Spectacle

16 avril 2013

Un ballet de l’Opéra Bastille réalisé et diffusé en direct au cinéma, les répétitions

Troisième Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra Bastille. Chorégraphie de John Neumeier

La surface du plus grand plateau TV au nord de Paris : 1 300 m2. La surface totale de l’espace scénique de l’Opéra Bastille est de 5 000 m2 x 2 ! Les coulisses de la mise en place de la captation d’un ballet diffusé en direct au cinéma ce jeudi 18 avril en France et en Europe.

5 000 m2. Et oui, cela fait beaucoup. La surface scénique de l’Opéra Bastille est composée, au 1er étage, d’une scène principale de 750 m2 (il faut l’occuper !) et de 45 mètres de haut mais aussi de 4 scènes annexes toutes aussi immenses. On y trouve même une arrière arrière scène et, pour faire passer les décors d’un espace à l’autre une immense plaque tournante centrale, une « tournette » de 28 m de diamètre.
Le sol de la scène principale est même équipé d’un ascenseur de 400 m2 permettant de descendre et monter les décors au sous-sol, 25 mètres plus bas dans une autre immense surface de 5 000 m2. Faut pas se perdre! Non mais allô, t’es où ?!

De quoi donner envie à Media(s) un autre regard d’assister à la préparation de la captation d’un Ballet sur la Troisième Symphonie de Gustav Mahler dont les décors, la lumière et la chorégraphie sont signés John Neumeier. Le ballet est interprété par Les Etoiles, les Premiers Danseurs et le Corps de Ballet de l’Opéra sur une musique interprétée par l’Orchestre de l’Opéra national de Paris, la Maîtrise des Hauts-de-Seine sous la direction de Simon Hewett.

Une captation que France Télévisions diffusera après l’été mais qui sera accessible dès ce jeudi 18 avril à 19h30 puisqu’elle sera diffusée en direct dans 41 cinémas en France et 45 salles de cinéma en Europe (Autriche, Belgique, Allemagne). La liste des salles de cinéma. (28 € la place dans les UGC).

En France, dans des cinémas indépendants et des cinémas UGC, il sera possible d’assister au spectacle (Tout en mangeant du pop corn?!) grâce à la réalisation du danois Thomas Grimm et ses 8 caméras du car Lille de la Filière Production de France Télévisions.

Une production de l’Opéra National de Paris (Opéra de Paris Production) avec France Télévisions et CLC Productions (Co-producteur délégué et exécutif de la captation). François Roussillon et Associés assure la partie distribution et commercialisation cinéma, certains d’entre eux recevant le signal par satellite via un car sat installé pour l’occasion à coté de leur cinéma, d’autres via leur propre parabole satellite. Le départ du signal à l’Opéra sera réalisé grâce à un car satellite Globecast.

Une diffusion cinéma rendue possible par le financement de la captation par des mécènes de l’Opéra, par l’investissement de France Télévisions, et l’apport par CLC d’une part de son compte automatique de soutien du CNC.

Pour préparer ce rendez-vous en direct jeudi, une première captation en public a eu lieu ce samedi, une seconde aura lieu ce mardi soir. Retour sur la première captation samedi dernier.

Cette captation n’était pas qu’une répétition dans les conditions du direct. En effet, ses images ainsi que celles de la captation de la représentation de mardi seront aussi enregistrées et disponibles avec celles de jeudi pour le montage final du programme tel qu’il sera diffusé sur France Télévisions.

Les équipes de CLC Productions ont vu grand. Ainsi pendant ces trois représentations, ce sont le ProGraMme (PGM) mais aussi l’ensemble des images des 8 caméras qui sont enregistrées et qui seront disponibles en montage. Idem au son où, en complément d’un mixage en direct du spectacle, le son de chaque micro (35 au total) est enregistré lors des trois représentations.

Les images du tournage de ce mardi soir seront aussi utilisées en programme secours jeudi. Ainsi, pendant le direct, les images tournées ce mardi tourneront en même temps que le direct. En cas de problème technique la captation de mardi sera alors diffusée en secours à la place du direct. La captation de mardi pourra même être un peu retouchée en montage (nettoyée) mercredi si nécessaire pour proposer une diffusion secours la plus parfaite possible au cinéma.

