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10 janvier 2013

La fête de la chanson française sur France 3, premières répétitions Interview de Daniela Lumbroso

Répétitions de Jennifer et Emmanuel Moire - La fête de la chanson française - Degel Prod / France 3

Un orchestre au grand complet, deux jeunes artistes Emmanuel Moire et Jenifer, le micro à la main sous le regard de Daniela Lumbroso, animatrice et productrice. C’était bien le début des répétitions de la Fête de la chanson française réalisée par Didier Froehly vendredi en direct sur France 3. Mais des répétitions musicales particulières… Explications et interview de Daniela Lumbroso.

Ce n’était pas encore la scène du Zenith de Paris, et plus vraiment un studio de musique, mais le plateau AMPVisual TV des Lillas au Pré St Gervais. Un lieu bien connu de Dégel Prod puisque s’y tourne régulièrement Chabada. C’est un peu « la maison » comme le me dira un peu plus tard Daniela Lumbroso (Son interview en fin d’article).

Au programme ce mercredi après-midi, les répétitions de plusieurs artistes en duo ou en solo accompagnés par l’orchestre de Yannick Hugnet : 17 musiciens dont 4 choristes qui accompagnent régulièrement Michel Sardou. Ils ont déjà répété pendant deux jours dans un studio de musique pour adapter les chansons qui seront reprises en solo ou duo par les artistes. Il a fallu réorchestrer certains titres et les adapter à la tonalité de leur interprète d’un soir.

Ce mercredi après-midi il s’agit de prendre de l’avance sur les répétitions au zénith. Les musiciens sont en place sur un praticable, des lignes rouges ont été tracées au sol pour schématiser certaines parties du décor construit au Zénith. Il s’agit en effet aussi pour Marc Boileau, metteur en scène de l’émission, de profiter du moment pour travailler avec les artistes leurs entrées, les déplacements, leur jeu avec les musiciens.

Mais voilà, la scène sera vraiment grande!  (Lire ou relire l’article de présentation du décor de Stéfanie Jarre) Quand Didier Froehly, réalisateur de la soirée, arrive, il fait remarquer tout de suite que les deux artistes en cours de répétition sont trop proches de l’orchestre. C’est vrai lui fait remarquer le metteur en scène mais pour respecter les proportions, il faudrait les installer dans le couloir! Ah oui, la scène va être vraiment grande!

Pas très grave, le metteur en scène s’aide de la maquette du décor pour expliquer aux artistes leurs déplacements, leurs différentes positions. Tous les artistes réaliseront encore une dernière répétition, très courte, de quinze minutes jeudi ou vendredi au zénith. Ils trouveront facilement leurs marques même si le décor est original dans son orientation et sa disposition.

Panoramique du plateau des Lilas - Répétitions musicales de La fête de la chanson française - Dégel Prod

Panoramique du plateau des Lilas – Répétitions musicales de La fête de la chanson française – Dégel Prod

La préoccupation de Jenifer et d’Emmanuel Moire est d’ailleurs tout autre. Ils ont accepté de reprendre un classique de la chanson française en duo. Ils sont autour du piano pour revoir le découpage du texte, qui chante quoi à quel moment en fonction de la mélodie et du texte. La prompteuse est présente sur le plateau, elle prend note de leurs corrections et va les aider en faisant défiler leur texte sur le grand écran installé au sol face à eux.

Tout cela se passe sous le regard de Daniela Lumbroso, parfois assise derrière l’une des tables installées en ligne façon casting ou répétitions d’un spectacle, attentive à ce qui se passe en répétitions, parlant conducteur avec Audrey Bensoussan, directrice artistique ou avec Valérie Duval, sa collaboratrice qui en profite pour vérifier encore une fois que les textes des fiches sont bien raccord avec le conducteur. Parfois aussi la productrice va rejoindre le metteur en scène, les artistes, leurs managers, parfois encore elle s’éloigne pour une conversation téléphonique. Un titre supplémentaire allait être encore ajouté dans l’émission?

