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9 novembre 2012

Vincent Cerutti, maître de cérémonie de Danse avec les stars sur TF1, Interview

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Vincent Cerutti - Danse avec les Stars - © Laurent Zabulon - TF1

Comment Vincent Cerutti prépare chaque semaine Danse avec les stars ? Ses projets télé dont une nouvelle version de Sosie or not sosie… Ses envie de  radio… Interview à quelques heures d’un direct de Danse avec les stars un samedi à la Plaine st Denis.

Chaque samedi soir, pendant trois heures, avec Sandrine Quétier à ses cotés, Vincent Cerutti anime (?), présente (?) Danse avec les Stars, la version française d’un format international et donc une émission très « chartée ». Tout est défini de façon très précise du décor à la réalisation en passant par la façon d’animer et les textes des animateurs…

Vincent Cerutti : En fait on n’est pas animateur, pas présentateur on est maitre de cérémonie, nous sommes là pour présenter un spectacle. Ce n’est pas une émission de télévision comme les autres. La façon de la présenter est différente. On n’est pas là pour donner notre avis, faire part de notre état d’esprit, de nos humeurs de notre humour. On est au service du programme et pour présenter le show.

Les textes sont écrits par un auteur (Fabrice Clerte) en fonction du cahier des charges du programme et c’est le cas dans les 70 pays de diffusion. Tout est d’une précision quasi chirurgicale.

Quand découvrez-vous cette base de texte ?
V. C. : Notre travail de préparation de l’émission commence vraiment le jeudi. Avant, notre emploi du temps est consacré à quelques coups de voiture pour aller voir les répétitions, à des interviews de promotion et à la préparation d’autres émissions.

Le vendredi après-midi, il y a une lecture de textes qui accompagne la présentation d’un premier conducteur. On relit donc les textes pour les ajuster, mettre nos mots à nous tout en gardant la promesse du plateau.

Le vendredi après-midi, on enregistre aussi des voix avec Sandrine. Il s’agit uniquement du texte de l’entrée des couples, au moment où nous présentons les couples qui descendent l’escalier.

Sandrine Quétier, Vincent Cerutti, répétitions de Danse avec les Stars – TF1

(Quelques explications : Les deux animateurs ouvrent chaque samedi le direct en hauteur depuis la plateforme dos à la piste de danse comme sur la photo prise pendant les répétitions.

Dès qu’ils ne sont plus à l’image et que le réalisateur montre alors l’entrée des couples, leur descente du grand escalier, le micro des animateurs est coupé. La présentation des couples : « Machin et machin » « Bidule et bidule » par Sandrine Quétier et Vincent Cerutti est alors le résultat d’une bande son, celle dont nous parle Vincent Cerutti et qui est enregistrée le vendredi après-midi. Pendant ce temps les deux animateurs courent rejoindre leur position suivante, de l’autre coté du plateau, à coté des membres du jury. Dès que la présentation des couples est terminée et si possible dès qu’ils sont arrivés à leur place, leur micro est à nouveau ouvert pour le retour au direct complet.)

Les années précédentes nous le faisions en marchant mais nous arrivions essoufflés.

Le samedi nous arrivons sur le plateau à la Plaine St Denis entre 11h et midi.

Pour les répétitions…
V. C. : Oui. L’émission est désormais rodée mais pendant la saison 1 on faisait des filées complètes, on déroulait l’émission du générique début jusqu’au générique de fin. Pendant la saison 2 on l’a fait de temps à autre mais, depuis la saison 3, on ne le fait plus.

On répète cependant certaines séquences un peu particulières comme il y a quelques semaines le relais samba mais aussi la mécanique de l’émission comme par exemple le face en face en fin d’émission. On vérifie les différentes positions et la fluidité de certains textes pour certaines séquences.

Ensuite je regarde les magnétos de l’émission. Je prends quelques notes qui me serviront en improvisation lors du lancement des danseurs.

Il est 17h, mais d’ici 18h les textes auront encore changé comme le conducteur. Jusqu’au dernier moment, la production et la chaîne peuvent changer l’ordre de passage.

(Ça ne doit pas faciliter la gestion des éléments graphiques en plateau et sur le net pour le vote ! )

Pour quelles raisons ?
V. C. : Pour des histoires fluidité. Si certaines danses sont plus sportives, s’il y a des séquences plus ou moins émouvantes on essaye de les placer de la meilleure façon dans le conducteur.

