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9 mai 2012

Matthieu Grelier, producteur artistique de The Voice : Interview

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Matthieu Grelier sur le plateau de The voice par @nikosofficiel

A quelques jours de la finale de The Voice sur TF1, Matthieu Grelier, Producteur artistique a accordé une interview à Media un autre regard.

Avec Matthieu nous avons travaillé il y a déjà quelques années sur des divertissement pour M6 en compagnie de Caroline Gavignet.

Il nous parle des originalités françaises de The Voice, de son rôle de producteur artistique, du travail des coachs et de l’organisation de la production tout au long des semaines de direct.

Un emploi du temps bien chargé, du 7j/7 !

(La photo qu’il a choisie est signée de l’animatiwitteur photographe : Nikos Aliagas himself)

Avant de lui donner la parole, voici son parcours en quelques lignes : Il a été producteur artistique au sein de Shine France. En télé depuis 1999, en tant que journaliste, puis rédacteur en chef, programmateur musical, directeur de casting, il est aujourd’hui producteur artistique.

Quelques émissions sur lesquelles Matthieu Grelier a travaillé : Fréquenstar, Star Academy, Nouvelle Star, X Factor, Sacrée Soirée, NRJ Music Awards, The Voice

Matthieu, peux-tu nous raconter la semaine d’un producteur artistique. Commençons par exemple par dimanche 9h du matin !
Matthieu Grelier : Le dimanche matin à 9h, on reçoit les audiences. On a le bonheur qu’elles soient très bonnes jusqu’à présent. On débriefe avec Thierry Lachkar, Président de Shine France, Bouchra Rejani, qui est notre Directrice Générale, notre Directeur des Divertissements, Vincent Panozzo, et la direction des programmes de TF1.

Le dimanche, vous validez aussi les chansons du Prime suivant. Avant le début des directs, une sélection de titres avait déjà été faite ?  
M. G. : Oui, bien sûr, mais chaque semaine on redéfinit les choses, il y a de nouvelles idées. On a la chance d’avoir quatre coachs très impliqués (Jenifer, Louis Bertignac, Florent Pagny et Garou). Ce sont quatre grands artistes, qui ont des plannings assez chargés et je suis toujours halluciné de voir à quel point ils sont impliqués dans ce programme. Leur implication était haute dès le début, mais elle n’a pas baissé en cours de route, bien au contraire. Ils viennent coacher leurs talents, et pas seulement devant les caméras, ils viennent aux répétitions, on échange de très nombreux mails et coups de fil tous les jours avec nos coachs…

Les titres choisis définitivement, que se passe-t-il ensuite sur les premiers jours de la semaine ?
M. G. : Je lance auprès du chef d’orchestre tout ce qui concerne les arrangements. On en parle encore avec les coachs. On ne fait rien sans eux. Un gros boulot de préparation musicale se met en place. Notre directrice artistique, Cécile Combes, commence aussi à travailler sur toute la partie visuelle des chansons, dont les habillages vidéo des écrans. Ils sont créés par Blondin, qui est aussi à la console pendant le direct. On lui lance des pistes et des inspirations visuelles. Pour cela, Cécile fait un gros travail de recherche, avec d’autres membres de notre équipe. Les coachs mettent aussi leur grain de sel. Tout le monde échange des idées, pour préparer les plus beaux tableaux possibles.

On réfléchit par ailleurs à ce que l’on va faire scéniquement, en terme de décors additionnels, de stylisme. Et on commence aussi à penser aux lumières, qui seront ensuite créées par notre Directeur Photo, Frédéric Dorieux, et son bras droit sur l’émission, Jonas Mytnik.

En milieu de semaine, il faut déjà penser au Prime d’après…
M. G. : Dès le mercredi, je rappelle les coachs et leur dis : « Voilà, l’émission de samedi est lancée. Il faut déjà penser à la suite ». On travaille alors sur la prochaine prestation de tous les Talents, même de ceux qui nous aurons quitté entre temps.

