Interviews

28 juin 2012

Rachid Arhab (CSA) répond à RTL sur l’avenir de la RNT (Radio Numérique Terrestre)

Plus d'articles par »
Ecrit par : Emmanuel Matt
Mots-clés : , , , , , ,
Logo RNT

La TNT est un succès : 99 % des foyers disposent d’une réception numérique et 61% des foyers reçoivent la télé numérique via la TNT a annonçé le CSA ce 27 juin 2012.

La RNT pourra-t-elle un jour en dire autant ? Pourra-t-elle déjà exister ? Le  rôle du précédent gouvernement dans le retard de son lancement ?

Il y a quelques jours je vous proposai des extraits d’un duo de concurrents à la télévision, Nonce Paolini (TF1) et Nicolas de Tavernost (M6), un dialogue lors de l’Université d’été du SNPTV.

Je vous propose cette fois-ci un dialogue, mais à distance, où plutôt les réponses de Rachid Arhab membre du CSA ce mercredi aux propos des acteurs principaux actuels de la radio et en particulier aux propos de Christopher Baldelli, patron de RTL qui s’est exprimé mardi lors du colloque NPA Conseil.

Media(s) un autre regard s’est permis d’être le média de ce dialogue à distance!

Quel avenir pour la RNT ?
Quelques explications tout d’abord car peu de personnes savent ce qu’est ou serait la RNT.

En résumant, c’est la version Radio de la TNT.

Il s’agit comme pour la TNT d’une diffusion hertzienne de radios plus nombreuses, en format numérique et enrichie.

Par ailleurs, en plus de vos émissions de radio vous devriez pouvoir récupérer des « données associées » c’est-à-dire des images, vidéos et informations supplémentaires comme le titre des chansons etc. De la radio enrichie et accessible sans internet, sans wifi etc comme l’est la radio analogique actuellement.

Du coté du CSA : de façon pratique, un appel à candidatures pour une diffusion en RNT tout d’abord sur Paris, Nice et Marseille a été relancé en avril 2012 et 178 dossiers ont été déposés.

Le Conseil devrait procéder à la sélection des candidats puis à la délivrance des autorisations avant fin 2012, pour un lancement des émissions au premier semestre 2013.

De nouveaux appels à candidature pour d’autres zones en France vont être lancés d’ici 2013.

Les radios leaders comme RTL, Europe 1, NRJ et RMC n’ont pas répondu au premier appel d’offre et n’ont donc pas sollicité de fréquences sur la RNT tentant ainsi, par leur absence, de remettre en question la mise en place de la RNT.

Cela pourra rappeler à certains l’attitude de TF1 et dans une moindre mesure de M6 au moment du lancement de la TNT.

Voici ce que disait donc Christopher Baldelli (RTL) mardi au colloque NPA Conseil :
« RTL comme un certain nombre d’autres radios comme Europe 1, le groupe NRJ, RMC n’adhèrent pas au projet de la RNT tel qu’il est conçu en France et tel qu’il a été proposé par le CSA.

Pour trois raisons très simples :
– la première, c’est qu’il n’y a pas de modèle économique, et pour le coup, le rapport de Denis Kessler et celui de Marc Tessier, qui ne sont pas des experts totalement incompétents ont fait cette conclusion successivement et séparément

- Ensuite on ne voit aucun pays européen dans lequel cela se développe de façon satisfaisante. Le dernier exemple étant l’Allemagne qui l’a lancé en septembre dernier, pays dans lequel il y a très peu de postes vendus,

- Le troisième point : la radio, pour être numérique peut passer par d’autres canaux, et évidemment par tout ce qui est protocole IP et elle le devient déjà largement, puisqu’il y an il y avait presque 5% de la radio qui était numérique par ces canaux là alors que cette année, et ce sont des chiffres Médiamétrie, il y en a près de 10%. On est dans un phénomène de multiplication par deux.

