Coulisses des émissions

29 octobre 2012

Amazing Race, Baby Boom, deux productions Shine France. Interview d’Angelique Sansonnetti

Tournage multi-caméras avec Alexandre Delpérier - Amazing race - D8 - Shine France

Le second épisode de Amazing Race est diffusé ce soir sur D8 et le dernier épisode de la seconde saison de Baby Boom est diffusé mardi sur TF1 après Mentalist. Deux productions Shine France dont Angélique Sansonnetti assure la direction artistique.

Après avoir travaillé chez Endemol en tant que directrice artistique et chef de projet sur différentes émissions comme La Star Academy et Secret Story, Angelique Sansonnetti a rejoint Shine France en tant que directrice artistique de l’unité « Télévision du réel et évènements spéciaux ».

Deux programmes d’une même unité mais très différents. Y-a-t-il tout de même des points communs en terme de production et de narration ?

Le point de vue éditorial d’Angélique Sansonnetti sera complété dès mardi sur Media(s) un autre regard par une présentation de l’Ebox Euro Media France, un dispositif innovant développé avec Shine France qui a rendu possible la production de Baby Boom.

L’Ebox sera d’ailleurs prochainement installée au château de la Star Académy version NRJ 12.

Quel est le rôle d’une directrice artistique ?
Angélique Sansonnetti : En tant que directrice artistique j’ai un regard éditorial sur ces différentes émissions. Mon travail commence au moment de la vente du programme à la chaîne et il se termine au moment de la diffusion quand on s’est assuré que l’audience était au rendez-vous. Si tel n’est pas le cas, il faut savoir re-axer le programme de façon à ce qu’il fonctionne.

Et entre-temps je suis passé par toutes les étapes.

Il y a autant de personnes que d’histoires en vérité. Charge à nous de la découvrir, de la déceler et certainement de la mettre en avant.

Quelle différence avec un rôle de productrice ?
A. S. : J’ai un rôle de validation bien évidemment qui me permet de trancher, de choisir et d’intervenir en final cut. Par ailleurs il y a tout ce qui est Impulses et directions diverses et variées sur chacun des programmes.

Amazing Race et Babyboom sont des programmes d’une même unité sous votre direction au sein de Shine France, pourquoi ?
A. S. : Amazing race et Babyboom n’ont bien sûr rien à voir ensemble si ce n’est que la narration se construit de la même façon.

On raconte les histoires entre les différentes personnalités que nous pouvons avoir dans chaque programme.

D’un coté nous nous attachons à des mamans qui attendent un heureux événement, de l’autre coté nous avons des concurrents prêts à faire le tour du monde.

On est toujours dans l’idée de se dire : Quel est leur enjeu personnel ? Quelle est leur volonté ? Qu’ont-ils à démontrer ? Quelle est leur «problématique» ? et surtout comment vont-ils la résoudre ?
Dans chacun de ces programmes il faut un début, un milieu et une fin avec une « montée dramatique » en tout cas des phases narratives fortes.

Cela implique un casting des participants à ces programmes mais aussi tout d’abord un « casting » des équipes éditoriales et de production. Sur quels critères ?
A. S. : J’ai l’habitude de travailler avec des équipes qui me suivent depuis de nombreuses années et en qui j’ai tout à fait confiance. Ils ont un profil à la fois de journaliste, de chef de projet et sont tous d’excellents «directeurs de casting», ils choisissent les bons concurrents, candidats et familles. Sur ce type de programme c’est super important. Enfin ils ont tous une connaissance globale des aspects d’un programme.

Ce ne sont pas systématiquement les mêmes personnes mais ce sont des personnes avec qui j’ai l’habitude de travailler. C’est un savoir faire que nous avons accumulé depuis un certain nombre d’années et que nous essayons d’appliquer à chaque fois que nous sommes confronté à un nouveau programme en créa ou en adaptation.

Il y a des codes que j’aime utiliser sur lesquels j’aime bien qu’on revienne.

Un exemple de code ?
A. S. : Dans les castings par exemple, poser les vraies questions sur les histoires et enjeux psychologiques de chacun est pour moi un point de départ incontournable. Si on n’a pas fait ce travail là dès le début, et en amont, c’est limite une faute professionnelle.

Il y a autant de personnes que d’histoires en vérité. Charge à nous de la découvrir, de la déceler et certainement de la mettre en avant.

