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4 octobre 2012

Le Rallye de France en direct et en intégralité sur Sport + : Interview de François-Charles Bideaux

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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L'habillage du rallye de France (Trimaran) - Première diffusion en intégralité - Sport +

Dès ce jeudi, et ce pendant 4 jours, un rallye automobile, le rallye de France, sera diffusé en intégralité et en direct et ce via uniquement des moyens HF, une première mondiale. Les explications de François-Charles Bideaux, Directeur de Production du Pôle Sports du Groupe Canal +.

Jusqu’à présent, le championnat du monde de Rallye (WRC) était diffusé en différé à la télévision et uniquement sous forme de Highlights (les meilleurs moments) de 26 minutes ou plus. Le groupe Canal + a acquis, il y a quelques mois, en cours de saison les droits de diffusion en France de ce championnat.

De jeudi à dimanche, Canal + a décidé d’innover et de renouveler le genre en proposant toutes les Spéciales en direct et en intégralité sur Sport +. Pour réaliser cette prouesse, les équipes du Pôle Sport de François-Charles Bideaux ont fait appel à AMP Visual TV.

Des caméras embarquées dans les voitures, des caméras ENG HF, un avion, deux hélicoptères, François Charles Bideaux nous présente les enjeux et le dispositif de cet évènement sportif mais aussi télé.

François- Charles Bideaux : Nous avons acquis les droits des Highlights des courses de la WRC en cours de saison et ce pour trois saisons. C’est donc une nouveauté pour les antennes de Canal + que de diffuser une épreuve majeure du sport automobile.

François-Charles Bideaux

Il y a très longtemps nous avons diffusé de la formule 1 mais jusqu’à présent on n’avait jamais été très sport mécanique. Nous avons fait le choix pour la première fois cette année de programmer des compétitions majeures du sport automobile comme les rallyes WRC.

Par ailleurs, nous savons que depuis 15 ans le rallye WRC ne se développe pas car il n’y a pas de direct. Les constructeurs en sont convaincus, les organisateur commencent aussi à être convaincus mais ne savent pas comment le gérer au niveau technologique, et au niveau budgétaire. L’enjeu est de montrer que le live est possible et générateur d’un spectacle formidable.

C’est un gros challenge technologique avec des moyens financiers conséquents. C’est d’ailleurs probablement pour cela que cela n’a jamais vraiment démarré.

Aujourd’hui la technologie est à peu près au point, je pense donc que l’enjeu est de montrer à la planète automobile et à tous les acteurs majeurs de la WRC – constructeurs, organisateurs, diffuseurs – que le live est possible sur l’intégralité des spéciales même s’il faut trouver un moyen de le financer.

Produire l’intégralité de la compétition et la mettre à disposition de tous les repreneurs des spéciales en live, voilà le défi que nous nous sommes donné.

Quel est le budget pour ces 4 jours de direct ?
F.-C. B. : Près de 600 000 euros pour les 4 jours.

Comment cela va se traduire en terme de diffusion sur les antennes de Canal +?
F.-C. B. : L’intégralité ou presque des Spéciales sera diffusée sur Sport + dès jeudi.

Notre projet, la diffusion en intégralité des Spéciales de la WRC sur notre antenne reste une première mondiale.

Ce week-end est par ailleurs l’un des plus gros en matière de sport. Les deux ou trois spéciales qui n’arriveront pas à trouver place sur la grille de Sport + seront alors diffusées sur notre plateforme internet Canal +

Comme pour le football, allez-vous aussi développer des applications ou un moyen de récupérer des données supplémentaires en parallèle ?
F.-C. B. : Nous diffuserons sur internet des spéciales en exclusivité et comme si elles avaient été diffusées sur une chaîne de télévision, c’est déjà très rare.

Pas de regret à produire cet évènement entièrement en HD et à le diffuser sur Sport + en SD ?
F. C. B. : La HD native permettra au signal SD d’être de bonne qualité. Pour l’instant Sport + est en SD, voilà… Notre projet, la diffusion en intégralité des Spéciales de la WRC sur notre antenne reste une première mondiale.

En terme de production, Peut-on rapprocher cela du Tour de France pour la HF et des 24h du Mans pour les caméras embarquées ?
F. C. B. : Oui, mais en partie seulement. Le Tour de France est itinérant (Les étapes partent d’une ville pour en rejoindre d’autres – Le dossier complet du dispositif TV du Tour de France). C’est aussi le cas de la nouvelle formule du Rallye de Monte Carlo qui part de l’Ardèche pour arriver à Monaco.