Et pendant ce temps, en plateau, l’orchestre répète déjà ?
M. G. : Oui, le chef d’orchestre a eu deux jours pour réfléchir aux orchestrations, et faire écrire toutes les partitions. Ils ont environ 17 titres chaque semaine à préparer. C’est un gros travail, qu’ils réalisent remarquablement bien.

Que se passe-t-il avant le Prime en direct ?…
M. G. : Les talents viennent répéter avec l’orchestre et leur coach. On répète d’abord la partie musicale, puis on ajoute la dimension visuelle, en présence de l’équipe de réalisation : Tristan Carné, le réalisateur, Séverine Thibaut, la scripte, les assistants de réalisation et quelques cadreurs.

Les corps de métier se réunissent pour mettre en image les chansons : réalisation, mise en scène, lumières, écrans… Les décors additionnels commencent à arriver. En parallèle, on travaille sur le conducteur et on continue à l’affiner, ainsi que les textes des animateurs. On fait alors des allers-retours avec Nikos.

Matthieu Grelier, pendant les répétitions de The Voice

Tu supervises aussi les magnétos ?
M. G. : Oui, bien sûr. Ils sont conçus et réalisés par nos deux rédacteurs en chef et leurs journalistes.

Arrive enfin le Jour J : le samedi…
M. G. : Le matin, je finalise les textes de Nikos avec lui et son auteur. Et je visionne les derniers magnétos. Puis dès 14h, on fait la classique « filée », c’est-à-dire la répétition générale de l’émission du soir. On répète dans les conditions du direct, avec Nikos, dans l’ordre qui a été décidé. Tous les talents sont en tenue de scène. Toutes les caméras et équipes techniques sont au complet. Les décors additionnels sont là, on teste aussi les effets spéciaux.

Tristan Carné est aux manettes, et il réalise les chansons, comme si on était en direct. C’est l’occasion de faire les derniers ajustements. Et aussi de vérifier si les enchainements sont possibles, est-ce que techniquement on a le temps de passer d’une chanson à l’autre, etc…  Arrive ensuite le direct, et… on déjà est dimanche !

Le conducteur d’un tel format international très précis doit être assez rigide ?
M. G. : On l’a adapté pour la France.  Depuis le premier direct, la compétition a toujours eu lieu par équipe. Chaque semaine, un Talent par  équipe est parti.  Ce que l’on a créé, qui était nouveau dans ce type de conducteur, c’est qu’à la fin du passage des Talents d’une même équipe, il y a un résultat. Cela change des conducteurs habituels « en entonnoir ». D’habitude, on voyait toutes les prestations et il fallait attendre la fin  pour connaitre les résultats. Alors que dans The Voice, toutes les 30 minutes, il y a un résultat. Cela donne une dynamique et un rythme très forts au conducteur.

Du coup vous ne pouvez pas mélanger toutes les prestations, vous devez les classer par équipe…
M. G. : C’est exact. Mais ce que l’on perd en flexibilité, on le gagne en rythme, en suspense et en clarté pour les téléspectateurs.

Cela ne s’est pas déjà fait dans d’autres versions de The Voice à travers le monde ?
M. G. : Il existe plusieurs mécaniques, selon les différents pays. Dans certains pays par exemple, dans le prime 1 on voyait les Talents des équipes A & B, puis dans le prime 2 les Talents des équipes C & D. Nous n’avons pas retenu cette idée, car nous voulions que toutes les équipes soient présentes lors de tous les directs.

Talpa, l’ayant droit du concept, avait expérimenté dans un pays le procédé que nous avons finalisé : la mécanique par équipe, avec 4 résultats par Prime. La France est le premier pays à l’avoir mis en place dès le début des directs.

Sur la phase des directs, nous avons voulu aussi innover. En dehors de proposer le meilleur spectacle possible, le meilleur moyen d’innover c’était aussi dans le rythme. Cette mécanique y participe fortement et je crois que cela a été très apprécié par les téléspectateurs. De la même façon, sur les Directs de The Voice, la proportion de musique « live » et de chansons est aussi importante, voire plus, que la partie « talk ». Ca aussi, c’est nouveau. The Voice est avant tout un spectacle.