Ces codes sont une somme de nombreuses petites choses comme celle-là qui font partie de ma tambouille interne personnelle.

Y a-t-il des différences entre les équipes que vous avez choisies sur Baby Boom ou Amazing Race ?
A. S. : Les personnes qui ont fait Amazing Race auraient tout aussi bien pu travailler sur Baby Boom puisque à chaque fois on se pose la question de l’intérêt que représente chacune de ces familles, de ces personnages ou de ces candidats ou concurrents dans le programme. A chaque fois on a pour propos de raconter une histoire quelque soit son contexte.

Ensuite il peut y avoir des différences en fonction de spécificités de chacun des programmes. Sur Amazing Race il était important de parler anglais. Il nous était aussi nécessaire de faire appel à des personnes qui avaient des connaissances spécifiques, certains savaient faire de bons repérages, d’autres savaient coordonner des activités à l’étranger.

Il y a des personnes que l’on connaissait d’autres que l’on a découvert et dont on a bénéficié de l’expérience. C’est un travail qui se fait dans un échange réciproque.

Sur Amazing Race, les équipes techniques réalisent eux aussi une course physique autour du monde…
A. S. : Ils sont bien entraînés! Ce sont des gens qui ont l’habitude de tourner dans des conditions extrêmes et qui courent et cavalent avec les candidats. Je dirais même qu’ils cavalent deux fois plus que les candidats puisque à un moment ils sont devant les concurrents, puis à leur coté, parfois derrière.

Amazing Race sur D8. Des concurrents et une équipe technique / Shine France

Ils sont formidables à ce niveau là car à aucun moment en montage il ne manque tel plan ou telle interview. On a vraiment le sentiment qu’ils ont été au taquet de tout. Ils ont vécu une course dans la course et parfois encore plus folle pour moi que celle des concurrents à proprement parler.

…Le tournage de Baby Boom est un autre exercice…
A. S. : Pendant le tournage de Baby Boom, avec les journalistes ont avait souvent très mal au ventre le soir car on avait parfois assisté à sept accouchements dans la journée. De ce point de vue là on est toujours très investi dans son travail.

Sur Amazing Race, un tel investissement peut créer une proximité entre les concurrents et les équipes techniques qui les accompagnent ?
A. S. : Les équipes savent qu’elles ne sont pas là pour copiner avec les binômes. Les cadreurs sont là pour un travail de captation. Mais ce ne sont pas des machines non plus, ils ont une humanité personnelle sans être pour autant des amis.

Dans ce contexte là ils ont un devoir de réserve tout en étant parfaitement capable d’accompagner les concurrents dans toutes les étapes de l’aventure.

Dans les deux programmes il y a aussi des phases de tournage plus calmes, les séquences de «testimonial» Quelle est leur fonction ?
A. S. : Le propos du testimonial, ce que moi j’appelle l’interview narrative pure, c’est vraiment d’exprimer ce que l’on ne voit pas à l’image. Chaque interview doit intervenir comme un témoignage de l’émotion, du ressenti. On n’est pas dans le commentaire de l’image.

Dans BabyBoom vous avez fait le choix de caméras remote installées dans de nombreuses pièces et commandées à distance…
A. S. : Il s’agit d’un parti pris artistique, celui d’être au plus près de l’action dans tous les endroits de la maternité où l’on peut suivre chacun des médecins, l’accouchement d’une maman… tout étant le plus discret possible.

Dans un article mardi, je vous donnerai un aperçu du dispositif technique de captation qui permettait, de façon automatisée, d’enregistrer les 4 caméras d’une même pièce, d’une même zone en fonction de l’action choisie par l’équipe éditoriale en régie.

Monitoring régie Babyboom Saison 2 Shine France / Euro Media France / TF1

Angélique Sansonnetti nous en explique les bases : 
A. S. : Le système de captation est particulièrement complexe, il nous permettait de suivre différentes activités, différentes actions, différentes familles mamans. Le travail des journalistes consistait à suivre les actions pour pouvoir raconter une histoire. Nous suivions les actions, choisissions les beaux plans qui nous permettaient de raconter cette histoire en image. Nous avons travaillé dans une régie de captation dans laquelle on réalisait le switch (la réalisation) en quasi direct. On a suivi l’action et on l’a réalisé en même temps.
On enregistrait les sources d’une action puis on passait à une autre action et à ses autres sources.

