CSA - Législation

10 juillet 2012

CSA : Affaire Merah – Mise en garde de TF1 pour Sept à Huit. Explications

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Rachid Arhab, Michel Boyon, Patrice Gélinet - Membres du CSA

Tout ça pour ça… semblait être le premier sentiment de journalistes venus assister en urgence à une conférence de presse de Michel Boyon, Président du CSA et de Rachid Arhab au CSA annoncée à 12h45 pour 15h ce mardi.

Une Mise en Garde pour Sept à Huit sur TF1 suite à la diffusion de sonores entre Mohamed Mérah et les négociateurs c’est peu ?  Déjà la fin de cette  « affaire » ?

Sous réserve de l’analyse de ce qui s’est passé sur les radios bien plus nombreuses que les chaines de télévision (Europe 1 et RMC sont convoquées ce mercredi au CSA), pas d’amendes ou de sanctions plus fortes pour TF1 et rien contre I>tele et BFM TV.

En effet, le CSA fait la différence entre Sept à Huit et le JT de 20h de TF1 qui l’a suivi ainsi que les rediffusions d’extraits sur I>Tele et BFM TV. En effet lors du JT les téléspectateurs ont été mis en garde sur le contenu des sonores qui allaient être diffusés. « Claire Chazal a pris un certain nombre de précautions oratoires. » précise Rachid Arhab, Président du groupe de travail sur la déontologie. Sur les chaines d’information comme LCI, I>TELE et BFM TV, des avis contradictoires, des points de vues différents ont été par ailleurs proposés.

Paradoxe d’ailleurs que de voir TF1 sanctionnée, modérément sanctionnée il est vrai, alors que pour une fois, la chaine avait été très discrète sur la promotion de cette émission et de son scoop. Fait rare, pas de publicité dans les autres médias ni même dans les bandes annonces d’après mes constats.

Le CSA a basé sa mise en garde sur deux articles de la Convention des chaines dont celle de TF1, et en particulier l’article 15 de la protection de l’enfance et de l’adolescence et l’article 8.

Article 15
Le caractère familial de la programmation de la société doit se traduire aux heures où le jeune public est susceptible d’être le plus présent devant le petit écran, entre 6h et 22h. Dans ces plages horaires et a fortiori dans la partie dédiée aux émissions destinées à la jeunesse, la violence, même psychologique, ne doit pas pouvoir être perçue comme continue, omniprésente ou présentée comme  unique solution aux conflits

La société prend les précautions nécessaires lorsque des images difficilement soutenables ou des témoignages relatifs à des événements particulièrement dramatiques sont diffusés dans les journaux, les émissions d’information ou les autres émissions du programme.  Le public doit alors en être averti préalablement.

Article 8 :
Lorsqu’une procédure judiciaire en cours est évoquée à l’antenne, la société doit veiller à ce que
– l’affaire soit traitée avec mesure, rigueur et honnêteté.
– le traitement de l’affaire ne constitue pas une entrave caractérisée à cette procédure.
– le pluralisme soit assuré par la présentation des différentes thèses en présence en veillant notamment à ce que les parties en cause ou leurs représentants soient en mesure de faire connaitre leur point de vue.

Michel Boyon a par ailleurs précisé : « J’ai été personnellement très choqué du fait de la violence de certains propos, le caractère très résolu de quelqu’un dont il ne faut pas oublier qu’il est à la fois un assassin et un terroriste. Je me suis aussi mis à la place des proches des victimes et de ceux qui ont été blessés dont un grièvement et à la place des parents des personnes décédées. Comment vont-ils prendre de plein fouet ces propos tels qu’ils sont diffusés. »

Dès dimanche soir, le CSA a appelé les dirigeants des chaines et responsables de rédactions pour leur déconseiller de rediffuser les images et non leur interdire, insiste Michel Boyon. Les chaines allaient semble-t-il dans le même sens.

Le CSA a ensuite souhaité « être informé par les chaines. Nous avons décidé de rencontrer les dirigeants pour comprendre comment cela s’était passé, quels avaient été leurs raisonnements » poursuit Michel Boyon. TF1 / LCI, BFM TV et I>tele ont donc été auditionnés ce mardi matin par le CSA.

Rachid Arhab a tenu à préciser que depuis 5 ans qu’il travaille au groupe de la déontologie « le groupe a toujours agit et réagit rapidement. Il ne faudrait donc pas interpréter cette première décision comme de la sur-réaction. »

Le CSA souhaitait aussi profiter de ces discussions pour évoquer d’éventuelles suites à l’affaire sachant que Mohamed Mérah a tourné des vidéos dont au moins une copie est détenue par une chaine internationale. (Al Jazeera a cependant annoncé ne pas vouloir en diffuser des extraits). Que feraient alors les chaines de télévision et les radios avec des telles images ?

« Le CSA a appelé au sens de la responsabilité des patrons de chaines et responsables de rédaction, appels suivis d’effet » a indiqué Michel Boyon.

Rachid Arhab a enfin expliqué : « Nous sommes nombreux à avoir des craintes sur ce qui se passe sur la toile, concernant le fait que dès qu’une image est partie, elle ne soit plus contrôlable. Je suis assez heureux que, en l’état actuel des choses, dans le secteur de l’audiovisuel, les choses sont encore maitrisables avec l’accord des professionnels »

Rachid Arhab, Michel Boyon, Patrice Gélinet – Membres du CSA


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

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