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26 avril 2013

Le piège blanc sur France 3 : Des hommes et des caméras au Groenland : Même pas froid !

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Ecrit par : Emmanuel Matt
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Thierry Robert, réalisateur de Le Piège Blanc, à terre pour filmer Vincent Berthet & Alban Michon

Même pas froid (ou presque!) mais gare à l’humidité! Des caméras embarquées par les deux aventuriers, des moyens techniques et humains de tournage complémentaires sur un bateau… Comment filme-t-on pendant 50 jours au Groenland?

Il y a quelques jours, Media(s) un autre regard vous proposait les premières images de Le Piège Blanc un film événement, l’aventure de Vincent Berthet et d’Alban Michon, le premier, explorateur et cadreur, le second, plongeur et aventurier lui aussi, qui sera diffusé le vendredi 3 mai dans Thalassa en prime time sur France 3.

Nous avions alors évoqué les conditions de tournage pendant leur périple de 1000 km en kayak au Groenland et l’organisation originale pour tourner ce film de 110 minutes.

Ainsi, l’équipe de Thierry Robert le réalisateur, installée sur le bâteau Uiloq a accompagné les deux aventuriers pendant les trois premières semaines avant de les rejoindre à nouveau pendant la dernière semaine jusqu’à l’arrivée.

Leur présence a permis de compléter les moyens techniques embarqués des deux aventuriers.

Les moyens de tournage des deux aventuriers :

Pendant un peu moins de 30 jours,  Alban Michon et Vincent Berthet étaient totalement seuls à vivre leur aventure mais aussi à la filmer.

Vous ne serez pas surpris d’apprendre qu’ils étaient équipés de GoPro ces fameuses caméras de petite taille et indestructibles particulièrement adaptées aux terrains humides dans leur caisson étanche.

Ils avaient 4 GoPro à leur disposition. Elles étaient notamment installées sur les deux Kayak de l’aventure

Le piège blanc, un kayak équipé de Go Pro

Le piège blanc, un kayak équipé de Go Pro

Vous apercevez notamment une GoPro face à l’un des deux aventuriers. La seconde était aussi souvent placée sur le Kayak mais de façon à filmer le coéquipier. (Il ne fallait pas oublier de nettoyer les optiques de temps à autre de l’eau, de la glace…)

Si ces caméras sont parfaitement adaptées pour ce type de tournage difficile, le son capté reste de piètre qualité.

Ils ont donc associé à ces caméras un système Tascam DR 40 à deux micros qui permet, même à un voire deux mètres me dit-on, de capter un excellent son. Ce micro était lancé en même temps que les GoPro. Le son témoin (non exploitable) des GoPro et celui de ce micro double étaient ensuite synchronisés la nuit sur Avid en montage grâce à un plugin.

Alban Michon et Vincent Berthet étaient aussi équipés de caméras de poing Sony. La production a fait le choix d’acquérir des Handycam Sony Grand public HD et désormais de très bonne qualité. Bien protégées dans des housses résistantes, elles ont survécu à l’aventure. Le son a été amélioré en ajoutant sur ces caméras des micros Senheiser avec bonnette bien sûr pour les protéger du vent.

Il est vrai que le matériel de tournage même grand public supporte assez bien les températures aux alentours de -15°C. Par contre il faut faire particulièrement attention à l’humidité.

C’est valable pour les caméras mais aussi pour l’ordinateur portable, le GPS, les batteries (les plus longues possibles), les piles. Une partie du matériel y compris des piles était rechargeable via un panneau solaire. La production avait tout de même prévu des piles de secours.

L’ordinateur était notamment indispensable pour les sauvegardes de rushs. En effet, il avait été décidé de sécuriser les rushs en les conservant en trois exemplaires.

Les caméras tournaient sur cartes. Celles-ci ont toutes été conservées, elles n’étaient pas vidées dès leur back-up sur disques. Pour plus de sécurité les cartes étaient aussi à chaque fois copiées le soir sur deux disques durs antichoc et choisis pour leur connectique intégrée. Cela faisait toujours un problème d’humidité d’évité ! Au final : un rush master et deux back-ups.

Le temps de tournage dépendait des activités quotidiennes. Quand les deux aventuriers étaient bloqués, le temps de tournage diminuait. Pendant le mois en solitaire, les deux aventuriers restaient cependant en contact tous les jours ou tous les deux jours par téléphone satellite avec le réalisateur qui leur demandait alors s’ils avaient pensé à tourner tel plan, tel contrechamp en fonction des actions de la journée. Il leur demandait alors parfois de retourner telle ou telle image ou séquence complémentaire indispensable pour la réalisation du film. Il était important de multiplier les axes caméras quitte à refaire quelques prises de temps à autre. La richesse de la mise en image passait aussi par là.

Pas d’assistance aux deux aventuriers même lorsqu’ils étaient suivis du bateau de réalisation. Par contre, les rushs des trois premières semaines de tournage ont tout de même été récupérés sur le bateau. Toujours ça qui ne prendrait pas l’eau pendant le reste de l’aventure.

Les moyens de tournages complémentaires du bateau

Le Cinquième Rêve, producteur du film a choisi d’ajouter, quand cela était possible, des moyens techniques supplémentaires pour une mise en image plus riche de l’aventure. Ainsi, pendant les premières semaines et la dernière semaine, un bateau logistique (le Uiloq) suivait, accompagnait les aventuriers, l’occasion de réaliser d’autres types de plans aux cotés des aventuriers sur l’eau mais aussi à terre.

