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12 juillet 2012

Mon frère Yves sur France 3, les coulisses du tournage d’une scène de tempête en mer

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Yves Kermadec (Thierry Frémont) dans les haubans pendant la tempête - Mon frère Yves - 17 juin Média - Réalisation Patrick Poivre D'Arvor

Une tempête à bord d’un bateau… Un tournage en mer ou à quai ? Comment fabrique-t-on la pluie, le vent, les vagues ? Comment les comédiens simulent une mer tumultueuse ? Qu’est ce qu’un métronome humain ?

Les réponses de Jean-Baptiste Leclère, producteur du film chez 17 Juin Media en attendant la diffusion de Mon Frère Yves réalisé par Patrick Poivre D’Arvor mardi 17 juillet en prime time sur France 3. (Le Groupe 17 Juin produit aussi le Magazine de la santé sur France 5)

Lors de leurs interviews, les comédiens Thierry Frémont et Jérôme Kircher mais aussi Patrick Poivre D’Arvor, réalisateur pour la première fois nous ont tous parlé de cette fameuse scène de tempête pendant laquelle l’équipage commandé par Julien Viaud (Jérôme Kircher) affronte une tempête. Yves Kermadec (Thierry Frémont), aux arrêts, est libéré car il semble être le plus courageux et doué pour monter en haut du mât du bateau où il doit replier les voiles.

Une scène très physique pour Thierry Frémont qui nous racontait lors d’une interview s’être fait un peu peur sur cette séquence.

Voilà comment la séquence a été tournée :

La séquence a été tournée dans un bassin du port de Saint-Malo. Il n’a d’ailleurs jamais été question de tourner la séquence en mer. C’est trop risqué et compliqué me précise le producteur avant d’ajouter que le beau temps était aussi nécessaire. S’il avait fait tempête il aurait fallu attendre car il ne faut pas que l’on voit les nuages. En effet si on voit les nuages on voit bien que le bateau ne bouge pas !

Le vent ?
Pour simuler le vent de la tempête la production a utilisé une hélice d’avion de 1,80m d’envergure motorisée par le moteur d’une Porsche Cayenne. Pour éviter tout accident, le ventilateur était enfermé dans une cage.  Il permettait de créer le vent général sur la scène.

Pour créer des effets de vent sur des zones plus restreintes – sur une voile, un accessoire, les cheveux d’un comédien – la production utilisait 3 ventilateurs/turbines en complément.

Julien Viaud (Jérôme Kircher) dans la tempête – Mon frère Yves

La pluie et les vagues ?
La pluie a été réalisée avec des lances à incendie de pompier orientées vers le ciel.

Pour simuler des vagues par contre, il faut pouvoir envoyer des masses d’eau de façon ponctuelle. Ainsi trois tuyaux de dix centimètres de diamètre branchés sur un compresseur de 10 bars ont été utilisés pour envoyer ces masses d’eau.

Les lances à incendie et les tuyaux à vague étaient reliées à d’anciennes citernes de camions de pompiers remplies d’eau douce et non d’eau salée pour ne pas abimer le matériel de tournage. Au total 3 citernes de 5000 litres soit 15 000 litres ont été utilisées.

Daniel Lenoir, responsable des effets a récupéré de vieux camions de pompiers qu’il a reconfigurés pour les effets spéciaux télé et cinéma. Il est le spécialiste de la pluie et des vagues me dit-on. Il forme un duo avec Piotr Styczen  qui est plus spécialisé dans les effets de vent.

Yves Kermadec (Thierry Frémont) dans les haubans pendant la tempête – Mon frère Yves – 17 juin Média – Réalisation Patrick Poivre D’Arvor

La montée de Yves Kermadec (Thierry Frémont) en haut du mât.
Le personnage doit monter dans les cordages avant d’atteindre la vergue du bateau.
La coordination sécurité de ces séquences a été effectuée par Gilles Conseil, cascadeur. Il avait prévu un harnais, un baudrier, des sangles.