Jenifer et Emmanuel Moire continuent leurs répétitions. Le texte est désormais bien découpé, le titre est en place. Marie de Gouville, la scripte de Didier Froelhy ne rate rien des répétitions. Elle observe tout, note tout. De la musique en live? Il s’agit alors pour elle de bien noter les interventions des artistes mais aussi celles des musiciens, des choristes, le déplacement d’un saxophoniste soliste. Elle note des durées. Toutes ces informations seront bien utiles au moment du direct pour annoncer aux ordres aux cadreurs et au réalisateur, à la lumière, au son, le déroulement de chaque titre.

Répétitions de Jennifer et Emmanuel Moire - La fête de la chanson française - Degel Prod / France 3

Répétitions de Jenifer et Emmanuel Moire – La fête de la chanson française – Degel Prod / France 3

Didier Froehly est un peu à l’écart, en discussion avec Hacène Hamadj, 1er assistant de réalisation. Premier changement jeudi au Zenith, la place du piano.

Tous les métiers présent profitent de cette demi-journée pour avancer dans leurs réglages et notamment l’équipe de Silence, chargée de la sonorisation des artistes et de l’orchestre. Ainsi, dans la cour du studio est garé un car son Silence (Nous l’avions déjà visité lors des tournages de The Voice). Des micros ont été installés sur tous les instruments et tous les musiciens et chanteurs ont été sonorisés, la plupart du temps avec des des ear monitors. La balance a été faite avant l’arrivée des premiers artistes. Tout au long des répétitions, les ingénieurs du son (scène et mix) mémorisent les réglages pour chaque titre et artiste.

Il faudra tout de même refaire une balance avant le début des répétitions au Zénith mais elle durera moins d’une heure pour l’orchestre. C’est toujours du temps de gagné pour les répétitions des nombreux artistes.

Le car Silence - Sonorisation de La fête de la chanson Française - Vendredi sur France 3

Le car Silence – Sonorisation de La fête de la chanson Française – Vendredi sur France 3

C’est au tour d’Isabelle Boulay d’arriver sur le plateau pour ses deux répétitions. Hop présentation de la maquette à l’artiste qui la trouve très amusante. Tiens c’est moi là demanda-t-elle en voyant un petit personnage au centre scène de la maquette. Cela l’inspire, elle commence à imaginer toute une histoire avec les autres personnages! Plus terre à terre, il y a des marches dans ce décor, il faudra changer de paire de chaussures, pas les talons aiguilles prévus, trop risqué juge-t-elle!

Et arrive une nouvelle jeune artiste, Julie Zenatti pour un duo avec Isabelle Boulay, le moment de rejoindre un bureau de production pour une courte interview de la productrice de cette émission spéciale, Daniela Lumbroso.

Pouvez-vous nous expliquer la raison d’être de ces répétitions ce mercredi sur ce plateau télé ?
Daniela Lumbroso : Nous serons en direct vendredi et nous occupons le Zenith depuis lundi. Le temps du montage du décor, du travail de la lumière etc, nous ne pouvons y entrer pour répéter que jeudi. Nous n’arrivons cependant pas à rentrer toutes les répétitions dans ces deux jours.

Même si cette année c’est moins efficace, on a donc pris depuis quelques années l’habitude de prendre une première journée ici en plateau ce qui nous permet de faire les balances et de commencer les répétitions avec les artistes.

Nous leur demandons beaucoup de choses inédites. Ils n’ont parfois jamais encore chanté telle chanson, jamais réalisé de duo avec tel artiste. Cela demande du travail et cette journée est destinée à cela.



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Vous allez ainsi gagner du temps lors des répétitions au Zénith…
D. L. : Il y a aussi des artistes qui ne pouvaient pas nous rejoindre sur ce plateau aujourd’hui. Ils vont cependant avoir la possibilité de travailler seuls dans une loge avec un guitariste ou un pianiste avant de venir répéter sur la scène du Zénith.