Conditions extrêmes de tournage : Le Piège blanc sur France 3 - Production Le Cinquième Rêve - Ph. Andy Parant

Conditions extrêmes de tournage : Le Piège blanc sur France 3 – Production Le Cinquième Rêve – Ph. Andy Parant

Un zodiac permettait, ici à Thierry Robert le réalisateur, de suivre au plus près les aventuriers en mer, partageant avec eux les mêmes conditions climatiques éprouvantes.

Sur ces deux autres photos on aperçoit à nouveau Thierry Robert, réalisateur avec sa caméra C300 et son viseur en carton bricolé sur place par Mattéo Rivoli (1er assistant de réalisation). Ce viseur en carton créait une sorte de chambre noire bien pratique pour mieux voir l’écran LCD.

Le Piège Blanc - Thierry Robert réalisateur (avec Mattéo Rivoli) - Le Cinquième rêve, France 3

Le Piège Blanc – Thierry Robert réalisateur (avec Mattéo Rivoli) – Le Cinquième rêve, France 3

Sur la photo de droite on retrouve Thierry Robert et Mattéo Rivoli avec la seconde caméra, une Canon XF305.

Le Zodiac permettait aussi d’accéder à la terre et de réaliser d’autres plans notamment le soir lorsque les aventuriers installaient leur campement, enfin leur unique tente, pour la nuit.

Thierry Robert, réalisateur de Le Piège Blanc, à terre pour filmer Vincent Berthet & Alban Michon

Thierry Robert, réalisateur de Le Piège Blanc, sur des rochers pour filmer Vincent Berthet & Alban Michon

Le bateau principal permettait de transporter l’équipe de tournage, leur servait de gîte et de moyen de transport du matériel additionnel  mais il permettait aussi de réaliser d’autres types de plans notamment grâce à une grue légère ABC Crane 100 embarquée.

Le piège Blanc sur France 3, le bateau de tournage et sa grue

Le piège Blanc sur France 3, le bateau de tournage et sa grue

Cette grue et son bras de 3 mètres a été très utile à l’équipe de réalisation. En effet certains plans du film que l’on pense aériens ont été réalisés grâce à cette grue.

Un drone conçu en interne avait été prévu pour réaliser d’autres plans aériens mais il a malheureusement pris la mer à la fin de la première session de tournage (M. à J.) Est-ce le froid ou l’eau qu’il a le moins bien supporté? Fin de l’aventure pour lui!

Il y a du matériel et des hommes qui n’avaient par contre par peur de l’eau gelée du Groenland, ceux prévus pour accompagner les plongées d’Alban Michon.

René Heuzey,chef opérateur sous-marin, Jean-Christophe Guerri son assistant et leur matériel de plongée et de tournage - Le Piège Blanc / Le cinquième rêve

René Heuzey,chef opérateur sous-marin (au centre), Jean-Christophe Guerri son assistant (à gauche) et leur matériel de plongée et de tournage – Le Piège Blanc / Le cinquième rêve

L’organisation et le tournage des plongées de Vincent Berthet, c’est aussi une aventure à suivre prochainement sur Media(s) un autre regard

En bonus aussi, dans les prochains jours, en avant première mondiale (!!! Buzz Buzz!) de premiers extraits du making of du tournage!

A lire aussi : 
Le Piège Blanc vendredi 3 mai sur France 3 : Son organisation
Le cinquième Rêve (Producteur de Le Piège Blanc)
Le site d’AndyParant photographe du tournage

La suite des articles : 
– Le Piège Blanc, exclusif, les premiers extraits du Making-of
– Le Piège Blanc, coulisses du tournage des plongées


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






4 commentaires


  1. Il aurait été plus « honnête  » d’expliquer des le début du documentaire ces moyens techniques mis en œuvre.


    • Hillion

      Pendant une bonne partie du film, je me suis demandé qui tenait la camera.
      La question était particulièrement pertinente pour les images du requin arctique. Je me demande d’ailleurs si elles ont été prises pendant le raid.
      Le suspense, la tension entretenus pendant le film étaient dévalorisés par le doute induit par les prises de vues, c’est dommage.
      L’exploit, néanmoins, reste.


  2. Robert

    Bonjour!
    Grand amateur de ce genre d’aventure (c’est en partie mon métier) et « apprenti caméramen » (mon hobby! et je passe pas mal de temps a filmer dans des conditions difficiles en montagne ou lors d’expés) j’ai regardé ce beau reportage avec beaucoup d’intérêt; Tout du long j’ai cherché a comprendre le mode de fonctionnement pour filmer, « rêvant » a un 3e kayak qui participerait à l’expédition avec pour unique fonction de filmer ce qui aurait été un magnifique challenge, un peu comme l’équipe de « Under the Pole » où les images sont produites par l’expé elle même. Déception en voyant cet explicatif et comprenant qu’ils étaient suivis par une « artillerie lourde » : les « spécialistes » verront cette « aventure » d’un tout autre œil…
    Ce reportage reste cependant sympathique et très joli, le public lambda ne se posera pas la question et aura un aperçu de ce qu’on peut vivre en expé.
    Bonne continuation!


  3. Isa Ted

    Superbe,magnifique…en dehors du fait que l’aventure était fabuleuse, la réalisation du film est de très haut niveau…un bonheur pour les yeux, et l’envie de regarder encore et encore. Bravo Messieurs. Ça donne envie d’être aventurière…rien que pour le film!!!



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