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15 janvier 2013

24 heures aux urgences, le (baby) boom des urgences version TF1…

Le monitoring dans l'E-box / 24 h aux Urgences - Press & Co / TF1

Cela ressemble à Baby Boom mais ce n’est pas tout à fait Baby Boom… C’est une production Shine France, mais tout à fait… 24 heures aux urgences a la voix de Desperate Housewives mais ce n’est pas une fiction. Cette série a été tournée avec l’E-box mais pas uniquement et pas tout à fait de la même manière… Et surtout cela ressemble à de la téléréalité mais cela n’en est surtout pas!

Oui, ne dites surtout pas que c’est de la Téléréalité, précise très vite le professeur Jean-Jacques Eledjam (ex) Chef du Pôle Urgences du CHRU de Montpellier en rencontre presse fin décembre. 24 heures aux urgences, c’est la réalité d’un service des urgences.

Sur ce dernier point chacun pourra se faire sa propre opinion en comparant cette réalité présentée en 6 épisodes sur TF1 chaque mardi à sa propre expérience des urgences.



Hypocondriaques, la soirée du mardi sur TF1 n’est pas pour vous : 3 épisodes de Dr House suivis dès ce mardi d’un épisode de 24 heures aux urgences.

24 heures aux urgences, une série-documentaire à ne surtout pas non plus comparer à Urgences, la série que diffusait France 2. C’est le point de vue du Dr Stéphanie Esain, médecin urgentiste, l’un des personnages, l’un des « characters » (caractères) de cette série documentaire inédite. La comparaison avec Dr House sera-t-elle plus juste?

Difficile cependant de ne pas faire le rapprochement avec une autre fiction : Desperate Housewives. Les producteurs de 24 heures aux urgences ont fait appel à Françoise Cadol, la voix de Mary Alice. Une voix off qui dit « nous » car elle est LA voix des urgentistes ! Les urgentistes nous parlent, je répète, les urgentistes nous parlent !

Enfin, impossible de ne pas faire le rapprochement avec 24, la série avec l’apparition régulière d’une horloge et de plusieurs fenêtres.

Contrairement à Baby Boom, ce n’est pas Shine France qui signe ce programme mais sa filiale Press & Co, une agence de presse créée en 2011 par Frédérick Lacroix et Vincent Dhennin, par ailleurs directeur des productions. Cette agence a déjà produit plusieurs documentaires dont certains pour Enquête exclusive sur M6, d’autres pour le groupe TF1. La création d’une agence de presse permet notamment d’engager des journalistes en tant que tels. (Avec leur statut et avantages propres : Les journalistes et la carte de presse : le lien).

Coté production et réalisation, on retrouve des moyens techniques identiques à ceux utilisés dans Baby Boom dont l’E-box (A lire ou relire : L’E-box dans Babyboom) mais exploités un peu différemment et complétés par des moyens de tournages complémentaires et mobiles.

Ainsi, des GoPro ont été installées dans l’hélicoptère des urgences lors du 1er épisode. Des équipes ENG (cadreur, ingénieur du son, journaliste) ont été amenés à suivre des interventions en dehors de la clinique.

24h aux urgences - Press & Co - Les moyens de tournage extérieurs

24 heures aux urgences – Press & Co – Les moyens de tournage extérieurs

La clinique a comme pour Babyboom été équipée de caméras HD Panasonic AW-HE 120 robotisées. Non pas 50 mais 60 du fait du plus grand nombre de lieux et de l’activité parfois plus forte. Le système E-box permet toujours d’associer les caméras et le son d’une même salle, de passer de l’autre à l’autre avec facilité. Dans son second container, l’E-box permet aussi d’enregistrer en simultanée plusieurs flux en continu. Le tournage a eu lieu pendant 10 jours et 10 nuits.

Lors du tournage de Babyboom, un seul opérateur gérait les 50 caméras robotisées. Pour 24 heures aux urgences, ils étaient deux.

