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20 juillet 2012

Le Tour de France et ses indispensables avions relais

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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L'avion BN2 relais et son Technicien Euro Media France sur le Tour de France

Après  les motos du Tour de France, les hélicos du Tour de France, Media(s) un autre regard prend encore un peu plus de hauteur en vous parlant des indispensables avions relais du Tour de France.

Bienvenu à bord du vol quotidien Tour de France de la compagnie Euro Media France affrété par France Télévisions! Info vérité(!) : Un trajet différent chaque jour en juillet au dessus de la France mais toujours en faisant des ronds!

Deux équipages et deux avions Euro Media France accompagnent le Tour de France pour France Télévisions producteur du signal international de cet événement sportif.

Un avion relais, un BN 2, survole en permanence la course pour faire le relais image et son entre les motos et hélicoptères et la ligne d’arrivée du Tour de France.

En haute montagne, un Cessna Caravan plus puissant est prêt à prendre le relais si nécessaire.

Sur certaines étapes comme les contre la montre ou l’étape sur les Champs Elysées les deux avions volent aussi en même temps. Dans le premier cas, cela est dû aux écarts importants entre les différents coureurs, lors de la dernière étape leur présence double répond avant tout à un principe de précaution.

Stéphane Gautier, Technicien HF du BN2 pour Euro Media France a bien voulu tout d’abord me rappeler l’historique de la présence des avions au dessus du Tour de France.

Ainsi au départ, dès 1989, l’avion ne relayait que le son, il était un bon relais pour les distances importantes. Au cours des années, l’avion a aussi commencer à relayer des images (dès 1992) et a permis de « sauver » certaines étapes en montagne.

Le passage au numérique a encore fortement augmenté les performances des avions mais, pour Stéphane Gautier, c’est le GPS et la capacité à repérer et pointer de façon précise des « mobiles », des objets (moto, hélicoptères) en mouvement qui a été l’innovation la plus importante dans le relais HF sur le Tour de France.

L’avion relais est devenu la pièce maitresse du relais HF image et son du Tour de France.

Revoici le schéma général du relais :

Ainsi l’avion peut relayer les signaux de motos mais aussi d’hélicoptères images.

Chaque jour, il relaye une bonne moitié des images à lui tout seul même si les hélicoptères relais, plus proches du sol, ont une meilleure précision de pointage sur les motos et hélicos image.

Le BN2 survole le Tour à des niveaux de vols compris entre 90 et 140 ce qui revient m’a-t-on expliqué à une hauteur de 10 000 à 15 000 pieds soit d’après ma calculatrice à une hauteur de 3 000 à 4 600 m.

Le Cessna Caravan équipé d’une turbine à l’arrière peut voler jusqu’à 20 000 pieds. Il est plus puissant et donc plus adapté à la haute montagne.

Le BN2 et le Cessna Caravan 208 du Tour de France – Euro media France

A la différence des hélicoptères qui volent en VFR, les avions volent à l’IFR… ce qui veut dire… que les hélicoptères volent à vue (Visual Flight Rules) et les avions aux instruments (Instrument Flight Rules)

Cela explique la difficulté des hélicoptères à voler par mauvais temps car ils ne peuvent alors visualiser le relief du paysage.

C’est aussi ce qui arrive au BN2 dans les étapes de Haute Montagne. En effet, moins puissant que le Cessna Caravan 208, il ne peut alors survoler ces étapes uniquement en mode VFR, c’est-à-dire à vue. Il devient alors tout aussi dépendant de la météo que les hélicoptères et est donc souvent relayé par le Cessna. Lors du Tour de France 2012, le BN2 ne s’est cependant jamais retrouvé dans l’impossibilité de voler.

L’équipage du BN2 sur le Tour de France – Euro Media France / France Télévisions

Le BN2 n’est pas un avion particulièrement rapide ce qui est un atout sur le Tour de France. Il survole le Tour à 80 nœuds – 150 km/h pendant que les coureurs roulent à 40 km/h.  A la différence d’un hélicoptère, un avion ne peut pas rester en position stationnaire, il est alors obligé de faire des ronds au dessus des « mobiles » à relayer. Le diamètre de rotation de l’avion est alors de 4 km environ.

Il faut alors que les mobiles (les motos, les hélicos image) restent à l’intérieur d’un cône dont l’avion est la pointe.

L’ avion est en en priorité placé plutôt au dessus du peloton. Cela peut cependant changer selon les demandes du responsable liaisons HF au sol dans le car HF Euro Media France.

Le technicien présent dans l’avion derrière le pilote est alors chargé du suivi technique des liaisons mais c’est aussi lui qui, en fonction des consignes du sol, détermine les motos et hélicos dont il faut assurer le relais jusqu’au point haut intermédiaire. (L’avion n’assure pas de relais directement avec la ligne d’arrivée. Le point haut intermédiaire est le passage obligé)

Tout au long de l’étape, l’avion peut relayer telles motos puis d’autres etc selon l’évolution de la course et selon les positions des deux hélicos relais qui relayent le reste des images, des sons et datas.

L’équipement technique embarqué pèse environ 300 kg. De plus l’avion est équipé sur les cotés d’antennes spécifiques pour récupérer les signaux. Ces antennes pointent alors les motos ou hélicos image grâce à leurs positions GPS connus en temps réel. Un système automatisé permet alors de compenser les mouvements de l’avion.

Attention cependant à ne pas trop incliner l’avion pendant ces cercles de rotation car cela pourrait gêner la réception et l’envoi des signaux. Encore fois la capacité du BN2 à pouvoir voler lentement est alors un atout.

Les plans de vol sont établis en fonction du trajet de l’étape mais le pilote réajuste ensuite son vol en fonction des indications du techniciens sur l’évolution de la course et les positions des caméras.

Le système HF peut envoyer 4 signaux image dits nobles en même temps. Avec la technologie numérique il est aussi possible d’envoyer jusqu’à 2 signaux supplémentaires « moins nobles » (de qualité moindre) comme par exemple la caméra embarquée chaque jour dans une voiture de course mais non utilisée pour la réalisation du signal international.

Aux commandes de l’avion 1, le BN2 : Grégoire Richier, pilote et Stéphane Gautier, technicien HF Euro Media France.

Aux commandes de l’avion 2, le Cessna Caravan : Jean-Philippe Pelletier, le pilote et Wesley Kising, le technicien HF.

L’équipage de l’avion 2, le Cessna Caravan du Tour de France

Les avions ont environ 9h d’autonomie. Cela peut faire long pour certaines activités obligées du corps humain au quotidien. Alors pour être précis : Ils mangent bien avant le décollage et emmènent un sandwich si nécessaire. Coté pipi et bien oui, c’est dans une bouteille !

Bon ben là je pense qu’on a bien fait le tour de question ! Enfin reste plus qu’à vous raconter un vol au dessus d’une étape vécu depuis un avion ou un hélicoptère… A bon entendeur…

Pour en savoir plus sur le Tour de France : Le dossier


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






One commentaire


  1. ROUET Bernard

    Merci Emmanuel pour ce reportage sur les avions relais hf, étatnt donné que Jean Maurice OOGHE ne le fait plus à l’antenne, vous serait il possible d’indiquer les noms des motards et cadreurs hf, pilotes hélicos wescam et relais hf, je l’ai remercie pour leur travail ainsi que pour les magnifiques images du Pic du Midi de Bigorre avec son pylone TDF de 102m. Cordialement votre.



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