Retour à la préparation du direct de jeudi :

Les équipes de réalisation ont commencé leur travail bien avant samedi. Le réalisateur danois Thomas Grimm, sa scripte, Myriam Boyer, ainsi que certains cadreurs ont déjà été invités à voir le spectacle ces dernières semaines. Par ailleurs, samedi, en début d’après-midi, tous les cadreurs étaient réunis avec le réalisateur et sa scripte pour visionner une captation de travail en plan fixe réalisée quelques jours plus tôt. Le réalisateur a ainsi pu donner ses consignes générales aux cadreurs mais aussi plus spécifiques selon les tableaux du ballet. La scripte a pris des notes très précises pour raconter en direct tout ce qui va se passer sur la scène de l’opéra Bastille. Cela fera l’objet d’un article bonus jeudi.

Myriam Hoyer, scripte et Thomas Grimm, réalisateur du Ballet "Troisième Symphonie de Gistav Mahler" à l'Opéra Bastille

Myriam Hoyer, scripte et Thomas Grimm, réalisateur du Ballet « Troisième Symphonie de Gistav Mahler » à l’Opéra Bastille

Le car de Lille était déjà arrivé vendredi, le temps d’installer les moyens techniques images. L’équipement son a été géré avec Kairos Musique. Un avantage à l’Opéra Bastille, pas besoin de tirer des câbles image sur des km (je vous rappelle que le bâtiment est énorme), le lieu est fibré pour 9 caméras. Les caméras installées dans la salle aux rangs 12 sont alors connectées à un patch local. Leur signal est ensuite récupéré directement à quelques mètres de l’emplacement du car régie. Pratique.

Les caméras dans la salle de l'Opéra Bastille - Captation d'un ballet

Les caméras dans la salle de l’Opéra Bastille – Captation d’un ballet

Bon ok, vous aurez réussi à repérer une caméra au premier plan, la seule fixe sans cadreur du dispositif. Elle réalise le plan large face à la scène encore fermée au moment de la photo, à quelques minutes du début du ballet. Saurez-vous repérer les autres caméras? La réponse jeudi!

Pour installer ces caméras au cœur du public, la production a du racheter les places proches des caméras mais aussi quelques rangées derrière les caméras, celles où les spectateurs auraient été gênés au moins en partie par les caméras. Certaines places les plus proches des caméras ont été laissées vides, d’autres, notamment celles dans les rangs derrière les caméras ont été redistribuées par la production à leurs invités. Dès que l’Opéra sait qu’une captation va avoir lieu ou déjà dès qu’est simplement envisagée, une série de rangs et de places sont bloquées  à la vente.

Comment CLC (Compagnie Lyonnaise de Cinéma) a été choisie comme co-producteur délégué et producteur exécutif de la captation de ce ballet? C’est le résultat d’un appel d’offres. Désormais, m’a expliqué Pierre Moitron, producteur, l’appel d’offre se fait sur proposition d’une équipe artistique composée notamment d’un réalisateur et d’un directeur photo.

CLC a donc proposé Thomas Grimm, réalisateur Danois et Pierre Dupouey, directeur de la photographie français car ils ont déjà travaillé avec John Neumeier, le premier ayant réalisé les captations de La dame aux camélias, Sylvia et La Petite sirène. Le réalisateur et le metteur en scène ont une grande confiance l’un envers l’autre. Il en est de même avec le directeur photo qui a déjà travaillé avec le chorégraphe sur Sylvia et La Dame aux Camélias.

Ce trio a travaillé plusieurs semaines à l’avance sur les grands principes de la captation du spectacle. Pierre Dupouey est présent pendant toute la captation dans le car régie aux cotés des deux ingénieurs de la vision. (Vignette en haut à droite de la photo suivante)

Depuis le car Lille - Filière Production - Captation d'un ballet à l'opéra Bastille à Paris

Depuis le car Lille – Filière Production – Captation d’un ballet à l’opéra Bastille à Paris

Ce patchwork vous présente au centre une vue du monitoring de réalisation. Sur la ligne du bas, à gauche, les images des flux des 8 caméras (+ la réalisation) enregistrés sur 2 LSM. Un LSM a été ajouté car chacun ne peut enregistrer que 5 flux Full HD. Les flux étaient enregistrés (au centre) sur 1 X-Store (+ 1 X-File). L’utilisation d’un codec DNxHD 120 permet une utilisation directe sur AVID.

