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7 mai 2012

Lettre à François Hollande, Président élu : Tout sauf 1981 dans les médias ?

logo MEDIA UN AUTRE REGARD tete nouv

Monsieur le Président de la République Française élu,

Monsieur François Hollande,

Mai 1981 a été une période peu flatteuse pour la gauche française dans les médias. On se souvient des licenciements de têtes d’affiche, mais la chasse aux sorcières avait aussi lieu à des niveaux moins médiatiquement exposés. Tout ce qui n’était pas de gauche devait partir.

Une génération d’hommes politiques et responsables médias devenus influents sous l’ère Mitterrand est prête à retrouver ses privilèges. D’autres plus jeunes mais tout aussi motivés étaient à vos cotés lors de la campagne. Ils sont désormais dans l’attente de trouver ou retrouver LEUR place, impatients que leur «  investissement » soit rapidement récompensé.

Faudra-t-il engager les comédiens, soutiens de votre campagne ? Faudra-t-il inviter certains chanteurs dans les divertissements et talks ? Des directeurs d’unités, des patrons de chaines, des producteurs professionnels et respectables seront-ils chassés uniquement pour leurs présupposés liens avec le pouvoir précédent ou plus grave encore uniquement pour faire de la place pour vos soutiens et proches ?

Comment empêcher certains responsables de vous montrer leur loyauté en anticipant vos présupposés « souhaits » ? Comment gérer tous ceux qui dans les couloirs du pouvoir vont se déclarer proches de vous et avoir des exigences dans les médias ?

Vous, Président de la République, comment allez-vous empêcher cela ?

P.S. : … Et pour la France, tout sauf le quartier Montorgueil à Paris comme modèle de projet de société ?

Monsieur le Président « normal », vous avez notamment annoncé la fin des Privilèges et la fin de la nomination des Présidents de l’audiovisuel Public par le Président de la République. Comment ne pas adhérer à ces promesses.

Et pourtant ils sont nombreux, vos soutiens affichés ou bien plus discrets, animateurs, journalistes, producteurs, artistes, responsables politiques et fonctionnaires, lobbyistes ayant des ambitions dans les médias et la culture. Qu’attendent-ils aujourd’hui en retour de leur soutien ?

Certains ont vécu les années 80 au pouvoir et se souviennent de leurs privilèges d’antan, des privilèges de cour. Ils espèrent depuis 17 ans retrouver leur voiture de fonction (certains ne l’ont peut-être jamais rendue!) et le pouvoir de nuire et de faire à nouveau partie du Monde ! Quelques uns ont même tenté d’obtenir les mêmes privilèges ces dernières années avec le pouvoir en place alors. L’appât du gain est souvent plus fort que les convictions! D’autres n’ont pas connu cette époque et aimeraient la vivre.

Certains jalousent leurs homologues dits de droite qui ont pu obtenir du fait de leur appartenance politique telle subvention, telle mise à l’antenne de tel ou tel programme, tel rôle, et cela a pu être vrai. Ils ont beaucoup critiqué ceux qui auraient profité de tel ou tel avantage dû à leur proximité avec Nicolas Sarkozy ou à son entourage. Et pourtant ce qu’ils ont critiqué, ils l’espèrent pour eux aujourd’hui.

Passons sur les soutiens de dernière minute, ceux qui se comportent comme un Jack Lang qui n’a affiché publiquement son soutien à votre candidature au moment où il était devenu certain que vous gagneriez la primaire socialiste.

Ils sont probablement nombreux ceux qui parfois se sont beaucoup et réellement investis dans votre campagne, qui ont cru à votre projet, qui y ont collaboré et qui ont des propositions concrètes pour l’avenir des médias français face à la concurrence internationale imminente liée aux nouvelles technologies, ceux qui se battent pour la sauvegarde de l’exception culturelle. Doivent-ils cependant tous trouver une place dans les médias, même en chassant des responsables actuels efficaces ?

Les journalistes qui vous ont, oui, disons le maintenant, tous ou presque beaucoup flatté ces dernières semaines ne manqueront pas à la règle des 3 L « on lèche, on lâche, on lynche » et seront très attentifs à votre comportement personnel vis-à-vis des médias et des principaux dirigeants tout en continuant par ailleurs à profiter des importantes aides publiques notamment à la presse !

Qu’en sera-t-il de votre administration, de ceux qui vont se prévaloir de votre soutien, de votre oreille attentive pour faire virer tel ou tel, rappeler à tel producteur, diffuseur de lui accorder une place dans son émission ou sa grille de rentrée, un rôle important, une subvention pour son film ou son théâtre, un poste de direction dans telle ou telle chaine ?

Comment allez-vous gérer tous ceux qui vont vous montrer des signes d’allégeance en licenciant tel ou tel directeur d’unité en particulier de l’information, dit marqué à droite (que cela soit vrai ou pas d’ailleurs), à engager tel animateur, tel producteur ?

Prendrez-vous le risque de voir certains de vos plus talentueux flatteurs, frustrés par l’absence de la « reconnaissance » dont ils s’estimaient redevables faire partie des premiers à balancer telle ou telle confidence à des journalistes d’opposition ?

La nomination des Présidents des médias publics n’était pas une bonne décision mais elle avait le mérite de clarifier la situation. Ils étaient depuis longtemps nommés par le pouvoir politique en place de droite comme de gauche, mais c’était devenu désormais officiel. Comment allez-vous changer ce système et enlever tout soupçon de connivence entre les patrons de médias et les responsables politiques et l’administration au pouvoir?

