Interviews

16 octobre 2012

Alix Bouilhaguet, journaliste Frondeuse ? Interview…

Samedi dernier, sur le plateau de 19h Paul Amar en direct sur France 5, elle faisait face à Alain Duhamel de RTL. Le débat concernait La Frondeuse, le livre qu’elle a co-écrit avec Christophe Jakubyszyn encore actuellement sur BFM TV et qui prend prochainement la direction du service politique de TF1.

La discussion vive sur le plateau concernait plus particulièrement les quelques pages consacrées à l’histoire sentimentale présumée entre Valérie Trierweiler et un élu de l’UMP avant sa relation actuelle avec le Président de La République.

Ces quelques pages ont suscité de nombreuses polémiques dans les médias et quelques jours plus tôt un éditorial très critique d’Alain Duhamel.

Par ailleurs, avant même la sortie du livre, Valérie Trierweiler a déposé plainte, suivie de Patrick Devedjian.

Etant présent au Studio Gabriel ce samedi pour vous faire vivre sur Twitter les coulisses de la réunion conducteur, puis des répétitions et du direct de 19h Paul Amar j’en ai profité pour interroger quelques minutes Alix Bouilhaguet juste après son passage à l’antenne.

Alix Bouilhaguet et Alain Duhamel sur le plateau de 19h Paul Amar / France 5

L’interview n’était pas prévue, l’idée m’est venue en voyant Alix Bouilhaguet (Journaliste à France 2 et au Parisien) et Alain Duhamel poursuivre leur débat en coulisses avec le sourire. Parle-t-on de la même manière « off record », en coulisses et en plateau ? Ces quelques paragraphes ont-ils été autant écrits pour des raisons journalistiques que pour faire du bruit médiatique autour de la sortie de cette biographique « non autorisée » ?

C’était la première de mes questions à Alix Bouilhaguet alors qu’elle attendait son taxi…

Quand, avec Christophe Jakubyszyn, vous avez écrit ces quelques lignes concernant la vie sentimentale de Valérie Trierweiller et d’un homme politique de l’UMP aviez-vous déjà pensé que cela allait susciter des invitations en plateau et du bruit médiatique ?
Alix Bouilhaguet : Ce n’était vraiment pas l’objectif. Honnêtement, je me passerai bien à titre personnel d’une plainte. Ce n’est jamais agréable mais voilà on l’assume sans aucun problème et sans aucun complexe.

J’ai entendu les arguments d’Alain Duhamel et je pense que ce paragraphe, cette information étaient totalement justifiés. On écrit une biographie, on regarde donc ce qui s’est passé dans la vie personnelle, dans la vie professionnelle, dans l’enfance, en l’occurrence de Valérie Trierweiller.

Quand le débat s’est terminée devant les caméras, la conversation s’est poursuivie en plateau. Sur le même ton ? On se dit la même chose que devant les caméras ? Y-a-t-il une part de jeu à la télévision ?
A. B. : Je pense qu’il a réellement des convictions sur la question, moi aussi.

Après, chacun se place dans un rôle, on serait à table tous les deux à diner tranquillement je pense qu’on trouverait des points de rapprochement et notamment sur la manière dont je considère mon métier de journaliste politique et mon rapport à l’homme politique.

Le ton est plus sympathique hors direct ?
A. B. : La discussion est plus amicale on va dire, à la télévision on est plus dans la formule, pas excessive mais plus « sensationnelle » . En sortie d’interview on est à nouveau plus dans la discussion.

Le taxi est déjà arrivé. Ils sont rarement à l’heure mais alors ce soir là, il fallait qu’il soit en avance ! Une dernière question ou presque…

Aviez-vous prévenue votre rédaction à France 2 ?
A. B. : Oui bien sûr.

Les journalistes étaient-ils au courant de l’élément qui allait faire du bruit médiatique ?
A. B. : Non, ils n’étaient pas au courant de tout mais je suis allé voir Thierry Thuillier un mois et demi avant la sortie du livre pour lui expliquer son contenu. Je suis restée une heure et demi dans son bureau. Je lui ai expliqué ce qu’il y avait grosso modo dans le livre et qu’il y avait aussi un petit point qui allait peut-être, mais je n’en étais pas sûre à l’époque, poser problème.

