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8 janvier 2013

1789, les amants de la Bastille en 3D relief, une superproduction. Interview d’Albert Cohen

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Le XFly de XD motion en action - Captation 3D 1789 Les Amants de la Bastille - Palais des Sports / Paris

Un budget de production conséquent, des moyens humains et techniques de premier ordre, français et surtout coréens… Interview de Albert Cohen, co-producteur avec Dove Attia de 1789, les amants de la Bastille entre deux captations du spectacle en 3D relief au Palais des sports à Paris. Un projet d’une telle ampleur, une première mondiale nous explique-t-il.

C’est la dernière semaine de prolongation à Paris pour 1789, les amants de la Bastille à Paris mis en scène par Giuliano Peparini. Les premiers spectacles de la tournée en province débutent le 1er février à Lille.

La date de sortie des DVD est déjà prévue : novembre 2013. Des DVD HD classiques mais aussi en 3D relief. Avant cette sortie, après ou au même moment, 1789 existera aussi en version 3D relief au cinéma en France et à l’étranger, le résultat d’une captation unique.



C’était le mardi 18 décembre, la première partie de la captation en 3D relief venait d’avoir lieu, sans public, le bas des gradins du Palais des sports démonté pour accueillir une grue, plusieurs caméras installées sur des praticables, à hauteur de visage des artistes. (A lire : La présentation des moyens techniques) Alors que les équipes Euro Media France et du producteur coréen déplaçaient les caméras pour la seconde captation, celle du soir, en plans plus larges, en présence du public, Albert Cohen a accepté de nous en dire plus sur la production de cette captation inédite en 3D relief, une captation, un partenariat franco-coréen prolongement de la captation de Mozart, l’Opéra Rock.

Cette captation est une première mondiale me disiez-vous au moment de nous installer au milieu de cette salle?
Albert Cohen : Oui, en effet, c’est la première fois au niveau mondial et dans l’histoire de notre métier, qu’un spectacle, même un événement live est capté en 3D avec des moyens techniques aussi importants que ceux là et avec des talents et des compétences aussi affirmées que ceux que nous recevons ce jour au Palais des Sports pour cette captation.

Par exemple, Mark H. Weingartner, responsable des effets spéciaux est celui qui a réalisé les effet spéciaux de la trilogie Matrix d’Inception récemment et de Pirates des Caraïbes encore plus récemment.

C’est en cela que l’expérience d’aujourd’hui est une première.

De moyens importants :
A. C. : 20 caméras au total. Il y a 10 x 2 caméras puisque le principe de la 3D est le couplage de deux caméras. Et tout confondu, en comptant la caméra aérienne suspendue au plafond (le X Fly 1D de XD Motion), une grue Louma, et les autres caméras il y a un ensemble de 10 x 2 caméras.

Une caméra (double) 3D relief - 1789 Les Amants de la Bastille

Une caméra (double) 3D relief – 1789 Les Amants de la Bastille

Le spectacle est enregistré deux fois, une fois en journée et une le soir avec public ?
A. C. : On shoote deux fois, une fois salle vide avec une implantation de caméras qui permet des gros plans, des travellings et le montage de cette grue, tout un dispositif qu’on ne pas imaginer installer en présence d’un public. Le soir on double le shooting dans des conditions tout à fait normales de spectacle avec des caméras qui cette fois vont nous offrir des plans moyens ou larges en présence du public et de ses réactions.

Le budget de cette captation est d’1,5 million d’euros financé à hauteur de 40% par l’état coréen ce qui rend l’opération possible.

Avec Dove Attia vous êtes producteur du spectacle, l’êtes-vous aussi de la captation du spectacle ?
A. C. : Nous sommes producteurs de la captation 3D avec un accord de production exécutive avec nos partenaires coréens.

Pourquoi d’ailleurs ce choix de partenaires et techniciens coréens ?
A. C. : Ce ne sont pas nous qui les avons choisi, c’est eux qui nous ont choisis.