Cela va dépendre des dernières répétitions, celles en costume du samedi après-midi ?
V. C. : Ces répétitions du samedi sont faites pour tout le monde, pour les artistes mais aussi pour les techniciens et pour Tristan Carné le réalisateur qui bosse vraiment très bien. C’est un super bon réalisateur, super précis. Jusqu’au dernier moment il va essayer de trouver le meilleur plan. Il y a un quinzaine de caméras et il n’a que dix doigts…

Vous nous disiez que les textes sont chartés mais aussi que vous preniez quelques notes sur les sujets pour improviser. C’est aussi le cas quand vous interpellez le jury …
V. C. : Oui c’est vrai, mais tout doit aller très très vite. Il y un processus précis et rapide : le couple termine de danser, je dis un petit mot, j’improvise et dis ce que je pense, ce que je ressens et ce que le téléspectateur pourrait éventuellement se dire dans son canapé. On n’a alors toujours pas entendu les danseurs. Ils arrivent face au juge et quand c’est le cas, il faut aller très très vite pour avoir leurs impressions. Derrière il y a les notes artistiques et techniques avec Sandrine et ensuite, l’émission continue.  La priorité c’est la danse.

Est-ce plus compliqué d’animer à deux ?
V. C. : Le rôle de chacun est bien défini. Sandrine vient me rejoindre de temps à autre sur le plateau mais elle est principalement dans la Red Room pour les résultats alors que je suis en plateau et fais le relais entre chaque séquence.

J’ai découvert la co-présentation à TF1 et je pense m’y être bien fait. C’est aussi rassurant car on a beaucoup beaucoup beaucoup d’informations dans l’oreillette pendant le show.

Qui avez-vous dans l’oreillette ?
V. C. : Frédéric Pédraza le producteur, Déborah Nahon, la chef de projet, Tristan Carné le réalisateur. Cela fait déjà trois personnes. Parfois une quatrième pour la technique.

Stéphane (Bohée) l’assistant de réalisation est en plateau avec moi pour me dire : tu vas te mettre ici, tu vas te mettre là. Je suis aussi assisté par Aurélie, une jeune femme qui s’occupe de mes fiches au fur et à mesure. Et il y a Valérie au prompteur.

Sur Danse avec les stars j’ai aussi mon équipe : Véronique Jonin, ma maquilleuse, Sylvain, le coiffeur et Amélie Tomas, la styliste. Ces trois personnes sont celles avec qui j’ai travaillé en premier sur TF1 et on a continué ensemble. Ils sont hyper importants pour moi. Je n’ai pas à me préoccuper de mon costume, il est droit ou pas, la mèche… Je leur fait entièrement confiance, ils sont sympas, drôles…

Ils vous aident aussi à vous détendre avant le direct ?
V. C. : Complètement.

Pendant le tournage vous avez une loge de proximité ?
V. C. : Juste à coté de l’entrée de l’orchestre à Jardin. Je m’y installe pendant les danses. J’y reçois (via l’oreillette) des consignes de la production sur le timing et sur des choses qui auraient pu m’échapper.

Répétitions de la mécanique animateurs de Danse avec les Stars – Vincent Cerutti / Sandrine Quétier

Sosie or not sosie n’était pas en direct mais avec 3 saisons de Danse avec les stars vous y avez pris goût ?
V. C. : Le premier prime time de Sosie or not Sosie sur TF1 avait été diffusé un 1er janvier, il avait donc été enregistré. De plus la mécanique de l’émission implique d’enregistrer mais je préfère le direct.

J’ai toujours travaillé en direct avant d’arriver sur TF1 que ce soit en radio ou à la télévision.

En direct on ne peut pas tricher. Il peut se passer un tas de choses. Quand Rossy de Palma glisse sur un élément de décor lors de la première saison et qu’elle arrête tout, et que je suis dans la petite loge d’à coté à le voir sur mon écran, j’adore. Il faut intervenir vite.

J’adore les imprévus, quand un magnéto n’est pas près et qu’il faut occuper l’antenne sans que les téléspectateurs ne le remarquent, c’est formidable. On est meilleur en direct, quand on enregistre on sait qu’on peut refaire, on perd en spontanéité.

Vincent Cerutti – Danse avec les Stars – © Laurent Zabulon – TF1

Vous parliez de Sosie or not Sosie, le tournage de la prochaine émission approche ?
V. C. : Le sixième numéro se prépare. L’émission va cependant changer et ne sera plus en plateau à la Plaine St Denis. J’irai sur chacun des lieux de tournage au contact des personnalités avant le tournage et j’aurai ensuite l’impression de tous en temps réel.