Le Rallye de France est un rallye avec des Spéciales en Etoile autour du Service Park à Strasbourg.

(Pour les non spécialistes de ce rallye – comme moi avant cette interview – Le rallye est une suite de courses chaque jour entre plusieurs points. Lors du Rallye de France qui se déroule encore une fois cette année en Alsace (Région du champion, Sébastien Loeb), les étapes se déroulent entre des villes situées non loin de Strasbourg. Le point de rassemblement quotidien est d’ailleurs le Zenith de Strasbourg (Le Service Park),… d’où les « Spéciales en étoile » autour de Strasbourg)

Par rapport aux 24h du Mans, nous sommes beaucoup plus soumis aux conditions météo et aux obstacles naturels car au Mans chaque partie du circuit est sécurisée au niveau des transmissions, on peut récuper les caméras embarquées avec un fibrage complet. Un travail formidable a été réalisé par l’Automobile Club de l’Ouest qui a fibré la totalité du circuit du mans. (Le dispositif technique des 24h du Mans) Cela permet une sécurité des signaux qui viennent au car régie. L’instabilité des retransmissions comme lors du Tour de France et ce Rallye de France créent des conditions différentes de production.

Comme Sport + en France, d’autres chaînes dans le monde diffuseront-elles aussi les spéciales en intégralité ?
F.-C. B. : Ce projet s’est monté tardivement, il s’agit d’une coopération avec la FIA et l’UER. Tout cela n’a été lancé réellement, opérationnellement, qu’en septembre. Il y a des chaines qui diffusent les highlights de la WRC qui n’ont pas pu, je ne sais pas pourquoi, en un mois et demi changer leur grille de programmes mais un certain nombre l’ont changée. C’est en particulier le cas des plateformes du Moyen Orient, des plateformes asiatiques, et de chaines surtout dans le Nord de l’Europe (Finlande, Russie) qui vont reprendre le signal en direct.



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Comme souvent lors de retransmissions sportives évènement il y a un signal international (destiné à tous les diffuseurs dans le monde) et un signal privatif (complété par des interviews, des sujets fabriqués par la chaîne etc.) Est-ce que ce sera le cas sur cet évènement? 
F.-C. B. : Nous étions disposés à mettre en place un signal international et un signal privatif mais l’UER ne l’a pas souhaité pour ne pas augmenter les coûts de transmission. Le signal qui sera diffusé sera celui de Sport +. Par contre nous nous sommes engagés à ce que pendant la durée de chaque spéciale, il n’y ait pas d’élément privatif dans le signal.

C’est un engagement tout à fait normal. C’est comme si on nous demandait de ne pas diffuser d’interview au milieu d’un match de football. C’est logique de ne pas interrompre une épreuve par des éléments privatifs.

Le signal international démarrera 3 minutes avant le début de la course. L’avant course sera donc très court avec des éléments de présentation de la course dont des habillages et des cartes 3D développés pour l’occasion. Nous pourrons aussi proposer quelques interviews avant et après la course.

Sur Sport +, avant et après le signal international nous ajouterons alors d’autres interviews, des plateaux complémentaires de présentation…

C’est pour cela que vous avez des caméras ENG HF sur les lignes de départ et d’arrivée?
F.-C. B. : Dans chaque spéciale, sur la ligne de départ et d’arrivée, trois caméras seront déployées au sol avec la possibilité de présentation et d’interviews. Il y aura des interviews dans le signal international et dès qu’il sera terminé d’autres interviews privatives seront réalisées pour Sport +

Qui est le réalisateur de ces Spéciales ?
F.-C. B. : Le réalisateur est Pascal Mathieu. C’est un réalisateur maison qui s’intéresse aux sports automobiles. Il a une grande capacité à monter des systèmes de diffusion et possède une grande rigueur dans l’application des process narratifs mis en place.

La réalisation d’un rallye – et j’en sais quelque chose puisque j’ai réalisé pour l’Automobile Club de Monaco des Spéciales pour le rallye de Monte-Carlo – ressemble un peu à celle du Tour de France. 90% de la réalisation dépend du dispositif de production et de la force de projection des moyens sur le terrain.

Le déploiement des moyens au sol et la gestion des moyens aériens est une opération quasi militaire. La réalisation n’est que le fruit du déploiement des moyens en fonction d’une ligne éditoriale fixée et modifiée en fonction des aléas de la course.
Cela demande des profils très précis tant à la production qu’à la réalisation.