Matthieu Grelier, producteur artistique sur la scène de The Voice

Quelles sont les autres originalités, nouveautés ?
M. G. : The Voice est un programme positif, construit autour de la transmission de valeurs et de savoir-faire. Dans The Voice, il s’agit de coacher, pas de juger. Ce qui ne veut pas dire que, par moment, nos coachs n’ont pas des points un peu plus négatifs à soulever. Mais l’esprit du programme se veut toujours constructif et c’est quelque chose que l’on ressent aussi sur les Lives. Notre casting est aussi différent : on a eu sur la même émission des ados de 16 ou 17 ans, comme Rubby et Sacha et des personnes comme Vigon, 67 ans. Avec toutes les tranches d’âge entre les deux. C’est du jamais vu !

Et les réseaux sociaux ?
M. G. : Il y a aussi une autre innovation forte sur The Voice, c’est la part accordée aux réseaux sociaux.

C’est la première fois je crois sur TF1, mais aussi globalement, que dans un concours de talents on met autant en avant la participation des téléspectateurs et des internautes sur Facebook, sur Twitter, avec la présence du Hashtag à l’image, avec Nikos qui fait des renvois, avec la V room, une salle dédiée à cela, où pendant l’émission, les talents répondent en direct – ils le font vraiment, ce n’est pas que pour la télé – avec Virginie de Clausade qui l’anime, etc.

C’est nouveau et c’est un vrai apport de The Voice.

Comment a été réalisé le Casting ?
M. G. : Le casting a été réalisé par les équipes de Shine France et via également le site de eTF1 où les talents pouvaient s’inscrire. On a travaillé de longs mois, pour s’assurer d’un niveau optimal de qualité vocale. Ce casting a été dirigé « à deux têtes », par Bruno Berberes, qui est probablement le meilleur directeur de casting musical en France, et que je connais depuis bien longtemps, et notre directrice de casting chez Shine, Jeanne Collin.

On a mis en commun nos savoir-faire. On voulait s’assurer que le public allait découvrir des voix comme jamais il n’en avait entendu.

Comment se déroule ton travail pendant le direct. Tu es dans le car régie ?
M. G. : Je suis effectivement dans le car, avec d’autres personnes, notamment Thierry Lachkar et Vincent Panozzo. Sur une émission comme celle-ci, tu le sais mieux que personne, on est une grosse équipe. C’est vraiment un travail collectif. Mais il y a deux personnes qui sont un peu  les deux « chefs d’orchestre » du direct : le réalisateur avec sa scripte, et le producteur.  Avec les assistants réalisateurs, qui sont nos « bras armés » sur le plateau. Et dans le car, à mes côtés, notre coordinateur artistique, Benoit Mercier, qui a lui aussi toute l’émission en tête.

Matthieu Grelier sur le plateau de The voice par @nikosofficiel

Pendant les 3 heures de direct, j’essaie d’avoir un œil partout, je parle à tout le monde en même temps, à la lumière, au réalisateur, à la scripte… (Il peut parler à ceux qui ne sont pas dans le car via le système d’ordres).

Nous sommes tous tendus vers le même objectif : s’assurer que tout notre travail en amont donne un rendu optimal pour les téléspectateurs, et que les Talents soint en mesure d’assurer le plus beau spectacle possible, dans les meilleures conditions techniques et artistiques.

Il ne faut jamais oublier que ce sont les Talents, et les Coachs, qui assurent le show. Nous ne sommes que des gens de l’ombre, qui sont là pour les aider à donner le meilleur d’eux-mêmes.

Ma fonction principale pendant le direct est aussi d’être connecté en permanence à Nikos, qui mène magnifiquement bien l’émission. Je lui donne à l’oreillette les indications dont il a besoin. On plaisante aussi de temps en temps, pendant les pauses.