Vous pouviez enregistrer 2 actions filmées à 4 caméras en même temps ?
A. S. : Nous pouvions enregistrer deux actions à quatre caméras et parfois même quatre actions parallèles à deux caméras. En plus de cela nous pouvions enregistrer les interviews (et un flux supplémentaire : la Salle des infirmières etc. )

Comment avez-vous géré l’ensemble des autorisations de tournage et de manière générale le casting ?
A. S. : On est toujours dans la même méthodologie. Quand on fait un casting, on entre en contact avec les gens on fait un petit topo avec eux, une petite interview de présentation pour savoir à qui on a à faire et bien sûr on leur a demandé s’ils étaient d’accord pour participer au programme avec nous. Cela se passe exactement comme dans tous les programmes quand on contacte des gens lambda pour participer à une émission.

Sauf que dans le cas des mamans, on savait qui allait arriver à l’hôpital pendant notre période de tournage et à peu près à quel moment elles allaient arriver. On s’était mis en contact avec elles car ce sont des choses qui se préparent, qui s’anticipent.

Parfois, à une ou deux reprises, nous avons vu arriver une maman et lui avons demandé gentiment, à quelques minutes de l’accouchement, si elle était d’accord, éventuellement, pour participer au programme et en général c’était oui, l’accueil était plutôt positif.

Cela veut dire qu’en plus de l’équipe de la régie vous aviez des personnes à l’accueil de la maternité pour s’occuper des personnes qui arrivaient ?
A. S. : Exactement.

Les mamans ont-elles reçu les rushs de tournage en souvenir de leur accouchement?
A.S. : Tout à fait. C’est un moment tellement rare et unique qu’on a envie de le garder pour la vie. Bien évidemment on leur a donné les rushs de l’accouchement de leur enfant. C’est normal.

Ce lundi soir sur D8 est diffusé le second épisode de Amazing Race, qu’avez-vous pensé des audiences du premier épisode (868 000 et 3,5%) ?
A. S. : Je suis vraiment ravie de ce programme à tous les niveaux pour ce qu’il représente, pour le challenge à produire et à tourner, le challenge de raconter une histoire de tour du monde, et pour toutes ces raisons là, je trouve cela formidable.

On est très content des audiences car le soir, un programme de flux, de divertissement avec 868 000 téléspectateurs, je trouve que c’est une très bonne performance alors la chaîne démarrait deux semaines plutôt avec 400 000 téléspectateurs sur ce même créneau. Je pense qu’on est vraiment très au-dessus de ce que l’on pouvait attendre.

Vous disiez plus haut qu’il arrivait que l’on réaménage le contenu d’un programme. Aux vues des audiences, cela est-il le cas pour Amazing Race ?
A. S. : Ce que je voulais dire c’est qu’on est toujours en remise en question, qu’est ce qui fait que ce serait encore mieux? On est toujours dans cette attente là. Quand je vois que les jumeaux sont très cités, quand je monte un épisode avec eux, je me demande comment les mettre encore mieux en perspective et répondre ainsi plus encore aux attentes des téléspectateurs qui ont adoré les jumeaux. (Les Jumeaux resteraient-ils longtemps dans l’aventure ? )

Comment gérez-vous la confidentialité des résultats de cette course ?
A. S. : Avec un contrat de confidentialité tout simplement et avec de la confiance. Il y a aussi un «Gentleman Agreement» que nous devrions tous avoir dans ce métier. Les candidats connaissent l’enjeu et ils ont tellement adoré ce programme qu’ils sont tous dans une énergie tellement positive.

Ils sont contents de l’avoir fait et respectent l’état d’esprit du jeu. C’est une course de sportifs, et un sportif a des valeurs humaines, une parole. (On passe le message à Lance Armstrong !) On est très tranquille concernant le respect de la confidentialité qui restera je l’espère jusqu’au dernier épisode, celui de la finale.

Dès mardi sur Media(s) un autre regard les coulisses techniques du tournage de Baby Boom et dans les prochains jours, les coulisses du tournage de Amazing Race sur D8.


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






2 commentaires


  1. ced

    merci pour l’interview. je regrette pas d’être un fidèle de ce site 🙂


  2. ced

    petite faute d’ortho dans votre interview : « Je suis vraiment raviE de ce programme »



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