Thierry Frémont devait être initialement harnaché pour la montée en haut du bateau et aidée par un câble noir suspendu sur une poulie. Mais le câble se voyait trop à cause des projecteurs. Il est donc monté sur 4 à 5 mètres sans harnais.

A la place de monter pieds nus, il est monté avec des chaussures. De plus, des tests ont été effectués. Thierry Frémont pouvait-il tenir au cordage avec une seule main s’il glissait? Thierry Frémont est physique et aime réaliser les cascades lui-même. Tout s’est bien passé.  (Un marin aguerri était prévu en doublure mais il n’a pas joué)

Par contre, lors de séquence suivante, lorsqu’il se déplace sur la vergue en haut du bateau, Thierry Frémont a été équipé d’un harnais camouflé dans son pantalon et attaché à une « ligne de vie » très courte (entre 50 cm et 1 mètre) Ainsi s’il avait glissé, il n’aurait été suspendu que de 50 cm à 1 mètre.
A 10 mètre de haut, cela doit tout de même impressionner !

En haut du mât – La tempête – Mon frère Yves – 17 juin Media / France Télévisions

La lumière de nuit quand il pleut au cinéma ?
Pas de câble noir dans la montée à cause de la lumière ?

En effet, naturellement la pluie ne se voit pas. Pour qu’on la voit à l’image il est nécessaire de beaucoup l’éclairer et de la filmer sur un fond noir sombre. C’est pour cela qu’il existe une convention dans le cinéma qui veut que, lorsqu’il pleut, il y ait la lune dans le ciel (un éclairage). Par ailleurs, le Jean-Baptiste Leclère me fait remarquer que l’on tourne souvent une scène de pluie près d’un réverbère, d’un magasin éclairé de nuit etc. Faites attention à cela en regardant vos prochaines séries et films pluvieux!

Comment créer l’effet de mouvement du bateau ?
Il est possible de faire bouger la caméra, de la faire tanguer mais cela peut vite « faire faux » me précise le producteur.  C’est pour cela qu’en tournage ils ont utilisé un métronome humain…

Un métronome humain est un technicien vêtu d’une tenue blanche de peinture en papier pour qu’il soit bien visible de tous les comédiens et figurants. « Son seul boulot : tanguer et effectuer un mouvement de roulis en même temps que la caméra ». Ainsi il donne le tempo à tous les comédiens et figurants qui reproduisent son mouvement à gauche, à droite, en avant, en arrière.

Le cadreur travaille à la caméra épaule car il est difficile de suivre un comédien, une action si la caméra est fixée sur un dispositif.

Par exemple, pour l’anecdote, quand Pierre Loti (Jérôme Kircher) glisse au début de la tempête dans le film, ce n’était pas vraiment prévu !  « Le comédien a glissé et a su le faire « naturellement » pour que cela puisse être utilisé à l’image. » Quel talent!

Le bateau dans la tempête – Mon frère Yves sur France 3

La prise de son ?
Il n’y a quasiment aucune prise de son car il y a trop de vacarme. Les ventilos, les moteurs des machineries sont trop bruyants. Et par-dessus ce bruit, il y a les cris du metteur en scène qui doit se faire entendre.  Seules quelques phrases ont été enregistrées, machineries d’effets éteintes. Le reste a été post-synchronisé après le tournage.

La post-production son était d’autant plus importante pour créer une ambiance de tempête avec le bruit de voiles qui claquent etc.

Le résultat à découvrir mardi 17 juillet sur France 3 avant la soirée Tonnerres de Brest présentée par Laurent Bignolas. A revoir aussi sur France tv Pluzz

Mise à jour du 13/07/12 : Un extrait de la tempête dans la bande annonce :


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

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(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






One commentaire


  1. Patricia

    Merci Emmanuel , j’ai adoré cet article et découvert de nombreuses choses que je ne savais pas ;-))) ( les lances à incendie et hélices d’avion …) ce soir je vais me coucher moins bête !! merci



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