Cela se fait dans un très bon esprit. Soit dit en passant, et sans flagornerie aucune, Nikos est vraiment la « Rolls » de ce genre d’émission, et c’est quelqu’un avec qui il est humainement très agréable de travailler. Il a l’esprit d’équipe, ce qui est plutôt rare chez les animateurs de son calibre.

Je suis donc à son oreillette. Non pas qu’il ait besoin que je lui indique ce qu’il a à faire, il le sait très bien, mais simplement il faut qu’on tienne les temps, qu’on soit dans le rythme, qu’on réagisse, qu’on s’ajuste,  qu’on garde une fluidité, car en direct tout peut se passer. Je suis là pour le guider, si besoin.

Pendant le direct, il y a des magnétos qui sont fabriqués pour la deuxième partie de soirée. Quelqu’un d’autre s’en occupe dans le car ?
M. G. : Daphné Vidal est la chef de projet de « Au Cœur des Coulisses ». Elle est spécifiquement chargée du contenu de ce programme. On tourne des choses en amont pour la seconde partie, et d’autres en parallèle pendant l’émission.
Pendant le direct, Daphné et son équipe continuent d’amasser des images exclusives, des bonus, des réactions.

Il n’y a pas de coupure publicitaire entre le prime time et la seconde partie de soirée … (uniquement des billboards partenaires)
M. G. : C’est très bien ainsi, car il n’y a pas de temps mort. Tout le monde reste dedans, on réagit à chaud. On repart sur 40 minutes d’antenne, dont une partie s’est construite en direct pendant le prime.

On parlait tout à l’heure de nouveauté. Je crois aussi qu’avoir apporté cette deuxième partie de soirée enchainée avec le prime ne s’est pas beaucoup fait auparavant. Sur TF1, cela avait dû exister sur d’autres programmes, mais seulement le soir d’une finale. Dans notre cas, l’émission « Au cœur des coulisses » existe depuis le début et elle fonctionne très bien elle aussi.

Et surtout, ce qui est nouveau sur The Voice, c’est qu’on a considéré que ce n’était pas deux émissions séparées. L’une est la continuité de l’autre. On offre jusqu’au bout le même dispositif aux téléspectateurs, avec Nikos qui tient l’antenne du début à la fin.

La finale a lieu samedi 12 mai, elle sera précédée le 11 d’une seconde partie de soirée. Pourquoi ?
M. G. : C’est aussi nouveau. On prendra l’antenne en direct juste après Koh Lanta, pour une émission spéciale : « En route vers la Finale », qui donnera aux téléspectateurs un avant-gout de la finale du lendemain. On va leur révéler des scoops, leur montrer les préparatifs. Il s’agira d’un vrai Show, car il y aura aussi des prestations « live » exclusives avec les quatre Finalistes. Ce sera je pense un avant-gout très savoureux de la grande finale du samedi 12.

Des surprises le 12 ?
M. G. : Il y aura de nombreuses surprises. Il y aura des artistes invités, notamment Lenny Kravitz, Johnny Hallyday et Yannick Noah, des duos-surprise entre les quatre Finalistes et leurs coachs. On retrouvera probablement aussi d’ancien Talents.  Et surtout vous saurez enfin qui est LA plus belle voix de France ! Ce sera une émission très riche, et vu le niveau de notre casting et donc des quatre Finalistes, attendez-vous à un grand spectacle.

En route vers la Finale, vendredi 11 mai à 22h 30 sur TF1

La Finale de The Voice, samedi 12 mai dès 20h50 sur TF1

Cette interview a été relue.

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One commentaire


  1. Clément

    Une très bonne interview, qui donne grandement envie de regarder cette finale. C’est vrai que, même n’aimant pas les télé-crochets musicaux, j’ai vite accroché à cette émission, elle a des trucs en plus; on est, comme c’est dit, vraiment tenu en haleine du début à la fin.

    C’est intéressant également de voir comment les personnes travaillent, qu’elles sont investies à 100% et pendant toute la semaine pour ce projet; c’est toujours intéressant d’en savoir un peu plus sur la face cachée des émissions !



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