Une autre particularité du dispositif consiste à déployer 19 caméras (caméras embarquées, hélicoptères, caméras ENG au sol) mais à ne pouvoir en réceptionner via un avion que 7 en simultanée.
F.-C. B. : En permanence nous devons anticiper les signaux à remonter vers le car régie et donc les moyens sols et aériens à déployer pour les choix que nous faisons pour la suite de la narration de la course. Un producteur est spécifiquement chargé de cela en lien avec le réalisateur.

Quels journalistes seront à l’antenne pendant ce Rallye de France en intégralité sur Sport + ?
F. – C. B. : Stéphane Gentil sera au poste commentateur avec à ses cotés un consultant prestigieux, Guy Fréquelin créateur et patron de l’écurie Citroën pendant de longues années. Il a gagné de nombreux titres. Il est très rigoureux et va nous faire profiter de sa très grande expertise. Nous sommes très fiers de l’avoir avec nous.

C’est dans la lignée du travail que nous faisons dans les émissions de sport sur Canal + : un travail de proximité entre les équipes de rédaction, de production, de réalisation et de commentaire avec des consultants qui nous amènent une expertise sur le sport que l’on filme, ce qui donne ce mixte de passion et d’expertise à tous nos programmes sport.

Sur le terrain Thomas Senecal fera vivre la course depuis les Spéciales au gré des possibilités logistiques. Il sera assisté d’un journaliste reporter image qui, lui, évoluera ensuite au Service Park pour nous rendre compte de la vie des écuries et nous fera découvrir les Spéciales vues par les pilotes.

Vous avez parlé de cartes 3D développées pour l’occasion… 
F.- C. B. : Le chronométrage de la FIA n’est pas en temps réel pour la télévision. C’est l’une des grandes difficultés que nous allons résoudre.

Pour suivre une course en direct, il est nécessaire d’avoir des temps intermédiaires, des écarts… Nous avons dû créer un chronométrage que nous allons qualifier de provisoire avant qu’il ne soit éventuellement corrigé par le temps officiel. Ce chronométrage sera opéré par TV Data, mis en œuvre par Trimaran qui l’associe à toute la partie infographie de l’épreuve (comme pour le Tour de France), le tout étant agrégé par AMP Visual TV.

Avec Trimaran nous avons développé une cartographie en 3D avec les dénivelés de la course. Ces éléments seront à l’image dans la partie « signal inter »

L’habillage du rallye de France (Trimaran) – Première diffusion en intégralité – Sport +

Un nouveau sport sur Canal +, est ce qu’on peut en voir arriver d’autres prochainement sur Canal + ?
F.- C. B. : Comme tout le monde le sait, le Groupe Canal + a fait une offre pour la Formule 1.

Ce rallye sur Sport + est un très gros challenge technique qui repose beaucoup sur la capacité technologique d’AMP Visual TV et sur les partenaires associés comme TV data et Trimaran. La mutualisation des moyens avec l’UER nous a simplement apporté des moyens complémentaires.

L’enjeu technologique, tout ce qui est liaisons HF et des transmissions qui sont liées aux conditions de vol des avions et hélicoptères qui dépendent de la météo donne à ce type de production une forme d’instabilité. C’est un très gros challenge qui contraint beaucoup la capacité narrative. Ce risque qui est très pointu à gérer a sans doute jusqu’à présent refroidi de nombreux diffuseurs et producteurs.

Mais nous nous lançons là-dedans avec beaucoup de détermination.

Pourrons-nous par ailleurs voir des images dans d’autres chaines du groupe Canal + ?
F.-C. B : Il y aura des images dans les rendez-vous sport du week-end notamment sur Infosport + mais aussi dans les journaux d’information. Et ce d’autant plus qu’il y a autre enjeu sportif celui-là : on pourrait voir Sébastien Loeb être à nouveau champion du monde dès ce week-end.

Cela apporterait un retentissement supplémentaire d’autant plus que ce sera son dernier titre puisque la saison prochaine il ne devrait pas participer à l’intégralité du championnat.

Chose promise, chose due, un des lecteurs de Media(s) un autre regard me demandait si vous pouviez lui offrir un pass Viip pour le rallye au Service Park à Strasbourg ?
F.-C. B. : … Pour cela il faudrait voir directement avec la FIA ! (Raté, désolé @IWHBTL !)

Merci à François-Charles Bideaux. Dès demain, vendredi, découvrez en détail le dispositif technique AMP Visual TV mis en place pour ce Rallye de France.

 

Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






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