Au centre, à droite, une image multiscreen composée pendant cette première captation samedi. On y retrouve l’image réalisée en direct (le PGM) mais aussi les images divergées des 8 caméras. Ainsi mardi en début d’après-midi, mais aussi jeudi, les cadreurs reverront la précédente captation du spectacle en intégralité à partir de cette image multiscreen. Chaque cadreur pourra voir son travail, voir quelle valeur de plan, quel intervenant manquait…

Nous reviendrons sur l’image mais il y aussi le son, un son particulièrement important sur ce type de prestation.

Dans la régie son du car Lille Filière Production - Captation Ballet : Troisième Symphonie de Gustav Mahler - Opéra Bastille

Dans la régie son du car Lille Filière Production – Captation Ballet : Troisième Symphonie de Gustav Mahler – Opéra Bastille

Au centre, dans la régie son du car, Franck Mazelly, Chef Opérateur Son et Philippe Engel (Kairos), conseiller musical qui suit le ballet en lisant une partition identique à celle du chef d’orchestre, un chef d’orchestre qu’ils suivent aussi à l’image grâce à une caméra interne de l’Opéra.

A droite, la partie enregistrement multipistes et en dessous, en gros plan, le monitoring de suivi de l’équilibre du 5.1.

21h30, après deux heures de spectacles sans entracte, Thomas Grimm était plutôt content de cette première captation. Les équipes de la Filière Production pouvaient désinstaller le matériel dans la salle. En effet, un autre spectacle, l’opéra Siegfried de Wagner, allait être donné dimanche.

Par ailleurs, entre les spectacles, des répétitions techniques des prochains spectacles dont l’opéra La Gioconda de Ponchielli ont lieu. Les caméras installées dans la salle peuvent alors gêner certains chorégraphes… Les décors de chacun des spectacles sont aussi déplacés, des ponts de lumière décrochés, d’autres remontés entre chaque spectacle. Ainsi, ce samedi après-midi, avant le ballet du soir, les techniciens de l’Opéra Bastille démontaient un décor de répétitions et installait le décor et la lumière de la représentation du soir.

Tout était près sur scène à 19h32 samedi dernier et, ce jeudi, voilà à quoi devrait ressembler le tout début du ballet :

Troisième Symphonie de Gustav Mahler à l'Opéra Bastille. Chorégraphie de John Neumeier

Troisième Symphonie de Gustav Mahler à l’Opéra Bastille. Chorégraphie de John Neumeier

De quoi découvrir la fosse orchestre mais aussi, malgré l’utilisation de cinéfoil sur les moniteurs des cadreurs, de quoi repérer 5 des caméras de Thomas Grimm.

En attendant de revenir jeudi sur sa réalisation de ce ballet, quelques lignes encore pour vous présenter CLC (Compagnie Lyonnaise de Cinéma) :

Comme son nom ne l’indiquera donc plus, CLC déménage à Paris et s’est spécialisée dans le domaine du spectacle vivant, de la musique et de la danse. La société a été créée en 1936 ce qui en ferait la plus ancienne société de production en France. Suite au décès de son fondateur il y a deux ans, elle est devenue une entité du groupe Tétra Média et a changé de spécialités.

Dans le spectacle vivant, elle travaille ainsi régulièrement pour France Télévisions, Arte et sur le web pour Arte Web, Medici tv… Elle réalise ainsi des captations en France grâce à un partenariat avec l’Orchestre national de France mais travaille aussi à l’étranger.

A lire aussi : 
Les scènes de l’Opéra Bastille en quelques chiffres
La visite virtuelle de l’Opéra Bastille


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






0 commentaire


Soyez le premier à déposer un commentaire!


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *