Genres

7 février 2013

Les victoires de la musique sur France 2 : Interview de Jacques Clément

Plus d'articles par »
Ecrit par : Emmanuel Matt
Mots-clés : , , , , , , ,
Les volutes du décor des Victoires de la musique 2013 sur France 2 vues depuis les coulisses - Décor : Olivier Illouz

L’association des Victoires et France 2 ont choisi, et pour deux ans, Act 4 Productions pour produire la soirée des Victoires de la musique. Cette soirée sera présentée cette année sur France 2 par Virginie Guilhaume et Laurent Ruquier vendredi en direct du zénith.

A quoi ressemblera le nouveau décor? Sur quel projet et avec quelles équipes Act 4 Productions a récupéré la production des Victoires? Les réponses de Jacques Clément… avant un prochain article dans la journée : La présentation du nouveau décor dans son intégralité!

Rendez-vous hier mercredi vers 16h au Zénith de Paris. Les équipes s’activaient sur la scène, en coulisses. Une heure plus tard devaient démarrer les répétitions des animateurs. Les répétitions des artistes en live devaient commencer ce jeudi matin.

Jacques Clément producteur avec Alexandra Clément, sa fille et Danielle Rouméjon a accepté de nous raconter et présenter le nouveau décor des Victoires de la musique, sa scénographie et comment Act 4 est à nouveau devenu producteur de cette soirée.

Vous aviez déjà produit Les Victoires de la musique pendant plusieurs années. Comment s’est passé l’appel d’offre qui vous a permis de récupérer cette année et pour deux ans la production de cette soirée des Victoires de la musique sur France 2 ?
Jacques Clément : Nous avons produit les Victoires de la musique entre 1996 et 2006. Se sont ensuite substitués à nous deux producteurs. En juillet dernier, il y a eu une nouvelle consultation lancée par les Victoires de la Musique.

Chez Act 4 nous sommes trois producteurs et associés : Danielle Rouméjon et moi-même rejoints il y a six ans par Alexandra Clément qui a auparavant travaillé notamment à la télévision aux Etats-Unis.

Nous sommes trois générations de producteurs et c’est extrêmement important pour nous. Nous essayons de communiquer et partager nos idées et nos objectifs. Ce n’est pas toujours simple mais vraiment créatif et intéressant.

Dès que nous avons décidé de répondre à l’appel d’offre, nous avons décidé de reconstituer la « ligue dissoute » des Victoires. Nous avons donc tout de suite appelé Jérôme Revon pour savoir s’il était partant. Il m’a répondu : Si tu veux, je peux être tout de suite dans ton bureau !

A la lumière nous avons appelé Frédéric Dorieux et au son, Gilles Hugo (Silence) car on connait bien son équipe.

Jacques Chancel dit toujours « Il faut donner au public non pas ce qu’il aime mais ce qu’il pourrait aimer »

Nous avons aussi appelé Olivier Illouz pour le décor et la scénographie car il nous avait créé un décor pour la Revue de presse (Au théâtre des deux ânes sur Paris première).

Par ailleurs, Alexandra qui voyage beaucoup sur le net avait détecté un scénographe et créateur d’ambiances et d’images qui travaille dans la danse, le divertissement, Gilles Papain.

Nous avons aussi fait appel à Cutback Productions une jeune société qui fabrique des habillages et des génériques.

On était alors en juillet :
J. C. : Nous avons travaillé de juillet à septembre sur notre projet. Malgré les vacances, grâce à internet nous sommes restés au contact. Les vacances nous ont même permis de trouver de nouvelles idées et des sources d’inspiration en France et à l’étranger.

Nous avions un objectif : Les Victoires de la musique.

Que fait-on ensemble ? Chacun a phosphoré dans son coin puis tous ensemble et on est arrivé à un projet assez original. On souhaitait en effet qu’il y ait assez d’images dans le décor mais pas d’images pour l’image. Nous voulions créer des ambiances pour chaque artiste ainsi que pour les plateaux…

Il nous fallait donc un support pour ces images. Olivier nous a fait quelques propositions esthétiques. On a alors fait appel à un autre spécialiste, Julien Collet (Patron d’IVS) pour essayer de trouver les technologies qui nous permettent de faire ce que l’on voulait.

En septembre, nous avons ainsi remis notre proposition à l’équipe des Victoires, mais pas sous format papier. De façon plus originale, nous l’avons mis en ligne. Nous avons surpris le jury mais c’était logique car nous avions tous travaillé de manière numérique.

