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26 avril 2012

Metronome sur France 5 – Le compositing des séquences réelles et du décor virtuel

Séquence dans une taverne - Episode 3 de Métronome / France 5

Certains composent de la musique (même avec un seul doigt!), d’autres composent une photo, un tableau, un plat.

Le travail de compositing image dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises à propos de Metronome dont le dernier épisode est diffusé ce dimanche à 16h 45 sur France 5 c’est un peu tout cela.

Les ingrédients? Des rushs de tournage, des décors virtuels en arrière et au premier plan. Le piano de cuisine : After effects. Et son plat n’est pas plat mais en 3D !

Dans Métronome sur France 5 et désormais en DVD HD, on retrouve Lorant Deutsch devant des stations de métro mais aussi des survols de Paris représenté sous forme de maquettes en bois.

Metronome est aussi remarquable pour ses recompositions de décors Parisiens tout au long des siècles, un mélange d’images de synthèse et de tournages avec des figurants sur fond vert.

Cet article va revenir sur une étape indispensable, le compositing, le mélange harmonieux des images réelles et des images de synthèse de manière à donner une cohérence à l’ensemble.

Laurent Chea, responsable du compositing  image de Metronome a bien voulu nous parler de cette technique.

Honneur tout d’abord à Fabrice Hourlier, réalisateur de Métronome qui nous explique le travail de compositing dans le making of de la série.

Le compositing consiste donc à rendre homogène différents éléments mélangés, différentes couches posées ensemble pour construire une image mais aussi à donner une cohérence entre tous les plans de la série de 4 épisodes. Le compositing se termine par la pose de ce que Fabrice Hourlier appelle une patine, c’est-à-dire un aspect de l’image (texture, colorimétrie etc.) identique et personnel à l’ensemble du document.

Pour ce faire, Laurent Chea travaille sur After Effects.

Pour réaliser son travail, il doit tout d’abord récupérer les différents éléments réalisés par les autres graphistes de l’équipe.

Voici une capture de ses écrans :  (Oui, comme tous les graphistes il travaille avec au moins avec deux et grands écrans)

Le monitoring graphiste pendant le compositing de Metronome

Dans un précédent article sur la démultiplication de Romains (et de gaulois), je vous avais parlé de la fabrication du paysage, de l’insertion de milliers de figurants et nous avions terminé par la présentation de deux captures d’écrans.

Sur l’une on apercevait, symbolisés en rouge et vert, la foule de combattants et l’herbe du sol. Sur l’autre on apercevait des niveaux de gris, les points blancs étant les plus proches et les points noirs les plus éloignés.
Ces deux types de couches étaient destinées à Laurent Chea pour le compositing de l’image.

Prenons un autre exemple de scène, une scène de l’épisode 3 dans une taverne.

La voici finalisée :

Séquence dans une taverne – Episode 3 de Métronome / France 5

(Je regrette d’ailleurs avoir du la compresser pour internet. Je vous laisse découvrir la qualité des détails dans la version HD disponible en DVD. Pub offerte!)

Laurent Chea l’a composée à partir de 3 sources : des éléments de décor 3D d’arrière-plan, des rushs de tournage et des éléments de décor 3D d’avant-plan.

Voici le rush de tournage sur fond vert : (une capture écran)

Le rush de la séquence Taverne – Métronome – Indigènes Productions

Voici encore les éléments du fond de décor et du premier plan :

Elements de composition d'une scène de Metronome – France 5

De la même manière que pour la bataille, le graphiste qui a conçu la scène a créé une couche de gris pour définir des niveaux de profondeur.

En compositing, Laurent va travailler la profondeur en décidant d’un point de focal net et en floutant le reste du décor pour accentuer la profondeur.  Il recompose l’image.

Il poursuit en donnant de la cohérence entre le rush et la 3D via un étalonnage des couleurs, en équilibrant les blancs, les noirs etc.

Comme je vous l’ai déjà expliqué, la quasi-totalité des tournages sur fond vert (en incrustation) a été tournée avec une caméra fixe. Laurent Chea arrive cependant à créer quelques mouvements de rotation, mais dans une certaine limite : pas de plus de 30°. Il peut plus facilement créer de petits mouvements de travelling avec un plan fixe.

Pour ce faire il zoome tout d’abord dans l’image et crée ensuite un mouvement de travelling horizontal sur l’ensemble des éléments de l’image en décalant l’image vers la gauche ou la droite dans le temps.

Pour les plus curieux voici encore une capture d’écran, celle de la time line et des lignes d’effets sous After Effects, la recette du compositing de cette séquence.

Time line du compositing sous After Effects – Metronome – Indigènes Productions / France 5

 A voir ou revoir sur Pluzz et sur le site interactif de Metronome.






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