Coulisses des émissions

19 avril 2012

Olivier Galzi : I>TELE, une alternance cathodique pour la soirée du premier tour de la Présidentielle. Interview

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Olivier Galzi I>TELE

Olivier Galzi sera pour la première fois aux commandes d’une soirée d’Election Présidentielle et ce sera le dimanche 22 avril sur I>TELE, chaine d’information en continu sur laquelle il présente tous les samedis et dimanches Info soir jusqu’à minuit ainsi que CQFD – Ce qu’il fallait décrypter le samedi à 10h15 et 15h15.

Un dispositif technique et humain qui n’a rien à envier aux chaines historiques? Un décor spécial pour la Présidentielle? Une mise en image innovante à 20h? Internet et les réseaux sociaux au cœur de la soirée? La concurrence de BFM TV et des autres chaines?

Une partie des questions auxquelles il a bien voulu répondre dans cette interview.

Cette année, I>TELE se positionne comme concurrent direct des chaines généralistes comme TF1 et France 2.

Dès 17h00, Marc Fauvelle et Claire-Élisabeth Beaufort présenteront une édition spéciale avant de passer le relais à 19h à Olivier Galzi à 19h pour une longue soirée. Il sera alors accompagné de Sonia Chironi, de Michael Darmon, Christophe Barbier de Jérôme Sainte-Marie de l’institut de sondage CSA ,de Florent Peiffer et d’Amandine Bégot.

Passage obligé et compliqué de ces soirées électorales, la tranche 19h – 20h, quand il faut faire patienter les téléspectateurs jusqu’à 20h avec une information que les journalistes ont mais ne peuvent donner. Enfin cette année, on verra peut-être même des journalistes ne pas donner une information qu’ils ont à des téléspectateurs qui ont déjà la même de leur coté!

2012 année surréaliste!

Olivier Galzi, pouvez-vous tout d’abord nous dire comment va s’organiser la soirée dès 19h quand vous allez prendre l’antenne et ce jusqu’à l’heure particulièrement importante (à la seconde près) de 20h00’00 !
Olivier Galzi : La chaine sera déjà en édition spéciale sur l’événement. Je prends l’antenne à 19h00 avec Sonia Chironi et, effectivement, jusqu’à 20h cela va être un travail d’équilibriste. Il faut attendre une heure avant de pouvoir annoncer les résultats.

Pendant une heure on va en profiter pour faire monter la pression, expliquer les enjeux et présenter notre dispositif. Il y aura alors déjà beaucoup de choses intéressantes à raconter. Nous parlerons de la participation, ferons des mises en perspective.

Ce n’est pas parce que l’on ne peut pas donner les résultats qu’on ne peut pas parler des enjeux selon les différentes hypothèses.

La situation n’est-elle pas biaisée car les éditorialistes et spécialistes vont faire de la prospective à partir de résultats qu’ils ont mais qu’ils ne peuvent communiquer aux téléspectateurs?
O. G. : Notre difficulté va effectivement consister à apporter de l’information sans dire une partie de ce que l’on sait. Cela fera sans aucun doute dès lundi le bonheur du Petit Journal.

Votre question c’est « comment ont-ils fait pour faire semblant qu’ils ne savaient pas tout en sachant… » ! On va être très honnête et ne pas dire qu’on ne sait pas. Mais nous travaillerons comme si nous n’avions pas les résultats, en évoquant les différentes hypothèses et leurs conséquences sur le second tour.

Arrivera 20h…
O.G. : Ce sera le moment fort, le moment clé.

Que nous réservez-vous en terme d’effet, d’animation ?
O. G. : Depuis que je suis tout petit, depuis l’école primaire je suis la politique et les soirées d’élection. J’ai comme beaucoup le souvenir du moment de 20h de 1981.

Cette image est restée inscrite dans l’inconscient collectif des français par le rythme de son apparition façon minitel qui était alors le fleuron de la technologie. (Pour les plus jeunes lecteurs, voici des photos de Minitel et de son écran!)

En 2012, I>TELE a l’ambition de proposer à son tour le résultat de l’élection avec ce qui se fait de plus moderne en terme de technologie.

C’est-à-dire ?
O. G. : Je ne peux pas malheureusement vous en dire plus aujourd’hui (secret de fabrication oblige). Sur le fond l’idée est simple : le monde a changé. La crise, l’avenir de l’Europe, la mondialisation font de cette élection un moment historique pour notre pays. Pour notre soirée, il faut donc que cela se voit aussi sur la forme… La technologie, c’est aussi le miroir du monde dans lequel on se projette… Nous souhaitons donc marquer les esprits pour cette élection 2012, comme l’image minitel en 81, même si j’espère que la nôtre vieillira mieux !

L’autre nouveauté, c’est que jusqu’à présent, les soirées d’élections se passaient sur les chaines historiques. Le dispositif que nous allons mettre en place montrera que nous n’avons plus rien à envier à ces chaines. Nous aurons une force de frappe au moins aussi importante que les chaines comme TF1 et France 2.

En attendant ou pas une alternance politique nous allons déjà proposer une alternance cathodique !

Pouvez-vous nous présenter le reste du dispositif technique pendant la soirée ?
O. G. : Nous devrions avoir une trentaine de positions de duplex, 40 caméras déployées, 8 motos, 14 véhicules satellitaires. Une centaine de journalistes seront mobilisés.

Le téléspectateur qui suivra la soirée d’élection sur I>TELE ne manquera aucune information , aucune image, aucune réaction, aucune analyse. Pour la première fois il n’aura pas besoin d’aller picorer sur TF1 ou France 2.

Vous serez aussi très attentifs à ce qui va se passer sur les réseaux sociaux pendant la soirée ?
O.G. : Quand je vous parlais de 30 positions de duplex j’aurai du dire 31 car, avec internet et les réseaux sociaux nous aurons un 31ème accès à tout ce qui va se passer pendant la soirée. On va suivre les vibrations, le bruit sur le net et les polémiques qui montent, en particulier sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

Je dirai même que dans le top 3 des positions clés de la soirée on y trouvera internet et les réseaux sociaux. Florent Peiffer suivra la soirée en plateau avec son iPad. Il sera aidé par une agence spécialisée, l’Agence 910, qui nous permettra de faire remonter les informations sur internet.

Quelle est votre réponse à l’annonce d’une éditorialiste de renom sur BFM TV, Anne Sinclair ?
O.G. : Notre réponse, notre valeur ajoutée, ce sont nos équipes, notre savoir faire.

Revenons un peu en arrière, à la dernière interview télévisée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée lors de laquelle les chaines d’informations étaient associées. (Jean Marc Sylvestre représentait ce soir I>TELE – Son interview/débrief). Cette soirée était un événement diffusé sur de nombreuses chaines dont I>TELE et BFM TV.

Pendant la diffusion de l’interview, BFM TV était bien en avance sur nous alors que le programme était le même. Ils réalisaient le triple de notre audience. Le fait d’être derrière eux en numérotation (16 et eux 15) sur la TNT explique en grande partie cela. Mais, dès la fin de la diffusion du programme commun, dès lors qu’à I>TELE nous avons pu apporter de la valeur ajoutée, notre audience a doublé alors qu’ils ont perdu plusieurs dizaines de milliers de téléspectateurs.

Dès lors que les gens cherchent un décryptage de l’information, ils zappent et viennent et restent sur I>TELE.

Je suis convaincu de notre crédibilité en terme de décryptage et d’analyse de l’information. Cela a fonctionné pour nos soirées politiques toute l’année (sénatoriales, primaires, débriefs des débats) et nous allons tout faire pour que cela fonctionne dimanche soir.

A partir de 22h, vous allez proposer des duels ?
O. G. : Dès 20h et jusqu’à 22h c’est du terrain que va venir l’actualité et c’est elle qui va définir le conducteur. On ira là où cela se passe, où il y a des réactions, un événement etc. La mise en image nous permettra d’ailleurs de mettre en avant les nombreux duplex et de leur donner la priorité.

A partir de 22h, tous les candidats et intervenants principaux auront parlé, dit ce qu’ils avaient à dire. Tout en laissant la priorité aux duplex, nous pourrons lancer en plateau des duels toujours très courts.

La programmation n’est pas un peu compliquée ce soir là face à la concurrence d’autres chaines ?
O. G. : Détrompez-vous. Non seulement les invités viennent quand on le leur propose mais nous avons aussi eu des appels de personnalités très en vue qui souhaitaient être présentes sur I>TELE. Notre chaine est désormais totalement intégrée dans les media-plannings des responsables politiques lors des soirées électorales. On est ravi d’être aujourd’hui un acteur qui compte dans la campagne. On a franchi un cap. (Le rôle des programmateurs dans une chaine d’info en continu)

(Mise à jour du 20/04/2012 : Voici les premiers noms d’invités : A 22h10 aura lieu le premier débat en plateau. Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’Assemblée Nationale, affrontera Laurent Wauquiez, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Puis ce sera au tour de Clémentine Autain, porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, face à Nicolas Bay, porte-parole de Marine Le Pen. Enfin, Pierre Moscovici, directeur de campagne de François Hollande, débattra avec Xavier Bertrand, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé.)

Le téléspectateur va vraiment avoir le choix et, si je peux lui donner un conseil, c’est de faire le choix de la nouveauté.

On a l’habitude des grosses machines. Eh bien cette année, A qualité égale, face aux grands paquebots des grandes chaînes, nous proposerons des vedettes rapides !

Le décor du plateau 1 conçu par Philippe Désert sera modifié ?
O. G. : Le décor sera totalement habillé et méconnaissable. Nous allons commencer les répétitions dès ce jeudi, certaines émissions habituellement tournées sur le plateau 1 le seront sur le plateau 2 d’ici dimanche.

Vous aviez participé aux soirées des élections sur France 2 ?
O. G. : Lors des dernières législatives, j’étais sur le plateau mais pour la partie résultats. C’est donc la première fois, cette année sur I>TELE que je vais mener la soirée.

J’adore France 2 mais j’étais parti car je voyais arriver les élections et comme j’avais compris que je ne pourrais pas les animer j’ai préféré rejoindre I>TELE, une chaine qui m’intéressait par son évolution et son énergie et pour laquelle j’avais, c’est vrai, l’espoir de pouvoir animer ces soirées d’élection.

C’est ce qui va m’arriver dimanche soir, c’est une première pour moi et je suis très excité à cette idée.

1981 m’avait marqué en tant que gamin et 2012 me marquera en tant que journaliste. C’est une aventure géniale.

L’animation de cette soirée faisait d’ailleurs partie de vos négociations avec la chaine en fin de saison dernière ?
O. G. : Oui, bien sûr, nous en avons parlé, pour les soirées présidentielles comme pour les soirées législatives et politiques d’ailleurs d’une manière générale.

La situation avant 20h sera encore compliquée cette année par la circulation d’informations via les réseaux sociaux ?
O. G. : La loi n’est plus adaptée au contexte. Le législateur n’a pas pris en compte les évolutions technologiques. La situation est plutôt ridicule. Entre 19h et 20h nous savons qu’il y aura des informations qui circuleront, sur des sites qui voudront connaître leur quart d’heure de gloire avec des estimations payées par les chaînes qui elles, respecteront la loi !

La loi est faite pour protéger la sincérité du scrutin. Plutôt que de faire l’autruche, il serait préférable de décider d’une même heure de fermeture des bureaux de vote.

Les images diffusées depuis les QG pourraient cependant être différentes cette année avant 20h car ces militants auront des informations, des estimations via Twitter ou internet ?
O. G. : Le CSA a tout prévu ! Pas de plans larges dans les QG avant 20H… C’est ce que j’appelle faire l’autruche. Le ridicule de cette situation imposera je l’espère une réflexion de fond pour la prochaine législature.

Fan des soirées politiques, vous vous souvenez surement que Bruno Masure utilisait des mots clés pour donner par anticipation des résultats à ses amis en direct avant 20h sur France 2. Allez-vous en faire de même ?
O. G. : Non, je ne le ferai pas car je serai concentré sur le contenu de la soirée. Désolé pour mes potes, je n’aurai pas le temps pour cela, ni même de leur envoyer un SMS. La priorité ira aux téléspectateurs. Qu’ils viennent nombreux, ils ne devraient pas être déçus !

Merci à Olivier Galzi et à ceux et celle qui ont rendu cette interview possible.

Pour en savoir plus sur la régie du plateau 1 de I>TELE, sur le plateau 1 de I>TELE






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