En effet, il est encore moins simple de prévoir ce qui allait se passer aux urgences de l’hôpital. (Dans Babyboom, la production avait une idée de qui devait accoucher tel ou tel jour.) Par ailleurs, dans 24 heures aux urgences, il pouvait parfois y avoir jusqu’à 15 personnes dans une même salle m’a fait remarquer le réalisateur Antoine Baldassari. Le travail de suivi des personnages, des intervenants par les caméras robotisées était alors plus compliqué.

Le monitoring dans l'E-box / 24 h aux Urgences - Press & Co / TF1

Le monitoring dans l’E-box / 24 heures aux urgences – Press & Co / TF1

De mon point de vue, l’une des difficultés de ce programme n’a pas tant du être technique. Elle a probablement résidé dans l’obtention des autorisations de diffusion de la part des intervenants. En effet, contrairement à Baby Boom où il était possible de « booker », de sélectionner, de convaincre à l’avance les femmes enceintes et d’obtenir leur autorisation de diffusion préalablement à leur accouchement, dans 24 heures aux urgences il a fallu gérer cela après des situations parfois très stressantes, traumatisantes pour les intervenants.

Pas de décès dans le premier épisode. Y en aura-t-il dans les autres épisodes puisque c’est aussi la réalité des urgences? Le professeur Eledjam nous a affirmé : « pas de mort en direct » tout en admettant ensuite lors de cette rencontre presse de ne pas avoir vu la totalité des épisodes. Comment gérer alors les autorisations de diffusion dans ces cas dramatiques?

Autre exemple de situations compliquées : Dans le premier épisode nous assistons à l’intervention d’urgentistes sur le lieu d’un accident de voiture. Les blessés sont floutés mais comment vont-ils réagir au moment de la diffusion plusieurs mois après ce choc physique et psychologique ? Ils vont se reconnaître, revivre leur accident? Des proches vont leur en parler après la diffusion sur TF1? Quelles conséquences pour eux? Comment les équipes de Press & co vont les accompagner ?

La production a répondu en partie à ces interrogations en précisant que, depuis plusieurs mois, depuis le tournage, une personne est chargée de maintenir le contact avec chacun des intervenants. Au moment de la rencontre presse, il y avait d’ailleurs encore toujours une incertitude sur la diffusion d’une séquence concernant une personne. En contact avec sa famille, la production n’avait pas encore fait son choix définitif.

24h aux Urgences : L'E-box, porte ouverte et une station de scriptage au CHRU

24 heures aux urgences : L’E-box, porte ouverte et une station de scriptage au CHRU

A l’inverse, déformation professionnelle oblige, quand je découvre l’histoire d’un jeune homme arrivant aux urgences pour des douleurs et présenté à visage découvert, racontant ensuite une histoire improbable de chute de cheval, puis soupçonné par le personnel médical d’être un junkie en manque, il m’a semblé tout de suite évident que cela ne devait pas être le bon diagnostic car il n’aurait probablement jamais accepté de signer une autorisation de tournage en tant que « drogué », et ce malgré les talents de persuasion des équipes de Shine! La réalité de son état est à découvrir à la fin du premier épisode de cette série documentaire.

Des visages floutés parfois, peu voire pas du tout de sang (dans le 1er épisode tout du moins). Par contre, la production a été intransigeante avec les noms des personnes (Pratique habituelle à la télévision) mais aussi avec le nom des médicaments prescrits, systématiquement bipés !

A vous désormais de découvrir cette série documentaire et vous faire votre propre diagnostic! A vous de décider si votre traitement sera d’un épisode par semaine pendant 6 semaines chaque mardi sur TF1 vers 23h20!

(A noter que le Professeur Eledjam n’a pas du être si convaincant car 24h aux urgences est bien classé en « Téléréalité » dans l’appli Télé 7 mais aussi en Divertissement sur le site de Télé Loisirs!) 


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

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(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






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