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17 avril 2013

Dans la peau de Jacques Chirac, Bernard Le Coq : La dernière campagne, interview partagée !

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Bernard le coq Jacques chirac La derniere campagne France 2

La dernière campagne ce soir sur France 2 ne sera peut-être pas la dernière occasion pour Bernard Le Coq d’incarner Jacques Chirac. Ce n’est pas non plus une première mais, à la différence de la Conquête, il interprète ce soir le personnage principal de cette fantaisie, un personnage au multiples facettes. Interview

Quand on le rencontre pour la première fois, comme c’était mon cas ce jour de projection presse, on a déjà l’impression de bien le connaître. Je parle bien sûr de Bernard Le Coq et non de Jacques Chirac, bien sûr! On a l’impression qu’il est déjà venu souvent nous rendre visite à la maison. J’avais l’impression d’être avec un autre Jacques : Jacques Beaumont et sa famille formidable.

L’œil brillant, passionné par son métier et réaliste sur ces capacités, drôle, il a bien voulu répondre aux questions de Media(s) un autre regard et d’autres journalistes rassemblés autour d’une table le temps d’un déjeuner de presse alors que nous venions de découvrir le film :

Jacques Chirac dans La Conquête ou dans La dernière Campagne, le même rôle ?
Bernard Le Coq : C’est la même chose mais en même temps très différent. Dans le premier film, il était vraiment dans la pleine possession de sa force. J’ai adoré jouer quelques très belles scènes mais le Chirac que j’avais à jouer n’avait pas la même complexité que le Chirac de La Dernière Campagne. On ne le voyait pas dans son intimité.

Je n’ai pas d’informations précises sur sa situation actuelle mais je sais qu’il est parfois très fatigué. J’ai été amené à jouer à la fois un homme qui a des problèmes de santé mais qui en joue aussi. Il a des moments de grande lucidité. Ce qui était plaisant à jouer justement c’était de passer de cette lassitude, cette fatigue dans le réel à une vitalité aussitôt qu’il s’emportait dans le rêve.

Dans La Dernière Campagne, ce qui était le plus difficile au fond c’était d’apprendre le texte. Je ne travaille pas beaucoup (rires) mais j’ai beaucoup travaillé cet aspect. Il a une manière de parler, un vocabulaire que je n’ai pas, il emploie plus de mots ! Il a une certaine élégance dans son phrasé. Tout était très écrit. Alors pas de « Euh » de « Hein », pas de bafouilage, ces gens là maîtrisent leurs pensées, leur langage.

Pour nous, comédiens de ce film, c’est quand même un cadeau que d’interpréter des personnages réels qui sont là sous nos yeux dans la réalité. On ne peut pas prétendre à être leur copie conforme et ce n’est pas ça le but mais c’est de trouver quelque chose qui soit assez crédible pour qu’à un moment on happe le téléspectateur pour qu’il efface ce qu’il sait du personnage et qu’il se laisse aller à l’histoire du film.

En vieillissant, et j’ai du pot, je commence à jouer des gars beaucoup plus vieux que moi. Ça me blesse (rire) mais j’ai 15 ans de bon. J’ai pris le marché. C’est bonnard !

Vous vous êtes documenté ?
B. L. C. : Je ne fais pas de listes en me disant qu’il faut que je regarde telle chose mais j’entend un discours, je vois telle image…

C’est un scénario dans lequel il y avait toutes les informations dont j’avais besoin. C’est un plaisir enfantin de jouer mais on essaie de pas trop imiter pour éviter certains écueils caricaturaux même si en l’occurrence on fait rire avec les personnages, leurs contradictions, leurs caractères.

On a l’impression que c’est Chirac qui rentre presque en vous ?
B. L. C. : Sors de ce corps ! Oui, il y a quelque chose qui se fait à un moment. Je n’ai pas les mêmes idées que lui mais j’ai de la sympathie pour lui comme beaucoup de gens et particulièrement aujourd’hui quand il est en dehors de l’arène. Mais je n’ai aucun don d’imitation. Celui qui a ce talent c’est mon ami Yves lecoq !

Vous n’auriez pas pu interpréter quelqu’un comme ça sans le trouver sympathique ?
B. L. C. : A un moment il faut qu’il y ait une petite correspondance. C’est vrai qu’il a un côté sympa. Il y a des traits communs au moins dans les apparences. Je n’ai cependant pas ce couteau entre les dents de celui qui voudrait conquérir tous les pouvoirs.

Mais au fond de moi il y a quand même quelque chose que j’utilise en tant qu’acteur. J’aime bien jouer les hommes de pouvoir même si moi je ne cours pas après. En plus cela doit être très fatiguant et on prend des coups sur la tête !

Tout ce qui anime ces gens de pouvoir, c’est intéressant à jouer. Et puis, tous ces aspects du pouvoir sont montrés d’une manière assez originale et plaisante. L’un des grands intérêts du film par rapport à d’autres biopics c’est sa coloration tendre et drolatique.

Entre ce film la et la Conquête, Bernard le réalisateur vous a t-il demandé d’autres manières de jouer le personnage de Jacques Chirac ?
B. L. C. : En vieillissant, et j’ai du pot, je commence à jouer des gars beaucoup plus vieux que moi. Ça me blesse (rire) mais j’ai 15 ans de bon. J’ai pris le marché. C’est bonnard !

Plus les personnages sont colorés, plus le texte est riche, plus les idées sont fortes, surprenantes, touchantes, plus on est nourri pour nous mettre au service des histoires et des téléspectateurs.

Je crois qu’on a réussi à faire un film intéressant mais à vous de voir.

En tant que comédien vous préférez incarner un personnage réel ou de fiction, jusqu’à parfois l’incarner comme dans Une famille formidable ?
B. L. C. : Tout ! J’adore jouer dans Une famille formidable, et oui je suis un peu devenu le personnage. Dans cette série on est dans un pur quotidien, mais ce n’est pas mon quotidien, ce sont les fantasmes d’un pauvre cinglé Joel Santoni (son créateur) (Grands rires !)

Ces personnages sont toujours un mélange d’un metteur en scène, d’un auteur, de producteurs qui créent un monde et puis au bout de quelque temps on l’incarne. On se rapproche de cela, cela se mélange un peu. J’adore jouer le quotidien et la banalité, c’est très intéressant mais il faut de la matière. J’aime tout en fait, j’aime bien jouer…

La Dernière Campagne, une production GMT ce mercredi 18 avril à 20h45 sur France 2

A lire aussi : 
L’interview de Patrick Braoudé et Thierry Frémont (François Hollande et Nicolas Sarkozy)
Les coulisses du tournage et de la production de La Dernière Campagne sur France 2

 

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