Et qu’est ce qu’il vous a répondu ?
A. B. : Il m’a répondu qu’il avait hâte de lire le livre.

Et depuis le dépôt de plainte ?
A. B. : Je n’ai pas eu de nouvelles particulières… La aussi, j’ai déposé le livre à la rédaction deux jours avant la date de sortie officielle pour qu’ils puissent en prendre connaissance avant la sortie. La plainte a précédé cela mais il [Thierry Thuillier] l’avait déjà en main ce qui était important pour moi.

Vous avez quels retours de collègues ?
A. B. : Il y a des journalistes qui disent qu’on a eu tord mais je trouve que le débat ne se situe jamais au bon endroit. Tout le monde pense, et c’est une caricature, qu’on a voulu entrer dans la chambre à coucher de manière gratuite. Encore une fois il ne s’agissait pas de développer son CV sentimental mais cette histoire nous intéressait car elle avait des incidences politiques et journalistiques.

Je trouve que parfois les confrères réduisent cela uniquement à une intrusion dans la vie privée, à la peopolisation de la vie politique…

Est-ce que cela peut avoir des incidences sur votre travail à venir. Vous êtes devenue actrice de l’actualité…
A. B. : Cela ne va rien changer à ma façon de travailler. Je vais continuer à faire mon travail de la même manière. Je pense que c’est une bio qui est très honnête. Je n’ai aucun problème à postériori.

Si je devais le refaire, je referai la même chose. Mon troisième livre sera sans doute du même calibre.

Et vous acceptez toutes les invitations qui vous sont faites par les médias pour la promotion de votre livre ?
A. B. : Nous sommes deux à avoir écrit ce livre. C’est un avantage, cela nous permet de nous partager les invitations. Les propositions sont les bienvenues. On continue notre petite tournée.

Et elle prit son taxi, un samedi soir, à quelques mètres de l’Elysée !

Vous pouvez revoir le débat finalement assez courtois quand on le regarde à la télévision, plus qu’il ne semblait l’être quand j’étais sur le plateau, un peu éloigné et donc plus à regarder les deux contradicteurs qu’à les entendre.

Il est vrai qu’Alain Duhamel vit le débat de façon intensive aussi avec son corps. Il a la bougeotte, ce qui se voit moins à la télévision car Michel Hassan, réalisateur le montrait prioritairement quand il intervenait.

Les corps semblaient plus en confrontation que les paroles ne le sont à l’écoute du programme !

Lors de ce débat, Paul Amar a rappelé à Alix Bouilhaguet en début d’interview qu’il ne souhaitait pas qu’elle prononce le nom de l’homme politique de droite. Ce qu’elle ne put s’empêcher de faire quelques instants plus tard dans le flot de la conversation. Elle s’en excusa immédiatement, rappelée à l’ordre par Paul Amar un peu agacé répétant « Ce n’est pas correct! »

Il est vrai que le sujet qui précédait le débat ne parlait que d’un homme de droite qui portait plainte lui aussi.

J’avais d’ailleurs déjà entendu quelques heures plus tôt dans une autre émission une autre façon astucieuse de présenter la situation. La journaliste expliquait en voix off sur son sujet que les auteurs du livre avaient attribué à Valérie Trierweiller une relation avec un homme de droite avant sa rencontre avec François Hollande et que celle-ci avait décidé de porter plainte – puis après une courte respiration – Patrick Devedjian a lui aussi porté plainte.

Habille manière de dire aussi que si l’un et l’autre n’avaient pas portés plainte, l’ « affaire » serait peut-être déjà retombée alors que depuis, les deux auteurs sont régulièrement invités dans des émissions faisant ainsi encore plus la promotion du livre et de cette présumée liaison.

Je vous invite à écouter le sujet, et le débat entre Alix Bouilhaguet et Alain Duhamel sur le plateau de 19hPaul Amar (Pluzz France 5). Pour les plus pressés, la séquence se situe à 30 minutes du début de l’émission.

Dans la régie du Studio Gabriel pendant le direct de 19h Paul Amar sur France 5

Cette dernière photo prise depuis la régie où se réalisait en direct l’émission par Michel Hassan pour vous inviter à suivre dès vendredi et dans les prochaines semaines les coulisses de la production et de la réalisation de 19h Paul Amar en direct tous les samedis soir sur France 5 à 19h…


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(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






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