Qu’est ce qu’a à apporter éventuellement la RNT ? Eventuellement des données associées, prolongeant l’antenne, y compris de la vidéo et de l’image, Aujourd’hui on voit bien que sur des tablettes et par les IP sur nos applications on peut apporter toutes ces données associées. »

Media(s) un autre regard a donc profité de la présentation du baromètre sur l’équipement des foyers pour la réception des la télévision numérique (article à venir) par Alain Méar, membre du CSA pour poser des questions à Rachid Arhab :

Ce dernier a commencé par rappeler le succès du récent appel à candidature sur Paris, Marseille et Nice  et préciser qu’un plan de route a été publié par le CSA pour les prochains appels à candidature dont Strasbourg et Mulhouse.

Le but de la RNT ?
Rachid Arhab : Ce que je me donnerai moi pour but c’est de réussir ce que l’on a réussi avec la TNT : une offre équitable à l’ensemble des français.

La révolution de la TNT c’est bien, quoi qu’on en dise, le fait que l’offre soit la même partout quelque soit l’endroit du territoire et qu’elle soit gratuite. En radio nous avons un paysage audiovisuel totalement déstructuré.



style= »display:inline-block;width:336px;height:280px »
data-ad-client= »ca-pub-4136538743839209″
data-ad-slot= »9372639373″>

Le CSA n’a jamais varié. Il est le serviteur de la loi. Il existe une loi de numérisation de la radio. Je pense sincèrement que le CSA a fait tout ce qui était nécessaire depuis ces dernières années pour que le chantier avance.

Ensuite il y a des positionnements, des positionnements qui sont surtout stratégiques. Ce que je constate tout de même c’est que lorsque nous avons relancé l’appel d’offres sur Paris Lyon Marseille, en l’absence d’opérateurs importants au niveau de l’audience, le nombre de candidats est équivalent à ce que nous avions reçu lors du premier lancement. J’y vois le fait qu’on comble toujours les vides. Ceux qui se sont portés candidats alors qu’ils ne l’ont pas fait en 2008 ont profité de ces dernières années pour se faire une vision de ce que pourrait être l’offre de la radio.

Je pense qu’il y a un média radio qui peut se développer autour de la RNT.

J’en suis convaincu notamment parce que de nouveau projets apportent peut-être une fraicheur dans le secteur de la radio qui n’existait plus depuis quelques temps.

Il faut qu’on arrête les querelles de normes, et que l’on se dise quels sont les modes de diffusion et de réception que l’on souhaite pour la radio. On a aussi, comme pour la TNT, des modes de réception différents potentiellement. C’est le meilleur qui va gagner.

On constate sur la TNT que le mode de diffusion le plus robuste et de qualité est le hertzien. La ressource existe pour la radio, elle est allouée et disponible. Il nous reste à la répartir.

Je respecte les positions de certains opérateurs. Quand ils estiment qu’économiquement ils ne peuvent pas le faire, je ne peux que l’entendre. Je ne peux qu’essayer de leur montrer que c’est peut-être le marché qui leur donnera raison ou tord.

Quand je regarde les dossiers de candidature que nous avons reçus, je pense qu’il y a un média radio qui peut se développer autour de la RNT, j’en suis convaincu notamment parce que de nouveaux projets apportent peut-être une fraicheur dans le secteur de la radio qui n’existait plus depuis quelques temps.

Un rappel historique qu’on ne peut pas s’empêcher de faire ici : au départ de la FM il n’y avait pas les grands opérateurs de la radio. Ils y sont arrivés dans les années qui ont suivi à contraire.

Quand on voit que les français, quelque soit le lieu de leur résidence peuvent recevoir l’ensemble des 19 chaines de la TNT de façon équitable et neutre, je trouve anormal qu’on ne puisse pas dire la même chose de la radio et que selon l’endroit où vous résidez en France, si vous êtes dans mon Gers d’adoption, vous ne recevez que quelques radios, si vous êtes en région parisienne vous en recevez plus d’une cinquantaine. L’équilibre territorial ne m’apparait pas respecté.