La maquette Volume du décor de la fête de la chanson française sur France 3 - Conception Stéfanie Jarre

La maquette Volume du décor de la fête de la chanson française sur France 3 – Conception Stéfanie Jarre

Media(s) un autre regard présentait hier le nouveau décor de Stéfanie Jarre pour cette soirée. En tant que productrice, quelles étaient vos envies ?
D. L. : Je voulais que la scène soit très entrée dans le public et je voulais une scène déstructurée.

En fait j’avais une envie, oui moi ça me prend comme ça (Rires). J’avais une envie, celle de perdre un peu le téléspectateur, qu’il ne sache pas trop où il est. Au lieu d’avoir une scène face, bien droite, je voulais que cela soit déstructuré. Qu’on ne sache pas si on est devant, à Cour, à jardin, au centre…

J’ai fait cette demande à laquelle a répondu Stéfanie Jarre.

Vous avez mis à disposition des artistes un orchestre, est-ce facile de les convaincre de chanter avec en direct ?
D. L. : Les artistes sont en confiance car cet orchestre est composé de musiciens qui accompagnent chacun souvent des artistes sur scène lors de leurs tournées. Certains des artistes retrouvent donc leurs musiciens. Par ailleurs Yannick Hugnet (réalisateur musical et chef de l’orchestre) travaille aussi sur Chabada le dimanche. Il connait tous les artistes et une confiance est née.

Après, parfois, les artistes ont besoin de leur son studio…

Les chanteurs se laissent convaincre de chanter en live mais est-ce aussi le cas des maisons de disque ?
D. L. : Oh non il n’y a pas de problème car on ne leur demande pas d’argent ! (Rires partagés).

(La réponse de Daniela Lumbroso m’a surprise car ma question concernait l’absence de prise de risque de certaines maisons de disque quand leurs artistes « font une télé » en privilégiant les playback (PBC) ou playback orchestre (PBO). Mais oui c’est vrai qu’il y a un autre aspect, financier, de l’histoire. Quand un artiste veut ses musiciens, voire chanter en direct, cela implique des coûts de location des instruments, une rémunération des musiciens… et les productions demandent alors aux maisons de disque de prendre ces frais en charge. Ici c’est cadeau de la production!)

On sait que les maisons de disques ont tendance à vouloir assurer la prestation de leurs artistes surtout lorsqu’ils sont peu présents à la télévision…
D. L. : J’ai le sentiment que sur ce type d’émissions, ce sont surtout les artistes qui font les choix artistiques et qui décident. Mais je peux me tromper.

L’émission est composée en grande partie de duos inédits, de reprises de titres. Comment se prépare la programmation et le choix des titres ?
D. L. : C’est un mélange de plusieurs ingrédients, une alchimie.

Le principe de l’émission est vraiment de remonter jusqu’il y a 100 ans alors que les nombreuses autres émissions qui reprennent des chansons du patrimoine ne remontent généralement pas avant les années 60.

Il s’agit de montrer que la chanson fait partie de notre culture au point que, comme un livre, cela se transmet de génération en génération. Comme on connait les Misérables, on connait encore des chansons très anciennes.

Vous allez me dire que vous ne connaissez pas de chanson de 1905 mais si je vous parle de Sous les ponts de Paris, une chanson de 1913 que l’on évoquera cette année, vous connaissez ?

Je suis alors plus vieux que je ne le pensais !
D. L. : (Rires) Quand on me répond cela je rappelle toujours que nous lisons encore Victor Hugo alors que nous n’étions pas nés à son époque. Et quand on parle de littérature, personne ne pense à répondre : « je suis plus vieux que je le pensais ! »

C’est la culture, cela se transmets, se partage.

Dans cette émission il y a des duos inattendus. Parfois, comme pour Jenifer et Emmanuel Moire, nous leur avons proposé un titre qu’ils ont aimé et accepté d’interpréter. Nous avons aussi proposé un duo à Olivia Ruiz et Cali sur un titre très ancien. Ils ont accepté mais choisi un autre titre des années 20.

