il est possible de créer tous les types de mouvements de caméra et ce, dans de très nombreux axes et avec des valeurs de plans très variables.

Le choix des axes lors de l’écriture est par contre très important pour le filmage des figurants, des comédiens bien réels qui ont ensuite été démultipliés pour créer cette foule de combattants. Pour cette scène de bataille, les storyboards ont montré qu’il était nécessaire d’avoir des images des figurants dans 3 axes  : dos, face, profil.  Les différents figurants ont donc été filmés à plusieurs reprises dans des mouvements, différentes actions et cela de dos, de face et de profil.

Des Plaques de Romains – Métronome / France 5

Ces rushs ont été rassemblés sur ce que l’on appelle une plaque : un plan 2D sur lequel est projeté le rush du figurant nettoyé et qui est ensuite positionné dans un environnement 3D.

Quand l’armée sera de face, les graphistes utiliseront les plaques de face, quand l’armée sera montrée à l’image de profil, on utilisera les plaques de profil etc. Avec cette technique de tournage sur fond vert avec caméra fixe, il n’est en effet pas possible de reconstituer les personnages à 360°.

On dispose cependant d’une légère marge de manœuvre car il est possible de créer numériquement un mouvement virtuel autour d’un figurant en post-production mais pas de plus 30°. Ensuite la déformation est bien trop visible.

Les rushs, les plaques sont alors « nettoyées » c’est-à-dire que les personnages sont détourés. Tout ce qui est vert doit disparaitre. Attention cependant aux reflets verts dans certains éléments métalliques comme les armes qu’il faut corriger dans les rushs etc.

Le graphiste responsable de tout ce travail a aussi trié les rushs pour faciliter le travail de Pierrick Grillet chargé ensuite d’insérer ces personnages dans le décor virtuel de la bataille. A lui de placer toutes ces plaques, ces personnages en mouvement, en action, dans sa scène et de les multiplier pour obtenir jusqu’à 2 000 personnages.

Étape suivante, pour rendre la scène plus réaliste et éviter de transformer la bataille en flash mob, c’est-à-dire que toutes les copies de personnages réalisent le même mouvement au même moment, il a fallu désynchroniser tous ces personnages, toutes ces plaques.

Auparavant il fallait faire cette désynchro manuellement mais, m’explique Pierrick, Laurent Chéa, Chef Animateur chez Indigène Productions a créé un scripte, de petits logiciels (plugin) maison, qui permettent de sélectionner toutes les plaques et de les désynchroniser.

Quel boulot non ? Mais pourquoi tout gâcher avec des arbres en forme de cubes derrière les personnages me direz-vous ? (Non ? .. Vous ne vous dites pas cela? ! Où sont-ce des grattes ciels?, des HLM? Mais non, vous ne vous dites pas ça non plus. On est en – 52 avt JC, soit – 2 000 avt Bouygues!)

Démultiplication des personnages (plaques) – Métronome – France 5

Il s’agit bien sûr d’une modélisation des arbres pendant la phase de création de la scène, des arbres démultipliés à l’infini par les mêmes types de plugins.

Ils sont tout d’abord modélisés ainsi pour limiter les besoins en puissance de calcul des ordinateurs pour cette scène complexe.

En effet si à chaque modification d’un élément, il faut tout recalculer, cela peut vite devenir long. Un arbre ce sont des tiges, des feuilles en mouvement et, dans certaines scènes en forêt, on compte plusieurs milliers d’arbres en plein vent. Les graphistes utilisent alors des techniques pour n’afficher que ce qui est nécessaire à l’image et ainsi limiter les temps de calcul et d’affichage. Chaque fois qu’on lance un calcul complet il faut être sûr que le résultat sera le bon.

C’est aussi valable pour cette scène de profil avec ces étendards, le sol et les arbres au fond. Sur le sol vous apercevez d’ailleurs quelques points verts par-ci par-là, ils représentent la future végétation.

Compositing Spatial – Métronome – France 5 / Indigènes Productions

Le travail du graphiste va ensuite être finalisé, peaufiné par le responsable du Compositing image sur After effects qui va se charger d’équilibrer toutes les images et séquences du film et de travailler l’aspect, la colorimétrie.

Pour lui permettre de faire son travail, le graphiste qui a créé et composé toute la scène mais a aussi inséré les personnages doit lui donner différentes informations modélisées par différentes couches comme celles-ci : la rouge représente le sol, le vert, les plaques de combattants.

Les couches de matière – Compositing Spatial – Métronome

La profondeur de champ sera elle définie point par point par un niveau de gris comme sur cette illustration :

Compositing Spatial – Couches de profondeur – Métronome

Le premier plan est en blanc, l’arrière blanc est symbolisé en noir. Les niveaux de gris représentent des distances intermédiaires. Le graphiste peut ainsi décider que le point noir est à 25 m de l’objectif de la caméra virtuelle.

Mais c’est le graphiste chargé du compositing qui décidera si le point sur la scène (la zone non floue) sera à 5, 10 ou 20 m de la caméra. A tel niveau de gris je veux que cela soit net, ailleurs ce sera flou. Il reproduit ainsi le travail de notre œil qui décide d’accommoder, de faire le point à un endroit, à une distance de nous. Il choisit pour nous la zone qui sera nette comme un cadreur le fait avec sa caméra lors d’un tournage bien réel.

Dans le prochain article je reviendrais sur l’épisode 2 diffusé ce dimanche à 16h45 sur France 5 et en particulier sur la création de toutes ces maquettes virtuelles de Paris.






3 commentaires


  1. tkr

    [troll on]
    mais…. ils bossent sous vista??
    [troll off]


  2. jolrib

    A quand la rediffusion ?



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