Internet

28 juin 2013

Internet : Quand la presse et la radio font de la vidéo, ce n’est pas toujours de la TV…

Diversification on line et e-commerce des groupes medias (Document NPA Conseil)

Au « commencement », Internet c’était de l’écrit, désormais le format principal serait la vidéo. Comment les médias traditionnellement radio et presse écrite se sont adaptés?  Quelles sont les stratégies du Figaro et de RTL? Font-ils de la TV? Qu’en pensent les groupes audiovisuels France Télévisions et TF1?

Il y a quelques jours, NPA Conseil organisait son colloque annuel de fin d’année média en partenariat avec Le Figaro.

L’une des tables rondes rassemblait Christopher Baldelli, Président de RTL, Alexis Brézet, Directeur des rédactions du Figaro, Bruno Patino, Directeur général délégué aux programmes, aux antennes et aux développements numériques de France Télévisions et Régis Ravanas, Directeur général adjoint TF1, en charge des diversifications du groupe.

RTL est leader en Radio, Le Figaro dans la presse écrite papier d’information quotidienne, TF1 à la télévision devant France 2. Des leaders sur leur média de base mais qui se retrouvent et se concurrencent désormais aussi sur d’autres supports et via d’autres modes de consommation comme les podcasts pour la radio et les sites internet et appli.

Presse, radio, TV : Leur développement délinéarisé. Document NPA Conseil

Presse, radio, TV : Leur développement délinéarisé. Document NPA Conseil

Le développement sur le digital de la presse écrite et de la radio les amène aussi désormais à produire de la vidéo mais avec chacun une approche différente.

Pour Alexis Brézet, le site internet du Figaro garde une identité propre. Son ADN, son histoire c’est l’écrit avec ses 400 journalistes et correspondants à l’étranger. La vidéo, comme il y a quelques années déjà la photo, a pour fonction d’illustrer l’écrit et non de le remplacer. Le cœur de l’offre restera l’écrit.

Cela n’empêche pas Le Figaro d’investir dans des moyens humains et techniques de tournage. Un second plateau de tournage est d’ailleurs en cours de construction. De 15 vidéos originales en ligne par jour il y a deux ans, 50 à 60 actuellement, le Figaro voudrait passer à 100 par jour en fin d’année et à plus encore l’année prochaine.

De la vidéo pour illustrer de l’écrit et non « faire de la TV » cela se traduit dans l’écriture et le montage de sujets. Pas forcément d’accroche et de chute et d’intervention du journaliste face cam dans le sujet. La «grammaire» de ces sujets doit compléter le contenu de l’écrit.

Parmi les vidéos on trouve ces sujets, des émissions et interviews en plateau, parfois des face cam de journalistes pour des commentaires à chaud sur une actualité.

Par ailleurs le Figaro a signé un accord avec BFM TV et achète certaines vidéos à Reuters mais « pas à l’AFP, hors de prix ». Le site reprend aussi certaines vidéos sur internet et des extraits de programmes TV de moins de 30 secondes dans « le respect du droit de citation »
C’est d’ailleurs le Figaro qui avait mis en ligne le désormais célèbre extrait « Non mais allo quoi » de Nabila.

Pour Christopher Baldelli, filmer les programmes radio est justifié par le développement de l’écoute de la radio sur de nouveaux écrans, de nouveaux récepteurs que sont les tablettes et smartphones. « Le smartphone est le transistor d’aujourd’hui »

« Le contenant faisant le contenu », puisque le marché des tablettes se développe fortement autant proposer ce type de contenu supplémentaire. « RTL doit aussi être présent en image pour ne pas risquer d’être « skipée  » »

Le Président de RTL précise cependant que ceux qui écoutent ou regardent RTL sur tablette le font rarement pendant plus de deux heures et ne sont probablement pas scotchés pendant cette durée devant leur écran à regarder la radio.

La radio filmée est un plus et par ailleurs rendue possible par la baisse du coût de production (caméras, commut, montage). Le modèle économique du digital à RTL limite d’ailleurs les investissements techniques et humains destinés à ces captations quotidiennes.

« Quand on fait de l’image à la radio, on ne fait pas de télévision ». Christopher Baldelli précise qu’aucune instruction n’a été donnée aux animateurs radio de faire de la TV. Pas de consigne comme regarder la caméra, de choix de stylisme et pas de maquilleuse.

Christopher Baldelli n’a pas mentionné cependant un autre intérêt de la radio filmée. La réalisation de ces images même souvent de piètre qualité pour une diffusion TV facilite la reprise à la télévision de tel ou tel extrait d’interview ou intervention sur l’antenne de la radio.

La vidéo sur internet n’est pas qu’une forme de contenu appréciée des internautes mais comme le rappelle Régis Ravanas de TF1 un média encore très bien rémunéré par la publicité notamment en pre-roll. Les tarifs par milliers de vues (eCPM) sur les vidéos sur internet sont encore supérieurs aux tarifs pub TV.

Pour Bruno Patino : « Convergence ne veux pas dire standardisation des expériences » tout en précisant que pour lui « l’expérience utilisateur est la résultante de trois composantes : le contenu, le contexte et l’écran d’utilisation, et enfin l’interface d’utilisation. »

Il rappelle aussi que nous disposons de 6,3 écrans en moyenne dans chaque foyer en France mais que désormais tous les acteurs du digital souhaitent être présents d’une manière ou d’une autre sur l’écran téléviseur jusqu’àlors réservé aux TV.

En tant que service public France Télévisions doit être présent sur tous les supports et « être au service des usages du public. La façon de recevoir France Télévisions ne doit pas dépendre des choix technologies des français ». Cela implique donc des coûts de développement conséquents pour être présent à la fois sur tablettes et smartphones, sur Android et IOS, sur la TV connectée via la TNT ou sur les box, stations de jeu etc.

Diversification on line et e-commerce des groupes medias (Document NPA Conseil)

Diversification online et e-commerce des groupes medias (Document NPA Conseil)

La vidéo pour faire du Buzz ?
Bruno Patino fait remarquer que si le buzz n’est pas négligeable, des programmes qualitatifs réalisent aussi de très bonnes audiences en replay.

Régis Ravanas complète en expliquant que le buzz fait partie d’une approche désormais différente de la vie d’un programme. Le buzz peut exister avant ou après la diffusion d’un programme, être complété pendant la diffusion du programme par de l’interaction avec les téléspectateurs via Connect. Le programme TV peut enfin aussi être complété par une offre de contenus additionnels sur des supports numériques.

Enfin, Alexis Brézet rappelle que « L’affaire du buzz n’est jamais que la déclinaison dans le numérique de vieilles questions que se posent tous les journalistes de la terre depuis longtemps. » Qu’est ce que l’on met en une ? Qu’est ce qui peut faire vendre un journal ?

«Il ne faut pas s’interdire de faire du clic pour faire du clic mais ne pas faire que cela. La singularité de chaque site est dans le reste du contenu.»

Quand les sites internet, déclinaisons de journaux et radios, font de l’image cela reste encore avant tout de la vidéo, ce n’est toujours pas de la TV!


Media(s) un autre regard est désormais en sommeil. Les explications dans cet article Making of(f)!

Vous pouvez cependant continuer à suivre les commentaires sur l’actu TV sur le fil Twitter et sur mon compte personnel : @Emmanuelmatt

(Cliquez sur les photos pour les agrandir)






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