On m’a souvent dit, il n’y a pas d’offres nouvelles. Si, il y a de nombreux territoires où la simple arrivée de tel ou tel multiplex de la RNT serait l’arrivée de nouvelles radios. Il faut souvent s’éloigner de la vision un peu parisienne de ce dossier.

Sans entrer dans le secret des études de dossiers, on voit qu’il y a des moyens de faire de la radio améliorée… Sans parler de ce qu’on a jamais réussi pour le moment à mettre en avant : ce sont les données associées.

Méfions-nous des querelles technologiques qui sont mises en avant. Elles évoluent en permanence.

Pour être honnête nous n’avons jamais été aidés.

Le précédent gouvernement n’a pas fait le nécessaire pour donner un signal bien clair de numérisation de la radio, le CSA a malgré tout fait son travail pendant ce temps là.

Aujourd’hui on saute sur son fauteuil en me disant, IP IP IP… Pourquoi pas, l’IP existe et n’a pas été jusqu’à présent une réussite absolue, loin de là. On voit bien que certaines radios diffusent en hertzien et en IP.  Il faut intégrer que le moyen de réception c’est l’auditeur qui le définit.

Je vois bien qu’il y a régulièrement remis sur le devant de la scène des questions économiques, des questions de normes.

J’ai la conviction que ce sont des combats d’arrière garde qui sont dangereux parce que à force de perdre beaucoup de temps, un jour peut-être et je le dis très sérieusement, la bande III sera perdue par la radio.  Et ce jour là on n’aura que la FM pour pleurer qui est saturée et inégalitaire. Que la radio soit le seul média non numérisé?

Reconnaissez au Conseil d’avoir toujours donné la ligne. Pour être honnête nous n’avons jamais été aidés. Le précédent gouvernement n’a pas fait le nécessaire pour donner un signal bien clair de numérisation de la radio, le CSA a malgré tout fait son travail pendant ce temps là.

Il appartient au nouveau gouvernement de définir si oui ou non, il continue à penser que la loi de numérisation de la radio est utile ou non. C’est un choix qui doit être fait au plus haut pour que ce chantier arrête d’être un chantier.

Les utilisateurs seront-ils prêts à se ré-équiper en radios comme pour la télévision?

C’est vrai que c’est une des différences avec la télévision : on chiffre à 7 à 8 déjà le nombre de postes radio par foyer plus que les autres modes de réception comme les téléphone et même les radios-réveil etc. C’est une difficulté.

Mais quand on en parle avec les acteurs du marchés, comme le syndicat de constructeurs on voit que c’est un défi technologique pour la France. Mais je vous encourage à aller dans des boutiques et vous pouvez acheter des radios qui peuvent déjà faire la radio et le numérique.

Contrairement à la télé où l’on pouvait ajouter un adaptateur, ce ne sera pas possible à la radio mais je ne pense pas que cela sera un frein car on continuera quoi qu’il arrive pendant un certains temps la diffusion en analogique.

Mon rôle n’est pas d’obliger des opérateurs radio à passer à la numérisation. Mon rôle est cependant de les alerter que rater un train c’est toujours un peu risqué. »

L’avenir de la RNT en France ? (plusieurs réponses possibles)

Voir les résultats

Loading ... Loading …


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






2 commentaires


  1. SeB33

    Il ne faut pas oublier que la RNT signifierai la mort de toutes les petites radios associatives qui n’auront pas les moyens d’adapter leur matériel vers le tout numérique. Un peu comme les petites cinémas avec le passage au numérique.


  2. Mat'

    Dans le sondage, il manque tout de même une réponse: Cela n’apporte rien et je n’ai pas envie de changer mon matériel.
    Depuis quelques années on observe que les radios tendent à proposer des contenus vidéos de plus en plus proches de la télé. Mais ce qu’il faut retenir c’est que la radio c’est avant tout de voix, du son ! Rajouter des éléments autour du concept de base, ce n’est plus de la radio selon moi.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>