Sur la base de la modélisation numérique du décor par Olivier Illouz, nous avons pu montrer notre projet scénographique en mouvement, animé. Gilles Papain avait déjà apporté des idées graphiques et Cutback des idées d’habillage.

Le résultat de la consultation est tombé quelques semaines plus tard…
J. C. : Qu’on gagne ou qu’on ne gagne pas, on avait conçu quelque chose qui nous plaisait et qui pouvait plaire.

J’ai un principe de base, mon ami Jacques Chancel dit toujours « Il faut donner au public non pas ce qu’il aime mais ce qu’il pourrait aimer ». Les Victoires de la musique et France 2 pouvaient aimer notre projet. Ils l’ont aimé et nous voilà au Zénith à quelques heures des Victoires de la musique 2013.

La sélection a été faite par l’Association des Victoires et France 2 ?
J. C. : Par les deux. Il y a eu le dossier mais aussi une audition où nous sommes présentés, assez nombreux d’ailleurs. Jérôme Revon, Gilles Papain et Olivier Illouz étaient aussi présents. Nous avons expliqué notre vision d’une soirée des Victoires de la musique.

Par principe nous savons que le casting de la soirée est particulier, que l’élection est faite par les professionnels rassemblés dans l’Académie des Victoires. (Jacques Clément est membre de l’Académie des César). Nous savons qu’il peut y avoir des surprises notamment dans les catégories des jeunes artistes. Il faut en tenir compte. D’un autre coté, on sait que sur France 2 le public est en général un peu plus âgé que les artistes qui sont présentés. Il faut donc les placer dans un environnement qui correspond aussi aux attentes de nos téléspectateurs.

Vous pouvez nous donner le budget de l’émission ?
J. C. : Je peux vous dire que nous avons travaillé sur une enveloppe fermée donnée par l’Association des Victoires dès l’appel d’offre. A nous de nous y conformer.

Mais comme nous sommes engagés pour deux ans nous avons réalisé des investissements qui pourront être amortis sur deux manifestations.

Ces derniers jours nous découvrons notre « prototype », notre dispositif en grandeur réel. C’est un moment merveilleux dans notre métier.



style= »display:inline-block;width:336px;height:280px »
data-ad-client= »ca-pub-4136538743839209″
data-ad-slot= »9372639373″>

Une petite partie du grand écran de vidéo-projection des Victoires de la musique 2013 sur France 2 coté coulisses

Une petite partie du grand écran de vidéo-projection des Victoires de la musique 2013 sur France 2 coté coulisses

Pouvez-vous justement nous présenter ce dispositif scénique ?
J.C. : Comme je vous l’ai dit, nous voulions créer un univers d’images adapté à chaque artiste.

Devant un énorme cyclo blanc de 600 m2 destiné à la vidéoprojection, nous avons créé un trèfle à 4 feuilles avec 4 lieux.

Un premier lieu est occupé par l’orchestre de 31 personnes (Paul Rouger, chef d’orchestre) au centre de l’espace, légèrement en arrière. Comme il ne joue pas tout le temps, il est placé sur une tournette. (Elle n’est pas petite la tournette !) Par un mouvement de rotation c’est un grand écran qui apparaît alors et cache l’orchestre.

A Jardin et à cour, il y a deux scènes légèrement avancées et elles-mêmes cachées si nécessaire par deux écrans que nous appelons deux voiles qui peuvent s’échapper dans les cintres.

A l’avant une quatrième scène, un proscenium destiné à accueillir plutôt des solistes comme des artistes au piano mais aussi à accueillir Virginie Guilhaume et Laurent Ruquier, nos animateurs qui accueilleront les récipiendaires qui viendront de la salle pour récupérer leurs Victoires. On pourra aussi y retrouver des artistes qui chanteront devant l’orchestre qui se sera retourné.

Avec ces 4 espaces, on comprend que, dès la conception de votre décor, vous avez tenu compte des problématiques de temps d’installation et désinstallation des musiciens?
J. C. : Nous nous servons de l’expérience des 9 précédentes Victoires et des spectacles que nous avons produits. De plus nous avons une formidable équipe de backliners dirigée par Pascal Enreille, un vrai routier du métier et qui nous a déjà accompagné pendant les précédentes Victoires.

Les volutes du décor des Victoires de la musique 2013 sur France 2 vues depuis les coulisses - Décor : Olivier Illouz

Les volutes du décor des Victoires de la musique 2013 sur France 2 vues depuis les coulisses – Décor : Olivier Illouz

Il y a beaucoup de passages obligés dans une soirée des Victoires. L’émission est alors souvent qualifiée de trop longue et parfois de lente surtout comparée aux récents NRJ Music Awards.
J. C. : On peut parler des NRJ Music Awards. Les chanteurs ne sont pas toujours en direct et ils ont parfois enregistré leur prestation avant le soir du direct. Par ailleurs, et cela me sidère à chaque fois, les artistes ne chantent pas forcément leur chanson en entier. Pour moi c’est un autre métier.

Quand on coupe les chansons au bout d’une minute, une minute trente, cela « dépote » comme on dit mais est-ce rendre service à la musique et aux artistes?

Depuis toujours, aux Victoires, les artistes interprètent leurs chansons en direct et dans leur globalité.

Quand on dit que c’est très long, c’est surtout vrai pour les remerciements mais nous n’avons pas eu l’indécence d’adopter les méthodes américaines avec les micros qui descendent ou les coups de pied dans les jambes.

Par ailleurs quand on chronomètre les plateaux des animateurs sur toutes les Victoires, on a constaté que c’est rarement très long. Parfois, il est vrai on peut avoir besoin de faire durer un peu un plateau le temps d’une installation ou désinstallation. On est en direct à 100%, on peut avoir ce type de problème.

Le succès de l’émission dépend aussi du casting.

Tout le monde sera donc bien en live ?
J. C. : Oui, les voix seront 100% en direct, les instruments sur scène aussi. Et sur France 2 le logo direct sera en permanence à l’image même si cela implique qu’il peut y avoir des pépins.

Il n’y aura jamais eu autant d’écrans sur les Victoires de la musique que vendredi. La technologie nous permet de faire des choses nouvelles cette année. Notre directeur photo, Frédéric Dorieux nous a par exemple déniché de nouveaux projecteurs (Les VL 3015 – 16000 € HT pièce!) jamais encore utilisés en télévision. Nous aurons 8 vidéoprojecteurs dont certains de toute dernière génération.

Dans un an on aura surement encore du nouveau matériel. Les technologies évoluent vite.

Il y a la technologie et l’art de les régler et ensuite de les utiliser.

Ce mélange de projections, de diffusions sur écran led et de la lumière est difficile à réaliser. Les équipes ont passé beaucoup de temps dessus et des nuits les attendent encore jusqu’au direct.

Vue la configuration du décor et la place qu’il occupe dans la salle, j’imagine que vous avez déjà réservé le Zénith pour l’année prochaine ?
J. C. : Ce n’est pas nous qui le louons, c’est l’Association et on ne vous donnera pas la date ! Mais ce décor ne permettra pas d’aller ailleurs ! Sauf peut-être à Bercy !
Cela se passera probablement ici l’année prochaine ou alors on devra peut-être changer de décor !

Jérôme Revon réalisera le direct depuis un car vidéo France Télévisions. Est-ce devenu une obligation sur les programmes diffusés sur France Télévisions ?
J. C. : La partie vidéo est assurée par le car vidéo France 3 Lyon. La partie son de toute la partie musique est gérée par Silence et Gilles Hugo. Par contre Radio France, qui diffusera à la fois sur France Bleu et France Inter, a choisi de faire son propre son. Ils récupéreront aussi en Y le son de chacun des micros musique et le son des plateaux.

A Act 4 nous sommes ravis de travailler avec la filière Moyens de production de France Télévisions car il y a des gens très compétents et les mêmes qualités techniques que dans le privé. Par contre, nous ne sommes pas d’accord sur les tarifs et charges économiques du coté de France Télévisions. On a donc décidé de faire une consultation incluant France Télévisions. Ils se sont alignés, c’est très bien.

A lire aussi  :

- Les premières photos du décor et sa présentation par Olivier Illouz

- Le dispositif de réalisation à 19 caméras de Jérôme Revon

- Papain, son site , sa présentation en 2011 sur Media(s) un autre regard et  les coulisses de projections pour le spectacle de Céline Dion à Las Vegas. Papain a aussi travaillé sur Dracula et Adam et Eve, les spectacles musicaux.
Les autres articles concernant les décors d’Olivier Illouz


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






0 commentaire


Soyez le premier à déposer un commentaire!


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>