Notre collaboration a démarré sur Mozart, l’Opéra Rock. A l’époque cette société coréenne était à la recherche d’un sujet idéal sur une scène pour en faire une captation 3D. Ils avaient organisé une veille sur un certain nombre d’événements visibles à l’époque à travers le monde. C’était déjà il y a 4 ans. Et, de tous les événements sur scène captables, ils avaient à l’époque choisi Mozart. On s’est rencontré, on a conclu un accord, on a fait la captation de Mozart en 3D avec, à l’époque, des moyens techniques moins importants que ceux là. (Mark H. Weingartner était lui aussi déjà présent)

C’est notre deuxième collaboration avec en ligne de mire la sortie d’un DVD 3D car ce format commence à parler au grand public. Je suis que l’équipement 3D va se développer à une très grande vitesse dans les trois ans à venir.

Vous y croyez plus que les producteurs télé actuels en France ?
A. C. : Dans notre métier, en tout cas, il est clair que le DVD est la possibilité de donner une deuxième vie à un spectacle et c’est encore plus le cas avec une sortie salle. Notre objectif est de distribuer cette captation 3D dans un certain nombre de salles numériques. La diffusion 3D sur un grand écran avec un son dolby 5.1 et avec une expérience totalement unique qui n’a rien à voir avec le live dans une salle, l’impression du live restera toujours unique.

Au cinéma il s’agit d’une expérience nouvelle et intéressante. Il va falloir que notre cerveau humain s’habitue à cet autre point de vue mais c’est bluffant, comme on dit.

Et puis, cela nous permet d’envisager une troisième vie au spectacle. Après la scène, après le DVD, il y a le cinéma grâce au développement numérique accéléré dans les salles de cinéma au niveau international, car on vise l’international avec ce type de sortie.

Pouvez-vous nous donner le budget de cette captation en 3D ?
A. C. : Je suis d’autant plus à l’aise pour vous le dire que ce n’est pas nous qui dépensons cet argent mais nos amis Coréens largement soutenus d’ailleurs par leur gouvernement. Leur gouvernement a compris qu’il fallait aider les gens qui travaillent dans la recherche et le développement notamment dans le domaine de la High tech. Cela peut créer de l’activité, de l’emploi.

Le budget de cette captation est d’1,5 million d’euros financé à hauteur de 40% par l’état coréen ce qui rend l’opération possible.

(Dernière minute :  le budget devrait encore s’alourdir. En effet, en fin de semaine dernière il a été décidé de refaire une captation 3D du spectacle en matinée ce vendredi 11 janvier avec deux caméras sur travelling. En effet, les images de l’une des caméras ont des défauts techniques peut-être liés à l’enregistreur. Elles sont donc difficilement exploitables. Il faut les retourner. Par ailleurs l’une des deux caméras 3D travelling équipée de deux caméras Red et non Sony n’a pas donné totalement satisfaction aux équipes. Profitant de cette captation supplémentaire, les plans de cette caméra seront elles aussi à nouveau tournées)    

Captation en 3D relief de 1789, les amants de la Bastille au Palais des Sports - Paris

Captation en 3D relief de 1789, les amants de la Bastille au Palais des Sports – Paris

En France, la sortie DVD 3D et au cinéma se ferait vers quelle période et dans quel ordre ?
A. C. : La date de sortie du DVD est arrêtée. On parle de novembre 2013. Quand à la sortie salle c’est le grand débat en interne.

Je pense que les gens vivront encore la 3D dans les quelques années à venir comme une expérience nouvelle et qui ne se substituera pas à une expérience déjà affirmée et connue de notre cerveau humain, je parle de la scène, de la salle, du véritable moment de live.

Spectacle à Paris, tournée en province, et ensuite ?
A. C. : Si on fait comme pour Mozart, la chronologie est la suivante : spectacles dans les salles de spectacle d’abord, le DVD ensuite, un an après la première. La sortie dans les salles de cinéma a alors lieu quand on a terminé les exploitations en salles de Spectacle en France.

C’est-à-dire après une éventuelle seconde tournée en province (et un nouveau passage à Paris ?)
A. C. : On parlerait alors d’une sortie en salle de cinéma de 1789 en 3D en 2014.

Vous serez alors déjà sur votre prochain spectacle ?
A. C. : … Et on s’occupera déjà aussi alors de la captation de ce spectacle en 3D ! Notre métier est un métier d’anticipation, de grande anticipation même.

