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10 juillet 2012

Mon frère Yves – France 3 : Rencontre avec Patrick Poivre D’Arvor, le réalisateur. Une 1ère

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Il y a eu Patrick Poivre D’Arvor, le présentateur du 20h et il y a l’écrivain. Mardi 17 juillet à 20h35 sur France 3, il y aura aussi pour le première fois le réalisateur, celui de Mon frère Yves inspiré du livre de Pierre Loti.

A cette occasion, en compagnie d’autres journalistes, Media(s) un autre regard a recueilli ses propos. Comment-t-il vécu cette première expérience?  Comment s’y était-il préparé? A quelles difficultés a-t-il du faire face?

Il y a quelques jours, Thierry Frémont et Jérôme Kircher nous donnaient leur point de vue de comédien, au tour de Patrick Poivre D’Arvor…

Patrick Poivre D’Arvor, aviez-vous depuis longtemps des envies de réalisation?
P.P.D’A. : Oui, il doit trainer une centaine d’interviews de moi où l’on me demandait : Après le journal, si vous ne présentiez pas le journal, que feriez vous? Et je répondais toujours que j’étais passionné de cinéma. Je vois à peu près quatre films par semaine. J’ai suivi les Festivals de Cannes depuis toujours.

Jean-Baptiste Leclère, le producteur m’avait contacté une première fois alors que je présentais encore le journal de 20h. Je lui avais répondu que je ne pouvais pas. Et puis le mauvais sort ou le bon sort a voulu que je sois libéré assez rapidement de mes fonctions comme on dit. J’ai alors dit oui tout de suite.

Quand on a parlé de l’adaptation on a tous les deux pensé à la même personne : Didier Decoin. Et j’étais rassuré.

Comment avez-vous préparé la réalisation du film.
P.P.D’A. : J’avais été aidé par le fait d’avoir dirigé Carmen l’année précédente. C’est de l’opéra et donc assez différent et en même temps assez semblable aussi à ce que j’ai pu connaitre à la tête d’une rédaction. Il y avait à peu près 200 personnes, des gens de nature et de fonction très différentes.

Au fond, une équipe cela ressemble beaucoup à cela. Des postes et jobs assez différents mais il faut aussi beaucoup de psychologie. Pour cela je n’ai pas été trop déstabilisé.

Après arrive un vocabulaire technique, mais quand on a vraiment son film dans la tête, la technique se met facilement à votre service.

J’ai eu la chance d’être très bien entouré par un très bon chef op. William Waterlot, par un très bon caméraman et tout cela m’aidait bien. De plus, Jean Baptiste était là comme un grand frère.

Ainsi je me suis lancé dès le premier jour et sans appréhension.

Patrick Poivre D’Arvor à la réalisation de Mon frère Yves

Vous aviez fait un découpage…
P.P.D’A. : Oui tout cela a été travaillé bien en amont. Je dirais que c’est la partie qui ressemblait le plus à ce que je connaissais, l’écriture… comment on réécrit un dialogue etc. On s’était aussi mis les dialogues en bouche avec les comédiens… Toute cette période là avec les comédiens était assez facile. Cela ressemblait beaucoup à ce que je connaissais en tant qu’écrivain.

On s’est retrouvé ensuite tous les deux un soir de juin avec Thierry (Frémont) dans le train pour aller vers Saint-Malo et je me suis dit là : Ah ça y est, ça commence et puis dès le lendemain cela a commencé.

Il y a eu surtout une très belle ambiance. J’ai beaucoup aimé cela. On en garde tous, quelques soit les niveaux de la chaine, des techniciens aux comédiens principaux et aux figurants, un souvenir enchanté. On a vécu cela comme une parenthèse magnifique.

Comment avez-vous choisi les lieux de tournage ?
P.P.D’A. : Dans la mesure où le livre se déroulait à Brest, l’affaire était vite réglée car la ville de Brest a été très bombardée pendant la seconde guerre mondiale. Avec Jean Baptiste (Leclère, le producteur) on a assez vite choisi Saint-Malo avec la proximité de Dinan qui est aussi une ville très préservée et magnifique.

Et puis il se trouve que ma fille est née et vit à Saint-Malo.  Je connais bien la ville et l’âme Malouine.