Le Président Sarkozy avait marqué sa Présidence dès les premiers jours avec notamment la vénération du dieu argent, l’argent devenue une qualité personnelle que l’on exhibe. Quel signal allez-vous donner aux français ? Quel comportement allez-vous exiger de vous-même, de vos proches, de votre administration vis à vis des médias et de la culture, et en général ?

——

Post Scriptum (Un PS en fin de lettre ouverte était logique avec un nouveau Président Socialiste!)

Enfin, Monsieur le Président élu, permettez ces quelques mots d’un citoyen inquiet du projet de société que vous allez proposer à la France en particulier s’il s’inspire du Paris de Bertrand Delanoé, un Paris dont l’espace public est tous les jours plus privatisé et réservé à une élite économique dont le quartier Montorgueil ancien quartier populaire est le triste parfait exemple.

Le quartier Montorgueil est (était) un quartier piétonnier au centre de Paris qui se veut « tendance » mais dans lequel des lois de la république ne sont plus appliquées : Commençons par une circulation à contresens de motos et désormais de voitures dont celles des clients et livreurs de restaurateurs sans scrupule qui occupent le quartier, avec des terrasses qui s’étalent en toute illégalité, et le bruit qui va avec.

Quartier Montorgueil – Paris

Un territoire où la baisse de la TVA n’a pas été appliquée bien au contraire. Un restaurant vient même d’ouvrir en affichant un tarif de pizza à 28 euros. Dans ce quartier les restaurateurs n’ont jamais mis l’autocollant de la baisse de la TVA mais auraient pu indiquer sur leur carte de prix : Interdit aux pauvres. Un quartier où se développe la discrimination la plus redoutable : la discrimination économique.

Un quartier où des grandes surfaces jouent des faux prix choc et où la concurrence ne joue plus. Un quartier où une catégorie de la population épargnée par la crise s’affiche et se distraie jusqu’à pas d’heure et avec fracas avant de retourner dormir dans son quartier où là, bien sûr, il est interdit de faire le moindre bruit. Le nouveau riche, le « bon vivant » a besoin de sommeil !

Et cela se passe dans une ville dirigée par un élu socialiste, Bertrand Delanoé – épinglé par ailleurs encore en ce mois de mai par le magazine de presse écrite Capital pour la gestion étrange de la rénovation des Halles – et qui a décrété la zone du quartier Montorgueil : Zone de rencontres et a ainsi donné le quartier et une partie de ses habitants à un lobby privé, celui de la restauration.

Est-ce cela qui attend la France tout entière dirigée désormais par la gauche ? Les prochains responsables politiques vont-ils se comporter comme Pierre Schapira élu local PS qui, à toutes les questions qu’on lui pose sur son attitude vis-à-vis des restaurateurs tricheurs, n’a qu’une réponse, enfin une menace, celle de porter plainte pour diffamation? Et encore, on ne lui a pas demandé de réagir au livre « L’oligarchie des incapables » de Sophie Coignard et Romain Gubert dans lequel les auteurs s’étonnent de sa nomination au Conseil Économique Social et Environnemental à la fin du mandat de Premier ministre de Lionel Jospin en 1984 et ce pendant 20 ans. Est-ce votre vision de la démocratie pendant les 5 prochaines années?

Qu’allez-vous faire de cette niche fiscale de 3 milliards € annuels offerts au lobby financier de la restauration ? Pourquoi ne pas restreindre l’appellation de Restaurant aux seuls établissements qui cuisinent tous les plats et font ainsi honneur à l’art culinaire et non à ceux toujours plus nombreux qui ne sont que des adeptes de la cuisine réchauffée sous vide et de la multiplication des prix par 4, des financiers et non des restaurateurs. Le coût pour les citoyens serait bien plus faible et la vraie restauration encouragée.

Que penser de ce restaurateur qui n’est pas inquiété après avoir tenu des propos homophobes? Il est vrai qu’il accueille parfois comme il y a quelques mois une personnalité semble-t-il très importante car elle était accompagnée de deux voitures de sécurité et du double de policiers. Cela lui sert-il de « protection » ? Je passe sur les signes de la main façon menaces de mort où les intimidations, façon mafieux, de restaurateurs postés sur la route devant leur territoire occupé illégalement de tables de restauration. Le centre de Paris a aussi ses racailles, et loin des clichés médiatiques, s’ils ont le teint bronzé, ce n’est que par abus de séances d’UV.

Est-ce cela l’exemple de société que vous allez proposer à la France ? Je ne peux qu’espérer et croire en le contraire alors que votre mandant n’a pas encore commencé.

Paris n’est pas la France, j’espère que la France des 5 prochaines années ne sera pas comme le Paris / quartier Montorgueil actuel.






2 commentaires


  1. Anthony

    Tous ces problèmes sont inévitables lorsqu’il y a beaucoup trop de liens entre l’état et le secteur privé (notamment les médias), et entre l’administration au niveau national et celle au niveau régional/municipal. Si l’état n’était pas actionnaire de la quasi-totalité des entreprises de plus de 100 salariés en France, l’influence et la corruption seraient beaucoup moins évidentes.


  2. maduda

    bonjour mr. hollande nous sommes très contents moi et ma famille que vous ayez remporté l’élection présidentielle même si les autres candidats étaient de très bons candidats a la la présidentielle mais, grâce a vous il y aura le changement, plus de clochard le chômage etc. Toutes mes félicitations. Je m’appelle Gradi Maduda



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