Depuis lundi 29 octobre à 20h40 sur Stylia (anciennement appelée Odyssée et où l’on retrouve aussi Sandrine Quéter), je présente Beauté rare, un magazine dans lequel on revient sur les secrets de fabrication de beaux objets : des bougies Trudon, des bougies d’une maison créée à l’époque de Louis XIV et encore vendues aujourd’hui aux secrets de la joaillerie de la place Vendôme.

Comment avez-vous été amené à présenter cette émission ?
V. C. : J’avais envie de revenir à mes premiers amours les magazines et les talks show.

Vous développez aussi vos propres projets ?
V. C. : J’ai pour le moment décliné toute proposition d’association avec des producteurs pour me lancer à fond dans la production.

Comme le dit Foucault, je préfère être artisan et me concentrer sur la présentation pour mieux dormir la nuit. Mais c’est vrai que j’ai écrit un projet qui me tient à cœur. J’espère qu’il verra le jour mais je ne peux pas trop en parler. C’est, je crois modestement, assez innovant et on n’est pas à l’abri du succès. (dit-il dans un grand rire)

Vous en seriez aussi l’animateur ?
V.C. : Peu importe, ce n’est pas indispensable. Ce serait un divertissement mais différent, très différent.

Vous parliez de talks ou de magazine. Vous n’avez pas encore trouvé la bonne formule pour ce type de programme.
V. C. : Ce n’est pas cela. Les chaines sont très réticentes à ce sujet. Les Talks show n’ont pas toujours le succès espéré. Il faut trouver la bonne formule et que j’ai moi la légitimité pour le présenter. Pour les talks show c’est un peu tôt encore.

C’est le genre d’émission repose souvent beaucoup sur l’animateur…
V. C. : Oui

Et pourquoi pensez-vous que c’est encore un peu tôt pour vous ?
V. C. : Aujourd’hui, un éditeur, un attaché de presse dit à son artiste tu vas faire Ruquier, tu vas faire Ardisson, Je ne pense pas qu’on puisse dire aujourd’hui tu vas faire Cerutti !

C’est un peu tôt. J’ai montré que j’étais un animateur de divertissement de prime time plutôt correct, maintenant c’est vrai que je n’ai pas encore montré que j’étais un bon intervieweur. Je ne demande que cela mais on verra plus tard.

Je pourrai commencer aussi à le faire en radio.

Justement, vous avez des projets en radio ?
V. C. : Il y a des discussions, j’ai notamment bossé à RTL. J’avais présenté Destination ailleurs (été 2010) puis j’ai présenté Stop ou encore (été 2011).

Vous n’étiez pas à la radio l’été dernier…
V. C. : Oui, cet été était mon premier été de libre depuis 7 ans alors j’en ai profité! J’avais animé pendant 5 ans le Tour de France à la voile puis travaillé pendant deux ans à RTL.

RTL et Europe 1 savent ce que je sais fais. Je ne suis pas du genre à faire du lobbying, je ne harcèle pas les gens. S’ils ont envie, allons-y !

La Radio est un support qui vous intéresse particulièrement ?
V. C. : J’y ai commencé à 14 ans j’ai fait beaucoup de radio : MFM, Chérie FM, et j’ai bossé au Service com de NRJ. J’ai toujours été un homme de radio.

Les gens de radio sont meilleurs ensuite à la télévision ?
V. C. : Ils sont peut-être meilleurs pour improviser, pour gérer les temps, pour faire les bonnes liaisons, pour prendre le temps de parler clairement.

Vous êtes aussi passionné de sports mécaniques (Il est originaire du Mans !) et avez commenté les 24h du Mans pour Eurosport en juin dernier ?
V. C. : Oui, j’ai fait 15 heures d’antenne pour Eurosport en compagnie de Paul Belmondo, consultant. Je me suis éclaté. Je me suis d’ailleurs fait la réflexion de ne pas avoir alors pris autant de plaisir dans un job que lors de ces 24h du Mans. C’était fabuleux, un course que j’aime et c’était un travail en direct…

Vincent Cerutti – Danse avec les Stars – © Laurent Zabulon – TF1

Un grand merci à Vincent Cerutti dont j’ai eu le plaisir de découvrir son intérêt pour le travail de Media(s) un autre regard à l’occasion de la parution des articles sur les dispositifs techniques télé des 24h du Mans

A lire aussi : Les coulisses de Danse avec les Stars


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