Comment a été réalisé le Casting ?
P.P.D’A. : J’étais content de l’accord donné par ces deux comédiens.

Quand j’ai pensé au personnage de Yves, Thierry Frémont était mon premier choix. Et quand je lui ai dit que je pensais à Jérôme Kircher pour l’autre rôle, j’ai vu qu’il était très heureux car, oui, Jérôme Kircher est un comédien que l’on connait moins bien à la télévision, au cinéma mais c’est un comédien de théâtre que tout le monde adore. Je l’ai vu récemment dans Ruy Blas, il est formidable. Ils ont tous les deux fait un formidable travail.

Et vous comment êtes-vous en tant que directeur d’acteur ?
P.P.D’A. : C’est à eux qu’il faut poser la question. (Leur réponse…)

Je suis attentif aux autres. Je regarde beaucoup ce qui cloche et j’essaye de comprendre d’où ça vient. Alors parfois cela peut venir de moi. Je sais qu’il faut parler, singulièrement au cinéma, et c’était déjà la même chose dans une rédaction, il faut vraiment parler individuellement. Il n’y a rien de pire à une réflexion publique. Il faut aussi écouter.

Ces deux là étaient des pâtes à modeler exceptionnelles.

Chloé Stéfani, Jérome Kircher et Thierry Frémont – Mon Frère Yves – France 3

Par contre, à la différence d’une rédaction, dans le monde de la réalisation vous étiez un novice…
P.P.D’A. : Je vous le confirme. Alors j’ai eu de la chance car je n’ai pas été bizuté. J’aurai pu l’être. Ils ont été très indulgents. Il y avait pour moi une méconnaissance technique que j’ai essayé de palier très vite en interrogeant tous les postes. J’allais voir les uns et les autres pour comprendre. J’avais mon idée mais pourquoi ceci ou cela ? Vous ne pensez pas que…

Et ils m’ont expliqué . J’ai eu des cours du soir y compris pendant les repérages que j’ai fait avec William Waterlot. C’était très intéressant.

A un moment donné je me suis dit que j’avais vraiment envie de tourner en pellicule alors qu’on avait prévu au début de tourner en HD. Il m’a fallu revenir vers le producteur et bien le convaincre.  Le chef op m’en a été très reconnaissant. A partir de là il m’a rendu de jolis services.

Vous allez continuer à tourner ?  (lui demande un autre journaliste.)
Oui j’aimerai beaucoup… mais tant que rien n’est signé…

Dans une scène, on aperçoit deux marins incarnés par Didier Decoin et Yann Queffelec?
P.P.D’A. : En effet, ils font partie comme moi des écrivains de marine , une association dont je suis vice-président. On est vingt. Au départ j’avais choisi Pierre Schoendoerffer pour jouer l’aumônier dans le carré des officiers. Il avait très envie mais a eu un souci de santé. Et il n’est plus de ce monde aujourd’hui.

Didier était dans son élément et Yann, j’ai senti qu’il aimait beaucoup la caméra!

Vous n’avez pas songé à apparaitre aussi à l’image ?
P.P.D’A. : Non quand même pas. Dans ces cas là, il faut être très modeste. Mais, mine de rien, j’ai fait apparaitre mon fils dans une petite scène, une de mes petites filles, et un de mes petits fils. J’étais représenté en quelque sorte !

Etiez-vous plutôt directif ? Déléguiez-vous ?
P.P.D’A. : Le rôle de metteur en scène, si ce n’était que de la direction d’acteur, ce serait formidable, Si ce n’était que de la direction d’acteur plus du cadrage, ce serait formidable, mais il y a un milliard de petits problèmes à régler de toute nature et ça vous épuise un bonhomme, enfin pas moi…

Je me levai très tôt et courrais chaque matin de 5h à 6h sur la plage de Saint-Malo et je me baignais. Toutes mes journées démarraient donc par un réveil très matinal et après j’étais très en forme.

Quand on est fébrile, il y a la tentation d’être énervé quand il y a un petit problème de rien du tout qui vient tout ennuyer.