Aujourd’hui on réfléchit à une opportunité de sortie salle avant le DVD comme c’est le cas pour le cinéma. C’est un croisement difficile à gérer car en novembre 2013 on sera encore sur scène (Les dates des spectacles mises en vente actuellement ne dépassent pas juin 2013, à Nice)

Si on rajoute encore un autre pôle d’intérêt pour le public, on risque peut-être de se perdre dans une offre trop importante : Scène, DVD et salle cinéma en même temps !

La 3D rapportée au live, on y travaille très sérieusement… Il ne s’agit pas d’une « simple » holographie, c’est bien plus évolué que cela.

Est-ce que la concurrence va se faire avec le DVD ou avec le live du fait d’un toujours plus grand réalisme de la captation 3D relief ?
A. C. : Je pense que la 3D n’est pas suffisamment aboutie dans la tête des gens pour que se pose la question. Je pense que les gens vivront encore la 3D dans les quelques années à venir comme une expérience nouvelle et qui ne se substituera pas à une expérience déjà affirmée et connue de notre cerveau humain, je parle de la scène, de la salle, du véritable moment de live, et je parle du moment de mettre un DVD dans un lecteur pour le regarder sur un écran flat. Il faut que la culture évolue s’agissant de l’attitude d’un spectateur ou téléspectateur devant l’image qu’on va lui offrir.

La 3D c’est une réconciliation entre le live et l’écran.

Tout cela reste encore de l’expérimental pour nous et en même temps la 3D c’est une réalité pour nos spectacles. Il y a déjà des gens, pour Mozart, l’Opéra rock en tout cas, qui ont acheté un ticket pour aller voir le spectacle en 3D au cinéma.

Cette diffusion cinéma n’est-ce pas aussi le moyen de toucher encore un autre public, éloigné des grandes salles nécessaires pour accueillir un tel spectacle ?
A. C. : Evidemment, je pense à toutes ces villes qu’on ne visite pas, je pense aussi à tous ces territoires et départements d’Outre-Mer et autres territoires francophones, et aussi territoires tout court, car le sous-titrage existe. A l’opéra c’est une pratique courante, pourquoi pas dans nos spectacles musicaux. La diffusion en 3D au cinéma est la possibilité pratique de faire découvrir le spectacle à du public que nous n’atteignons pas aujourd’hui avec la seule expression du live.

La réalisation en HD classique (flat) sera issue de la réalisation 3D ?
A. C. : La 3D amène la 2D. En captation de spectacle, il n’y a pas nécessité de deux réalisations différentes.
Cette captation est une expérience très enrichissante pour nous qui nous permet d’entrevoir concrètement les possibilités que nous offrent les progrès de la haute technologie rapportée à la 3D.

Vous parliez d’un métier d’anticipation, quels seront les innovations de vos prochains spectacles ?
A. C. : Nous parlons aujourd’hui d’une captation en 3D d’un live, la prochaine fois qu’on se verra, on parlera de captation en 3D de live associé à de la 3D. Je vous expliquerai ! (J’espère qu’on se verra avant quand même !)

Notre statut de producteur nous oblige – et ce n’est pas une punition car c’est passionnant – à observer les nouvelles technologies de très près et à faire évoluer nos modèles, comme on dit, en fonction de ces technologies. Quand je parle de 3D rapportée au live, on y travaille très sérieusement… Il ne s’agit pas d’une « simple » holographie, c’est bien plus évolué que cela.

On voit que vous travaillez en association avec un polytechnicien (Dove Attia) ?
A. C. : Exactement, cela permet de pousser des réflexions technologiques au plus loin. Tout cela est passionnant. Avant la 3D, le live était hostile à l’écran. Réaliser une captation classique pour un écran flat, je m’y suis toujours refusé pour mes précédents spectacles, c’était réducteur. Il y avait des DVD mais pas de diffusion télé. La 3D c’est une réconciliation entre le live et l’écran.

Merci à Albert Cohen (sa biographie en quelques lignes) pour ses explications.

Sachez par ailleurs que 1789 pourrait prochainement avoir une vie sur scène en coréen et en langue anglaise aux Etats-Unis.

A lire aussi : Revue de détail du dispositif de cette captation hors norme


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

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