Nous avons aussi modifié le texte d’une chanson qui sera interprétée en duo pour rendre hommage à un grand artiste qui sera présent.

Vous produisez une émission musicale et on sait que la musique à la télévision c’est assez segmentant. Comment avez-vous organisé le conducteur de l’émission pour éviter le zapping ?
D. L. : On essaye d’être fédérateur du début à la fin. Après on sait que les gens viennent et repartent. Sur des variétés c’est tellement simple, on sait que cela dure trois minutes.

L’idée est qu’ils se rendent compte qu’on va être suffisamment large pour que si à un moment ils partent ils reviennent ensuite. Le principe est de mélanger les générations d’artistes, de proposer parfois des chansons que tout le monde connaît puis de temps en temps des perles mais quand c’est le cas, c’est avec des artistes connus.

C’est toute la difficulté, c’est tout le talent de ce métier. Je ne sais pas si on va y arriver. Mais ce n’est pas quelque chose qui doit se faire en pensant marketing. Cela doit se faire à l’instinct. C’est une émission à part, une émission de service public.

Pendant les répétitions vous me faisiez remarquer que l’émission est à la fois une première partie de soirée et une seconde partie de soirée. En quoi cela joue sur la programmation ?
D. L. : Le principe de l’émission est de revisiter 100 ans de chansons françaises. Même si ce n’est pas totalement chronologique, l’idée est d’être au début sur des titres plutôt anciens et à la fin sur des titres d’aujourd’hui mais aussi de demain.

L’idée est de dire que la chanson française a une valeur dans son patrimoine mais qu’aujourd’hui aussi il y a des artistes de talent. Dans cette émission, on a fait faire leur premier prime time télé à des nombreux artistes comme Olivia Ruiz et Cali. Et donc cette année encore on aura des artistes découvertes.

Vous me disiez aussi que la concurrence en deuxième partie de soirée allait être plus forte notamment avec Arthur sur TF1. Comment allez-vous gérer cela ?
D. L. : On va essayer d’être fort du début jusqu’à la fin. Mais c’est vrai que la concurrence est plus forte.

Cette année encore vous allez à nouveau être la seule à être en direct, allez-vous encore une fois nous faire des révélations sur les programmes de la concurrence ?! (Pour la chanson de l’année on sait désormais déjà tous que c’était Garou!)
D. L. : Cette année je vais avoir du mal mais je pourrai trouver quelque chose !

Dans une émission comme la vôtre, il y a le contenu dont vous avez parlé mais aussi des titres promos imposés par les maisons de disques. Comment allez-vous les placer pour ne pas trop gêner le principe de l’émission ?
D. L. : Je trouve qu’on a de la chance cette année car les titres « promo » des invités sont vraiment tous des tubes et qu’on a du plaisir à les entendre. Je me fais graver un CD avec toutes les chansons dans l’ordre de l’émission et quand je l’écoute je ne zappe vraiment pas sur les chansons d’aujourd’hui. C’est aussi une question d’équilibre.

Et pour l’aspect « technique » de votre site, on travaille avec des post-its, Roses vif pour les chansons créées pour l’émission, bleus pour les chansons en promo, oranges pour les nombreux magnétos riches en archives sur l’histoire de la chanson française. On fait ensuite notre mélange.

Pouvez-vous nous donner le budget de cette grosse émission pour France 3 ?
D. L. : Oui c’est une grosse émission…

Et un ange passe !

En tout cas on va voir que le budget est à l’antenne.

Daniela Lombroso (Dégel Prod) sera par ailleurs cette année productrice de la fête de la musique le 21 juin à Marseille sur France 2. Elle confirme qu’elle ne présentera pas l’émission. Elle ne la co-animera pas plus. Par contre si la soirée devait devenir une soirée Groupe France Télévisions avec interventions d’animateurs des différentes chaines du groupe, elle pourrait y faire une apparition en tant qu’animatrice France 3.


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






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