Qu’est ce qui vous a le plus surpris dans cette expérience de tournage ?
P.P.D’A. : On a assez vite dans le film une séquence de tempête. Le jour où je dois la tourner c’est le jour où il fait le plus beau. Pas un poil de vent. J’ai donc décidé de le tourner à quai alors que j’avais imaginé des solutions avec des hors-bord qui tournent autour dans une mer un peu démontée. Et finalement tout c’est bien passé avec machine à pluie, à tempête, à orage. C’est la magie du cinéma.

(Dans un prochain article, les coulisses du tournage de cette séquence de tempête.)

Julien Viaud (Jérôme Kircher) dans la tempête – Mon frère Yves

On ne respecte pas l’ordre chronologique des scènes lors d’un tournage, était-ce difficile à gérer?
P.P.D’A. : Ça je connaissais. J’ai déjà fait l’acteur dans de petits films dont Un homme et Une femme, Vingt ans déjà de Claude Lelouch , La Veuve rouge de Molinaro.

J’ai eu un seul moment d’inquiétude un peu vertigineux, c’était au montage :

C’est à dire ?
P.P.D’A. : Tout ce qui a été de la préparation du tournage, cela s’est bien passé, le tournage a été idyllique. Je suis tombé sur des acteurs exceptionnels donc c’était magnifique. Et puis au montage, on se dit : Oh là là je n’ai tourné que cela. Il n’y a pas de son, c’est tout nu. Et là on se dit « oh, mon Dieu » mais de nombreux réalisateurs m’avaient prévenu et dit, t’auras un petit moment de blues mais ça va vite passer. Et c’est vrai qu’à chaque étape, on découvre l’étape de la synchronisation, de la musique, de bruitage… et tout va mieux

On vous a aidé pour tout ce qui était plans de coupe etc ?
P.P.D’A. : J’ai demandé mais je me suis vite fait ma religion.

Mon frère Yves, première réalisation de Patrick Poivre D’Arvor – 17 juin Media

Comment définiriez-vous votre « patte de réalisateur » si on peut déjà parler ainsi ?
P.P.D’A. : Le dire serait oser me comparer… Je vais souvent au cinéma, j’aime beaucoup Claude Miller qui nous a quitté, j’aime quand on ne sait pas comment les choses vont tourner. Truffaut était aussi un de mes réalisateurs préférés. Il racontait des histoires simples avec une narration fluide et même temps tout était possible.

Avant la diffusion de Mon Frère Yves le 17 juillet, Media(s) un autre regard vous proposera encore le making of du tournage de la scène de Tempête grâce aux explications de son producteur.


Media(s) un autre regard est en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

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(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






3 commentaires


  1. Saint Esprit

    peut-on dire au scénariste/acteur/réalisateur etc. que la bénédiction du curé c’est In nomine patris et filii et spiritus sancti, et PAS spiritui (qui est un barbarisme !! )
    Et vive l’enseignement du latin !!


  2. Bertrand Hervy

    Monsieur Poivre d’Arvor , mais pourquoi avoir tant attendu pour nous révéler votre talent de réalisateur ?

    Votre MON FRÈRE YVES est une réussite totale . Vous m’avez tenu en haleine tout au long de ce télé film craignant que de guerre lasse votre superbe Pierre LOTI n’abandonne à son sort l’irréductible et presque irrécupérable KERMADEC .
    Un magnifique Pierre LOTI ( Jérôme KIRCHER ) plein de prestance dans un rôle fait pour lui , auquel je reproche juste d’avoir écouté le bon sens de la très jolie Anne . Une Anne ( Chloé STEFANI ) qui a par sa beauté Bretonne a illuminé le film . ( maintenant je sais qu’elle a des origines Normandes et Corses mais elle m’aura bluffé en Bretonne plus vraie que nature ) Les autres acteurs tous excellents et quel réalisme . J’aurai vécu le temps du film à l’époque de Pierre LOTI .
    Vos images de DINAN ( ma ville natale ) quel bonheur ! ainsi que celles de SAINT-MALO et les paysages de la côte d’Émeraude avec en dernière séquence cette vue lointaine sur le Cap Fréhel .
    Monsieur Patrick POIVRE D’ARVOR , un grand réalisateur amoureux de la Bretagne qui a su si bien la filmer dans MON FRÈRE YVES !
    Mon enthousiasme est sans limites , aussi , sincèrement et du fond du cœur : MERCI !



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